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Le Sous-Lieutenant Karpov décrypte pour vous l'actualité de notre monde et le passe à la tronçonneuse, au lance-flammes et à la mitrailleuse lourde.

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PANTHEON


 JACQUES MARSEILLE






















                   


                                                                 



(Jacques Marseille au repos...                                                                        ...et pendant une grève)






UN AMI DE L'HOMME ET DU PATRON

 

     Aujourd'hui, le Sous-Lieutenant P.M. Karpov a l'insigne honneur d'inscrire au Panthéon de l'humanité avant qu'il ne soit trop tard, "Jacques Marseille" le bien nommé, passque dans ce méritant homme resplendit le soleil du retour sur investissements.

    
     Jacques Marseille est, entre autres, économiste. Un "économiste", c'est quelqu'un qui est payé par l'Etat pour venir dire dans les médias que les crises économiques sont aussi incompréhensibles et fatales que la grêle, les nuages de criquets et la Star Academy. Avec, de la part de Jacques Marseille, un petit "plus" : la crise, c'est surtout la faute aux "fonctionnaires" (terme raciste désignant tout employé par l'Etat), 
maudits privilégiés qui prennent le travail à ceux qui n'en ont pas, osent se mettre en grève et prendre l'usager en otage (comme les FARC et Ingrid Bettencourt). 

     En matière de fonctionnariat, Marseille sait de quoi il cause, appointé
lui-même par l'Etat à hauteur de 6000 € mensuels pour 128 heures annuelles à La Sorbonne. La Sorbonne... jardin de bourgeoiseaux auxquels il conte l'histoire des bienfaits innombrables dont l'humanité est redevable au patronat.

     Jacques Marseille est aussi un ancien membre du PCF. Autrement dit il fut stalinien avant que d'être économiste soudé au pied de l'économie marchande. C'est dire s'il connaît le rôle des syndicats et de la gauche dans les mouvements sociaux. Ce qui décrypte partiellement sa vindicte obsessionnelle contre les salariés du secteur "public", du moins ceux qui ont le culot de se battre contre leur employeur étatique et mordre
ainsi la main qui achète leur pâtée.
     Chaque fois qu'éclate une grève ici, là et ailleurs, Marseille souffre corps et larmes. Il souffre par procuration le chemin de croix du chef d'entreprise, endossant plaies et bosses, l'esprit frappé des stigmates de l'humanisme entrepreneurial : crise, endettement, chômage, impopularité, faillite, golden parachute et surtout, baisse du profit.
Devant micros et caméras, il en bave de dépit et de tristesse et n'en éprouve que plus de rancoeur contre cette engeance de propres à rien qui font la grève.

     Parmi les hautes oeuvres du Saint-Patron des PDG, on compte naguère la parution d'un opuscule cossu intitulé "L'IUMM, 100 ans de vie sociale". Pour les non-initiés, "l'IUMM", c'est ce tout-puissant syndicat patronal de la métallurgie, militant pour la défense des "lubrifiants sociaux" - une noble cause ne désirant qu'adoucir l'entubage quotidien des employés par leurs employeurs. Empli de gratitude jusqu'au blanc de l'oeil, l'humaniste Denis Gautier-Sauvagnac, ancien vice-président de l'UIMM, maintenant retraité avec une modeste dot parachutale de 6 millions d'euros, déclara :

     "Le Professeur Jacques Marseille, spécialiste reconnu de l’histoire économique et sociale, a bien voulu prendre la responsabilité de ce livre. Nous lui sommes reconnaissants d’avoir travaillé sans a priori".

     Quand un bonhomme tel mister "Gautier-Sauvagnac" en personne adoube ainsi un modeste nègre du Capital, cela paraphe
en beauté pour l'heureux bénéficiaire un blanc-seing dans les plus hautes sphères de l'humanisme esclavagiste. Il faut reconnaître que Jacques Marseille se montre 24 heures sur 24, sous toutes les coutures et sur tous les canaux médiatiques où on lui déroule la carpette, un serviteur plus que zélé de la pensée manageuriale. Dans son bouquin à la gloire des prédateurs capitalistiques, sous la photo de Robert Pinot, 1er secrétaire de l’UIMM, il a ajouté cette remarque subversive : "Robert Pinot, des yeux pétillants de malice et d’intelligence". Gratifier la main qui remplit de caviar sa gamelle en or massif de l'humble salive du besogneux oeuvrant dans l'ombre au quotidien, tout un art dans lequel excelle l'humble Jacques ... La reconnaissance à la Marseille, c'est plus qu'une culture transgénique, c'est poignant comme un briefing à la Société Générale.


   Le remarquable sire n'est pas seulement économiste d'Etat, mais aussi fonctionnaire-historiographe assermenté tatoué répertorié bagué du patronat. Suite à ses intrépides investigations sans
autre compromission que de faire les poubelles des garden-parties bourgeoises, grâce à notre héraut anti-grévistes les fidèles usagers auront appris que l'IUMM était un organisme caritatif concurrençant l'Abbé Pierre et ses bien falots "Emmaus" : les salariés ingrats (pléonasme) doivent aux patrons-bienfaiteurs (tautologie) la journée de 8 heures (1919), les congés payés (1936), la Sécu et les retraites (1945), les hausses de salaires (mai 1968). Juste une petite contradiction : aujourd'hui Marseille n'a de cesse de répéter que ces cadeaux patronaux sont cause de l'effroyable gabegie actuelle. Mais qui n'a de ces petits remaniements de veste qui font le sel de la pensée économique humaniste ?


     Pour autant, malgré tant de services rendus au patronat, à l'Etat et au taux de profit, malgré ses émoluments amplement justifiés et les faveurs accordées par la Cour patronale, Jacques est un économiste amer :

     "Le patronat français n’a guère tenté, au cours du siècle, de faire sa “réclame” auprès d’une société hostile à l’argent et au profit, et allergique, dans ses grandes masses, aux chiffres, calculs et angoisses qui sont le pain quotidien de ceux qui sont chargés de créer les richesses et le travail".

    
Ingratitude du monde du travail... Puisse le dieu de l'exploitation et du Marché Mondial porter oreille à ces prophétiques paroles et accorder à Jacques Marseille la grâce d'une saine remise au pas de ces foutus chiens galeux de salariés. 

               

      [pris sur le site : PlanB.org - Merci à : o2soudubalcon.canalblog.com]    

 

 

 

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