Le Sous-Lieutenant Karpov décrypte pour vous l'actualité de notre monde et le passe à la tronçonneuse, au lance-flammes et à la mitrailleuse lourde.

L'arme fatale, la Mère Buffet la sort de sa valise en carton juste après :
"Une véritable politique de relance s’appuie sur l’augmentation des salaires."
Ah ! que cela est sexy ; le SMIC à 1500€ (tout de même pas 2000, comme n'ose plus le proposer le vigoureux concurrent opportuniste Besancenot) ; claironner une augmentation générale des salaires non pas pour déstabiliser le mode de production esclavagiste mais au contraire obtenir à nouveau une "relance" et une "croissance" qui remettent la machine infernale sur ses rails.
La Mère Buffet ne se prénomme pas "Marie-Georges" pour rien. "Georges" c'est pour Georges Marchais, Secrétaire Général du PCF de 1972 à 1994 (oui, 22 années !). Pour ceux qui n'ont pas eu le privilège de connaître ce glorieux prédécesseur, Georges - "Jojo" pour les camarades intimes et le KGB - représentait l'archétype du stalinien de transition : respectueux du "centralisme démocratique", il s'était néanmoins fait greffer les sourcils de Leonid Brejnev (et quelques-uns de ses neurones en fuite). Et voilà ce que déclarait Georges à l'Assemblée Nationale le 10 septembre 1975, s'adressant au 1er ministre de l'époque (un certain "Chirac") :
" J'ai dit et je répète, Monsieur le Premier Ministre : la crise [le 1er choc pétrolier] que connaît notre pays va s'aggraver. Plus que jamais le pays a besoin d'un véritable changement de cap, d'une autre politique. Cette politique s'oriente d'abord vers une relance de la consommation populaire et sociale. Une relance de la consommation populaire est la condition de l'utilisation effective de l'appareil de production".

La nostalgie n'est plus ce qu'elle était... En 1975, le 1er dirigeant du PCF expliquait déjà à la classe dominante comment mieux utiliser "l'appareil de production". La différence, c'est qu'électoralement parlant, les staliniens pesaient entre 15 et 20%. L'esprit demeure cependant : le spectacle lamentable d'une dirigeante opportuniste qui, au nom de la classe salariée, propose ses services aux prédateurs sociaux afin de sauver leur système d'esclavage !