Le Sous-Lieutenant Karpov décrypte pour vous l'actualité de notre monde et le passe à la tronçonneuse, au lance-flammes et à la mitrailleuse lourde.
NON-PROGRAMME POUR UNE NON-ELECTION
VI
1er Mai. Selon la psychotique demi-portion qu'une majorité d'électeurs a élu en 2007, la "fête du vrai travail". Vous savez ce qu'est le vrai travail selon eux ? Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, quand on est salarié, on ne travaille pas, Monsieur, on ne travaille pas. On glande. On est un privilégié ! (Et si on est chômeur, alors c'est bien pire, on ne devrait même pas exister.)
Eux ils savent ce qu'est le vrai travail. Les avez-vous entendu en bavasser, ces bigots de la "liberté", alignés derrière le Nabot tels des mécaniques affublées de la parlotte, soutiens médiatiques figés de la classe dirigeante, qui ouvrent invariablement leur gueule quand des salariés s'avisent de résister au salariat, les avez-vous vu vomissant leurs anathèmes, les Bruel-Benguigui, Besson (Luc), les Clavier-Depardieu, Lambert (Christophe) and consorts, brochettes d'inutiles professionnels accrochés comme du lierre virulent sur le tronc de la kultur frânçaise ?
Ils vous expliquent, ces gens-là, que le vrai travail, ce sont eux qui le fournissent à la société, eux les joueurs de poker professionnels, chanteurs de seconde zone, mauvais acteurs-génies par intermittence du comique involontaire, cinéastes sponsorisés par leur côterie aux affaires, sportifs déchus en mal de reconnaissance publique. Ils ne peuvent admettre qu'un travailleur se batte pour passer moins d'heures sur le lieu d'exploitation, postillonnant qu'eux, les "vrais", "travaillent" 24 heures sur 24. C'est donc cela, le vrai travail. Jouer au poker (ou commenter des parties en temps que consultant), se traîner d'une bouse cinématographique à un téléfilm plus-que-merdique, baisser son falzar en direct pour exhiber ses parties génitales charitables. Eh bien bonne fête du vrai travail à tous ces gens-là, dont la boîte crânienne ne contient que l'intestin grêle.
Le 1er Mai n'a rien d'une fête. Le travail ne se "fête" pas. L'esclave agite-t-il ses chaînes pour danser ? Le 1er Mai est un rappel : ceci constitue une société de classes inconciliables. Aucune "passerelle" valide entre minorité exploitrice et grande majorité exploitée. Le reste n'est qu'intermittence du spectacle triste, pantomime médiatico-sponsorisée des "partenaires sociaux", se léchant mutuellement sous les bras.
Quand une chemise est sale, il s'agit d'en changer. Cette remarque du Bolchevik Lénine s'applique tout aussi bien aujourd'hui aux "traditions" des travailleurs. Le jour où, pour faire vivre la mémoire de la lutte des classes, les salariés commenceront la fête en balayant à coups de pompes dans l'arrière-train les célébrants de Jeanne d'Arc et en expulsant manu militari les adeptes du vrai travail, ce jour-là fondera de nouvelles "traditions", que ce soit un 1er ou un 15 mai.
En attendant le printemps de la lutte des classes, le Sous-Lieutenant Karpov continue de décliner à votre intention les non-mesures non-gouvernementales qu'il s'empressera d'appliquer le jour même où vous ne l'aurez pas élu.
SON PROGRAMME
31) Abolition du sport professionnel ; fin de la participation française aux Jeux Olympiques, coupes du monde et autres manifestations sportives professionnelles
32) Sortie de l'ONU et de l'OTAN
33) Nationalisation de la Banque de France
34) Cession de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne
35) Indépendance de la Corse
36) La France exige l'entrée dans l'UE de la Turquie et de tous les pays qui en font la demande (sauf Israël), avec passage immédiat à la monnaie unique
LE 6 MAI,
VOTEZ KARPOV !
(OU NE VOTEZ PAS)