LA SCIENCE A-T-ELLE UNE CONSCIENCE ?
Si l'on se livre à un petit bilan des rapports entre science et religion, le constat est que la 1ère, tout en ayant chassé la seconde par la porte des progrès scientifiques, l'a laissée revenir par la fenêtre de l'idéalisme bourgeois.
Le Pape en place ne se gêne pas pour donner le cadre de la recherche scientifique, de ce qui est permis ou pas par l'éthique chrétienne. Au prix des contradictions les plus monstrueuses : pas de recherches en génétique mais sanctification de la défense nucléaire !
La plupart des scientifiques médiatiques s'empressent d'opiner du bonnet à toutes les grosses bulles papales. On explique doctement qu'il n'y a pas contradiction entre le "temporel" de la raison bourgeoise et le "spirituel" de la raison religieuse. Cet abaissement de la science au niveau du dogme religieux se fait au prix d'une abdication de ce qui est la force motrice des progrès scientifiques : la recherche elle-même et l'évolution des connaissances en découlant pour l'ensemble de la société.
Quel est l'enjeu de ce tango entre science et religion (où c'est la religion qui est le cavalier) ? Redorer auprès de "l'opinion publique" le blason de l'une comme de l'autre. Côté scientifique, les exemples de corruption et de dévoiement sont légions. Les médecins qui s'enrichissent au lieu de soigner, les laborantins travaillant exclusivement pour le lobby militaro-industriel, les chercheurs qui claquent des montagnes de fric pour étudier la sexualité du ragondin fumeur en apesanteur, etc. Côté religion, les magouilles politico-mafieuses du Vatican, la frustration sexuelle chez les curés, les barbus moyen-âgeux sévissant aussi bien chez les Juifs que chez les Musulmans, etc. (Vous avez sûrement d'autres illustrations sous le coude).
Revenons-en aux brebis égarées qui, peu à peu, retournent vers le pasteur qui les hèle de plus en plus fort. Que leur dit-il, ce berger en soutane ou en babouches ou avec un demi-melon vide creux sur la tête ?
Eh bien, le prêcheur leur tient exactement le discours contraire à celui que tenait son ancêtre. A la brebis trompée par un marchand peu scrupuleux, le pasteur moderne indique les tribunaux quand, autrefois, il aurait répondu : "A l'injustice qui te frappe, tu répondras par l'Amour et la Compassion, amen". Au mouton dont le loup a mordu la joue gauche, il est indiqué de demander au prédateur réparation sonnante et trébuchante, en lieu et place de la formule classique universelle : "si on te mord la joue gauche..." etcetera, (formule d'autant plus fameuse que personne ne l'a jamais réellement appliquée). Quand le bélier vieillissant se plaint de l'augmentation des taxes, l'ecclésiastique opine de la mitre ou de la kippa ou tout autre signe hiérarchique ostensible et invite l'ovin à se joindre à une manifestation de protestation médiatisée contre l'Etat, alors que son grand-père à peine refroidi incitait les râleurs à cesser de grogner contre les maux de ce bas-monde, pour mériter les délices paradisiaques de l'autre. Qu'un chevreau désire défendre son pré carré contre d'intempestifs et obèses ruminants et l'ecclésiastique post-industriel approuve haut et fort cette velléité à défendre des biens privés. Avant, on priait le caprin : "Allons, cesse de bêler, tes richesses ne sont pas de ce monde, alleluïa, amen et inch'Allah".
Encore aujourd'hui, les Etats les plus religieux sont eux où règnent le moins les préceptes des Eglises : guerres permanentes, arbitraire, violences et inégalités sociales, discriminations, individualisme, etc.
Malgré ses avancées notables et la présence matérielle d'une foultitude de marchandises attestant au quotidien d'une omniprésence omnisciente, la science a laissé champ libre à un retour de l'obscurantisme religieux, qui va jusqu'à s'insinuer dans la remise en cause de l'évolution naturelle.
Qu'il soit avéré que cette pusillanimité dissimule une certaine compromission des Mandarins dans l'idéalisme d'une société entrée en faillite permanente.
Les dieux étaient fatigués, on les a réveillés pour reprendre du service.