Le Sous-Lieutenant Karpov décrypte pour vous l'actualité de notre monde et le passe à la tronçonneuse, au lance-flammes et à la mitrailleuse lourde.
L'ESCLAVAGE N'A PAS ETE ABOLI :
DANS LE SALARIAT IL PERDURE
C'est reparti pour la grande foire aux commémorations. Ce coup-ci, il s'agit de l'abolition de l'esclavage, l'occasion pour les chats-huants médiatiques de chat-huanter les louanges de la démocratie, du travail "libre" et...du capitalisme.
En occultant grossièrement la réalité des centaines de millions de salariés qui, depuis plus de 2 siècles, produisent dans des conditions généralement infernales, toutes les richesses dont se targuent la Civilisation et ses clercs, naissent, triment et crèvent sous le joug et sont priés d'en être reconnaissants à la Bourgeoisie triomphante, puisque c'est elle qui a "aboli" l'esclavage. ARH !, l'humanisme bourgeois...
A défaut de commémorer avec les commémorateurs dont c'est la rémunérative profession de foi, le Sous-Lieutenant voit l'occasion de laisser la parole à Friedrich Engels sur le sujet :
"PAR QUOI L'OUVRIER SE DISTINGUE-T-IL DE L'ESCLAVE?
L'esclave est vendu une fois pour toutes. L'ouvrier doit se vendre chaque jour et même chaque heure. L'esclave isolé est propriété de son maître et il a, du fait même de l'intérêt de son maître, une existence assurée, si misérable qu'elle puisse être. Le prolétaire isolé est propriété, pour ainsi dire, de toute la classe bourgeoise; on ne lui achète son travail que quand on en a besoin: il n'a donc pas d'existence assurée. Cette existence n'est assurée qu'à la classe ouvrière tout entière, en tant que classe. L'esclavage est en dehors de la concurrence. Le prolétaire est en plein dans la concurrence et en subit toutes les oscillations. L'esclave est considéré comme une chose, non pas comme un membre de la société civile. Le prolétaire est reconnu en tant que personne, en tant que membre de la société civile. L'esclave peut donc avoir une existence meilleure que le prolétaire, mais ce dernier appartient à une étape supérieure du développement de la société, et il se trouve lui-même à un niveau plus élevé que l'esclave. Ce dernier se libère en supprimant, seulement de tous les rapports de la propriété privée, le rapport de l'esclavage, grâce à quoi il devient seulement un prolétaire. Le prolétaire, lui, ne peut se libérer qu'en supprimant la propriété privée elle-même.
PAR QUOI LE PROLETAIRE SE DISTINGUE-T-IL DU SERF?
Le serf a la propriété et la jouissance d'un instrument de production, d'un morceau de terre, contre remise d'une partie de son produit ou en échange de certains travaux. Le prolétaire travaille avec des moyens de production appartenant à une autre personne, pour le compte de cette autre personne et contre réception d'une partie du produit. Le serf donne, le prolétaire reçoit. Le serf a une existence assurée, le prolétaire n'en a pas. Le serf se trouve en dehors de la concurrence, le prolétaire est placé dans les conditions de la concurrence. Le serf se libère, soit en se réfugiant dans les villes et en y devenant artisan, soit en donnant à son maître de l'argent au lieu de travail et de produits, et en devenant un fermier libre, soit en chassant son seigneur féodal et en devenant lui-même propriétaire, bref, en entrant d'une façon ou de l'autre dans la classe possédante, et dans la concurrence. Le prolétaire se libère en supprimant la concurrence elle-même, la propriété privée et toutes les différences de classe".
(Principes du communisme, 1847)
Aussi, le Sous-Lieutenant aura la patience d'attendre les futures commémorations de l'abolition du capitalisme, alors que le monde aura été allégé notamment de toute la faune qui se met en rang à chaque coup de clairon républicain.