2. MANIPULATIONS IDEOLOGIQUES
La fondation d'Israël en 1948 a profondément modifié l'idéologie officielle de l'Etat, qui a dès lors divergé nettement du sionisme primitif. Le rappel de la caution biblique s'est alourdi de l'instrumentalisation des camps de concentration nazis. D'abord extermination, la "solution finale" réservée par les leaders nationaux-socialistes aux Juifs d'Europe centrale est devenue holocauste, puis dernièrement "Shoah" ("catastrophe" en Hébreu), mot qui apparaît fréquemment dans la Bible hébraïque.
Cet alliage artificiel entre le mythe des Hébreus et la réalité des camps de concentration a été sur-exploité par les idéologues officiels. Mais cette arme symbolique est à double tranchant. A chaque guerre provoquée par Israël, les massacres et les exactions commis par "Tsahal" ("Armée de Défense d'Israël") sont venus faire remonter à la surface la référence à la brutalité des Nazis, dans une proximité historique et idéologique qui a provoqué le malaise des rescapés des camps. Il était inévitable que se produise l'assimilation des militaires israëliens à l'armée allemande de 1940 et du peuple Palestinien aux Juifs d'Europe. Ceux qui hurlent le plus fort à l'infâmie sont ceux-là mêmes qui brandissent le droit biblique d'Israël à la conquête guerrière, à l'oppression et à l'impérialisme.
Les sionistes les plus récents ne se sont pas contentés d'invoquer la Bible ou Adolf Hitler pour justifier la terrible répression militaire s'abattant régulièrement sur les Palestiniens. Ils se livrent communément à un amalgame des plus vulgaires entre l'anti-sionisme et l'anti-sémitisme, en y adjoignant des accusations loufoques de "révisionnisme" et de "négationnisme". La récente apparition de "l'historien" Faurisson devant un parterre de cailleras pro-palestiniennes les a fait pousser leurs cris d'orfraie habituels pour tenter de couvrir les bruits du massacre et les odeurs de chair palestinienne grillée par les missiles "intelligents". Ces faux théoriciens dérisoires prétendent édicter du haut de leur chaire percée les Tables de la Loi du sionisme :
- la politique d'Israël ne critiqueras ;
- si Tsahal dénonceras, anti-sémite et révisionniste définitivement seras ;
- aucun massacre de Palestiniens n'évoqueras ;
- avec les Nazis les faucons sionistes ne compareras ;
...et tout ce qui s'en suit.
Voilà les chiens de guerre tsahaliens absous de leurs atrocités, au nom de la Shoah, d'Israël et de la Bible !
Cette négation de la négation mérite qu'on s'y attarde : la vie d'un Palestinien est loin de valoir celle d'un Israëlien. Cela se retrouve logiquement dans le bilan comptable des victimes, où le dernier rapport est de 1 à 400. Un rabbin fondamentaliste peut très bien, au coeur de Jérusalem et au sus et au vu de tout le monde, réclamer la "solution finale" pour tous les Arabes Israëliens et Palestiniens.
Quelles armes Israël n'a-t-elle utilisées sur les champs d'expérimentation et de bataille du Liban et de Palestine ? Bombes au napalm ? c'est fait ; à fragmentation ? idem ; sans oublier les bombes n'explosant au sol que lorsque les gens sortent des abris - en règle générale, ce sont les enfants qui accourent en 1er - ; bombes contenant des substances anti-cicatrisantes ; bombes sales (aux vrais morceaux de déchets d'uranium); bombes chimiques, etc.
Evoquons maintenant la redoutable efficacité des méthodes guerrières israëliennes ; contrôle des voies de communication, embargo total, privation d'eau et d'électricité, terreur militaire, bombardements continus et conjoints (artillerie terrestre + aviation + marine si possible), destruction systématique des habitations - du moins celles qui ont échappé aux bombes et aux missiles -, arrestations de groupe, torture, internement... Rien n'y manque, du moment que le justifie la "sécurité du territoire" .
N'omettons pas de noter la remarquable harmonie tactique entre les chiens de guerre tsahaliens et la "diplomatie" israëlienne. Dans une 1ère phase, les molosses blindés sont lâchés sans crier gare ; puis, pendant que l'ennemi "terroriste" commence à compter ses morts et ses blessés, on fait dans l'explication pédagogique devant la meute des corbeaux médiatiques ; on lance ensuite une 2ème phase plus meurtrière, tout en faisant mine d'accepter une trève négociée mais soudain intervient la 3ème phase, beaucoup plus destructrice, pendant que Messieurs et Mesdames les Ambassadeurs-drices s'expriment suavement face micros et caméras, dans la langue du pays où ils officient. Cette sarabande infernale atteint son point culminant quand "le machin" (l'ONU) proteste mollement (Tsahal flingue avec bonhommie ses mandataires) et commence à évoquer des "crimes de guerre". Après la 25ème injonction du cousin d'Amérique à "faire preuve de modération et de retenue", se taisent alors les canons chauffés au rouge, ne laissant derrière eux que ruines, fumerolles et désolation, parsemées de tas de morceaux calcinés de ce qui était quelques jours auparavant des êtres humains, femmes, hommes et leur progéniture, vieillards et mémés re-sculptés dans la mort par le métal hurlant.
Telle est la nature de l'Etat d'Israël, ce en quoi il ne se distingue nullement des autres Etats impérialistes. Le rêve d'une "Terre promise" s'est dissous dans les velléités d'un mini-territoire fauteur de guerre, appuyé par la plus puissante Famille actuelle de la Mafia capitaliste planétaire.
D'avenir pour cet Etat-là, il n'y en a pas plus que pour l'existence effective d'un "Etat Palestinien". Hors la guerre en permanence, le "Grand Israël " n'a aucun futur et les sionistes le savent pertinemment.
Pour en finir provisoirement, le Sous-Lieutenant va te raconter une petite histoire qu'il a empruntée à l'écrivain Juif Marocain Edmond Amran El Maleh :
dans les années 80 durant la énième guerre au Liban, un certain "colonel Geva", officier dans l'armée israëlienne, se présenta au 1er Ministre d'Israël, le fameux Menahem Begin, pour démissionner en plein blitzkrieg car il n'assumait plus les horreurs quotidiennes perpétrées par la troupe. Dans son exposé à Mr le 1er Ministre, le colonel Geva déclare avoir aperçu à la jumelle des enfants de l'autre côté de la ligne de front. "Eh bien Colonel, lui demande Begin, avez-vous reçu l'ordre de les tuer, ces enfants ?" L'officier fait signe que non. Begin lui répond simplement : "Dans ce cas, de quoi vous plaignez-vous ?"