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Le Sous-Lieutenant Karpov décrypte pour vous l'actualité de notre monde et le passe à la tronçonneuse, au lance-flammes et à la mitrailleuse lourde.

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RELANCE DE LA CONNE SOMMATION DE CONSOMMER II


PAS DE RELANCE AUTRE QUE CELLE DU SYSTEME ECONOMIQUE
PAS DE REPRISE AUTRE QUE CELLE DE L'EXPLOITATION INHUMAINE
PAS DE CROISSANCE AUTRE QUE CELLE DU CAPITAL

      Les charlatans qui se penchent au chevet du capitalisme fiévreux viennent de tous bords : droite sociale-chrétienne aussi bien que gauche-caviar humaniste, extrême-droite pétainiste comme extrême-gauche alternative durable, sans omettre les remarques "critiques" mais "constructives" de quelques ex-prédateurs à la retraite. Tous possédés par une  préoccupation unique, "sauver le monde", éviter l'"Apocalypse", la fin de la Civilisation et le "retour à la Barbarie". Autrement dit, sauver le mode de production tel qu'il est et repartir joyeusement sur de "nouvelles" bases, vers des sommets de croissance, de consommation, d'exploitation et de profits, vers de nouveaux terrils d'immondices et de misère humaine, de nouvelles crises débouchant sur une multiplication des conflits.

       Ce souci obsessionnel de préserver l'O.P.A. artificielle que le capitalisme lance en permanence sur les hommes et sur l'ensemble de la planète met également en valeur la prétention de nombres d'escrocs idéologiques à monter sur le podium olympique des sauveurs du cycle capitaliste.
        Escrocs, oui, à tout le moins lorsqu'on entend tel prétentieux philo-sophiste de gauche ou d'extrême-centre proposer qu'on remette de l'huile consommationniste de masse dans les engrenages bloqués de la machine infernale, à seule fin qu'elle redémarre de plus belle, s'élançant férocement vers un nouveau cycle d'accumulation-destruction. Le ouistiti pseudo-savant
enchaîné à l'orgue de Barbarie du Marché entame une danse de Saint-Guy fébrile et les badaux reconnaissants lui lancent des cacahuètes. Oui, piaille-t-il, qu'on augmente les salaires et ainsi on sauve le capitalisme et on remédie à la pauvreté, ô miracle évident ! Si évident qu'on se demande comment les dirigeants n'y ont pas pensé plus tôt. En outre, cette solution lie le sort de la classe salariée à celui de ses prédateurs. Même au coeur de la crise économique la plus profonde depuis 1929, les penseurs bourgeois font disparaître par prestidigitation le clivage de classe le plus fondamental, celui qui détermine le fragile équilibre sociétal.

       Il suffit de faire remarquer à ces chiens soumis qu'il y a belle lurette que, dans les pays développés, on a enchaîné les masses à la roue consommationniste par l'intermédiaire d'une batterie de crédits. Aux Etats-Unis avant le krach, les ménages moyens étaient endettés à hauteur de 40%. En France, on a découvert des familles qui se coltinaient plus d'une dizaine de crédits ! Maintenant que la machine infernale est grippée, que proposent les apologistes-apothicaires de la loi du profit ? Du crédit, encor du crédit, toujours du crédit !

      En ce qui concerne les crises cycliques du Capital, c'est une vieille histoire ; les différents points de vue des "analystes" ne sont là que pour occulter la nature essentiellement politique de la résolution définitive des crises. D'où l'aveu qu'elles sont insolubles, qu'il en existera toujours comme il arrivera toujours des tremblements de terre et des cyclones et surtout, que c'est une question de malveillance de certains gros "spéculateurs" et autres "patrons-voyous". Cette imagerie d'Epinal à succès est reprise abondamment par l'opportunisme de gauche sous toutes ses variantes, notamment la Mère Buffet, toujours prompte à caqueter sur les "excès du capitalisme" qu'il s'agit à tout prix d'atténuer par la vie "démocratique et populaire" et la "mobilisation des forces vives du pays", formules délavées qui ont le mérite aux yeux de ceux qui les utilisent de ne rien vouloir dire de précis et de pouvoir être reprises par tout un  chacun, depuis le curé de la paroisse jusqu'à l'épicier au coin de l'avenue en passant par le militant désoeuvré du samedi après-midi.
      Tous ces petits-bourgeois incurables s'effraient des effets dévastateurs de la crise, en particulier la possibilité que les masses frappées de plein fouet se mettent en mouvement. Ca, c'est beaucoup supporter pour leurs nerfs émoussés par les aléas économiques. Et d'offrir à la Bourgeoisie des services facturés afin d'éviter le "pire" au système. Nombre d'entre eux s'auto-proclament "militants" écolos, alternatifs ou d'extrême-gauche, leur principale préoccupation étant néanmoins d'appeler au calme et à la "raison", appels qui évidemment ne peuvent s'adresser qu'à la classe susceptible de perdre patience et d'entrer en ébullition à force de subir la pression grandissante des conditions de vie et de travail.
      Invités d'honneur dans tous les médias, ils racontent comme à des enfants leurs fariboles sur un "bon" capitalisme, sans crises, sans exploitation trop voyante, où tout le monde il est beau tout le monde il consomme rai-son-na-ble-ment, un capitalisme avec des "bons" patrons, qui embauchent tout le temps et ne licencient jamais, qui ne délocalisent pas et versent des salaires corrects à leurs esclaves... pardon, à leurs partenaires sociaux, un capitalisme où la loi du profit ne détermine pas la survie du système, sans guerres ni oppression des plus faibles, sans pillages ni famines artificiellement organisées. Ils viennent jouer de la harpe et du flutiau à ceux-là mêmes qui subissent les pires effets de ce mode de production dont ces larves idéologiques colorient les pourtours à gros traits faussement naïfs.

     Qu'est-ce qu'il suffirait selon eux pour passer du capitalisme tel qu'il est au capitalisme tel qu'il devrait être ? 3 fois rien : un peu de "bonne volonté", quelques débats démocratiques - calamiteuses tartes à la crème à laquelle ces parasites se prêtent avec délice -, un soupçon de réformettes, le tout sans broncher, sans grèves ni mouvements sociaux, sans affontement classe contre classe. Du moment qu'on "débat" ou qu'on se débat, cloué à sa chaise dans des A.G. aussi vaines qu'inutiles.

     La réponse à ces arguties lamentables, la jeunesse de Grèce est en train de la siffler aux oreilles de la Bourgeoisie européenne. Elle a déjà suffisamment fait vibrer les tympans des dirigeants français pour que le vaniteux bouffon qui ministre l'Education Nationale baisse d'un cran de falzar la morgue que, jusqu'à hier, il
affichait précieusement devant ces djeunss qui lui refilent une séropositivité chronique à toute rébellion sociale naissante. Logique en démocratie bourgeoise.

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D
Salut mon sous-lieutenant,<br /> hahaha, "3 fois rien" hahaha trop drôle.<br /> Le capitalisme est vraiment une religion et les politiciens se prennent pour des pasteurs. Et nous sommes toujours aussi fidèles, d'âge en âge. Merci pour ce texte Karpov.
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S
<br /> Le Profit est ton berger, les salariés en sont les agneaux. Amen et salutation fraternelle.<br /> <br /> <br />