Pour ceux qui se posent encor la question du rôle et de la nature des syndicats depuis 1945, le Sous-Lieutenant leur conseille vivement d'écouter les paroles des leaders syndicaux officiels-médiatiques. Notamment l'épicier barbichu de la "CFDT", François Chérèque, qui a rejeté tout appel à une grève générale :
"Ce n'est pas une manifestation de plus qui fera bouger le gouvernement. Si nous voulons être efficaces, nous devons changer de méthode".
"Changer de méthode", affirme-t-il ! Pourtant, quelle autre "méthode" n'a jamais prôné le petit commerçant jaune et son obscure officine, si ce n'est la "négociation", la "politique contractuelle", le "dialogue social" et autres procédures empaquetées sous vide, qui ont cours tant que la classe salariée demeure à genou.
"Nous avons toujours dit que nous n'étions pas favorables à ces journées ou ces déclenchements de grève"
insiste-t-il, le moucheron posé sur la fiente capitaliste constituant sa nourriture principale. Ê oui ! "Nous" avons toujours fait les plus grands efforts pour empêcher toute "action", toute lutte, toute grève des salariés contre les conditions qui sont leur lot quotidien. C'est que le misérable philistin n'a pas peur de s'en vanter ! En toute respectabilité, en toute impunité (pour l'instant historique). Le fat claironne qu'il est un collabo, o tempora o mores !
"Les salariés savent très bien que ce n'est pas une grève qui réglera leurs problèmes".
Il insiste, il ré-affirme et appuie intempestivement sur le même sempiternel refrain : surtout pas d'auto-défense de classe, pas d'unification des luttes sociales, aucune action réelle, rien, le vide néantesque... Et à la place ?
"J'invite à des journées qui posent le problème au niveau national pour avoir des réponses nationales, puis travailler concrètement dans chaque entreprise quand les problèmes se posent".
Relisez mot à mot : "des journées qui posent le problème au niveau national pour avoir des réponses nationales"...
merde pour l'internationalisation des luttes ! Monsieur l'épicier n'oublie pas qu'il est aussi un petit chauvin, imbu de mesquinerie mercantiliste.
..."travailler concrètement dans chaque entreprise quand les problèmes se posent".
Comme si les "problèmes" ne se posaient pas "concrètement" au quotidien ! Comme s'ils pouvaient se résoudre "dans chaque entreprise"!! Comme si l'unification de la résistance à ces "problèmes" à l'échelon national et internationaliste constituait une faiblesse, et non la seule issue à l'esclavagisme salarié !!!
On jugera du degré de conscientisation des masses salariées en mouvement à l'instant foudroyant où des Chérèque, des Thibaut ou des Mailly n'auront plus la possibilité de venir déverser leur discours démoralisateur sans risquer de se faire mettre en pièces par ceux qu'ils sont censés représenter et ne font que trahir.
