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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 18:03





BIENVENUE AU FRONT UNI DE LA GAUCHE RINGARDE ! 



(Tonton Melenchon, il était so-"socialisse"...)




(...Tata Buffet, elle, elle était co-"communiss")

       
       Il était plus d'une fois une Tata vieillissante, ayant hérité d'un appareil stalinien oxydé et radio-inactif
et un Tonton socio-démocrate qui se croyait flingueur mais n'était que flingué.
       En voie galopante de ringardisation effrénée, les 2, constatant que
"les tentations autoritaires et les extrêmes droites peuvent à tout moment resurgir, les risques de guerre renaître" - oui, ils n'étaient ni malins, ni perspicaces -, décidèrent de se pacser à l'occasion d'une élection prochaine. Certes il s'agissait d'une kermesse "européenne", mais ils avaient également en commun d'être fort méfiants à l'égard des "technocrates de Bruxelles", en bonnes gens biens de chez eux, raisonnables, pleins de "bon sens mais c'est bien sûr !" et de commisération pour les travailleuses et les travailleurs français, pleins de méfiance pour les plombiers étrangers, en particulier polonais.

        Aussitôt ils s'invitèrent mutuellement pour concocter le programme du cirque électoral. Tata Buffet se rendit chez Tonton Melenchon, boire un verre de rouge et papoter, et Tonton Melenchon lui rendit la visite en apportant un brin de muguet d'élevage. La 3ème fois, sur terrain neutre, ils mirent à plat quelques idées qui leur avaient traversé le front de gauche :
    

     "
Une véritable dictature de l'actionnariat et une mondialisation capitaliste-libérale ont abouti à la multiplication des délocalisations et à la compression des salaires... Elle est le résultat d'une logique capitaliste qui déconnecte toujours plus la sphère financière de la production créatrice de valeur sociale,  qui prône le productivisme au mépris de l'environnement, qui étend la marchandisation et le consumérisme au mépris de l'humain et de l'intérêt général".

         
Quel bel unisson dans l'extase ! La vieille lune du "mauvais" capital financier s'opposant au "bon" capital industriel, ça marche toujours chez les nostalgiques du noir et blanc, considérant par exemple les chefs d'industrie comme des créateurs de "valeur sociale" et les financiers comme de vils "spéculateurs", comme si tous n'étaient également et en même temps financiers, entrepreneurs, exploiteurs, comme si les banques et les usines n'appartenaient pas aux mêmes (et au même monde). Tonton et Tata avaient su garder leur naïveté enfantine ; tout naturellement, ils se disaient que les bonnes gens aussi, en particulier les niais. 


     Or donc, en accouplant leurs compétences politiciennes, ils découvrirent le capitalisme ! Allez louïa ! Et Tata Buffet de plaider pour un "socialisme à visage humain, républicain et très démocratique", tandis que Tonton Melenchon danse le rigodon, juste parce que ça fait la rime.

      Qu'est-ce donc qui, de nouveau, les avait réunis tous 2 quand, durant des décennies ils s'étaient détestés avec toute la force de leurs convictions respectives ? Eh bien c'est qu'ils avaient trouvé quelqu'un à détester 
encor plus en commun. Il s'agissait d'un "trotsko", petit facteur de son état, Besancenot dit "l'olive", très en vogue dans les médias à cause de son bon visage joufflu de fils de bonne famille qu'il était.


       Celui-là, Tonton et Tata l'exécraient par-dessus tout.
Melenchon le so-"socialisse" en lui reprochant son "dogmatisme" (un mot que lui avait inculqué son paternel) ; Buffet la co-"communiss" parce que ses ancêtres à elle avaient éteint l'espèce dont il était issu, le fringant petit facteur, les "hitléro-trotsko-gauchistes", dont Tata n'avait pas suffisamment de vocabulaire (une tradition dans la famille) pour conspuer l'irresponsabilité et le fait qu'ils fassent "le lit du fascisme", reproche qui durait depuis un demi-siècle, en fait depuis l'apparente défaite du même fascisme. Alors voilà, elle et lui avaient pris ombrage du succès du facteur à pédales et avaient trouvé dans leur alliance matière à une revanche cinglante.

     Faut dire que c'était pas du luxe. D'un côté, Tonton Melenchon indisposait tout le monde chez les socialos, à jouer celui qui ne réalise pas que "
les temps changent", comme il chantait Robert et à enquiquiner les éléphants avec ses histoires de "la barre à gauche toute !". De l'autre Tata Buffet, nommée cheftaine en chef des ro-cocos en lieu et place de Bob-le-rocker (dit "Hue cocotte !") pour redresser la situation et proposer à la populace un capitalisme à visage acceptable, n'avait guère fait que perpétrer la fuite des "cerveaux" (si l'on peut dire à propos des "communiss"). Alors, cette kermesse des "européennes", c'était la énième occase de se refaire la cerise, ou la citrouille, c'est selon.

      Et comment se termine-t-elle, cette histoire grise et triste comme un jeune socio-démocrate ? Ben, elle est sans fin. Un clou chasse l'autre, un pantin se substitue au guignol en place et, comme on le chantait au Bois de Holly : "That's entertainment".  

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 17:05


MARX, L'"ANTI-SEMITE"

      Dans sa "Question juive" à lui, Marx-le-Jeune pose que :

      "l'Etat est l'intermédiaire entre l'homme et la liberté de l'homme"

      et qu'il en va de même pour la religion. En ce qui concerne l'Etat, l'idéal démocratique constitue la limite à l'émancipation humaine. En ce qui concerne la religion, c'est la divinité qui fait barrière entre l'homme et la liberté.

       "De même que le Christ est l'intermédiaire que l'homme charge de toute sa non-divinité, de toute sa limitation religieuse, l'Etat est l'intermédiaire que l'homme charge de toute sa non-divinité, de toute sa limitation humaine".

       
L'Etat constitue une forme d'émancipation limitée de l'homme :

       "L'Etat supprime à sa façon les distinctions constituées par la naissance, le rang social, l'instruction, l'occupation particulière, en décrétant que la naissance, le rang social, l'instruction, l'occupation particulière sont des différences non politiques, quand, sans tenir compte de ces distinctions, il proclame que chaque membre du peuple partage, à titre égal, la souveraineté populaire, quand il traite tous les éléments de la vie populaire effective en se plaçant au point de vue de l'Etat. Mais l'Etat n'en laisse pas moins la propriété privée, l'instruction, l'occupation particulière agir à leur façon, c'est-à-dire en tant que propriété privée, instruction, occupation particulière..."

        De par sa nature, l'Etat ne peut être autre chose que cette limitation à l'émancipation humaine. Marx éclaire cette contradiction dans la proclamation d'un Etat "au-dessus" des hommes, un Etat "non-politique", du moins en apparence. Or, l'Etat est, par essence, politique :

        "L'Etat politique est, vis-à-vis de la société civile, aussi spiritualiste que le ciel l'est vis-à-vis de la terre".

        Remarque ironique. Le Vieux jeune s'amuse de ce clivage entre un Etat qui se croit non-politique et l'Etat réel, légiférant et intervenant dans la vie des gens, parce qu'il rappelle un autre clivage, celui d'une religion se situant au "Ciel" mais
qui fourre son nez à tout bout de champ dans les basses oeuvres humaines.
         L'Etat est une forme supérieure de la religion. Observez sous cet angle les anciens régimes stalinisés (Chine comprise) et vous saisirez toute l'acuité de la vision marxienne.

         D'ailleurs, le jeune Marx ne lâche pas l'affaire (ce n'est pas le genre de la maison !) :

         "Le conflit dans lequel l'homme, en tant que professant une religion particulière, se trouve avec sa qualité générale de citoyen et avec les autres hommes en tant que membres de la communauté, se ramène à la scission laïque entre l'Etat politique et la société civile. Pour l'homme considéré comme "bourgeois", la vie dans l'Etat n'est qu'une apparence ou une exception momentanée à l'essence et à la règle".

         L'essence du "bourgeois", c'est d'être libéré des contraintes d'ordre "spirituel" afin d'acheter de la force de travail en toute quiétude ; sa règle, c'est la loi mercantile de l'offre et de la demande, qui s'accommode mal des commandements religieux...ou démocratiques.

         "Le "bourgeois", il est vrai, tout comme le Juif, ne reste que par un sophisme dans la vie politique, comme le "citoyen" ne reste que par un sophisme juif ou bourgeois. Mais cette sophistique n'est pas personnelle. C'est la sophistique de l'Etat politique même".

          Marx évoque le "Juif" en tant qu'étant parallèlement pratiquant religieux et bourgeois. Pas plus d'anti-sémitisme là-dedans que de "racisme" à l'encontre de la Bourgeoisie.
  

      
        "La différence entre l'homme religieux et le citoyen, c'est la différence entre le commerçant et le citoyen, entre le journalier et le citoyen, entre le propriétaire foncier et le citoyen, entre l'individu vivant et le citoyen. La contradiction dans laquelle l'homme religieux se trouve avec l'homme politique, est la même contradiction avec laquelle le bourgeois se trouve avec le citoyen, dans laquelle le membre de la société bourgeoise se trouve avec sa peau de lion politique".

         Le bourgeois est certes un prédateur, mais pour ses chasses gardées, il a besoin que les proies puissent se croire à l'abri de la prédation, donc égales à lui. Ce que permet le statut de "citoyen". Les lions "citoyens" peuvent ainsi se permettre d'évoluer à leur aise parmi les antilopes "citoyennes" et ces dernières, de se faire avaler "citoyennement".






[à suivre]

       

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 17:08


MARX, L'"ANTI-SEMITE"

         Dans sa "Question juive" auquelle répond celle du jeune Marx, Bruno Bauer pose comme condition générale à l'émancipation civique des Allemands l'exigence sine qua non que l'homme renonce à toute religion et, par là-même, que le Juif renonce au judaïsme. Il s'agit également d'une injonction à l'Etat d'abandonner toute religion officielle.

         
Marx approfondit l'analyse de Bauer dans son opuscule éponyme:

         "...la preuve est faite que l'existence de la religion ne s'oppose en rien à la perfection de l'Etat. Mais, comme l'existence de la religion est l'existence d'un manque, la source de ce manque ne peut être recherchée que dans l'essence même de l'Etat. Nous ne voyons plus, dans la religion, le fondement, mais le phénomène de la limitation laïque. C'est pourquoi nous expliquons l'embarras religieux des libres citoyens par leur embarras laïque".

       
    Il explicite ce point un peu plus loin :

         "La question des rapports de l'émancipation politique et de la religion devient pour nous la question des rapports de l'émancipation politique et de l'émancipation humaine".

         Marx écrit ces lignes à 25 ans. Il n'a pas attendu l'âge "mûr" pour contester à la religion la mission d'une réelle émancipation politique. Tout au contraire, il assimile Etat et religion dans l'aliénation de l'homme. Lutter contre la religion, c'est lutter contre l'Etat, qu'il soit absolutiste ou démocratique :

          "S'émanciper politiquement de la religion, ce n'est pas s'émanciper d'une façon absolue et totale de la religion, parce que l'émancipation politique n'est pas le mode absolu et total de l'émancipation humaine.
        La limite de l'émancipation politique apparaît immédiatement dans ce fait que
l'Etat peut s'affranchir d'une barrière sans que l'homme en soit réellement affranchi, que l'Etat peut être un Etat libre, sans que l'homme soit un homme libre".

       Le Vieux se tient déjà là, tout entier ! La spécificité de la théorie marxienne tient, entre autres, à sa critique de l'Etat en tant que structure non habilitée à "émanciper" qui que ce soit et quoi que ce soit. Pour que s'émancipent les hommes, il faut que l'Etat
soit détruit
. Ceci étant une autre affaire, revenons à nos brebis.

         "L'Etat peut s'être émancipé de la religion, même si la très grande majorité ne cesse pas d'être religieuse, du fait qu'elle l'est à titre privé".

        Ce qui correspond à la situation des Etats "laïques", où existe la séparation d'avec les religions.

         "...l'attitude de l'Etat, de l'Etat libre surtout, envers la religion, n'est que l'attitude, envers la religion, des hommes qui constituent l'Etat. Par conséquent, c'est par l'intermédiaire de l'Etat, c'est politiquement, que l'homme s'affranchit d'une barrière, en s'élevant au-dessus de cette barrière, en contradiction avec lui-même, d'une manière abstraite et partielle".

         Un "croyant" peut tout-à-fait s'accommoder d'un Etat qui ne l'est pas, c'est-à-dire qui ne prône aucun culte "officiel". Il existe là une contradiction plus ou moins bien assumée par la grande majorité des "citoyens" croyants.

        "En outre, en s'affranchissant politiquement, c'est par un détour, au moyen d'un intermédiaire, intermédiaire nécessaire il est vrai, que l'homme s'affranchit".

        L'Etat laïque affranchit institutionnellement les hommes et ce n'est qu'un affranchissement symbolique.

        "Enfin, même quand il se proclame athée par l'intermédiaire de l'Etat, c'est-à-dire quand il proclame l'Etat athée, l'homme demeure toujours limité au point de vue religieux, précisément parce qu'il se reconnaît tel que par un détour, au moyen d'un intermédiaire. La religion est donc la connaissance de l'homme par un détour et un intermédiaire".

       Cela revient à constater que la religion s'accorde tout-à-fait avec l'existence de l'Etat et pour cause : tout comme ce dernier, elle constitue l'intermédiaire entre l'homme et son aspiration à l'émancipation réelle. 


[à suivre]         
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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 16:50




MARX, L'"ANTI-SEMITE"

        Donc les Juifs Allemands réclamant leur "émancipation", Bauer, dans sa "Question Juive" (1843), les avait interpellés d'une manière que Marx reprend dans la sienne (même année) :

      "Comment pourrions-nous vous libérer ? Vous êtes, vous autres Juifs, des égoïstes, vous réclamez pour vous, parce que vous êtes juifs, une émancipation particulière. Vous devez travailler, en votre qualité d'Allemands, à l'émancipation politique de l'Allemagne, et, en votre qualité d'hommes, à l'émancipation humaine. Et l'espèce particulière de votre oppression et de votre avilissement, vous devez la ressentir, non pas comme une exception à la règle, mais plutôt comme ce qui la confirme".

        Chez le jeune Marx la question de l'émancipation des Juifs Allemands ne peut être séparée arbitrairement de la question générale de l'émancipation des Allemands, c'est-à-dire, l'instauration d'une république démocratique bourgeoise.

        A l'époque, l'Etat Allemand considère le christianisme comme religion "officielle". Voilà pourquoi Bauer poursuivait, à l'adresse des Juifs :

      "...les Juifs demandent-ils à être assimilés aux sujets chrétiens ? S'ils reconnaissent l'Etat Chrétien comme fondé en droit, ils reconnaissent le régime de l'asservissement général. Pourquoi leur joug spécial leur déplaît-il, si le joug universel leur plaît ? Pourquoi l'Allemand s'intéresserait-il à l'émancipation du Juif, si le Juif ne s'intéresse pas à l'émancipation de l'Allemand ?"

         Et Marx d'enfoncer le clou, reprenant la démonstration de son professeur de théologie :

      "L'Etat chrétien ne peut, de par son essence, émanciper le Juif. Mais, ajoute Bauer, le Juif ne peut, de par son essence, être émancipé. Aussi longtemps que l'Etat reste chrétien et tant que le Juif reste juif, tous deux sont aussi peu capables, l'un de donner l'émancipation, l'autre de la recevoir".

       Un faux problème que celui de cette "émancipation" des Juifs Allemands, parce qu'il aliène l'émancipation politique à l'émancipation religieuse quand il s'agit du processus inverse. C'est en obtenant l'abolition de toute religion d'Etat que les Allemands s'émanciperont, qu'ils soient Juifs, Chrétiens ou autre chose. Voilà ce que Marx reprend chez son ancien maître. Bauer était allé plus loin :

      "...le Juif ne peut, de son côté, avoir à l'égard de l'Etat qu'une attitude de Juif, c'est-à-dire d'étranger : à la nationalité véritable, il oppose sa nationalité chimérique, et à la loi, sa loi illusoire ; il se croit en droit de se séparer du reste de l'humanité ; par principe, il ne prend aucune part au mouvement historique et attend impatiemment un avenir qui n'a rien de commun avec l'avenir général de l'homme car il se considère comme un membre du peuple juif et le peuple juif comme le peuple élu".

       Marx lui emboîte le pas et sans doute pour ça aussi, les philistins de l'impérialisme l'ont frappé de leur sceau infâmant d'"anti-sémite". Laissons-les pour l'instant, ces faussaires, et poursuivons avec le Vieux le cheminement vers l'analyse de la question juive :

      "...le Juif le dit lui-même... [il] ne doit pas être émancipé parce qu'il est juif, parce qu'il possède un principe moral excellent et universellement humain; le Juif prendra plutôt rang derrière le citoyen et sera citoyen, bien qu'il soit juif et doive rester juif. En d'autres termes, il est et reste juif, bien qu'il soit citoyen et vive dans des conditions universellement humaines ; sa nature juive et limitée remporte toujours et en dernier lieu la victoire sur les obligations humaines et politiques".

      
Aujourd'hui cela vaut tout autant pour les religions qui tentent désespérément de se ré-insérer dans la vie politique - souvent avec le coup de pouce politicien intéressé - que ce soient 
le catholicisme, l'Islam ou toute autre secte multinationale considérant qu'en politique, le dogme du "sâcré" prime sur la vie humaine.

 

(Bruno Bauer, 1809-1882)


(à suivre)
       
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 18:33


MARX, "L'ANTI-SEMITE"

       En ces temps où nombre d'amis d'Israël ont fait ressurgir de leur cervelle la chimère anti-sémitique, le Sous-Lieutenant leur rappelle que certains d'entre eux, dans leur chasse aux papillons nuisibles, ne se sont pas privés d'épingler Karl Marx lui-même, en tant qu'"anti-sémite" emblématique.     
       C'est que, dans sa prime jeunesse politique (25 ans et la plupart de ses dents), le Vieux avait commis un ouvrage polémique intitulé "La Question juive", polémique non pas à l'égard des Juifs mais du capitalisme et de la religion en général.      

       "La Question Juive", ce sont 50 pages qui, à travers la question de l'émancipation des Juifs, analysent le transfert idéologique capitalistique dans l'idéologie religieuse.      
       Cet opuscule fait écho à l'éponyme écrit par le théologien protestant Bruno Bauer, qui enseigna la théologie, notamment à "Marx-le-jeune". Pour le coup, l'écrit premier de Bauer s'inscrit effectivement dans la grande tradition anti-sémitique européo-chrétienne. On verra plus loin que la réponse de l'élève au maître sort complètement d'un tel cadre. Là où Bauer faisait oeuvre de théologien, Marx riposte en historien sociologue.
     
       Quelle est donc la situation des Juifs Allemands en ce milieu du XVIIIème siècle ? Dans la plupart des Etats "chrétiens", la religion étant considérée comme officielle, les Juifs vivent artificiellement séparés du reste des populations autochtones.
        Les Juifs Allemands n'ont cesse de réclamer l'abolition des mesures isolationnistes, aussi bien dans les villes qu'à la campagne. Dans l'Allemagne méridionale, nombreux sont les villages peuplés uniquement par eux. A l'instar de leurs homologues français qui les ont obtenues un demi-siècle plus tôt, les  Juifs Allemands revendiquent l'abolition du "péage corporel", la liberté du culte et l'égalité civile et religieuse. C'est que,
dans cette Allemagne du XIXème siècle, on en est encor loin. Reprenant à Bauer une de ses formules, le jeune Marx lance à la diaspora :

        "Il faut nous émanciper nous-mêmes avant de pouvoir émanciper les autres".

        Pourquoi ce "nous" ? Papa Marx (Heinrich), converti au protestantisme, est issu d'une dynastie de marchands et de rabbins. Gageons que, s'il vivait aujourd'hui, la LICRA instaurerait aussi un procès en sorcellerie au paternel, en raison de ces bien inconvenantes origines mêlant racines juives et commerce.
       Il veut dire quoi, Marx fils, en reprenant la phrase de Bauer ? Eh bien que cette émancipation des Juifs Allemands suppose une Allemagne dépassant le régime féodal qui partout l'englue, c'est-à-dire une Allemagne enfin bourgeoise (donc républicaine et démocratique). Marx, qui l'a remarqué, le dit, chez lui le compte n'y est pas :

        "Il n'y a pas de citoyens en Allemagne".

       Il n'y a que des sujets. Sans une émancipation complète des populations allemandes, la revendication spécifique de celle de la diaspora juive n'a aucune possibilité d'aboutir. L'ensemble des "Allemands", Juifs, Protestants ou Chrétiens, sans compter ceux qui ne sont rien de tout cela, vit encor sous le joug d'Etats où la religion est "officielle".

(à suivre)      

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 11:22

COYOACAN (1938)

      "Le matérialisme dialectique ne sépare pas la fin des moyens. La fin se déduit tout naturellement du devenir historique. Les moyens sont organiquement subordonnés à la fin. La fin immédiate devient le moyen de la fin ultérieure... (...)
     
      Le terrorisme individuel est-il ou non admissible du point de vue de la "morale pure" ? Sous cette forme abstraite, la question est pour nous tout à fait vaine. Les bourgeois conservateurs suisses décernent encore des éloges officiels au terroriste Guillaume Tell. Nos sympathies vont sans réserve aux terroristes irlandais, russes, polonais, hindous, combattant un joug politique et national.
(...)
    
      Tel moyen peut-il nous mener au but ? Pour le terrorisme individuel, la théorie et l'expérience attestent le contraire. Nous disons au terroriste : il n'est pas possible de remplacer les masses ; ton héroïsme ne trouverait à s'appliquer utilement qu'au sein d'un mouvement de masses. Dans les conditions d'une guerre civile, l'assassinat de certains oppresseurs cesse d'être du terrorisme individuel. Si un révolutionnaire faisait sauter le général Franco et son état-major, on doute que cet acte puisse susciter l'indignation morale, même chez les eunuques de la démocratie. En temps de guerre civile, un acte de ce genre serait politiquement utile. Ainsi dans la question la plus grave - celle de l'homicide - les règles morales absolues sont tout à fait inopérantes. Le jugement moral est conditionné, avec le jugement politique, par les nécessités intérieures de la lutte
".





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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 18:37

       

COYOACAN, FEVRIER 1938

     

      "Le moyen ne peut être justifié que par la fin. Mais la fin a aussi besoin de justification. Du point de vue du marxisme, qui exprime les intérêts historiques du prolétariat, la fin est justifiée si elle mène à l'accroissement du pouvoir de l'homme sur la nature et à l'abolition du pouvoir de l'homme sur l'homme.

       Serait-ce que pour atteindre cette fin tout est permis ? nous demandera sarcastiquement le philistin, révélant qu'il n'a rien compris. Est permis, répondrons-nous, tout ce qui mène réellement à la libération des hommes. Cette fin ne pouvant être atteinte que par les voies révolutionnaires, la morale émancipatrice du prolétariat a nécessairement un caractère révolutionnaire. De même qu'aux dogmes de la religion, elle s'oppose irréductiblement aux fétiches, quels qu'ils soient, de l'idéalisme, ces gendarmes philosophiques de la classe dominante. Elle déduit les règles de la conduite des lois du développement social, c'est-à-dire avant tout de la lutte des classes, qui est la loi des lois.
    
       Le moraliste insiste encore : serait-ce que dans la lutte des classes contre le capitalisme tous les moyens sont permis ? Le mensonge, le faux, la trahison, l'assassinat "et cætera" ? Nous lui répondons : ne sont admissibles et obligatoires que les moyens qui accroissent la cohésion du prolétariat, lui insufflent dans l'âme une haine inextinguible de l'oppression, lui apprennent à mépriser la morale officielle et ses suiveurs démocrates, le pénètrent de la conscience de sa propre mission historique, augmentent son courage et son abnégation. Il découle de là précisément que tous les moyens ne sont point permis. Quand nous disons que la fin justifie les moyens, il en résulte pour nous que la grande fin révolutionnaire repousse, d'entre ses moyens, les procédés et les méthodes indignes qui dressent une partie de la classe ouvrière contre les autres ; ou qui tentent de faire le bonheur des masses sans leur propre concours ; ou qui diminuent la confiance des masses en elles-mêmes et leur organisation en y substituant l'adoration des "chefs". Par-dessus tout, irréductiblement, la morale révolutionnaire condamne la servilité à l'égard de la bourgeoisie et la hauteur à l'égard des travailleurs, c'est-à-dire un des traits les plus profonds de la mentalité des pédants et des moralistes petits-bourgeois
".


 

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 11:00


       Pour ceux qui se posent encor la question du rôle et de la nature des syndicats depuis 1945, le Sous-Lieutenant leur conseille vivement d'écouter les paroles des leaders syndicaux officiels-médiatiques. Notamment l'épicier barbichu de la "CFDT", François Chérèque, qui a rejeté tout appel à une grève générale :

   

      "Ce n'est pas une manifestation de plus qui fera bouger le gouvernement. Si nous voulons être efficaces, nous devons changer de méthode".

 

      "Changer de méthode", affirme-t-il ! Pourtant, quelle autre "méthode" n'a jamais prôné le petit commerçant jaune et son obscure officine, si ce n'est la "négociation", la "politique contractuelle", le "dialogue social" et autres procédures empaquetées sous vide, qui ont cours tant que la classe salariée demeure à genou.   


     "Nous avons toujours dit que nous n'étions pas favorables à ces journées ou ces déclenchements de grève"

     insiste-t-il, le moucheron posé sur la fiente capitaliste constituant sa nourriture principale. Ê oui ! "Nous" avons toujours fait les plus grands efforts pour empêcher toute "action", toute lutte, toute grève des salariés contre les conditions qui sont leur lot quotidien. C'est que le
misérable philistin n'a pas peur de s'en vanter ! En toute respectabilité, en toute impunité (pour l'instant historique). Le fat claironne qu'il est un collabo, o tempora o mores !

      "Les salariés savent très bien que ce n'est pas une grève qui réglera leurs problèmes".

      Il insiste, il ré-affirme et appuie intempestivement sur le même sempiternel refrain : surtout
pas d'auto-défense de classe, pas d'unification des luttes sociales, aucune action réelle, rien, le vide néantesque... Et à la place ?      

      "J'invite à des journées qui posent le problème au niveau national pour avoir des réponses nationales, puis travailler concrètement dans chaque entreprise quand les problèmes se posent".

      Relisez mot à mot : "des journées qui posent le problème au niveau national pour avoir des réponses nationales"...

        merde pour l'internationalisation des luttes ! Monsieur l'épicier n'oublie pas qu'il est aussi un petit chauvin, imbu de mesquinerie mercantiliste.

      ..."travailler concrètement dans chaque entreprise quand les problèmes se posent".

        Comme si les "problèmes" ne se posaient pas "concrètement" au quotidien ! Comme s'ils pouvaient se résoudre "dans chaque entreprise"!! Comme si l'unification de la résistance à ces "problèmes" à l'échelon national et internationaliste constituait une faiblesse, et non la seule issue à l'esclavagisme salarié !!!

      On jugera du degré de conscientisation des masses salariées en mouvement à l'instant foudroyant où des Chérèque, des Thibaut ou des Mailly n'auront plus la possibilité de venir déverser leur discours démoralisateur sans risquer de se faire mettre en pièces par ceux qu'ils sont censés représenter et ne font que trahir.

 

 


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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 17:00


LA METROPOLE, CE N'EST PAS LA GUADELOUPE

     Ils étaient 3 millions selon les organisations syndicales, 1 million et demi selon la flicaille, donc probablement 2 millions de "manifestants" au moins dans les rues de France et de Navarre. Et maintenant ?

       Être "solidaires des Antilles", c'est bien. Là-bas, ils ont tenu ferme un mois et demi contre vents et marées, contre les médias, l'administration du Nain Jaune, les békés patronaux, la répression étatique, etcetera. Ils se sont soudés jusqu'à obtenir la satisfaction de leurs principales revendications. Et encor, quand les esclavagistes du capital sont venus signer à reculons l'armistice du bout du Mont Blanc, de ceux-là ils ont exigé des garanties avec la dernière virulence.
       En métropole ? Rien de tout ça. La quantité (combien on est ?) ne détermine pas la qualité (comment agir pour obtenir ce que nous revendiquons ?) d'un mouvement revendicatif. Les principales centrales syndicales sont issues de la "paix sociale" et imprégnées de l'idéologie qui va avec : négociations, opinion publique, médias et paix des ménages. Nul doute : après le simple comptage des manifestants, elles ne savent quoi faire de ce "succès". D'autant que, s'étant toujours déclarées "apolitiques", elles n'ont la possibilité d'aller plus loin que l'habituelle table ronde avec les "partenaires sociaux", c'est-à-dire le patronat et les "politiques".
         

      Revenons tranquillement sur ce qui s'est passé à la Guadeloupe. Dans son élan énergique, le mouvement a suscité  sa propre direction politique, échappant ainsi au contrôle des syndicats opportunistes - d'ailleurs  fort tièdes à soutenir les îliens en lutte. C'est que ces derniers n'ont répondu à aucun des canons de la beauté du syndicalisme façon CGT, FO ou CFDT. Ils ont osé faire une grève "sale" : aucun préavis digne de ce nom, grève totale, reconductible jusqu'à l'obtention des mesures exigées, grève "illégale", non "démocratique" (les jaunes et autres briseurs de grève se sont enterrés vivants), pas de sex appeal médiatique. Le genre de moyens d'action devenu rarissime, qui pourrait cependant connaître un retour en grâce - crise oblige -, faisant hurler à la lune toute l'engeance tenace des "petits", petits patrons, petits békés exploiteurs, petits colons dans l'âme (et le côlon), pieds-noirs indécrottablement nostalgiques et petits privilégiés accros à leur petite condition. Au final, les îliens ont obtenu gain de cause ; pour autant ils n'ont pas relâché la pression sociale le lendemain. C'est la 1ère fois que le nabot idéologique présidant aux destinées du capitalisme français fait un pas en arrière. Cela n'en constitue pas uniquement un geste d'habileté diplomatique.
       Quelle était la crainte principale du tandem Sarko-Fion ? Le syndrôme de la "tache d'huile". Désormais les voilà rassurés. En face, il n'y a plus ce maudit négro d'Elie Domota. Ils ont retrouvé la bonhommie rougeaude des Thibaut, Chérèque and consorts. Ceux-là au moins ils les connaissent, ils les financent même et partagent avec eux un goût prononcé pour le statu quo, la paix sociale et l'esclavage salarié soft, les manifs-promenades le long de parcours fléchés, surveillées par un service d'ordre bonnasse mêlant affectueusement syndicalistes et flics.


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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:58

       Un mois et demi. Un mois et demi de lutte sociale, de grève générale à la Guadeloupe aura suffi pour réveiller chez la classe dirigeante la peur ancestrale de la classe salariée. Un mois et demi d'un mouvement exemplaire tant sur le plan des modes d'action que sur celui de l'énergie farouche et de la détermination face aux cloportes journalistiques, aux corbacs sociologistes et aux doryphores philo-sophistes.
     Ce mouvement intervient en synchronie avec la crise économique mondiale, dont la vague tsunamique continue d'étaler son onde de choc à travers la planète. Sous prétexte de "paix sociale", chassez le naturel de l'instinct de classe, il revient au galop en temps de crise aiguë, quand, dans les galeries underground de la société bourgeoise, la vieille taupe historique qu'affectionnait Marx, a creusé, creusé et creusé encor plus.
     La Guadeloupe propose un avenir qui terrorise les petits et grands-bourgeois pacifistes, sages, non-violents, végétariens politiques, cochons d'Inde férus d'orientalisme, de bouddhisme et d'autres encens politiquement chloroformant. Un avenir, quel avenir ? Eh bien, une lutte à la vie à la mort entre les salariés et ceux qui les achètent, c'est-à-dire les Békés du Capital, qu'ils soient blancs, noirs, jaunes ou rayés jaunes et rouges à petits pois. De cette lutte implacable surgira aussitôt une génération combative, solidaire, organisée, politiquement éduquée par sa genèse d'affrontement. Regardez comment le mouvement Guadeloupéen a érigé spontanément des leaders charismatiques, humbles, droits comme la justice de classe, affrontant tranquillement la basse-cour hystérique des pintades de gauche, des dindonneaux de droite et des poules centristes - sans parler des tristes penseurs jésuitiques osant encor s'affubler sans honte du grotesque sobriquet de "philosophe".
    
     Pour la valetaille idéologiquement (et matériellement) soumise à ses maîtres, la grève générale aux Antilles n'est que la manifestation d'une frustration des Créoles et des Noirs à l'égard de la réussite sociale des "civilisés" que sont les Blancs, les Békés, les descendants de colons et toute cette écume de pieds-noirs de cocotiers. Certains petits roquets ont tiré suffisamment sur la laisse pour venir aboyer devant caméras et micros que tous ces foutus salauds de nègres grévistes étaient manipulés en sous-main par une junte clandestine d'indépendantistes-terroristes-anti-frânçais ! Le mouvement social a répondu par un calme et une détermination
inflexibles. Il n'a  coïncidé avec aucun des stigmates infâmants dressés par les pieds-noirs de la civilisation frâncèse sur leur liste infâmante. Il a même poussé l'ignominie jusqu'à faire florès en Martinique. Et bientôt, La Réunion ! Pour faire friser les poils du méprisant béké métropolitain écumant d'une rage froide sur ces négros barbaroïdes qui lui donnent laconiquement des leçons.

     Tous les petits chefs de l'opportunisme, "leaders" syndicaux permanents engraissés par les subsides de l'Etat, cheftaines de partis de la gôche-foie gras macro-bio-tics, éditorialistes média-tics soudés à l'arc sur leur sièges tournoyants ont fait front contre le front de classe dressé aux Antilles "françaises". Ils ont mobilisé maintes ressources pour dévoyer la lutte des salariés. Tous azimut ils ont accouru et hurlé "Au loup !", à l'esclave Noir libéré qui veut se venger des anciens maîtres, au vil et sournois indépendantiste anti-frânçais. En vain. Cela n'a pas fonctionné, leur théatre vaudevillesque ("Ciel ! Un gréviste qui fait une vraie grève générale pour obtenir la satisfaction de ses revendications sans quoi il reconduit indéfiniment son mouvement...quelle indicible horreur !")
    
     La Bourgeoisie transpire. Et consulte ses augures, désespérant d'une reprise de Sainte-Croissance qui jugulerait le mécontentement social avant sa cristallisation politique. C'est qu'il s'agit du seul élixir en lequel elle croit pour la sauver réellement et sauver surtout la prédation économico-politique. Les moins frileux des écono-fumistes le scandent avec fureur : les Etats-Unis, l'Union Européenne et la Chine doivent enterrer momentanément les dossiers discordants afin d'arracher le capitalisme mondial à la gangue de la crise mondiale. Que reviennent les valses...de Vienne ? non, de Wall Street et du NIKKEI (le bien-nommé !). Que soit re-vivifiée l'exploitation sur-boostée de la force de travail. Que soient versées sub-primes et parachutes dorées qui d'ailleurs n'ont jamais cessé de couler sur les comptes fiscalement paradisiaques, quoi que puissent gober les niais alter-capitalistes et leurs cons-sanguins frères catholiques apostoliques de gauche, férus de yoga, de légumes-bio et de démo-crasseuse.

     La classe dirigeante cherche, et c'est de bonne guerre de classe, à exorciser ses démons : la lutte des classes, la révolution, la société qui,
par delà le Marché mondial, lui succèdera, un monde sans plus-value ni échange mercantile. Le seul antidote qu'elle connaisse, c'est la drogue de la relance, du crédit, de la concurrence, etc. Remède pire que le mal, ersatz artificiel qui la conduit catastrophiquement vers son apocalypse.    

[Flash Spécial : L'Administration du Nain Jaune serait sur le point de lâcher du lest. A l'heure où se profile l'arrêt du mouvement en Guadeloupe, l'appel à la grève générale
est annoncé à La Réunion !
Tels des copropages assermentés,
les journaleux se sont mis à l'ouvrage pour dégrader l'action concertée des salariés dans les termes habituels de la mesquine épicerie idéologique petite-bourgeoise : "Combien le mouvement a-t-il coûté ?" S'agissant de grévistes tenant la barricade depuis 45 journées impayées, l'interrogation ne manque pas d'impudence. Et bien sûr elle est incomplète. Les journaleux peu enclins à la subtilité signifient par là : "Quel manque à gagner en terme de profit pour les Békés du Capital ?" Une autre question qui vaut son pesant de coups de pieds dans l'arrière-train déontologique : "Est-ce que finalement, pour en arriver à signer enfin un accord, on n'a pas perdu beaucoup de temps ?" Le Sous-Lieutenant va te répondre directement, ô indicible journaleux sous transfusion idéologique petite-bourgeoise vulgaire : chaque salarié qui a résisté, qui s'est solidarisé avec ses frères non pas de couleur mais de classe et par là-même s'est renforcé, chacun de ceux-là N'A PAS PERDU SON TEMPS. Tout au contraire, il a fait la démonstration que, sans détermination, sans solidarité et sans organisation, AUCUN MOT D'ORDRE NE PEUT ABOUTIR. S'il y a bien quelque chose que les grévistes vainqueurs n'ont pas commis, c'est une perte de temps en palabres fûmeuses, débats "contradictoires" à la con sans sus et dévoiements divers dans les médias démo-drastiques.]


LES SALARIES GUADELOUPEENS ONT GAGNE UNE BATAILLE,

MAIS LA CLASSE SALARIEE MONDIALE N'A PAS ENCOR GAGNE LA GUERRE !

     
         
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