Le Sous-Lieutenant Karpov décrypte pour vous l'actualité de notre monde et le passe à la tronçonneuse, au lance-flammes et à la mitrailleuse lourde.
COMMEMORATION DU 8 MAI 1945
Le 8 mai 1945 fut l'occasion, pour l'Etat français, de prendre sa revanche sur le sort ingrat que lui avait réservé l'histoire des guerres. Non seulement l'Allemagne nazie capitula, effaçant de l'ardoise la terrible pile qu'elle avait foutue à l'armée française - balayée en un mois de 1940 - mais la France allait emporter en ce jour de victoire, une bataille mémorable dans ce qu'on appelait alors "l'Algérie française".

En ce 8 mai 45, pendant qu'à Paris les staliniens, les gaullistes et les états-uniens fêtent la victoire sur l'Allemagne, à Sétif et Guelma en Algérie, villes du Constantinois, ont lieu des manifestations qui demandent l'indépendance.
Il faut préciser que durant la 1ère partie de la guerre, l'Algérie française avait été gouvernée par Vichy. La reprise en main de la colonie par les gaullistes se fit sans écarter du pouvoir colonial les fonctionnaires zélés du Maréchal Pétain. En gros, ceux-ci ne faisaient pas la différence entre un "raton" et un "youpin".
A Paris, on chante la Marseillaise, on fleurit les chars, on embrasse les Gi's venus apporter la libération, le chewing-gum, le ouackêneouolle et les capitaux.
Pendant ce temps à Sétif et à Guelma, une manifestation rassemble des milliers d’Algériens, dont certains se sont battus contre l'Allemagne nazie (on n'en parle pas de ceux-là, dans "Indigènes"). Ils désirent simplement, tous ces "français musulmans", célébrer leurs morts et revendiquer au passage l’indépendance, puisque la France a retrouvé la sienne.
Mais en face, il y a les colons, les milices pieds-noirs soutenues par l'armée française ; la manifestation tourne mal et se solde par une sanglante tragédie, à laquelle participe l’armée, notamment "notre" Légion Etrangère, celle qui sent bon le sable chaud. L'aviation française, inexistante contre l'armée allemande en 1940, bombarde les populations. A Paris on danse le swing. Dans le Constantinois, la répression mettra 6 semaines à s'épuiser.
Pour le bilan, le Sous-Lieutenant vous donne une méthode simple et efficace (comme pour les "manifs") : prendre le chiffre le plus bas et celui le plus haut, additionner et diviser par 2. En ce qui concerne les massacres de Sétif et Guelma : chiffre le plus haut 40 000 morts ; le plus bas 10 000. 40 000 + 10 000 = 50 000, divisé par 2. Il y aura eu au moins 25000 Algériens, Algériennes, hommes femmes - enceintes ou pas - enfants, nourrissons personnes âgées éradiqués par la réponse française à leurs doléances.

Dans les écoles de la Raie publique, on ne trouve que depuis très peu de temps quelque trace de cette tuerie officieuse. Le Sous-Lieutenant en a entendu parler pour la 1ère fois dans des textes de la Gauche Communiste d'Italie (la vraie, pas les ectoplasmes staliniens qui l'ont remplacée par la suite).
Et il y a aussi la cerise rouge (cerise de mai) sur le gâteau sanglant. Il se trouve qu'en 1945, De Gaulle a mis des ministres "communistes" (càd) staliniens au gouvernement de "libération". Et que le ministère de la Défense comprend notamment un "Ministère de l'Air", l'aviation, l'Armée de l'Air quoi. Le "Ministre de l'Air" est un certain Charles TILLON. Parlons-en un peu de celui-là, afin de réhabiliter sa crapulerie en ce jour de commémoration.
Charles TILLON est une de ces figures "héroïques" de la guerre dont le PCF se prévaut pour s'auto-proclamer "Parti de la Résistance" et "Parti des fusillés".
C'est donc ce "héros" du PCF et de la Résistance (mort en 1993) qui présida aux bombardements des populations civiles de Sétif et Guelma. Rendons hommage à ce haut fait trop souvent occulté et dont le PCF a curieusement oublié la mention dans ses panégyriques.
("Charles et les Ferrailleurs" - de la Révolution)
Aux va-t'en et fauteurs-de-guerre d'hier, d'aujourd'hui et de demain, aux emmédaillés du poitrails comme des VRP en breloques, le Sous-Lieutenant Karpov indique qu'ils peuvent s'enfiler par la pointe la hampe de leurs drapeaux tricolores là où le prolétariat révolutionnaire pense.