A l'approche des J.O. pékinois, qui seront le plus grand rassemblement de mutants bioniques de l'histoire de l'humanité, il est l'heure de se réjouir à l'apparition d'une nouvelle discipline sportive : le dopage olympique, autrement nommé "dopolympic". Quels sont donc ses fondements et ses principes ?
Tout d'abord, il est nécessaire que le pratiquant du dopolympic accepte de servir de souris blanche à des scientifiques en blouses tout aussi blanches (que la souris). Ensuite qu'il apprenne à parler comme un robotomisé, en prononçant des sentences pré-digérées dont voici quelques exemples :
- Je suis contre le dopage et pour des sanctions exemplaires contre les tricheurs ; moi-même je ne me suis jamais dopé, j'ai ça en horreur (attention, vous êtes en train de marcher sur le quintuceps de ma 4ème jambe).
- J'ai hâte de participer aux Jeux Olympiques, c'est le rêve de tout athlète, la grande fête du sport et du pogn... et de la fraternité.
- Je suis pour un monde meilleur et, au moment de la cérémonie d'ouverture des Jeux, mon petit doigt gauche sera levé vers mon pin's "pour un monde meilleur les pieds devant", en signe de soutien discret mais ostentatoire aux Népalais, euh non, aux Tibétains.
- Je participe aux J.O. pour montrer qu'on peut gagner des médailles "propres", en accord avec mon médecin traitant, le Docteur Ferrari, qui ne boit que du bio-éthanol en-dehors des repas.
Il faut prévoir essentiellement entre 30 et 50 contrôles positifs aux J.O., qui seront le fait d'athlètes pas assez informés ou fortunés pour utiliser autre chose que de l'EPO 3ème génération, malheureusement détectable (comme l'a montré le cas du cycliste italien Roberto Ricco). Les autres participants, qui auront eu le courage et les moyens d'expérimenter le nec plus ultra du dopolympic, c'est-à-dire un booster génétique conçu à partir de cellules-souches, passeront au travers et seront médaillés à hauteur de leurs mérites. Ce truc-là, voyez-vous, est imparable : vous l'ingurgitez, aussitôt il va titiller celles parmi les cellules qui produisent de l'EPO, pour les inciter à en sur-produire (comme en économie capitaliste). Bien joué ! Performances et records du monde vont tomber comme à Gravelotte, les sportifs professionnels seront contents, les sponsors seront satisfaits, les dirigeants chinois pourront capitaliser le succès des Jeux et le CIO en sortira tête haute (et braguette ouverte comme d'hab').
Le CIO, l'hybridation d'une loge maçonnique, d'un club aristocratique privé et de l'onorata societa, rachète TOUTES les images des Jeux Olympiques pour avoir ainsi la main-mise sur les "valeurs olympiques" qui sont, rappelons-le à l'attention des étourdis et des réfractaires malintentionnés :
- la performance sur-humaine, l'esthétique du muscle bandé, l'intransigeante compétition, les médailles en colliers, la célébration d'une "fraternité" mondiale en peau de chinchilla et les réunions entre princes, ducs, cardinaux et banquiers pour gérer les affaires courantes (qui se chiffrent par milliards d'euros).
Tout est fin prêt pour que se lève enfin le rideau sur les Jeux du cirque olympique. Après avoir fait le salut (bras et main tendus, mais sans prononcer "heil !"), les athlètes déclameront devant les chefs d'Etat, ministres et autres huiles la formule rituelle :
Ave CIO
dopolympicturi te salutant