La croissance relative du mouvement ouvrier espagnol à la fin du XIXème siècle et au début du XXème était liée à la lenteur du développement industriel, lui-même hypothéqué par la perte des colonies. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, l'Espagne ne dispose plus d'aucun moyen financier capable de soutenir son développement. De 1860 à 1896 le nombre d'ouvriers passe de 176 000 à seulement 244 000. La production des différents secteurs industriels augmente de façon inégale. Les principales exportations concernent les minerais (fer, plomb, cuivre, zinc, houille, etc.) mais ils n'occasionnent aucune amélioration technologique pour l'Espagne car, pour la plupart, ils sont transformés industriellement à l'extérieur du pays. Les financiers étrangers s'étaient tournés vers l'exploitation minière dont ils détenaient la majorité du capital et tiraient des profits quasi-coloniaux. La situation évoluera à partir de 1898, avec le rapatriement des fonds provenant des colonies récemment émancipées. La plupart des grandes banques espagnoles surgira de la capitalisation obtenue par l'exportation de minerai de fer vers la Grande-Bretagne.
Le réseau ferroviaire augmente de 100% entre 1860 et 1886, sans que cela corresponde au modeste niveau d'industrialisation du pays. La cause en est l'espoir que le chemin de fer aiguillonnerait l'industrie. En réalité c'est toujours l'inverse qui s'est produit, notamment en Angleterre et en France. L'Espagne est une illustration significative de l'échec du volontarisme économique. L'expérience espagnole s'avérant peu rentable, les actions ferroviaires furent dévaluées et les investisseurs se retirèrent.
Les industries de transformation sont généralement à l'état embryonnaire. L'industrie textile souffre de pénurie. L'Espagne doit acheter la matière première à l'extérieur et ses entreprises, essentiellement familiales, ne sont pas compétitives. On ne fabrique pas les machines. Dans la métallurgie, le nombre d'ouvriers est moins important que dans les mines. Le caractère limité et chaotique de l'industrie espagnole est le résultat direct de la pénétration des capitaux dans un pays semi-féodal. Malgré tout, en 1868 une révolution amène au pouvoir une bourgeoisie et crée par là les conditions favorables à l'implantation du capitalisme, qui va ainsi se développer.
Dans ces années au cours desquelles l'anarchisme grandit sur le plan international, la capitalisme espagnol est encore balbutiant. La condition ouvrière est rude, le salaire extrêmement bas. A Barcelone, dans l'industrie textile et dans la sidérurgie, la journée de travail dure 12 heures. Il existe une situation encore plus difficile, c'est le chômage qui, partiel ou de longue durée, aggrave la situation des plus démunis.
Le point commun essentiel entre l'Espagne et la Russie à l'orée du XXème siècle, c'est le retard économique par rapport à l'Europe occidentale. L'Espagne reste un pays à dominante agricole. Les latifundias, grands domaines supérieurs à 250 hectares, représentent 28% du territoire national et n'existent nulle part ailleurs en Occident. Environ 70% de la population travaillent dans le secteur agraire ou l'élevage (15% en Angleterre). 16% de la population active sont employés dans l'industrie, dont la moitié dans des secteurs rudimentaires (bâtiment, confection). La misère et l'insécurité des travailleurs, la prolétarisation des ruraux qui échouent à Barcelone et à Bilbao, créent un climat social de mécontentement grandissant. La mortalité infantile est élevée. Un nouveau-né sur quatre ne survit pas plus d'une semaine. Le taux de mortalité oscille entre 27 et 33% (20% en France). 60% de la population espagnole ne sait ni lire ni écrire (24% des Français).
(Alphonse XII, roi d'Espagne de 1874 à 1885)
En Russie, l'abolissement tardif du servage (1861) prend les traits de la misère des masses laborieuses et du sous-développement socio-économique que l'on retrouve en Espagne. Sur le plan industriel apparaissent en revanche des différences notables.
Comme la plupart des pays arriérés, la Russie est soumise à l'inégalité du rythme de développement selon les secteurs et dont les avancées se produisent par bonds successifs, sous le fouet des contraintes extérieures. De cette loi d'inégalité, Trotski en tire une autre qu'il appelle "loi du développement combiné", qui comprend le rapprochement de diverses étapes, la combinaison de phases distinctes et l'amalgame des formes les plus archaïques avec les plus modernes. Cette loi du développement combiné caractérise particulièrement l'histoire de la Russie.
Economiquement et industriellement parlant, la Russie a partiellement sauté les étapes de l'artisanat corporatif et de la manufacture, qui avaient exigé plusieurs dizaines d'années en Occident. Dans Le développement du capitalisme en Russie, Lenine montre qu'après 1861 le capitalisme se développa à une telle vitesse que les transformations réalisées équivalaient à deux siècles d'industrialisation dans certains pays européens.
Certaines régions restent au même niveau qu'au XVIIème siècle, mais là où s'implante le capitalisme moderne, les travailleurs agricoles découvrent la prolétarisation et les dures conditions qui en découlent. Nulle part ailleurs en Europe ne se manifestent de tels contrastes : de grandes villes avec leurs centrales électriques, d'immenses usines, de hauts immeubles coexistent avec de petits villages perdus où les habitants tressent leurs chaussures et sont vêtus d'habits en toile, cultivent la terre avec l'araire ancestrale et récoltent le blé à la faucille.
Techniquement et économiquement, l'industrie russe se hisse pratiquement au niveau des pays avancés, et les devance parfois. Par exemple aux Etats-Unis, l'effectif des ouvriers dans les petites entreprises s'élève à 55% alors qu'en Russie la proportion n'est que de 17,8%. 17,8%, c'est également le pourcentage des ouvriers américains dans les usines employant plus de 1000 personnes ; dans toute la Russie ils sont 41,4% mais dans la région industrielle de Petrograd, cela monte à 44,4% et jusqu'à 57,8% autour de Moscou. En 1905, les ouvriers sont au moins 10 millions, ce qui représente avec leur famille 25 millions de personnes, plus que la population française en 1789.
En Russie la fusion entre capital industriel et capital bancaire s'opère intégralement. Comme partout où fleurit le capitalisme, l'industrie russe se subordonne aux banques et au marché monétaire. L'industrie lourde (métaux, charbon, industrie pétrolière naissante sur la mer Caspienne) est presque entièrement sous le contrôle de capitalistes étrangers, qui avaient constitué en Russie tout un quadrillage bancaire. Un autre facteur important qui éclaire les différences entre Espagne et Russie, c'est l'immensité de l'empire russe, le plus grand pays du monde : 18 594 405 kms carrés en 1900 (Espagne : 505 000 kms carrés avec les Canaries). Au début du XXème siècle la population russe s'élève à environ 150 millions d'habitants contre 17 millions pour l'Espagne. Ces différences ont été minimisées par certains historiens qui cherchaient à calquer, en partant de 1917, l'histoire de l'Espagne sur celle de la Russie.
Salut Kamile.Le Sous-Lieutenant a un problème technique alors il utilise ce système pour te répondre concernant la Chine. Là-bas, le communisme n'a pas commencé. Mao fut le leader d'une révolution NATIONALE et BOURGEOISE s'appuyant essentiellement sur la PAYSANNERIE. Cette révolution a apporté à l'"Empire du Milieu" une unité économique, territoriale et culturelle. Aujourd'hui la Chine débarque de plain-pied sur le Marché mondial, alors une révolution COMMUNISTE y sera tôt ou tard à l'ordre du jour.Dans peu de temps, le Sous-Lieutenant publiera sur le blog un travail historique sur la Chine.
Salut mon sous-lieutnent ...Alors, c'est la belle avec les lunettes ... Dieu, ne fait plus de femmes comme cela !!! tu en connais une avec des lèvres pulpeuses pareilles ... Son mec doit être chanceux ... J'ai fantasmé de faire l'amour avec rage et désepoir ( O viellesse ennemi!!!) a une femme ... de laisser ma rage s'exprimer dans son corps d'eve et lui réciter Satan avec mon corps : (Bakurin, God and the State) : <br />
“But here steps in Satan, the<br />
eternal Rebel, the first free-thinker and emancipator of worlds. He makes man<br />
ashamed of his bestial ignorance and obedience; He emancipates him, stamps upon<br />
his brow the seal of liberty and humanity, in urging him to disobey and eat of<br />
the fruit of knowledge”.Bakunin Michael, <br />
Je voulais te poser une question ... je sais que t'es pas trop pro-chinios ... mais comme j'ai dit, j'ai passé 2 ans en chine (profonde) et j'ai eut le coup de foudre pour ce peuple incroyable ... je pense qu'ils sont géniales quand même : ils ont reussit a faire survivre le communisme en l'adaptant a la réalité ... Une approche centralisé en global et visco-plastique en local. il vont mettre des trillions dans le prochain plan quinquenal ... pour la chine profonde aprés les zones de franchise ...ils ont assuré la sécurité militaire (nucléaire) et ensuite alimentaire et finalement économique ... et ce n'est que le début ... 350 millions vont rejoindre ce boom ... des millions d'universitaires qui ont maitenant la high tech ...Marx n'a jamais voulut que son oeuvre soit achevée mais reliée a la réalité matérialiste économique scientifique ... Ils vont battre le Capital avec ses propres armes ... d'ou le grand carnaval de la torche olympique ...Kamile ; Soldat Shvek
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Salut Kamile. En ce qui concerne la Chine, le Sous-Lieutenant constate que le communisme n'y a pas plus commencé qu'en Russie. Mao fut le leader d'une révolution, effectivement, NATIONALE et<br />
BOURGEOISE, s'appuyant essentiellement sur la paysannerie. Aujourd'hui, comme la Russie, la Chine surgit de plain-pied sur le Marché mondial. Alors on dira qu'une révolution communiste ne va pas<br />
tarder à être à l'ordre du jour. Karpov prépare un travail sur la Chine, qu'il éditera bientôt sur le blog.<br />
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K
kamile
15/04/2008 17:41
Salut Karpovest-ce que ce sont tes analyses perso ou une reproduction d'un ouvrages ...si ce sont les tiennes, t'es ce je que pensais : un arachiste , un fou , quoi la définition d'un génium ...je te passe un super site sur l'anarchisme (avec aussi des études sur Proudhon (Marx le détestatit !!!), Bakhounine Kropotkine, Mamlatesta ... que tu connais deja peut être ...http://www.dissidence.be/table10.htmlje ne sais si tu me permet de t'embrrasser vivement sur al bouche même sous lieutent ...Kamile le soldat chvek !!!
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Salut Kamile.<br />
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Ce travail n'est pas du Sous-Lieutenant Karpov, mais d'une meuf issue de l'Union Soviétique, Tina Loba (ex-lieutenant de réserve de l'Armée Rouge).<br />
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Tu peux embrasser le Sous-Lieutenant sur la bouche, du moment que c'est fait avec CONVICTION.<br />
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Force et Honneur, Piotr Marat Karpov.<br />
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