LE SALARIAT EST UN ESCLAVAGE
Tant que durera la grève des transports, radios, télés et journaux déverseront chaque jour leurs monceaux d'immondices sur la lutte des salariés.
Un des arguments-étrons souvent évoqués par les médias à la botte du Capital, c'est qu'il s'agirait d'"une grève de privilégiés". Voilà bien la plus écoeurante des justifications ! Chaque année en France, il meurt plus de 400 personnes sur leur lieu de travail, avec des risques accrus à partir de 50 ans.
Pour la planète, le chiffre est d'environ 44 millions de salariés tués par leur travail ou des suites de celui-ci. Un "prolétaricide" passé sous silence assourdissant. Mais quoi, il faut bien que le malheureux "usager" aille se faire exploiter, tout en vociférant contre ces grévistes "privilégiés" qui ne voudraient travailler "que" 37 années et demi.
Salariés du "public" ou du "privé", tous subissent le joug d'une même économie capitaliste et cette féroce volonté de les opposer les uns aux autres relève simplement de l'idéologie totalitariste de la classe dirigeante. Cheminots, aide-soignantes, magasiniers, agents "techniques", aucun salarié n'est épargné par les maux attachés à leur labeur, maux physiques aussi bien que mentaux. Bien qu'elle concerne la grande majorité des salariés, la souffrance au travail demeure un sujet-tabou. Il est rarissime que micros et caméras se tendent vers la personne atteinte anonymement dans sa chair et dans son esprit.
Toujours plus de compétitivité, de cadences, de gestes répétitifs, de pressions tous azimuts sont le lot quotidien de millions de gens. En outre, le salarié se retrouve souvent totalement isolé, coupé du reste de la société, de son entourage, de ses amis, de sa famille. Les conditions qui lui sont faîtes l'enferment dans un cercle infernal, dont il ne peut sortir que par la maladie, la crise, la douleur, la souffrance, la rupture et parfois...la mort.
C'est dire la nécessité vitale de la résurgence d'une résistance collective de la classe salariée, afin de s'arracher de cette spirale infernale faisant de l'exploité une machine puis un malade, que le système "retape" pour le ré-injecter dans le circuit ou, s'il est trop tard, envoie à la casse.
La grève, antichambre de la lutte des classes, est le meilleur antidote à l'individualisation du travail salarié. Tout ce qui fait défaut sur le lieu de travail, le prolétaire peut le trouver dans la lutte avec ses frères de classe : solidarité, fraternité, esprit de révolte, conscientisation de classe et prise en compte que la classe salariée constitue une force sociale seulement sur le plan collectif.
C'est pour contrer ces enjeux-là qui la menacent directement, qu'à chaque ébauche de mouvements sociaux, la classe dirigeante met en branle ses meutes de charognards, idéologues, politiciens, journalistes et autres spécialistes du mépris bourgeois envers les exploités. Mais cette cuisine nauséabonde fonctionne et fonctionnera de moins en moins.