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Le Sous-Lieutenant Karpov décrypte pour vous l'actualité de notre monde et le passe à la tronçonneuse, au lance-flammes et à la mitrailleuse lourde.

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EPITAPHE NEGRE



(1913-2008)


Paroles d'Aimé

     "De ce mal du mien tu diras que toujours au seuil il buta de son galop amer que plus juste devant Dieu que leurs bouches exactes mon mensonge."

    



     
"Partir
Comme il y a des hommes hyènes et des hommes panthères, je serais un homme-juif, un homme-cafre,
un homme hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
L'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture...
"


   




   
  "à moi mes danses
      mes danses de mauvais nègre
      la danse brise-carcan
      la danse saute-prison
      la danse il-est-bon-et-beau-et-légitime-d'être-nègre
"




     "Il n'y a pas dans le monde un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé, en qui je ne sois assassiné et humilié."

    





    











     









    


    


    

     "les veines et la berge s'engourdissent d'étranges larves
      nous et nos frères
      dans les champs les squelettes attendent leurs frissons et la chair
      rien ne viendra et la saison est nulle.
"




      "J'ai acclimaté un arbre de soufre et de laves chez un peuple de vaincus.
       La race de terre la race par terre s'est connu des pieds.
"

    


       "Elan assassiné
      ne partirez-vous point ?
      Suivrais-je déjà les lourds chemins bis des pluies
                                                              et des coxalgies ?
      Ma décrépitude à genoux sanglote éperdument.
      Quelque part dans le monde un tam-tam bat ma défaite.
"

    



    "Mes souvenirs brament le rapt... le carcan
      la  piste dans la forêt
      le baracoon... le négrier
      Ils nous marquaient au fer rouge
      Et l'on nous vendait comme des bêtes, et l'on nous comptait les dents...
     et l'on nous tâtait les bourses, et l'on examinait le cati ou le décati de notre peau
et l'on nous palpait et pesait et soupesait
et l'on passait à notre cou de bête domptée le collier de la servitude et du sobriquet.
"

    







    









                       


    



    



     "O houle annonciatrice sans nombre de poussière de toute parole vineuse
       forces éruptives tracez vos orbes
       communications télépathiques reprenez à travers la matière réfractaire
"




         "A mesure que se mourait toute chose
      Je me suis, je me suis élargi
      et ma conscience plus large que la mer
      J'éclate. Je suis le feu, je suis la mer.
      Le monde se défait. Mais je suis le monde.
"




        "Barbare
      du langage sommaire
      et nos faces belles comme le vrai pouvoir opératoire
      de la négation.
"

    




   "toutes les violences du monde mort frappé de verges,
      exposé aux bêtes traîné en chemise, la corde au cou
      arrosé de pétrole
      et j'ai attendu en san-bénito l'heure de l'auto-da-fé
      et j'ai bu de l'urine, piétiné, trahi, vendu
      et j'ai mangé des excréments
      et j'ai acquis la force de parler
      plus haut que les fleuves
      plus fort que les désastres.
"

    



      "Soleil, aux gorges !
       Noir hurleur, noir boucher, noir corsaire
       endormi troupeau de cavales sous la touffe de bambou
       Assassin je t'acquitte au nom du
viol."


lui aussi

   
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