Oui, Madame ! Il tourne, il tourne en des milliers de pas Qui ne mènent nulle part Dans un monde de béton, aux arbres de barreaux Fleuris de désespoir Inhumain..., rétréci..., sans aucun lendemain. Sa pitance est glissée sous une grille à terre Et dans un bol l'eau... pour qu'il se désaltère. Il est seul..., sans soleil Et n'a même plus son ombre. Infidèle compagne, elle s'en est allée Refusant d'être esclave de ce vivant mort-né. Il tourne... il tourne et tournera toujours Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé Après avoir gémi en une unique plainte Il tombera à terre et se laissera crever Pour trouver dans la mort sa seule liberté. Fleury-Mérogis... Un jour de septembre 1976 Où j'existait si peu Que je n'étais même pas "personne" Fleury-Mérogis... Un jour de septembre 1976 Où j'existait si peu...
Je vous vois une larme...! Pourquoi vous attrister ? Pauvre chien me dites-vous ! En voilà une erreur... C'est un homme, Madame, Il est emprisonné. C'est celui que vos pairs ont si bien condamné En rendant la justice au nom des libertés. Fleury-Mérogis... Un jour de septembre 1976 Où j'existait si peu Que je n'étais même pas "personne" Fleury-Mérogis... Un jour de septembre 1976 Où j'existait si peu...
Je vous vois une larme...! Pourquoi vous attrister ? Pauvre chien me dites-vous ! En voilà une erreur... C'est un homme, Madame, Il est emprisonné. C'est celui que vos pairs ont si bien condamné En rendant la justice au nom des libertés.
Il tourne, il tourne, et tournera toujours, Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé Il tombera à terre et se laissera crever.
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C'est bien lui et c'est du vécu. Le "mitard", il y a goûté à Fleury-Merogis : menotté dans le dos, à poil à même le sol dans l'obscurité, les matons s'amusaient à lui balancer une grenade<br />
lacrymogène... Jamais ils ne sont parvenus à le briser. Au contraire, ils ont renforcé le fauve.<br />
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