Il aura suffi que, depuis plus d'un mois, les lycéens-collégiens battent le pavé, maintiennent leur mouvement avec tenacité, bloquent les lycées avec des réussites diverses et joignentleur actionà celle des profs pour que le nabot raie-publicain refourbisse à nouveau son arsenal de briseur de grèves élu par la nation des coyotes à foie jaune.
Cela a débuté par un appel du pied aux fédérations de "parents d'élèves", version des "usagers" côté Education Nationale. Les médias leur ont généreusement ouvert micros et caméras, afin qu'ils accourent et se lamentent sur leurs "pauvres enfants" délaissés par les profsnantis. Sans oublier les examens qui approchent ("passe ton bac d'abord"). Aussi sec le Hongroischétifa embrayé sur le fameux "service minimum" obligatoire, équivalant à ôter à toute action une quelconque efficacité. Jusqu'à Santini, un politicard parasitaire retournant sa veste à chaque changement de saison qui, invoquant l'obsolescence des grèves, a proposé de faire comme au Japon : les grévistes n'auraient qu'à se mettre un brassard "en grève" et à aller travailler, naturellement sans être payés puisque grévistes. En d'autres époques, un tel cynisme vaudra un prompt retour social de flamme. Mais les futurs Santinis auront alors la sagesse d'écraser leur morgue sous un talon prudent. Profites-en bien maintenant, "honorable" Santini.
A cette jaunisse présidentielle, la meilleure réponse est l'action des jeunes qui perdure. En un mois, en fait d'instruction civique, ils ont apprisplusque depuis le début de leur existence précoce. On les a vus mener des actions, subir la répression policière la plus brutale (tabassages, garde-à-vue arbitraires de mineurs assorties d'interrogatoires humiliants, fichage ADN, etc.), former spontanément au niveau local des coordinations empêchant les syndicats de faire leur sale boulot de division ; ils se sont réunis en A.G., ont tracté dans les rues, polémiqué avec les usagers usagés, les citoyens arriérés de tout poil, les bons français qui forment l'écume réactionnaire de la petite-bourgeoisie pourrissant sur pied dans les belles provinces. Mais aussi, ils ont suscité un élan de solidarité de toutes les générations derrière leur belle énergie.
Qui dit que ces jeunes ne sont pas "sérieux" ? Les leaders naturels de ce mouvement se sont tapés nuit blanche sur nuit blanche pour bloquer les grilles, enchaîner les portails, être présents avant l'arrivée des jaunes et des flics...oui ! Cette génération spontanée, on la doit également au Président rabougri. La voilà, la "génération Sarko" ! Le Sous-Lieutenant Karpov lui souhaite une longue vie de lutte et de victoires.