ADRESSE DU SOUS-LIEUTENANT KARPOV A CEUX QUI VEULENT LEGIFERER SUR LE "DROIT DE GREVE"
Où êtes-vous allés pêcher que la grève était un "droit" garanti par votre foutue Constitution ? La Bourgeoisie, selon vous, aurait donc consenti un beau jour, dans un élan d'humanisme démocratique, à ce que les salariés puissent se mettre en grève en toute "légalité" ?
Vous n'êtes que des bouffons de la démocratie bourgeoise, et vos actuelles petites discussions d'épiciers avec les "partenaires sociaux" affichent le triste spectacle de la situation actuelle : une classe salariée anesthésiée par la pression quotidienne et les anti-dépresseurs médiatiques.
Lorsque, au début du siècle dernier, les prolétaires faisaient la grève, c'était dans la plus totale illégalité et vos dirigeants d'aïeux envoyait la gendarmerie ou la troupe pour leur tirer dessus à hauteur de poitrine. Ils n'avaient pas même le "droit" de réunion ! Leur seule "liberté" garantie, c'était de finir par crever d'épuisement ou de maladie sous le harnais.
Aujourd'hui, la moindre heure d'arrêt de travail collectif est considéré par vous comme une "prise d'otage". Vos chaînes de télé et vos radios ont inventé leur plus grotesque figure fictive : celle de "l'usager". L'usager se pose en éternel otage des grèves; en général, lorsque se produit le moindre petit mouvement social, notre usager, en bon professionnel de "l'usage", se trouve à moins de 2m 50 d'un micro ou d'une caméra pour ânonner sa petite leçon apprise d'avance : "Les usagers en ont assez d'être pris en otage ! On veut travailler !" Instructifs, ces montages télé qui coupent la moindre expression de solidarité avec les grévistes. Un avatar de plus du "droit" à l'info !
Profitez bien de cette époque formidable pour la classe capitaliste, où l'on oublie que salariés et chômeurs forment largement le plus gros de la troupe, qu'ils sont tous, à un moment ou à un autre, "usagers" les uns des autres. Profitez de la concurrence généralisée de tous avec tous.
Profitez, parce que cela ne durera pas. Tant qu'il y aura deux classes sociales fondamentales dont l'une, ultra-minoritaire, jouit du privilège exorbitant de faire marner l'autre à son unique et grand profit, il y aura des mouvements sociaux, il y aura des luttes des salariés et des chômeurs, il y aura des grèves et même pire (pour vous).
LA GREVE N'EST PAS UN "DROIT" QUE RECLAMENT LES PROLETAIRES. LA GREVE EST UNE ARME DE CLASSE !
Le Sous-Lieutenant Karpov vous invite à prendre la seule mesure conséquente de la part de dirigeants assumés du capitalisme. Au lieu de ratiociner sur les formes risibles que devrait prendre une grève selon vos canons "constitutionnels" (prévenir le patronat à l'avance, assurer un service "minimum", tout faire pour qu'un arrêt de travail ne gêne personne et soit par conséquent totalement inefficace, mettre les moindres modalités d'une action en règles procédurières, etc.), prenez la seule authentique mesure capable d'éclaircir le terrain social aux yeux de tout le monde :
INTERDISEZ LA GREVE PAR DECRET !
C'est la seule "réforme" que le S-L K. souhaite que vous engagiez rapidement. Une interdiction pure et simple. Car alors, les salariés retrouveront encor plus rapidement le chemin de la lutte pour leurs revendications "illégales" mais légitimes : baisse du temps de travail général, augmentation générale des salaires, amélioration des conditions du travail, etc.
"Illégales", les grèves redeviendront ce qu'elles étaient, une arme de combat pour la défense des intérêts des salariés et des chômeurs. Un gréviste illégal fait montre de toute sa détermination et de sa solidarité avec ses frères de classe.
Dernier rappel : la grève ne pose pas de préavis, elle est illimitée et reconductible par vote à main levée des salariés en lutte. Elle opère pour frapper le patronat, frapper son imagination et ses intérêts bien compris, pas pour amuser la galerie et distribuer des caramels mous aux "usagers" filmés par la télé.
Merci.Marre des kermesses. Les seuls qui ont compris l'intérêt des mascarades que sont les inutiles processions atones et frigides, encadrées par les flilkos (probablement primés pour leur énorme prise de risque à superviser la circulation alentour), sont les casseurs.
Les "processions" sont non seulement encadrés par la police, mais aussi par les "services d'ordre" des manifs', en "concertation" avec les poulets. Tout est fait pour encadrer, canaliser la moindre grève, la moindre action, la moindre manifestation. Le jour où les salariés relèveront simplement la tête, ils feront sauter d'entrée de jeu la chape de plomb de l'encadrement syndical opportuniste.