Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 18:02






MARX, L'"ANTI-SEMITE"

       En 1843, Marx, ayant convoqué les "droits de l'homme" en place publique, il les pressa comme un citron pour en faire jaillir le jus essentiel dans sa brochure  ramassée "La Question juive". Il constata immédiatement que c'étaient là droits tout relatifs (et non préceptes "universels") :

       "Le droit de l'homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l'homme avec l'homme mais plutôt sur la séparation de l'homme d'avec l'homme. C'est le droit de cette séparation, le droit de l'individu limité à lui-même".

        Qu'est-ce qui sépare "l'homme d'avec l'homme" ? Tout simplement et tout implacablement la réalité : l'homme est un proprio pour l'homme.

       "L'application pratique du droit de liberté, c'est le droit de propriété privée".

         La liberté bourgeoise induit toute la floraison du droit privé, en bref l'ensemble de ce qui relève des lois protégeant la propriété. Ah !... on part à l'aube d'un pas léger vers la liberté et on finit dans un tribunal, flanqué d'un avocat !

        Voilà pour la liberté. Qu'en est-il alors de l'égalité ? Peut-être les droits de l'homme sont-ils mieux à même de la défendre... Qu'en dit le jeune Karl, petit-fils de rabbins et de marchands ?

       "Le mot "égalité" n'a pas ici de signification politique ; ce n'est que l'égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même".

        Une monade, soit un concept structuré et complexe, mais replié sur sa propre causalité. Quelque chose qui ne peut que découler d'une idée préconçue, cherchant à creuser son sillon et à s'imposer "universellement".

        L'égalité, c'en est fait d'elle.  Marx cite
ensuite la Constitution de 1793 :

       "Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés."

        Nul doute que, commençant d'être rodés à la critique marxienne, la lecture du terme "propriétés" ne vous ait fait pressentir la remarque que le Jeune Karl ne manque pas de faire immédiatement après :

         "La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n'existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C'est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise "l'Etat de la détresse et de l'entendement".

          Le Commandeur Friedrich Hegel en personne, invité à intervenir par celui qui fut son disciple passionné ; "L'Etat de la détresse et de l'entendement", formule aiguisée par le dernier philosophe qu'ait connu l'histoire de la philosophie.
         La "détresse" émane d'une société où il s'agit de défendre en permanence sa personne et ses biens contre les velléités de ceux qui veulent vous les arracher - en général ceux qui ne possèdent ni l'une ni les autres. D'où la notion de "police", poussée jusqu'à ses plus absurdes conséquences : l'homme est un flic pour l'homme et le flic est devenu le héraut des temps modernes.
        L'"entendement" selon le grand Commandeur Hegel, est cette faculté de la Bourgeoisie à affronter ses démons, notamment par la constitution de droits à prétention universelle ! Marx qui, dès ses 25 années, possède déjà toutes les armes qui lui permettront de surpasser le Vieux sage, affûte déjà allègrement la
vénérable formule  :

        "La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s'élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l'assurance (Versicherung) de l'égoïsme".

         Position marxienne conséquente : établir comme droit "universel" la sûreté des biens et des personnes ne va pas au delà de la sanctification d'un état de fait.
Dans la société bourgeoise, la richesse de quelques-uns s'accumule aux dépens du plus grand nombre.

       "Aucun des prétendus droits de l'homme ne dépasse donc l'homme égoïste, l'homme en tant que membre de la société bourgeoise, c'est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L'homme est loin d'y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l'individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c'est la nécessité naturelle, le besoin et l'intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste".

       Les droits de l'"homme" confinent celui-ci en sa position sociale individuelle. Qu'est-ce qu'un non-bourgeois peut faire d'une considération toute symbolique, du titre honorifique d'"homme", c'est-à-dire, dans cette vision idéaliste étroite, d'"homme" bourgeois respectable ? Ces droits qui sont la descente de lit de tout petit-bourgeois humaniste - ne prennent nullement en compte l'essence sociale de l'homme, c'est-à-dire la communauté humaine dont il est issu et sans laquelle il n'est rien  qu'un individu  abstrait. L'analyse marxienne souligne clairement l'opposition entre personne humaine et "individu"-concept de la société bourgeoise, n'aspirant qu'à la propriété privée et à sa conservation, comme si c'étaient là les grandes aspirations de l'humanité entière.

[à suivre]       
    
 

Partager cet article

Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
commenter cet article

commentaires