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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:52




     Cela fait 50 ans et plus que partis et syndicats de gauche racontent la même histoire. 50 ans et plus qu'ils balladent les salariés dans des procédures  bureaucratiques, des juri-prudences impuissantes, des couloirs venteux de paroles "démocratiques", pacifistes, électoralistes, démoralisantes, des jeux de l'oie scrupuleusement légaux.
     Le Sous-Lieutenant veut ici leur rendre un hommage qui, bien que tardif, restitue leur oeuvre à la postérité. Oui-da ! Il s'agit de le reconnaître : PS, PCF et appendices trotskistes, syndicats CGT, CFDT, FO et avatars style "Sud" ont réussi à faire des salariés une masse passive, inconsciente d'elle-même et de ses capacités, légaliste, conservatrice et souvent réactionnaire. Le
temps venu, l'histoire saura récompenser l'opportunisme politique pour cette magistrale castration. Car, malgré l'expérience de près de 20 années de mitterrandisme, malgré les "cohabitations" incestueuses entre droite et gauche bourgeoises, les salariés sont encor suffisamment dépendants pour compter toujours sur la petite boutique opportuniste quand il s'agit de mots d'ordre, de modalités d'"action", de conseils juridiques et autres recettes adaptatives à la bonne société consommationniste en hyper-charge pondérale.

      Jusqu'où la classe salariée peut-elle tenir, à avaler couleuvres sur couleuvres ? Quel est le seuil d'indigestion ? Par exemple, la perte définitive des "acquis sociaux", sorte de nomenclature sociale dont se gargarisaient essentiellement les crypto-staliniens du mourant PCF n'a pas entraîné pour le moment de réaction en chaîne. Durant les 30 glorieuses-odieuses années prospères d'après 1945, la classe dirigeante a paru lâcher du lest et balancer quelques miettes à une frange du prolétariat, frange qui a exsudé des fleurons tragi-comiques de ce que peut donner la collaboration de classe. Ce fut l'époque des staliniens triomphants, les Marchais-Krasucki venant ridiculiser avec jubilation la classe ouvrière à ses propres yeux, devant des micros et des caméras complaisants. Pendant qu'à Moscou, la nouvelle Bourgeoisie issue du stalinisme prétendait exercer la dictature du prolétariat sur...les prolétaires soviétiques, en France, les bonzes de gauche et d'extrême-gauche vantaient les qualités garanties sur facture d'une démocratie sans corruption qui, au-dessus de la "mêlée", réglât pacifiquement les conflits de classe, bref la quadrature du cercle républicain. Mais la prétention "révolutionnaire" demeurait en façade pour aguicher le chaland égaré.

     A ce jeu des chaises musicales politiciennes, l'extrême-gauche a piqué désormais le siège du PCF, toujours pas remis de la fin des "globalement positifs" pays dits "socialistes". Pour la discréditer - quand il leur semble que son commerce prospère par trop - les concurrents de droite et surtout de gauche n'ont plus à invoquer "l'oeil de Moscou". Il leur suffit juste d'agiter devant l'"opinion publique" le spectre de la révolution et de la lutte des classes, d'invoquer la violence sociale tel l'exorciseur invoquant Lucifer pour l'extirper du corps malade du possédé. Tout ce qui touche de près, de loin ou de très très loin à ces mots vidés de leur substance : socialisme, communisme, prolétariat, lutte des classes, internationalisme, révolution, est brandi comme un chapelet de gousses d'ail pour prémunir les masses de la vampirisation ! Allons, dormez citoyens et demain, tous aux urnes ! On y rase gratis.

     Qu'est-ce qu'il faudra à la classe salariée afin qu'elle se réapproprie son programme politique naturel ? Encor des désillusions mais également des avancées réelles, issues d'une lutte pratique contre la classe esclavagiste-capitaliste, contre ses parangons démocrates, ses valets et ses chiens policiers et contre sa propre addiction à l'illusion électoraliste. Il s'agira pour elle d'effectuer un véritable "décapage" de tout un vernis fossilisé de petites pratiques systématisées, de petits discours convenus et lancinants, petits réflexes conditionnés, petits arrangements vénaux rassurants, toute une culture petite-bourgeoise pourrissante issue de l'après-guerre et boostée par 30 années de prospérité capitaliste. Bien que la crise actuelle ait éclaté en fait en 1973, la classe dirigeante a su accrocher la majorité des salariés au bastingage du navire car c'est bien connu "on est tous sur le même bateau"!
      Cette ossification de la collaboration de classe dans la conscience collective des salariés, on la doit à 2 facteurs essentiels :

     - la capacité de la Bourgeoisie à monnayer un "contrat social" aux travailleurs, ce qui a provoqué évidemment l'embourgeoisement sinon matériel, du moins idéologique d'une frange notable des salariés ;
   
     - le rôle décisif joué par l'opportunisme politique, soit la gauche qui, par l'intermédiaire d'un arsenal touffu de canaux, a pu instiller au coeur des masses l'illusion réformiste, le changement "pacifique", le gradualisme démocratique et tout ce gras de jambon maigre qui a cautionné tranquillement l'esclavage salarié, les exactions et les pillages coloniaux, les guerres, etc. et continue d'ailleurs de le faire allègrement, comme on a pu le voir  - entre autres - à l'occasion de la guerre en Afghanistan ou du massacre de Gaza, de la crise mondiale et du chômage endémique.

      Voilà pour quelles raisons le Sous-Lieutenant a estimé nécessaire, pendant qu'il en est encor temps, cet hommage tardif à tous les fieffés collabos de gauche, humanistes comme Kouchner, clairvoyants comme BHL, radicaux comme Royale, dialectiques comme Glucksmann, inoffensifs comme Besancenot, efficaces comme Voynet, moustachus comme Bové ou barbichus comme Chérèque, coiffés comme Thibault, fringués comme Lang et Hamon, charismatiques comme Aubry et la Mère Buffet, révolutionnaires comme Hollande. Gloire à ceux-là, qui ont entamé sans le savoir leur danse du cygne !
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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 10:59


UNITED COLORS OF...PROFIT

 

      Un mois de grève générale... un mois que la Guadeloupe tient le haut et bat le pavé. Un mois que le mouvement éconduit un par un les fifrelins envoyés de métropole pour dévoyer le mouvement. Un mois que la grève, dans son efficacité et son énergie cinétique, oblige les leaders "syndicaux" à se découvrir dans toute leur nudité d'opportunistes craintifs, soumis à la loi du Marché et garants de l'ordre républicain. Sans parler des dirigeants de la gôche, extrêmement inquiets de la situation. La mère Aubry, fraîchement élue à la tête du parti le plus corrompu (à tous les sens du terme) de France, y est allé de son appel au Président rabougri, afin que le mouvement n'aille  surtout pas s'étendre à la métropole. Ah... les "socialistes"... 


     Là-bas la crise a frappé 2 fois plus fort, évidemment. De toute manière, dans les Antilles, une situation "normale" équivaut à une crise sociale chronique en métropole. L'héritage du colonialisme se télescope avec les problèmes inhérents à l'exploitation capitaliste. Le chômage prospère sous les palmiers, les salaires sont encor plus filiformes que dans la "maison-mère". Sous les cartes postales, une sourde misère exsude ses relents d'hypocrisie en façade : c'est comm' dans les tableaux du Douanier Rousseau.


     A des milliers de kilomètres de l'hexagone, les salariés Guadeloupéens en lutte constituent le fer de lance d'un mouvement social à renaître ici et ailleurs. Leur lutte exemplaire balaie le mépris de la classe dirigeante, dont le nabot en chef claironnait il y a quelques mois : "Désormais en France, quand une grève se produit, plus personne ne s'en rend compte". En voici une qui tient depuis un mois et l'a mis sur les dents, le Nain Jaune, grace à la détermination de tous et de chacun, grace à la centralisation des mots d'ordre et des formes d'action, grace à la concentration du leadership de la lutte, contrariant les effets d'émiettements de l'habituel ballet des bonzes syndicalistes CGT, FO, CFDT et autres officines de collaboration de classe, non habilitées à mener autre chose que des "négociations" avec l'ennemi de classe.

      Face à cette compacité des grévistes, la classe dirigeante a déjà mis en branle tout l'arsenal des vieilles recettes, boosté par l'effet amplificateur des médias. La principale grenade offensive idéologique a été dégoupillée sans tarder : il s'agirait d'un affrontement entre communautés, Noirs, "Békés", Créoles...
Comme on dit en rugby, le coup est "téléphoné", tellement que même ceux qui propagent des rumeurs aussi foireuses manquent de la conviction nécessaire. Le mouvement guadeloupéen est d'essence sociale, il concerne et illustre la lutte que se livrent les 2 classes antagoniques partout sur la planète, lutte qui, à l'occasion de la crise tellurique récente, ne peut que s'exprimer de manière aiguë.

     Evidemment les plus gros propriétaires et les plus gros exploiteurs de l'île sont des "Békés", dans la logique héritée du colonialisme encor tout chaud qui a perduré dans les institutions républicaines. Cependant le problème ne vient pas du fait qu'ils soient Blancs mais que la crise a mis en exergue leur situation de privilégiés, magouilleurs,  affairistes, profiteurs de paix, esclavagistes mafieux, excusez du peu.  

     Il n'est que d'observer les revendications des grévistes : augmentation générale des salaires, baisse générale des prix des produits de 1ère nécessité, que les jeunes aient un travail, ... Nulle trace de communautarisme racial, au grand dam des spin doctors élyséens, à qui il va falloir revenir à une méthode plus classique : la répression pure et simple.
Cela a déjà commencé et la réaction des dirigeants ne peut qu'empirer à l'unisson de l'amplification du mouvement. Les salariés en lutte à la Guadeloupe ne vont pas tarder à faire connaissance avec l'ordre républicain. Déjà leurs "élus" commencent à prendre un prudent recul : le signal  d'attaque pour les chiens-policiers !

 

[Flash info : le temps de le dire, un syndicaliste a été tué par une balle tirée d'un "barrage". Naturellement, les chiens-policiers "n'y sont pour rien", naturellement l'acte provient d'"éléments incontrôlés" - surement pas par tout le monde - jeunes de préférence, "casseurs" par vocation comme de juste. Ah, si elles n'existaient pas, ces hordes de "barbares", la flicaille les inventerait (et même dans certains cas... suivez le regard du Sous-Lieutenant). Le coup des luttes "communautaristes" n'ayant point fonctionné, cette balle surgit au bon moment pour l'Administration métropolitaine, prise entre les feux des Antilles et les étincelles hexagonales. Les phrases attendues commencent à suinter de toutes les bouches : "Il fallait s'y attendre" ; "un tel dérapage était à prévoir" ; "voilà ce qu'il en coûte aux extrêmistes-jusqu'au-boutistes", et coetera. La classe dirigeante va en appeler à "l'Union Sâcrée" contre les "pillards", déjà les médias commencent à abreuver les masses des chiffres du manque à gagner, fournis par les esclavagistes guadeloupéens qui se posent en victimes.
     Le fait est que la Bourgeoisie veut faire payer à tout prix les salariés en lutte, pour avoir osé fomenter une grève générale exemplaire, purement sociale, hors du cadre habituel des impuissantes "journées d'action" organisées en commun par le patronat et les leaders syndicaux opportunistes, promenades carnavalesques fournies avec un pack service minimum-explications pédagogiques et autres recherche du soutien de l'"opinion publique". Là, le mouvement s'est forgé dans la solidarité, la détermination et le refus de tout compromis bidon avec les "Gigots" envoyés par le nabot présidentiel. De plus, cette grève est extrêmement populaire en métropole, d'où le risque - qui atterre plus encor la "gôche" que la "drouâte" d'un élargissement métropolitain. Il était temps de frapper le noyau dur des grévistes
, l'Administration l'a fait. Sera-ce suffisant pour que le mouvement faiblisse ? Comme vous, le Sous-Lieutenant souhaite de toute sa conviction que la réponse soit négative.]
     

 

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 00:00

L'"UNION NATIONALE"...CONTRE LES SALARIES EN LUTTE

     Il y a un siècle et plus, la Bourgeoisie faisait donner la troupe contre les prolétaires qui  se mettaient en grève bravement. La troupe... les fusils pointés à hauteur de poitrine, à hauteur des poitrines des mères marchant marmaille au bras. Et ça tirait ! Sabre au clair les gendarmes à cheval chargeaient la foule ouvrière. A chaque fois que s'abattait un sabre, un morceau de chair jaillissait, une main, un bras... le sang ruisselait sur les pavés noirs et ça criait, ça hurlait, un corps usé achevait son existence misérable sous les fers à cheval - "porte-bonheur" ? La classe ouvrière a payé plus que son tribut pour les grèves innombrables qui émaillèrent la révolution industrielle. Quand on pense que nos bourgeois actuels considèrent la grève comme un cadeau "légal" qu'ils auraient consenti à ces foutus feignants de travailleurs de putain de foutre de bon dieu de bordel de merde !

     Aujourd'hui pas plus qu'hier la grève ne constitue le énième "droit" bidon après lequel trottinent les pitoyables bonzes syndicaux et autres leaders de papier mâché de  la gauche-stock options. Le Sous-Lieutenant Karpov l'a déjà dit :

la grève est une arme,

      qu'elle soit "légale" ou pas.

     La classe dirigeante considère désormais que c'est du fait de sa grandeur et de sa tolérance que certains salariés "privilégiés" s'offrent le caprice d'une grève. Cependant elle a de plus en plus de mal à contenir sa rage impuissante et les épithètes et noms d'oiseaux volent bas comme hirondelles avant l'orage. "Preneurs d'otages", "irresponsables", "fainéants", "mauvais citoyens", "anti-démocrates", "nantis", "profiteurs", etc. tous ces qualificatifs qui s'appliquent plus que largement à elle, la Bourgeoisie les crache sur les salariés grévistes par tous les canaux dont elle dispose. Les journalistes-postillons postillonnent gaiement leurs déformations télé et radio. Le bon chien-chien à sa mé-mère capitaliste donne la patte pour le su-sucre déontologique, éthique et idéologique.
    
     Le gouvernement du Nain Jaune prend des dispositions pour briser la grève. Les médias mettent en avant les pauvres "usagers" qui, une fois encor, ne vont pas pouvoir se rendre sur leur lieu d'esclavage ; les économistes pleurnichent sur la "perte sèche" qu'occasionne un arrêt de travail, la baisse de compétitivité face à la concurrence (les travailleurs sont toujours plus "raisonnables" à l'étranger) ; certaines inspections académiques convoquent des enseignants à la retraite pour venir dispenser bénévolement leurs services un jour de grève ; jusqu'au ministre du budget, un dénommé "Woerth", qui déclare sur France Inter-canal historique officiel, qu'il ne comprend pas les raisons de cette action, qu'en temps de crise devrait jouer la "solidarité", que les grévistes feraient mieux de "se retrousser les manches" et de "s'activer" au lieu de saboter la nécessaire "union nationale". Il y a de quoi vomir sur cette incestueuse incitation à la copulation inter-classiste alors que le krach a déjà foutu sur le carreau des dizaines de milliers de personnes !

(Woerth Eric, sous-jaunâtre ministériel chargé du budget et des finances du Capital français. Hé gandin ! retrousse-donc les tiennes de manches, carcasse !)

     L'"union nationale", ah que c'est beau (même dans la bouche d'une valetaille). Aux banquiers, on a versé des centaines de milliards d'euros au nom de cette émouvante union unilatérale, sommes conséquentes qui, en outre, n'existent pas encor et seront prélevées dans la poche de ces salariés sur lesquels aujourd'hui on jette l'opprobre.
      Il y a un mois, les mêmes rillettes compassées chuintant sur les mouvements des salariés  et de la jeunesse prêtaient serment sur leur honneur (situé quelque part dans leur portefeuille d'actions) d'exploiteurs de chair humaine que la crise était dûe à la spéculation d'un petit groupe de "méchants" et qu'on allait y mettre bon ordre. Eh bien, le 1er ordre qu'ont entendu ceusses pas encor "dégraissés" par le krach a été le suivant : "Remettez-vous au travail fissa !" Pour l'instant les mesures originales pour sortir du "capitalisme fou" se sont résumées à offrir un pack-versement en cash-flow à la finance internationale et annoncer aux travailleurs que l'année en cours serait bien pire que la précédente, qu'il s'agirait de travailler  largement plus pour gagner beaucoup moins. Ah... "union nationale" te voilà, ressortie du congélateur, aussi fraîche qu'une péripatéticienne usagée, ravaudée. Attention messieurs qu'on nomme "dirigeants"! attention à la décongélation, annonçant des senteurs nauséabondes et des lendemains puant rage et misère. Vos costars risquent de se retrouver tels vos discours, en lanières qui ne veulent plus rien dire.

Tant que la grève durera
la lutte des classes perdurera !


Sous-Lieutenant Piotr Marat Karpov
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 00:00


LA CRISE EST L'AVENIR DE L'ÊTRE HUMAIN

     Dès la fin de la seconde boucherie mondiale débutèrent 30 années qui allaient devenir les "Trente Glorieuses" du capitalisme. En 1973, les aléas de la concurrence américano-japonaise mirent à mal l'hégémonie du dollar indexé sur l'or ; Nixon décida alors de "libérer" la monnaie états-unienne de cette équivalence de plus en plus lourde à supporter. C'en était fini des accords de Bretton Woods (1944). Suite à cette crise monétaire aigüe, éclata l'année suivante ce qu'on a appelé la "crise pétrolière", qui perdure depuis sous forme de poussées de fièvres cycliques de plus en plus rapprochées. Les "Trente Glorieuses" ont fait place à la peu glorieuse incertitude du capitalisme, dont le dernier gigantesque soubresaut s'est matérialisé par le krach boursier d'octobre 2008.

     Quand il s'agit d'expliquer les crises, les consultants bourgeois divergent sur la médicamentation mais s'avèrent d'une confondante unanimité
sur les causes : elles ne sont que maux purement conjoncturels. Tantôt, nos brillants spécialistes pestent contre les entraves à la circulation du capital, essentiellement dûes - selon eux - à l'interventionnisme étatique, tantôt ils hurlent aux méfaits de la dérégulation, des "patrons-voyous" et des "spéculateurs" et en appellent à l'arbitrage bienveillant de l'Etat, des lois, de la "morale" universelle et autres fantômes du spiritisme bourgeois.

    Il existe
cependant un courant politique qui, dès sa fondation, a appuyé en grande partie son corps de thèses sur une analyse audacieuse et originale des crises du capitalisme. Est-il besoin de vous rappeler de quel courant le Sous-Lieutenant vous cause? Cette théorie révolutionnaire commence par un constat simple :

     - le mode de production capitaliste développe de manière prodigieuse les forces productives (force de travail, c'est-à-dire des êtres vivants, les salariés ! moyens de production, c'est-à-dire usines, locaux, bureaux, machines, matériel en tout genre, etc. ; technologie) ; il en ressort que la production capitaliste suscite des Himalayas de marchandises ;

       - il y a nécessairement appropriation privée de la production par le Marché.

      De ces 2 aspects fondamentaux du système, la théorie dont il est question a tiré une contradiction fondamentale : à un certain degré de production, le Marché ne peut plus absorber la totalité de la masse pharamineuse produite. Les crises du capitalisme sont crises de surproduction.
     Dans le même temps, le Capital est poussé à élever
toujours sa composition organique (rapport entre capital constant, soit les matières 1ères + les moyens de production et capital variable, soit le salaire + la plus-value, temps de travail non payé du salarié). Une partie du capital est dite "constant" parce qu'elle pré-existe à un processus de production donné. L'autre est dite "variable" parce qu'elle concerne la force de travail du salarié, qui va incorporer dans la marchandise produite sa propre valeur - le salaire - et un excédent non payé - la plus-value. Simplifions en disant que le capital constant représente le travail mort et le capital variable, le travail vivant. La tendance à ce qu'il faille de plus en plus de travail "mort" pour mettre en branle du travail "vivant" est inéluctable mais néfaste au taux de profit capitaliste.

     Ceux qui ont deviné - et ils sont nombreux - que la théorie en question ici est celle développée par Karl Marx et Friedrich Engels ont gagné une citation du 1er :

     "La véritable barrière de la production capitaliste, c'est le capital lui-même".

      Une autre façon de le dire : le capital, en tant que rapport de production, devient une entrave au capital en tant que force productive. Ce heurt se manifeste par une poussée de fièvre qui bloque tous les rouages de la machine en même temps : la crise.
     Parallèlement, comme nous l'avons évoqué plus haut, l'élévation de la composition organique du capital entraîne une baisse tendancielle du taux de profit (taux de profit = rapport entre le profit réalisé et l'investissement en capital constant et variable). Explicitation :  pour s'accumuler et s'élargir, c'est-à-dire tout simplement exister, le capital nécessite la mise en oeuvre d'investissements de plus en plus lourds, augmentant globalement la masse du profit mais abaissant tendanciellement son taux.

      Marx : "On ne produit pas trop de richesses. Mais on produit périodiquement trop de richesses sous leurs formes capitalistes, contradictoires".

     Les crises ne sont pas des "accidents" de parcours de l'économie. Elles sont au contraires inéluctables et nécessaires à la bonne marche du système. Ceux qui prétendent le contraire ne font qu'affirmer l'imposture fondamentale d'un mode de production qui se veut naturellement universel.
     Si l'on suit aveuglément les raisonnements diffusés par les girouettes de la gauche française, l'"Etat" devrait être à nouveau le garant des conditions d'existence des salariés, comme aux temps bénis (pour la Bourgeoisie) des "Trente-Glorieuses". Si on donne caution à ces opportunistes-là, l'intérêt des salariés serait de défendre "leur" économie nationale.

     Or, l'économie "nationale" ne peut prospérer qu'en abaissant les salaires et en se débarrassant d'un certain pourcentage de ses esclaves ! A qui profite l'"intérêt" national?

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 00:00


L'INDIVIDU PROVIDENTIEL N'EXISTE PAS




       
        Fraîchement intronisé par une majorité de votants qui, il y a 4 ans à peine, avaient offert 4 millions de bulletins d'avance à Junior W.B. en pleine guerre d'Irak, le nouveau "Black President" états-unien est l'objet, des 2 côtés de l'océan, d'une sanctification accélérée de la part des mêmes qui, voici 2 ans, avaient fait du Nain Jaune élyséen un personnage charismatique (veuillez prononcer "cha" comme le "cha" de "chapeau-claque").
   
     Le Sous-Lieutenant rappelle à ces nouveaux apôtres obamaniako-dépressifs une phrase stupide, que les plus auto-proclamés savants parmi leurs vaguement humanoïdes diplômés aiment à prononcer doctement environ 475 fois par an devant micros et caméras :

     En toute chose il faut raison garder (poil aux pieds).

     Pour commencer, toujours distinguer un individu lambda de l'image qu'en donne l'industrie médiatique. Distinguer donc Obama - le vrai, l'inconnu - du Black President icônisé à toute hâte par les mêmes qui icônisèrent en d'autres temps Karol Wojtyla et Mitterrand. P.M. Karpov ne s'autorisant à évoquer que ce qu'il apréhende, c'est sur le second Obama qu'il va poser une idée simple : le nouveau présidentialisé-métis exprime avant tout la puissance idéologique de l'Empire états-unien.
      Cette puissance se traduit ici par la capacité des spin doctor à interchanger l'acteur principal du serial et, par la même occasion, opérer un époussetage du quelque peu lourd décor : la Maison Blanche, le Capitole, les figures tutélaires taillées à même le Mont Rushmore, les "So God help me", la bataille de Guadalcanal, tout ça... Ainsi l'opinion publique états-unienne, cette gélatine rose encor plus molle là-bas qu'ici - n'oubliez jamais que les Etats-uniens sont le peuple le plus politiquement sous-doué de la planète - est passée de l'adhésion à un faux-cow-boy faux-texan faux-évangéliste vraie-vasque-à-whisky à un PACS électoraliste avec vrai-faux-Noir-faux-Blanc synthétisant génétiquement tout ce que les pompeux grandiloquents englobent généralement dans l'expression : America, "l'Amérique", mythe sanglant dont l'histoire est entièrement re-visitée à chaque époque par les scénaristes hollywoodiens du moment.
     Arrêtez-vous un instant sur ce rebondissement. Junior était un vrai "Blanc", avec tout dans le calecif (même un Jésus), rien sous le Stetson ; Obama est un "Black" (chez nos grands-enfants d'"Alliés", une chose est noire ou blanche, donc les métis sont black et par là-même le gars qu'ils ont placé au sommet de l'Empire en est un beau, un grand, un vrai) qui en a autant sinon plus sous le casque capillaire crêpu que dans le slibard ; Junior était un ex-alcoolo anonyme, Barack pourrait jouer en NBA ; Junior n'a lu qu'un seul livre (la Bible avec des grosses images coloriées), le "Black" est un gros lecteur qui dévore tout ce qui lui tombe sous la main, tout mais pas n'importe quoi : de quoi se forger un destin.
     A 1ère vue, on pourrait penser que toutes ces agapes annoncent un renversement d'idéologie et de pratique Empiristes, c'est le but recherché par les producteurs du show et cela fonctionne bien au delà du territoire Nord-Américain.
A ce qu'il paraît, jusque chez les loutres canadiennes et les castors de Colombie britannique.
           

     A ce stade de l'observation entomologique, il est plus que temps pour le Sous-Lieutenant d'introduire instamment 2 modestes interlocuteurs, Mesdames et Messieurs... Friedrich Engels, Karl Marx :

     - "...le développement d'un individu est conditionné par le développement de tous les autres, avec qui il se trouve en relation directe ou indirecte... l'histoire d'un individu pris à part ne peut en aucun cas être isolée de l'histoire des individus qui l'ont précédé ou sont ses contemporains : son histoire est au contraire déterminée par la leur".

     Ah, eux au moins ils sont synthétiques. C'est là leur moindre qualité. C'est-à-dire qu'ils illustrent précisément le basculement artificiel du matérialisme historique. L'électoralisme du IIIème millénaire est une machine à scoops, fonctionnant au storytelling : il était une fois, au fin fond du Kenya, une grand-mère qui accoucha d'un petit Kenyan qui épousa une Blanche américaine (perversion, subversion mutuelle, prescience ?) qui mit en gestation le futur Président of the United States, yeah ! Et,  réunis autour du berceau présidentiel, tous s'écrièrent :

       - Il est né le divin Enfant ! (sous-entendu : ...du nouveau Rêve Américain)

    Dans le casting, Hollywood recherchait un personnage spectaculairement différent du précédent, vous savez, le casse-noix planétaire. L'Obama présidentiel valide la compétence voyante des directeurs de casting et des chorégraphes de plateau. A lui le rôle titre dans le nouveau blockbuster sorti en même temps sur tous les écrans du monde: "Iéssouikênn !"    


       Un petit rappel avant de conclure : si le 1er et le pire impérialisme de la planète a pu façonner le monde à sa propre image, "amis" et "ennemis confondus, ce n'est pas pour le "changer" mais parce qu'il ne pouvait, de par sa nature, agir autrement.
    
      P.M. Karpov voit que ses 2 invités se lèvent et vont prendre congé, non sans avoir ajouté un petit quelque chose avant de dire "au revoir et à très bientôt" :


        - "L'exigence de l'époque n'est pas ... que "Je Me développe", chose que chaque individu a faite jusqu'à maintenant..., mais notre époque nous impose de nous libérer d'un mode de développement bien précis".

     Autrement dit : ce ne sont ni Obama ni le peuple états-unien qui "changeront le monde" à eux tout seuls. Ca, nos poissons rouges médiatiques - souffrant de perte galopante de la mémoire courte - l'oublient toutes les 5 minutes.
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 17:40

PAS DE RELANCE AUTRE QUE CELLE DU SYSTEME ECONOMIQUE
PAS DE REPRISE AUTRE QUE CELLE DE L'EXPLOITATION INHUMAINE
PAS DE CROISSANCE AUTRE QUE CELLE DU CAPITAL

      Les charlatans qui se penchent au chevet du capitalisme fiévreux viennent de tous bords : droite sociale-chrétienne aussi bien que gauche-caviar humaniste, extrême-droite pétainiste comme extrême-gauche alternative durable, sans omettre les remarques "critiques" mais "constructives" de quelques ex-prédateurs à la retraite. Tous possédés par une  préoccupation unique, "sauver le monde", éviter l'"Apocalypse", la fin de la Civilisation et le "retour à la Barbarie". Autrement dit, sauver le mode de production tel qu'il est et repartir joyeusement sur de "nouvelles" bases, vers des sommets de croissance, de consommation, d'exploitation et de profits, vers de nouveaux terrils d'immondices et de misère humaine, de nouvelles crises débouchant sur une multiplication des conflits.

       Ce souci obsessionnel de préserver l'O.P.A. artificielle que le capitalisme lance en permanence sur les hommes et sur l'ensemble de la planète met également en valeur la prétention de nombres d'escrocs idéologiques à monter sur le podium olympique des sauveurs du cycle capitaliste.
        Escrocs, oui, à tout le moins lorsqu'on entend tel prétentieux philo-sophiste de gauche ou d'extrême-centre proposer qu'on remette de l'huile consommationniste de masse dans les engrenages bloqués de la machine infernale, à seule fin qu'elle redémarre de plus belle, s'élançant férocement vers un nouveau cycle d'accumulation-destruction. Le ouistiti pseudo-savant
enchaîné à l'orgue de Barbarie du Marché entame une danse de Saint-Guy fébrile et les badaux reconnaissants lui lancent des cacahuètes. Oui, piaille-t-il, qu'on augmente les salaires et ainsi on sauve le capitalisme et on remédie à la pauvreté, ô miracle évident ! Si évident qu'on se demande comment les dirigeants n'y ont pas pensé plus tôt. En outre, cette solution lie le sort de la classe salariée à celui de ses prédateurs. Même au coeur de la crise économique la plus profonde depuis 1929, les penseurs bourgeois font disparaître par prestidigitation le clivage de classe le plus fondamental, celui qui détermine le fragile équilibre sociétal.

       Il suffit de faire remarquer à ces chiens soumis qu'il y a belle lurette que, dans les pays développés, on a enchaîné les masses à la roue consommationniste par l'intermédiaire d'une batterie de crédits. Aux Etats-Unis avant le krach, les ménages moyens étaient endettés à hauteur de 40%. En France, on a découvert des familles qui se coltinaient plus d'une dizaine de crédits ! Maintenant que la machine infernale est grippée, que proposent les apologistes-apothicaires de la loi du profit ? Du crédit, encor du crédit, toujours du crédit !

      En ce qui concerne les crises cycliques du Capital, c'est une vieille histoire ; les différents points de vue des "analystes" ne sont là que pour occulter la nature essentiellement politique de la résolution définitive des crises. D'où l'aveu qu'elles sont insolubles, qu'il en existera toujours comme il arrivera toujours des tremblements de terre et des cyclones et surtout, que c'est une question de malveillance de certains gros "spéculateurs" et autres "patrons-voyous". Cette imagerie d'Epinal à succès est reprise abondamment par l'opportunisme de gauche sous toutes ses variantes, notamment la Mère Buffet, toujours prompte à caqueter sur les "excès du capitalisme" qu'il s'agit à tout prix d'atténuer par la vie "démocratique et populaire" et la "mobilisation des forces vives du pays", formules délavées qui ont le mérite aux yeux de ceux qui les utilisent de ne rien vouloir dire de précis et de pouvoir être reprises par tout un  chacun, depuis le curé de la paroisse jusqu'à l'épicier au coin de l'avenue en passant par le militant désoeuvré du samedi après-midi.
      Tous ces petits-bourgeois incurables s'effraient des effets dévastateurs de la crise, en particulier la possibilité que les masses frappées de plein fouet se mettent en mouvement. Ca, c'est beaucoup supporter pour leurs nerfs émoussés par les aléas économiques. Et d'offrir à la Bourgeoisie des services facturés afin d'éviter le "pire" au système. Nombre d'entre eux s'auto-proclament "militants" écolos, alternatifs ou d'extrême-gauche, leur principale préoccupation étant néanmoins d'appeler au calme et à la "raison", appels qui évidemment ne peuvent s'adresser qu'à la classe susceptible de perdre patience et d'entrer en ébullition à force de subir la pression grandissante des conditions de vie et de travail.
      Invités d'honneur dans tous les médias, ils racontent comme à des enfants leurs fariboles sur un "bon" capitalisme, sans crises, sans exploitation trop voyante, où tout le monde il est beau tout le monde il consomme rai-son-na-ble-ment, un capitalisme avec des "bons" patrons, qui embauchent tout le temps et ne licencient jamais, qui ne délocalisent pas et versent des salaires corrects à leurs esclaves... pardon, à leurs partenaires sociaux, un capitalisme où la loi du profit ne détermine pas la survie du système, sans guerres ni oppression des plus faibles, sans pillages ni famines artificiellement organisées. Ils viennent jouer de la harpe et du flutiau à ceux-là mêmes qui subissent les pires effets de ce mode de production dont ces larves idéologiques colorient les pourtours à gros traits faussement naïfs.

     Qu'est-ce qu'il suffirait selon eux pour passer du capitalisme tel qu'il est au capitalisme tel qu'il devrait être ? 3 fois rien : un peu de "bonne volonté", quelques débats démocratiques - calamiteuses tartes à la crème à laquelle ces parasites se prêtent avec délice -, un soupçon de réformettes, le tout sans broncher, sans grèves ni mouvements sociaux, sans affontement classe contre classe. Du moment qu'on "débat" ou qu'on se débat, cloué à sa chaise dans des A.G. aussi vaines qu'inutiles.

     La réponse à ces arguties lamentables, la jeunesse de Grèce est en train de la siffler aux oreilles de la Bourgeoisie européenne. Elle a déjà suffisamment fait vibrer les tympans des dirigeants français pour que le vaniteux bouffon qui ministre l'Education Nationale baisse d'un cran de falzar la morgue que, jusqu'à hier, il
affichait précieusement devant ces djeunss qui lui refilent une séropositivité chronique à toute rébellion sociale naissante. Logique en démocratie bourgeoise.

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 18:16




LES FADAISES DE LA MERE BUFFET

    La Mère Buffet, qui tient le rade moisissant du PCF - autrefois lourd char d'assaut staliniste - depuis 7 ans et va bientôt passer la main à un camarade successeur un peu moins périmé, vient d'apporter son grain de sel aux débats délirants suscités par la crise économique mondiale parmi les organisations de la gôche frânçaise.




       Il n'est pas inutile d'observer d'un peu plus près ce que la Mère Buffet,
munie de la traditionnelle pesanteur idéologique qui sied à tout bon dirigeant opportuniste issu du courant stalinien, propose comme "solutions" pour sauver le capitalisme qu'elle prétend toujours combattre.
     En premier lieu, thème récurrent cher au PCF et à son croupion cégétiste :
depuis plus de trente ans, le gouvernement organise "la casse du tissu industriel" ! Argument des + fréquents parmi la batterie d'absurdités proclamées par l'appareil oxydé du parti. Donc, nous assène la Mère Buffet, la classe patronale fait en sorte que ce qui constitue son assise économique soit saboté, "cassé", détruit sciemment. A peine croyable.
     Du même coup, le rôle dévolu au PCF et à la CGT est de dénoncer la gestion coupable des "patrons-voyous", pour lui substituer des propositions constructives et "de progrès". Quelles sont-elles ?

     Eh bien pour commencer, soutenir les entreprises dîtes "publiques" qui, parce qu'elles sont majoritairement détenues par l'Etat, obtiennent grace à l'opération du Saint-Esprit soviétique un statut d'immunisation permanente contre les vraies "valeurs" du système : rentabilité, compétitivité, concurrence, etc. Apparemment, le fait pour
une entreprise d'être nationalisée la dispense - selon le PCF - des nécessités vitales dictant chez les autres leur gestion au plus près du taux de profit. En-dehors du fait qu'aussi bien sous un gouvernement de gauche que de droite, certaines entreprises peuvent être "privatisées"  alors que d'autres sont "nationalisées" suivant la direction du vent économique, l'argumentation pour défendre l'économie "publique" se limite à des incantations populistes et quelques sanglots nostalgiques des "Trente Glorieuses" du Capital.

         L'arme fatale, la Mère Buffet la sort de sa valise en carton juste après :    

    

"Une véritable politique de relance s’appuie sur l’augmentation des salaires."


       Ah ! que cela est sexy ; le SMIC à 1500€ (tout de même pas 2000, comme n'ose plus le proposer le vigoureux concurrent opportuniste Besancenot) ; claironner une augmentation générale des salaires non pas pour déstabiliser le mode de production esclavagiste mais au contraire obtenir à nouveau une "relance" et une "croissance" qui remettent la machine infernale sur ses rails.

    

       La Mère Buffet ne se prénomme pas "Marie-Georges" pour rien. "Georges" c'est pour Georges Marchais, Secrétaire Général du PCF de 1972 à 1994 (oui, 22 années !). Pour ceux qui n'ont pas eu le privilège de connaître ce glorieux prédécesseur, Georges - "Jojo" pour les camarades intimes et le KGB - représentait l'archétype du stalinien de transition : respectueux du "centralisme démocratique", il s'était néanmoins fait greffer les sourcils de Leonid Brejnev (et quelques-uns de ses neurones en fuite). Et voilà ce que déclarait Georges à l'Assemblée Nationale le 10 septembre 1975, s'adressant au 1er ministre de l'époque (un certain "Chirac") :


     " J'ai dit et je répète, Monsieur le Premier Ministre : la crise [le 1er choc pétrolier] que connaît notre pays va s'aggraver. Plus que jamais le pays a besoin d'un véritable changement de cap, d'une autre politique. Cette politique s'oriente d'abord vers une relance de la consommation populaire et sociale. Une relance de la consommation populaire est la condition de l'utilisation effective de l'appareil de production".






    









      


      

       La nostalgie n'est plus ce qu'elle était... En 1975, le 1er dirigeant du PCF expliquait déjà à la classe dominante comment mieux utiliser "l'appareil de production". La différence, c'est qu'électoralement parlant, les staliniens pesaient entre 15 et 20%. L'esprit demeure cependant : le spectacle lamentable d'une dirigeante opportuniste qui, au nom de la classe salariée, propose ses services aux prédateurs sociaux afin de sauver leur système d'esclavage ! 

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 10:57

6. "CE QUI NE NOUS TUE PAS NOUS REND PLUS FORTS"

SI LA CRISE NE TUE PAS LE CAPITALISME CETTE FOIS-CI...

    
     La crise économique mondiale qui frappe banquiers et spéculateurs n'a pas tardé à se muer en crise sociale, dont la houle tsunamique va atteindre des centaines de millions de personnes de par le monde et aggraver leur situation déjà précaire.


     C'est dans cet oeil du cyclone que se mesure mieux l'efficacité redoutable d'un demi-siècle de collaboration de classe, de petites pratiques vénales, de négociations complices et de cirque électoral. Le réformisme démocratique, bien que pourri jusqu'à la moëlle, s'avère encor précieux pour les dirigeants secoués par le krach comme des feuilles de salade dans le panier. La crise fait aussi prendre la mesure du  travail  de sape démoralisateur suscitant  la désunion systématique à chaque mouvement social, sabotage orchestré par un PCF contre-révolutionnaire et son croupion cégétiste, tous 2 désormais moribonds et remplacés par l'ex-ennemi mortel trotskiste. Entretemps, la "gauche au pouvoir" a achevé de discréditer à tout jamais la politique, le socialisme, la révolution, etc., se vautrant dans l'économie du Marché comme un porc dans sa bauge.
     La classe bourgeoise fait feu de tout bois, assure le spectacle chaque jour que fait le dieu du Profit, entretient ses gigolos pour les dispatcher ensuite à tous les vents médiatiques, invités assommant consciencieusement les spectateurs et télespectateurs engourdis à coups de faux débats, bruissements pipolesques, gaz philosophiques foireux et pensées profondes comme une fosse à purin. Armés de "bons mots" et "petites phrases", sociologues, penseurs assermentés par l'Etat, philo-sophistes rebelles en charentaises fourrées et consultants polyvalents sortis de leur cage pour l'occasion dégurgitent leur petit laïus, se crèvent mutuellement les yeux, s'apostrophent tels des perroquets autour d'un sac de cacahuètes et se crottent les pompes griffées pour le plus grand plaisir des bonimenteurs et montreurs d'ours télévisuels.

      La démocratie, relique moisie, érodée par la corruption, fossilisée, impuissante et non opérationnelle, est maintenue en coma léger par moult perfusions ôtées de la poche des "citoyens". On l'a parée de nouvelles nippes aux couleurs criardes : démocratie associative, de proximité, familiale, démocratie à l'école, dans la rue, la région, le département, bref, partout où on pouvait la fourrer en toute inoffensivité, ineffectivité, "inefficiencitude".
    C'est l'individu qu'on glorifie, souverain et indivisible, l'individu-citoyen responsable écolo équitable humaniste démocrate républicain électeur consommateur usager protestataire pétitionneur et finalement dépressif chronique. Dans le même temps cet individu factuel virtuel fictif est relié à des millions d'autres par la concentration du capital. Cherchez l'erreur.
        Cet individu, figure mortifère du crypto-idéalisme bourgeois, il faut bien lui fournir quelques hochets, quelques yoyos afin qu'il oublie qu'au bout de sa misérable existence d'individu il y a la boîte en sapin individuelle. Alors on fourbit tout un attirail, dont un patriotisme assez à "contre-courant" de la "globalisation" économico-politique, à base d'hymne national qu'on le somme de brâmer
avec ses congénères main sur le coeur et pieds joints. Sans oublier le drapeau, infâme symbole impérialiste flottant qu'il est tenu d'embrasser sous peine d'amende et d'entaulement. A côté de ce renouveau tout occasionnel du chauvinisme et du complexe de supériorité nationaliste, le capitalisme, lui, n'a ni patrie ni frontières et ses coursiers sont internationalistes en diable. L'idéologie bourgeoise tend donc à faire de l'individu-salarié un réactionnaire superstitieux, passif, soumis et conformiste, paradoxalement incapable de penser par lui-même.

     Pas une organisation syndicale, pas un parti dit "de gauche" qui ait véritablement tiré les enseignements de l'après-2ème guerre mondiale :

     - la "paix sociale" signifie le report des conflits à la périphérie des pays "développés";

     - la classe dirigeante est devenue impuissante à appliquer toute réforme de son système qui allège un tant soit peu le sort des salariés et des chômeurs. En vertu de quoi, ce qui s'appelle désormais "réforme" représente exactement le contraire : une aggravation constante et officielle du sort des travailleurs.

      En revanche, il existe une loi récurrente de l'acceptation de l'inacceptable par les masses, c'est celle du rôle déterminant joué par l'opportunisme. Aujourd'hui, face à l'essoufflement de la vieille gauche, discréditée par ses volte-face et sa participation notable à la gestion du capitalisme ("victoires" électorales obligent), est venu se greffer sur la souche réformiste un courant "alter-mondialiste" - c'est-à-dire alter-capitaliste - agitant devant l'assistance de petits chiffons rouges : commerce "équitable", développement durable et légumes bio constituant quelques thèmes-fétiches de ces avatars petits-bourgeois de Mai 68. On doit leur reconnaître une certaine efficacité à semer de nouvelles illusions dans les jeunes générations, car l'idéologie humaniste non-violente reste - pour l'instant historique - un thème "porteur" parmi la population. Le vernis qui tient l'ensemble de ce montage, c'est toujours la sempiternelle rengaine que "tout est question de bonne volonté" et que si chacun y met "du sien", y va de sa petite b.a., alors le monde de demain ira un peu mieux, enfin peut-être. Pas très difficile d'identifier dans ce gimmick de change-toi et le monde changera, le re-surgissement de l'
antique fond de cuve  judéo-"christien" baignant la gauche aussi bien (et peut-être mieux) que la droite.
     Seule une crise  aussi intense que celle que connaît actuellement le mode de production peut faire craqueler cet enduit consensuel et oecuménique. Mais il faudra d'autres crises encor plus profondes  pour que, de ce vacillement, se dresse à nouveau la proposition collective d'un "autre monde", possible qu'à la condition d'un affrontement à la vie à la mort entre les 2 classes antagoniques fondamentales du capitalisme, la classe de l'avenir contre celle du passé.
     
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 00:00


5. Y A-T-IL UNE CLASSE POUR RESOUDRE LA CRISE ?



     Face à une crise économique planétaire à laquelle la Bourgeoisie mondiale fait face en se mobilisant avec fébrilité, qu'en est-il de la classe salariée, du prolétariat ? Eh bien celui-ci se retrouve atomisé, au point mort, sans organisation ni direction pouvant concentrer sa force potentielle et lui redonner un but historique grandiose qui le fasse aller de l'avant.

     L'énorme majorité des salariés ploie sous le joug quotidien de conditions d'existence et de travail dégradantes,
inhumaines. Parmi des myriades urbaines d'individus esseulés la concurrence fait des ravages. "Pétages de plomb", superstitions et suicides prospèrent, faisant la part belle aux sociologues, aux psychologues, aux idéologues et autres "consultologues" venant squatter les médias pour mettre du beurre surfin dans les blettes bio.

      La politique de classe en est au point mort. Il est vrai que, jusqu'à nouvel ordre, elle ne se fait ni dans les bureaux de vote, les parlements ou les "commissions" en tous genres, ni dans les "manifs" pacifiques, encadrées de concert par les vigiles des syndicats opportunistes et la flicaille. Elle ne commence à s'accomplir que dans la lutte ouverte pour résister à la pression grandissante des patrons, la baisse diffuse des salaires, l'
aggravation constante des conditions de travail.
      Certains, ne connaissant de l'oeuvre marxienne que sa soi-disant "réalisation" en URSS, seront tentés d'évoquer un décalage entre la marche forcée auquel le Marché soumet l'ensemble de la société et l'absence de réponse sociale de la part de ceux qui subissent le plus cet assujettissement. Existe-t-il là une contradiction ?

     En 1919, Lev Trotski écrit :

     "Si le marxisme nous enseigne que les rapports de classe naissent du processus de production, et que ces rapports correspondent à un certain niveau de développement des forces productives ; s'il enseigne encore que toutes les formes d'idéologie, et en premier lieu la politique, correspondent à des rapports de classe donnés, cela ne signifie absolument pas qu'entre la politique, l'alignement des classes et la production il y ait de simples rapports mécaniques que l'on pourrait calculer au moyen des quatre opérations arithmétiques. Leurs rapports réciproques sont au contraire extrêmement complexes. On ne peut interpréter dialectiquement le cours du développement d'un pays, y compris son développement révolutionnaire, qu'en partant de l'action, de la réaction et de l'interaction de tous les facteurs matériels et superstructurels, tant nationaux que mondiaux, et non pas au moyen de juxtapositions superficielles et d'analogies formelles".

      Voilà une piste de travail pour les militants en chambre : étudier "l'action, la réaction, l'interaction de tous les facteurs matériels..." qui président aux rapports de classe.

     Mais Trotski ne s'arrête pas là :

     "Dans son développement "naturel", la production capitaliste est une reproduction constamment élargie. (...) La production capitaliste élargie approfondit les contradictions du capitalisme. Le prolétariat croît numériquement ..., devient organisé et instruit, et constitue ainsi une puissance de plus en plus forte. Mais cela ne signifie pas le moins du monde que la classe ennemie, la bourgeoisie, demeure immobile. La production capitaliste élargie implique au contraire une croissance simultanée de la puissance économique et politique de la grande bourgeoisie. Celle-ci ne se contente pas d'accumuler des richesses colossales, elle concentre dans ses mains l'appareil administratif de l'Etat, qu'elle subordonne à ses propres fins. Avec un art toujours plus raffiné, elle atteint ses buts en faisant alterner la férocité impitoyable avec l'opportunisme démocratique. Le capitalisme impérialiste peut exploiter les formes de la démocratie d'autant plus à fond que la dépendance des couches petites-bourgeoises de la population à l'égard du grand capital se fait plus dure et insurmontable. Grâce au suffrage universel, la bourgeoisie est capable de transformer cette dépendance économique en dépendance politique".

       Il écrivait ça en 1919. Nos petits-bourgeois d'aujourd'hui, en particulier ceux qui s'affirment "de gauche" ou "d'extrême-gauche" sont plus que jamais "dépendants" du système électoraliste qui, d'échéances en échéances, insuffle à leurs officines un semblant de vie et d'"action".
      
Les lignes suivantes, on pourrait les appliquer telles quelles au facteur trotskiste Besancenot, qui vient tout juste de transmuter la LCR en NPA ("Nouveau Parti Anticapitaliste") :

     "Une conception mécanique de la révolution sociale réduit le processus à une augmentation ininterrompue et à un renforcement organisatif continu du prolétariat, jusqu'au moment où, embrassant "l'énorme majorité de la population", il prend en main, sans combat ni même une escarmouche, la machine économique bourgeoise et l'appareil d'Etat, comme un fruit mûr qui ne demandait qu'à être cueilli. Mais en réalité l'accroissement du rôle productif du prolétariat va de pair avec l'accroissement de la puissance de la bourgeoisie. Au fur et à mesure que le prolétariat s'unifie sur le plan de l'organisation et s'éduque sur le plan politique, la bourgeoisie est obligée à son tour de perfectionner son appareil de domination et de dresser contre le prolétariat de nouvelles couches de la population, y compris les soi-disant nouvelles classes moyennes, c'est-à-dire les intellectuels de profession, qui jouent un rôle très important dans la machine économique capitaliste".

      
Cela n'est plus un problème, et depuis longtemps, pour les épigones du trotskisme, qui ont piétiné allègrement les précieux enseignements du leader bolchevik dont il revendiquent
(quoique de moins en moins) par usurpation l'oeuvre et l'action. Raison de plus pour remettre en lumière des positions invariantes discréditant quelque peu les petits-bourgeois "révolutionnaires" :

     "Plus un pays est puissant du point de vue capitaliste..., plus l'inertie des rapports de classe "pacifiques" y est forte, et plus la poussée nécessaire pour arracher les deux classes ennemies, le prolétariat et la bourgeoisie, à l'état d'équilibre relatif, ...doit être forte. Une fois allumée, la guerre civile sera...d'autant plus dure et acharnée que le niveau de développement capitaliste atteint par le pays en question est élevé. Plus les ennemis sont forts et organisés, plus le volume de ressource matérielles et idéologiques dont chacun dispose est important".

      Ce que la crise mondiale met en valeur, entre autres enseignements, il ne faut pas se le cacher : la classe capitaliste est forte, organisée, internationaliste ; la classe salariée, elle, est atomisée, engluée dans des organisations opportunistes collaborationnistes, défendant bec et ongles l'économie de Marché, poussée à un patriotisme vulgaire par les fonctionnaires de l'idéologie dominante, éparpillée par la concurrence individualiste, balladée dans des organisations "alternatives", charitables et totalement impuissantes.

     Pour s'extirper de cette gangue, il faudra à nouveau aux salariés parcourir un chemin long et périlleux dont les petits-bourgeois humanistes croient pouvoir faire l'économie, soit par ignorance, soit par frousse de perdre leur statut, soit les 2.
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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 09:47


4. LE CAPITALISME EST MORT, VIVE LE CAPITALISME !


     L'idéologie dominante pèse de tout son poids sur la manière de voir, de penser, d'analyser la crise économique. En même temps, elle ne peut empêcher que s'expriment, au sein même de la classe dirigeante, les contradictions les plus flagrantes propulsées à la surface par le krach boursier. Certains journalistes ou "analystes" appointés par la Bourgeoisie n'hésitent pas à "se lâcher", fanfaronnant la "mort du capitalisme" ou de la nécessité de "changer de système".

     Cependant, ces formules spectaculaires tombent - pour l'instant - dans le désert. La société civile ne se débarrassera pas facilement des scories formées par un demi-siècle de pratiques vénales, de négociations entre boutiquiers, de fonctionnement "démocratique" pérennisant la collaboration entre classes antagoniques. Elle ne balancera pas sans raison vitale l'esprit procédurier et platement légaliste instillé par l'aristocratie ouvrière, esprit déjà fortement stipendié par Lenine en son temps. Cette couche de salariés payés un peu mieux que la grande masse de leurs frères de classe a été le ferment de l'opportunisme de gauche, aussi bien dans les partis que dans les syndicats se réclamant du "communisme", du "socialisme" ou du "capitalisme régulé". En résumé, l'aristocratie ouvrière a importé au coeur de la classe salariée l'esprit bourgeois.
     Durant les "30 Glorieuses" et au delà, on a manifesté pacifiquement, on a voté sagement et on a défilé sous les "valeurs républicaines" (liberté, égalité, fraternité), dont Marx notait avec ironie qu'elles étaient inscrites au fronton de toutes les prisons et de tous les tribunaux de France, lieux où s'exercent par excellence la non-liberté, l'inégalité et la concurrence de classe. Durant ces années tant regrettées par les sbires du Capital et leurs pantins télévisuels, on a oublié que le lieu de travail, l'usine, le bureau, la boîte, le poste de travail et le travail lui-même sont des lieux de dressage en plus que d'être des lieux d'exploitation de la force de travail. On a mis sous le boisseau les conditions réelles de la majorité des salariés, enchaînés dans des bagnes, des camps de concentration sophistiqués, des petites entreprises (fort prisées au pays des "droits de l'homme"), véritables geôles du Capital.
     Durant ces périodes de croissance, l'opportunisme de gauche a fermé les yeux sur la condition inhumaine de la majeure partie de la société. Le chômage n'a jamais disparu mais en ces temps prospères, on le considérait non pas comme un facteur permanent quoique variable de l'économie de Marché, mais comme une maladie ou le résultat de la "paresse" et de la "mauvaise volonté". La misère était folklorique, les "clodos" étaient sympas, "poètes", leur vie "de bohème" découlait d'un "choix".

     Ce conditionnement gigantesque de toute la génération des "68-tards" et post-"68-tards" a induit l'aversion généralisée qui s'en est suivie pour la "politique", la démoralisation sociale, l'indifférence soumise à l'égard de la cascade de trahisons sans fin commises par les partis et organisations "de gauche".
     A la gauche de la gauche, c'est une forme d'opportunisme infantile qui s'épanouit, dans l'oubli total ou l'ignorance de l'histoire de la lutte des classes, de près d'un siècle d'affrontements, de batailles rangées et d'insurrections, de défaites sanglantes et de conditionnement. La seule organisation à même de redonner à la classe salariée la conscience de sa propre force et de son but historique, cette organisation a été atomisée par la contre-révolution stalinienne. Les petits-bourgeois immédiatistes qui se parent de radicalisme verbal viennent à la "politique" et au "militantisme" de manière éphémère et superficielle, croyant pouvoir occulter ce qu'il faudra à la classe salariée de volonté impitoyable et de souffrances pour se relever des profondeurs de la contre-révolution. Une fois "déçus" du haut de leur prétention risible à "agir sur l'histoire", ils s'en vont chercher dans d'autres officines de quoi assouvir leur soif d'immédiateté et de "résultats": charity business et tout le tralala de l'alter-mondialisme écolo-équitable.

       En 1934, commémorant l'assassinat de Rosa Luxembourg, Trotski écrit :

     "Quelles forces les masses travailleuses de tous les pays civilisés ou semi-civilisés n'ont-elles pas dépensées, quelle abnégation n'ont-elles pas montrée depuis le début de la guerre mondiale ! On ne peut pas en trouver un seul précédent dans toute l'histoire de l'humanité. Dans cette mesure, Rosa Luxembourg avait parfaitement raison contre les philistins, les caporaux et les imbéciles de la bureaucratie conservatrice qui "couronnés de victoires", continuaient leur petit bonhomme de chemin. Mais c'est justement le gaspillage de ces immenses énergies qui a créé la grande dépression qui s'est produite au sein du prolétariat. Le chemin du mouvement ouvrier est encore encombré par l'amas de ruines des vieilles organisations banqueroutières, des déceptions incessantes, le prolétariat européen...s'est replié sur lui-même".

    
A ce constat lucide on ajoutera aujourd'hui l'individualisme diffusé dans les masses aussi bien par l'idéologie dominante que par les bonzes de l'opportunisme.

[à suivre]
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