qu'elle soit "légale" ou pas.
La classe dirigeante considère désormais que c'est du fait de sa grandeur et de sa tolérance que certains salariés "privilégiés" s'offrent le caprice d'une grève. Cependant elle a de plus en plus de mal à contenir sa rage impuissante et les épithètes et noms d'oiseaux volent bas comme hirondelles avant l'orage. "Preneurs d'otages", "irresponsables", "fainéants", "mauvais citoyens", "anti-démocrates", "nantis", "profiteurs", etc. tous ces qualificatifs qui s'appliquent plus que largement à elle, la Bourgeoisie les crache sur les salariés grévistes par tous les canaux dont elle dispose. Les journalistes-postillons postillonnent gaiement leurs déformations télé et radio. Le bon chien-chien à sa mé-mère capitaliste donne la patte pour le su-sucre déontologique, éthique et idéologique.
Le gouvernement du Nain Jaune prend des dispositions pour briser la grève. Les médias mettent en avant les pauvres "usagers" qui, une fois encor, ne vont pas pouvoir se rendre sur leur lieu d'esclavage ; les économistes pleurnichent sur la "perte sèche" qu'occasionne un arrêt de travail, la baisse de compétitivité face à la concurrence (les travailleurs sont toujours plus "raisonnables" à l'étranger) ; certaines inspections académiques convoquent des enseignants à la retraite pour venir dispenser bénévolement leurs services un jour de grève ; jusqu'au ministre du budget, un dénommé "Woerth", qui déclare sur France Inter-canal historique officiel, qu'il ne comprend pas les raisons de cette action, qu'en temps de crise devrait jouer la "solidarité", que les grévistes feraient mieux de "se retrousser les manches" et de "s'activer" au lieu de saboter la nécessaire "union nationale". Il y a de quoi vomir sur cette incestueuse incitation à la copulation inter-classiste alors que le krach a déjà foutu sur le carreau des dizaines de milliers de personnes !
(Woerth Eric, sous-jaunâtre ministériel chargé du budget et des finances du Capital français. Hé gandin ! retrousse-donc les tiennes de manches, carcasse !)
L'"union nationale", ah que c'est beau (même dans la bouche d'une valetaille). Aux banquiers, on a versé des centaines de milliards d'euros au nom de cette émouvante union unilatérale, sommes conséquentes qui, en outre, n'existent pas encor et seront prélevées dans la poche de ces salariés sur lesquels aujourd'hui on jette l'opprobre.
Il y a un mois, les mêmes rillettes compassées chuintant sur les mouvements des salariés et de la jeunesse prêtaient serment sur leur honneur (situé quelque part dans leur portefeuille d'actions) d'exploiteurs de chair humaine que la crise était dûe à la spéculation d'un petit groupe de "méchants" et qu'on allait y mettre bon ordre. Eh bien, le 1er ordre qu'ont entendu ceusses pas encor "dégraissés" par le krach a été le suivant : "Remettez-vous au travail fissa !" Pour l'instant les mesures originales pour sortir du "capitalisme fou" se sont résumées à offrir un pack-versement en cash-flow à la finance internationale et annoncer aux travailleurs que l'année en cours serait bien pire que la précédente, qu'il s'agirait de travailler largement plus pour gagner beaucoup moins. Ah... "union nationale" te voilà, ressortie du congélateur, aussi fraîche qu'une péripatéticienne usagée, ravaudée. Attention messieurs qu'on nomme "dirigeants"! attention à la décongélation, annonçant des senteurs nauséabondes et des lendemains puant rage et misère. Vos costars risquent de se retrouver tels vos discours, en lanières qui ne veulent plus rien dire.
Tant que la grève durera
la lutte des classes perdurera !
Sous-Lieutenant Piotr Marat Karpov