(CHRONIQUE ESTIVALE)
LA LCR ENLEVE LE BAS
S'il y a bien quelque chose de positif dans l'agitation régnant présentement au sein de la LCR, c'est le fait qu'en se transformant en "parti anti-capitaliste", l'organisation néo-trotskiste s'est enfin décidée à abandonner dans son appellation 2 termes inappropriés et, pour tout dire, usurpés : communiste et révolutionnaire, en attendant que le PS et le moribond PCF agissent de même. Toute clarification politique de l'opportunisme, ne serait-ce qu'au niveau de l'étiquette, est toujours la bienvenue.
Avec un décalage d'une quarantaine d'année, les trotskistes emboîtent donc le pas à leurs anciens ennemis mortels du PCF, balançant un à un par-dessus bord tous les principes que, de toute manière, ils n'ont jamais fait qu'agiter et brandir en paroles : la lutte des classes, la révolution, la société communiste, etc. A la place, les voilà à concocter une usine à gaz de la "gauche radicale", raclant vaguement les fonds de tiroir des déçus de la gauche classique, alter-capitalistes ou encor écolos alternatifs et même socio-démocrates qui croient encor à une différence chimérique entre "libéralisme" et capitalisme.
A l'attention des futurs clients de sa nouvelle épicerie, le "leader minimo" a déjà esquissé les contours quelque peu floutés du programme des réjouissances : populisme et "socialisme" en seront les 2 grosses mamelles. Le "peuple" et tout ce qui est "petit" aura droit à une économie certes de marché mais maîtrisée par l'administration étatique et l'établissement de la "démocratie directe".
Ah, la démocratie directe... une vieille lune resservie de générations en générations petites-bourgeoises se payant de trouvailles désuètes. Selon Besancenot, on a là la recette-miracle pour s'assurer la maîtrise de la spéculation, l'endiguement de la corruption et la fin de l'exploitation. Partant d'un constat évident, à savoir que la démocratie bourgeoise ne fonctionne que pour inter-changer des pions formatés produits en série par l'idéologie dominante, le facteur à pédales prétend instaurer à la base des entreprises cette fameuse démocratie qui assurera aux salariés le contrôle de leur "outil de travail". Et tout cela grace à des décrets mis en place une fois que le Che Guevara des postes aura obtenu, grace à des succès électoraux, des fauteuils ministériels. En quelque sorte un remake du "Front pop'" version 3ème millénaire.
C'est gentillet, totalement inoffensif et légaliste en diable alors ça fonctionne tant bien que mal, d'autant que le nabot présidentiel ne voit pas d'un mauvais oeil le relatif succès actuel de cette extrême-gauche enfin propre sur elle. Car en ciblant le coeur meurtri d'un électorat de plus en plus démoralisé par le spectacle des éléphants qui trompent tout le monde énormément, celle-ci érode un peu plus la part de marché électoral de la social-démocratie, condamnée à exhiber sans pudeur sa nature collaborationniste et par là-même, à perdre ses éléments les plus écoeurés par cette tardive révélation.