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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 15:35
L'ETAT DE NON-GRÂCE

rubon108.jpg

     Président Sarko vient de l'annoncer : il n'y aura aucune traditionnelle "grâce présidentielle" accordée à aucun emprisonné que ce soit.
       Président Sarko est un bonhomme de "rupture", et la tradition est faite pour être rompue. Il a notamment justifié cette non-grâce par le fait qu'avoir été élu démocratiquement par une majorité électorale ne lui donnait moralement pas le droit "d'effacer l'ardoise". Et l'ardoise de Cécilia ?

     Ainsi, les emprisonnés qui espéraient - en prison l'espoir fait survivre - pouvoir sortir du Trou cet été et retrouver l'air pollué mais libre en resteront pour leurs frais d'espoir. Il leur faudra garder leur calme à 4 ou 5 par mini-cellule, dans la moiteur de la saison estivale (contrairement à ce que pense la grosse ménagère en-dessous des 50 balais - mais qui fait largement plus - qui a voté Sarkozy, les prisons ne sont pas climatisées). Il faudra à ceux que cette annonce aura de nouveau dés-espérés se contenir pour ne pas imploser, ne pas foutre le feu au mitard, ne pas hurler la nuit, ne pas sombrer dans la tentation d'en finir. Du moment que Président Sarko caresse la grosse mémère à TF1 dans le sens de la pilosité moustachière. Oui, Président Sarko sait aussi flatter l'opinion publique, cette gélatine synthétique mollasse manipulée et palpée par des insectes humains dénominés "journalistes".

      Mais il ne faut pas perdre espoir. Si d'aventure éclataient
dans les prisons françaises  - honte de l'Europe - des révoltes ("mutineries" dans le jargon médiatique, la même terminologie que dans la terrible marine anglaise d'autrefois), on en serait gré à Président Sarko et à la populace satisfaite par tant d'état de non-grâce.

prison.jpg
     
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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 11:33
PLEURE Ô PALESTINE

DECOUPAGES BARBELES EN FAMILLE

VII

     Il existe une règle incontournable dans l'honorable société impérialiste : un Etat n'est validé par les Parrains que tant qu'il est capable de maintenir l'ordre chez lui. S'il n'y parvient plus, les familles se réunissent et décident de s'en débarrasser, d'une façon ou d'une autre : changer l'équipe en place, ruiner le pays ou lui faire carrément la guerre.

     Dans la question israëlo-palestinienne, les 2 belligérants ne sont qu'une composante de stratégies plus globales.
       Lorsque furent créés les Royaumes Arabes (après la 1ère guerre mondiale), il fut d'abord question de leur donner à tous un Sherif arabe, moyennant le soutien des notables de la région. Il aurait existé un vaste pays édifié sur la dépouille de l'Empire ottoman. Mais cela ne fonctionna pas : constatant qu'ils étaient réduits au rôle de simples exécutants, les Arabes se rebiffèrent. (Le film "Lawrence d'Arabie" ne parle pas d'autre chose).
      
lawrence-04.jpg



          La rébellion fut circonscrite (càd réprimée) par les Français, pour une fois de concert avec leurs éternels rivaux Britanniques. Pensez, les Arabes voulaient proclamer pour leur propre compte un Royaume qui serait allé de Damas à Ryad, soit la Syrie, l'Irak, la Trans-Jordanie et l'Arabie Saoudite de l'époque. Halte-là ! Ca ne marche pas comme ça dans la "Famille".

        
En lieu et place d'un Royaume arabe unique, on créa  des "protectorats". Le but affiché était évidemment d'empêcher que ne se constitue sur les ruines de l'ancien grande Turquie une force capable de négocier avec les prédateurs occidentaux les formidables richesses de la région.
        Alors on divise, on morcelle, on découpe en "émirats" non représentatifs des populations, en pays les plus petits possibles, de manière à pouvoir imposer un rapport de force au moment du "partage" (si l'on peut dire, pillage conviendrait mieux) de la grosse galette de pétrole. On crée le Liban ex nihilo, la Trans-Jordanie ET la Jordanie, l'Irak et les différents émirats. On saupoudre de divisions claniques et religieuses : "qu'ils se disputent entre eux, ils ne nous chercheront pas des crosses", tel est le raisonnement impérialiste occidental. A travers les familles "royales", on oppose 2 grands clans : au Nord et au Sud de l'Arabie, les familles Saoudiennes, avec un système religieux ultra-intégriste (le wahhabisme) ; les autres sherifs de La Mecque deviennent rois de Syrie, de Jordanie et d'Irak. Ils appartiennent à une même famille, mais chacun est sous l'influence d'une puissance étrangère différente et eux sont plus tolérants, plus ouverts du point de vue religieux. Ils sont sunnites et acceptent indifféremment les chiites, les chrétiens, les juifs, etc.

      LA GUERRE PERMANENTE

     Faisons le point : depuis 1917, le Moyen-Orient est une zone serrée de près par l'impérialisme. Il n'a pas hésité à initier une guerre qui perdure toujours et n'est pas prête de se terminer, contrairement à ce qu'affirment à intervalles réguliers les différents protagonistes du conflit.
           Actuellement, nous n'avons pas seulement "l'affrontement" USA / Irak, mais également une rivalité France et Allemagne avec Grande-Bretagne et Etats-Unis. Les vues des Empires développés sur les richesses naturelles de la région sont plus que jamais d'actualité.
          
            Dans ce cadre redoutable, quel problème pose la Palestine ?
        On a cru pouvoir se débarrasser facilement des populations qui vivaient là, en amadouant une frange "dirigeante" triée sur le volet. Peine perdue. Le problème s'est dédoublé : des Palestiniens sont restés sur place, dans le nouveau pays créé à toute force pour les Juifs ou dans les territoires occupés ; d'autres, expulsés par la soldatesque sont allés croupir leur désespoir dans des camps de réfugiés disséminés dans tout le monde Arabe.
          
          camp-palestinien.jpg




         La question palestinienne a ainsi fait tache d'huile, se répandant dans les régions limitrophes d'Israël. En outre, cela accéléra aussi l'exode des Juifs qui vivaient dans des pays musulmans. Prenons l'exemple de l'Egypte : en 1956, celle-ci promulgue des décrets d'expulsion contre les agresseurs Anglais et Français. Or, il se trouve que la plupart des Juifs installés en Egypte étaient justement soit français, soit britanniques. Ils furent donc expulsés manu militari en tant que tels mais évidemment, Israël ne se priva pas de dénoncer des mesures "anti-juives".
             Autre chose : le très actif Mossad (les services secrets israëliens) commit nombre de méfaits en Egypte, en Syrie et en Irak, par exemple des attentats "anti-sémites" montés de toutes pièces. Cela poussa les Juifs qui vivaient encor dans ces pays à plier bagages. Et pour se réfugier où ? Nullement sur la "Terre Promise", mais essentiellement dans les pays de l'Est, en France et en Angleterre puis progressivement et de plus en plus aux Etats-Unis.
           Israël connut de sérieux problèmes de peuplement. Le pays n'attirait guère. De par sa nature, l'Etat israëlien n'a jamais pu vivre en paix et l'idéologie sioniste a toujours eu besoin, pour prospérer et se justifier, d'un anti-sémitisme "fort".
           Donc les guerres se suivent et se ressemblent. Celle de 1956 se déclenche en réaction à la pression anglo-française. Les Britanniques notamment veulent obliger Nasser à reporter la nationalisation du Canal de Suez aux calendes égyptiennes. Côté israëlien, on l'a vu, il y a essouflement de l'immigration (et même reflux de population) et il s'agit de démontrer, en maintenant la tension en permanence, la viabilité de l'Etat d'Israël (Hannah Arendt disait qu'on ne peut vivre sans être victime et le sionisme use et abuse de la victimisation, permanente justification des milliers de Palestiniens tués).

   (à suivre)


crise-de-Suez.jpg
(1956 : la crise de Suez)
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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 10:58
ECCE HOMO (HABILIS)

       Le fait que le 1er homme que les anthropologues aient mis à jour, Homo Habilis, ait eu une alimentation essentiellement carnivore, marque une rupture dans la chaîne de l'évolution.
       Pour la 1ère fois, un groupe d'hominidés oriente son alimentation vers la barbaque.
      Or, si les chimpanzés mangent aussi (parfois) des charognes, l'homme habile, lui, systématise ce régime carné, l'usure typique de sa dentition en faisant foi.

       homo-habilis-crane-reconsti.jpg

     D'abord, on a pensé que les hommes habiles chassaient. Puis, de nombreux éléments démontrèrent qu'ils étaient plutôt "charognards" : sur de nombreux sites, les carcasses d'animaux étaient celles de jeunes ou
au contraire
d'adultes très âgés. D'autre part on dénicha des restes de très grands animaux : par exemple un hippopotame. Vraisemblablement, Homo Habilis n'ayant au départ ni les capacités physiques ni techniques de chasser un tel monstre, le bestiou avait dû, soit mourir de mort naturelle, soit être avoir déjà été tué et "entamé" par un ou des prédateurs, et abandonné ensuite.

        hippo.jpg(une bonne cuisse de cheval du fleuve, pour requinquer notre bon homme)


     Notre homme habile témoigne en cela de la "nature" humaine - certains disent de son essence :

         
un être social, que la vie en groupe a amené à évoluer par nécessité.
      Il lui fallut, pour survivre, accomplir chaque jour des tâches pratiques : chercher des pierres, fabriquer des outils pour découper des peaux, désarticuler des carcasses d'animaux parfois énormes, briser leurs os (l'homme habile appréciait particulièrement leur moëlle) ; parfois un peu de chasse améliorait l'ordinaire plutôt charognard.
         Par rapport à ses prédécesseurs, notamment l'Australopithèque, cette vie sociale a amené Homo Habilis à innover. Il acquiert le langage articulé, invente l'outil et les premiers campements basiques. Rien que ça, une "paille"...
          Casser les os ? Quel autre animal agit ainsi (hormis la hyène, mais pour d'autre raisons) ? L'homme habile récupère ainsi un peu de nourriture sur ce que lui laisse les grands prédateurs.

          Homo-habilis3.gif
(un regard humain)



          Peu à peu, il développe et perfectionne son industrie de la pierre, ce qui va lui permettre de devenir de plus en plus chasseur et de moins en moins charognard.
           
           Outil, technique et alimentation sont liés. L'amélioration de la qualité de sa nourriture carnée (de la charogne à la viande) modifie le squelette d'Homo Habilis : il grandit ; en outre, son cerveau prend du volume, donc de la capacité.
           Du fait qu'il a quitté la forêt et s'est installé en plaine
, environnement beaucoup plus dangereux
, sa vie en groupe s'est fondamentalement transformée, ce qui détermine une organisation sociale supérieure, celle liée aux campements de base.
         
           L'homme habile acquit donc le langage, fabriqua des outils et devint chasseur.
           
VOICI L'HOMME ! (HABILE)


evolution.jpg(le velu à gauche)        
    
         

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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 09:38
PLEURE Ô PALESTINE

VI

        Depuis les années 1930, les Etats-Unis ont posé le pied au Moyen-Orient. Certes, ils ont de "l'or noir" chez eux, mais moins abondant, plus difficile à extraire donc plus coûteux.
      En 1943, la Conférence de Téhéran réunit Roosevelt, Churchill et Staline. Truman, qui n'est encor "que" vice-président des Etats-Unis, fait un détour par l'Arabie Saoudite. Il s'établit, entre le clan des Saoud qui dirige le pays et l'Empire états-unien un modus vivendi : moyennant la part du lion dans l'extraction, le raffinage du pétrole et son import-export, les partenaires nord-américains assurent le verrouillage sécuritaire du pays et chassent tous leurs concurrents du Moyen-Orient.

       Arabie-Saoudite.gif
(Arabie Saoudite : attention zone hyper-stratégique)



        Cela commença par les franco-britanniques pour finir par les Russes.
     Pour les "froggies" et leurs frères ennemis anglais, la tâche ne fut pas aisée. Ceux-là étaient les héritiers d'une longue histoire de conquêtes coloniales, mais qui touchait à sa fin.
     Les Russes, eux, s'effondrèrent tout seuls. S'ils étaient parfaitement capables de fournir des montagnes d'armes diverses aux pays arabes, en revanche ils n'avaient pas le capital nécessaire au développement économique de ces pays.
    
     Ce qui a encore favorisé cette main-mise états-unienne sur le Moyen-Orient, c'est le fait que la décolonisation de l'Empire ottoman n'ait pas amené de mouvements de libération nationaux suffisamment forts pour accomplir une révolution bourgeoise complète.
     Hormis l'Egypte - qui, sous domination ottomane, avait déjà son propre gouvernement - les autres ne purent aller au delà de simples mouvements de luttes paysannes. Et, ce qui n'est pas pour favoriser toute lutte révolutionnaire, ils étaient assis sur le plus grand gisement pétrolier connu de la planète. Tous les requins impérialistes braquèrent sur eux leurs yeux injectés de "pétro-dollars". Pour les prédateurs occidentaux, la question n'est pas : "quel pays sera indépendant ?" mais "qui va nous distribuer les cartes ?" 
     Avec la décolonisation s'entremêlent les tensions croissantes entre rivaux impérialistes, qui bavent devant les gigantesques gisements d'énergie fossile.

     A ce moment précis intervint la création ex nihilo de l'Etat d'Israël (1948). Avant, pendant et après cette création, la colonisation des terres des Palestiniens ne cesse pas. Jusqu'au verrouillage définitif du circuit du pétrole moyen-oriental, cet abcès de fixation servira aux impérialismes dominants à maintenir un état de guerre permanent qui favorise largement leurs desseins.
     
     creation-israel-1948.jpg(David Ben Gourion, 1er chef du gouvernement d'Israël)



     On l'a déjà constaté, l'incapacité du mouvement national arabe à terminer sa révolution démocratique bourgeoise n'a pas été pour peu dans cette mise à sac de la région. Ce mouvement national, nourri de diverses idéologies - le plus souvent contradictoires - a échoué. Les pouvoirs locaux, "soutenus" par l'impérialisme occidental, ne sont capables que de maintenir "l'ordre", pour le plus grand profit des investisseurs étrangers et la plus grande perte de leurs peuples.
     Le problème se posa dans les mêmes termes avec l'OLP de Yasser Arafat. Ce n'était pas une question de "supériorité" des Juifs ou des Arabes, mais de capacité à maintenir l'ordre. Les problèmes posés en Palestine étaient bien trop importants pour la seule OLP. Les Etats-Unis décrétèrent donc qu'Arafat n'était plus un "partenaire" crédible. Le reproche classique était l'impuissance de l'Autorité palestininenne à maîtriser un tant soit peu la situation dans les territoires occupés.
     
       Yasser-Arafat.jpg
(Yasser Arafat, du combat à la diplomatie, de la diplomatie à l'isolement politique)


     Si l'on s'attarde sur le parcours de l'Egypte, qu'est-ce que l'on constate ? Après les accords de Camp David (1978), celle-ci est incorporée à la sphère d'influence états-unienne. Les dirigeants égyptiens acceptent désormais de participer à la "pacification" de la région et ils joignent le geste à la parole : participation à la 1ère guerre du Golfe (1990-91), interventions au Soudan et en Lybie contre "l'incontrôlable" Muhammar al Kadhafi.

(à suivre)

image.jpg(1978 : Anouar El Sadate, Jimmy Carter et Menahem Begin scellent les accords de Camp David ; l'Egypte bascule dans le camp ennemi)


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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 10:04

LA MAIN, L'OUTIL, LA TECHNIQUE

HomoHabilis3.jpg

(des hommes habiles)

 

     Les plus anciens outils connus ont été conçus et fabriqués par des mains judicieusement guidées par le cerveau d'"Homo Habilis". Ils ont été datés entre 2 et 3 millions d'années.

     Ces premiers outils sont des blocs de pierre que l'homme habile trouve à proximité, de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres, pas plus.
      Il s'agit de roches extrêmement compactes et dures, par exemple des quartz. L'homme habile se saisissait prestement d'un galet ou d'un bloc de matière première, qu'il ouvrageait en débitant des éclats à l'aide d'un "percuteur" en pierre. C'est "l'âge de pierre" au plein sens du terme.

     Un outil ainsi débité qui présente une face tranchante importante servira à découper des peaux, de la viande, du bois, etc.
     Un galet taillé peut se transformer en une sorte de hache, dont on aménagera le tranchant par des éclats habilement ciblés. Quand le tranchant est sur une seule face, vous avez un "chopper" ; sur les 2 faces un "chopping tool". L'homme habile inventa donc la 1ère hache (et dire qu'il est des grincheux pour lui contester cette aptitude, ou à même l'assimiler à un castor, une loutre - sauf le respect pour le syndicat de la défense des castors, loutres et ragondins camarguais).

      
                                              

hache-neolithique.jpg

                                   (hache primitive utilisée par un non-agnostique contemporain) 


     Ces 1ers hommes se différencient de leurs prédécesseurs Australopithèques par un mode de vie différent, du fait, entre autres, d'un changement de climat (assèchement) qui a provoqué un éclaircissement du paysage. Les hommes habiles ne grimpent plus aux arbres (sauf urgence et au cas où il y en aurait un à portée) parce qu'il y en a beaucoup moins autour d'eux.
     Installés à découvert, ils vont concevoir les 1ers habitats humains, sortes de campements où ils passent la nuit.

     Et qu'on ne vienne pas claironner dans les oreilles du Sous-Lieutenant Karpov que les grands singes font la même chose. Karpov respecte plus un gorille ou un orang-outan que le 1er agnostique venu. Mais pratiquer un anthropomorphisme abusif sous prétexte que les singes sont nos "cousins" (cousins bien plus acceptables que certains grincheux impuissants de la pensée) relève de la galéjade, pas de la recherche scientifique.
     Nos cousins les grands singes, eux, n'ont pas à proprement parler de campement. Ils passent la nuit là où ils se trouvent. Il leur arrive de s'aménager des "nids" dans les arbres ou en lisère d'une forêt, mais ils sont incapables de fabriquer un abri durable. Mais qu'est-ce qu'ils sont beaux, majestueux même. Observez des gorilles : un exemple de force tranquille, de placidité. Pas comme certains que le Sous-Lieutenant évitera de citer nommément, par commisération à l'égard des chimpanzés, des gorilles, des babouins et autres mandrills...

     Il y a près de 2 millions d'années, Homo Habilis savait déjà édifier un habitat dans lequel, chaque soir, il revenait s'abriter, manger et dormir (copuler aussi...).
    Ce mode de vie évolué implique un partage des tâches. Les hommes s'occupent de trouver à manger de toutes les façons, les femmes sont auprès de la progéniture. Car les temps sont difficiles : les hommes habiles vivent tout le temps à découvert, il y a peu d'arbres pour grimper en cas d'attaque d'un prédateur.
     En outre, l'homme est habile, mais il n'a ni les armes naturelles des animaux carnivores, ni l'agilité des herbivores. C'est donc l'outil qui va pallier à ces limites physiologiques, qui va se faire outil de chasse. Karpov vous prie de dédier quelques secondes de votre temps précieux à la mémoire d'Homo Habilis, qui non seulement survécut, mais déclencha l'évolution décisive qui permit, 1,5 millions d'années plus tard, que vous voyiez le jour.

     Homme habile, en tant que tu es son ancêtre valeureux, le Sous-Lieutenant Karpov t'adresse un salut fraternel. Ton humanité se reflète dans la sienne.
         

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 10:58
                                               ENTRE ICI HOMME HABILE


     
Homo Habilis fut le 1er "homme", que les singes savants agnostiques de la pensée le veuillent ou non, que ça les démangent ou pas, que cela provoque chez eux des ulcérations variqueuses ou des criaillements civilisés.

     L'ancêtre Homo Habilis - ancêtre de l'agnostique, du matérialiste dialectique et du scientologue psychotique - est associé à l'apparition du langage de par ses capacités physiologiques, mais aussi du fait que son arrivée sur la scène humaine coïncide avec celle des 1ers outils.
     Le Grand Ancien Australopithécus était incapable de fabriquer quoi que ce soit. A l'instar du bonobo, du pinson galapaguesque ou de la loutre de Californie, l'Australopithèque pouvait se saisir d'un caillou ou d'un bâton, pour assommer une de ses compagnes, un congénère vindicatif ou un pécari de passage.
     Homo Habilis, lui, fabrique. Sa pierre ou son bout de bois, il le manufacture, c'est-à-dire qu'il opère une transformation de la Nature : entre ici, Homo Habilis, au panthéon de l'être humain et surtout, garde-toi de prêter attention aux gémissements amphigouriques de certains de tes descendants, et non des moins ingrats.       

     L'outil, tel est le "secret" dévoilé de l'humanité de l'homme, un parmi d'autres. L'outil suppose la pensée conceptuelle, pensée spécifique aux êtres humains et même aux philosophes. Homo Habilis conçoit, il se représente mentalement ce qu'il va accomplir pratiquement : fabriquer à partir d'une matière première prélevée dans la nature, un objet en fonction d'un but précis (trancher, couper, tailler, etc.). Voilà un garçon bien plus efficient qu'un député ou un sociologue.

     Homo Habilis a fabriqué des outils en bois qui, évidemment, ne sont pas parvenus jusqu'à aujourd'hui. Par contre, son industrie de la pierre a été exhumée. Pour faire d'une caillasse un objet précis, il faut en avoir dans le "caillou" : les gestes doivent s'accomplir dans un certain ordre et pas n'importe comment, ce qui implique un savoir-faire. Homo Habilis était diplômé d'HPN (Haute Pratique Naturelle). De ce savoir-faire découle l'émergence d'une nouvelle dimension propre à l'être humain : la culture.

     

Homo-habilis.jpg(Homo Habilis, humain tout simplement) 


     
     L'irruption d'Homo Habilis s'incorpore naturellement au schéma de l'évolution darwininenne : cette histoire inscrite dans les restes fossiles est un mouvement vers la complexification. A partir de "HH" (soyons plus familiers avec ce sympathique ancêtre tout-à-fait humain), l'évolution ajoute un axe à son mouvement, celui de la culture et là encore, il est question de complexification.

     Dans un 1er temps "préhistorique", évolutions morphologique et culturelle sont concomittentes. Aujourd'hui c'est la 2ème qui a nettement "accéléré" : peu de choses séparent physiquement l'humanité aujourd'hui avec celle qui vivait il y a 50 000 ans. Par contre la différence culturelle est immense, même avec les penseurs agnostiques les plus dépressifs, de ceux qui profèrent tranquillement :

        "La simple vision d’un homo habilis nous suffirait d’ailleurs probablement pour lui refuser l'humanité que nous revendiquons pour nous-mêmes…"

     La simple lecture d'une telle remarque suffit au Sous-lieutenant P.M. Karpov pour accueillir Homo Habilis au Club de l'être humain et en refuser l'entrée au petit homme impuissant qui l'a pondue.

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 15:59
LA LOUTRE HUMAINE EXISTE, LE SOUS-LIEUTENANT KARPOV L'A RENCONTRE

                         
    
     "L’être humain n'existe pas", affirmes-tu petit homme agnostique. Ecoute, animalcule tourmenté et confus, viens te poser sur les genoux du Sous-Lieutenant Karpov. C'est un humaniste celui-là, il essaie de venir en aide, même à des spécimens d'hurluberlu tels que toi.

     Petit bonhomme bégayant, il existe sur notre planète (et c'est même la tienne) une humanité qui se déchire, qui est encor dans sa "pré-histoire". Et cette humanité qui est "une" mais divisée en classes sociales, provient d'origines non écrites dans un livre Saint mais inscrite dans des vestiges fossiles. "Comprends-tu ça, comprends-tu ça ?" chantait l'humain Robert Charlebois.

     Dans des sites archéologiques (en-as tu déjà visité ?), des gens comme toi (mais beaucoup moins confus dans leur raisonnement) ont trouvé des ossements, des outils, des sépultures, des foyers, des nécropoles, enfin tout ça, vois-tu. Ils en ont émis l'hypothèse peu audacieuse (sauf pour un agnostique de la pensée ou un évangéliste états-unien ou un raëlien ou un bègue transcendantal) qu'il avait bel et bien existé en ces lieux des "gens" proches de nous, des ancêtres. ("Ê ouais ê ouais !" comme fait la marionnette d'un sarkozyste.
     Nos ancêtres étaient humains (comme toi), ils avaient conscience de la mort (comme toi) et avaient peur du noir (comme toi).

     Ils évoluaient cependant sans s'en rendre compte, comme l'humanité actuelle. Et rien ne s'oppose à ce que l'humanité continue d'évoluer dans le futur, si ce n'est qu'aujourd'hui, elle a produit une société d'une telle puissance tentaculaire que cette société remet en cause le devenir même de l'espèce qui l'a produite. Mais ceci est une autre "histoire" et le Sous-Lieutenant ne veut pas embrouiller davantage ta pensée qui l'est déjà passablement, petit homme agnostique.

     Ecoute donc ce qui distingue l'être humain des autres espèces vivantes : au cours de son évolution, ce bougre-là acquiert  la capacité de transformer de manière systématique le milieu dont il est issu. Tout ça, le Sous-Lieutenant sait que pour toi, c'est foutrement angoissant à admettre. Essaie de faire un petit effort d'intelligence : quand un chimpanzé se saisit d'une fine branche pour extirper des termites dont il est friand, cette branche constitue-t-elle un "outil" ? (T'as 30 secondes pour creuser ta cervelle d'être inachevé - vu qu'il te manque apparemment un bon quart d'heure à la naissance) Alors, c't'un outil oui ou flute ? "Oui" ? Êêê non c'en est pas un, dépendeur d'andouilles. Il n'y a pas transformation. Le chimpanzé se contente d'utiliser, certes "habilement", un élément qui existe tel quel. Il lui arrive d'ailleurs aussi de balancer de gros gadins sur ses congénères ou une espèce rivale, le babouin par exemple. Sais-tu que la loutre californienne (pas forcément blonde) se pose sur la table basse de son ventre des oursins qu'elle brise avec des galets avant de se régaler de cette oursinade sauvage ? T'as aussi un pinson des Galapagos qui - pour t'égarer davantage - possédant un bec un peu court, se sert d'une épine comme d'un harpon pour attraper des larves logées dans le bois. Alors, "loutre sapiens", "pinson érectus" ou "homo couillonus" ?
    

imagesCAHBQZRP.jpggorille-copie-1.jpg












(regard "humain, trop humain", et pourtant... le gorille est moins dans la brume que nombre de ses cousins humains)



     L'homme lui, apprend à se saisir d'un élément naturel et à le modifier pour en faire autre chose : un caillou devient marteau, éclat tranchant, poinçon, pointe de flèche, bijou... Il en fait INDUSTRIE, reproduisant le même outil à nombre d'exemplaires. Y es-tu, fils de l'homme ? Le chimpanzé, une fois qu'il est rassasié de bestioles, jette sa branche et l'oublie jusqu'à ce que se présente l'occasion suivante. L'homme recommence aussitôt, duplique, systématise, perfectionne l'outil qu'il a conçu. L'objet modifié n'est plus le simple prolongement de sa main. il témoigne de quelque chose qui te fait sangloter désespérément : une pensée conceptuelle, spécifique à l'être humain (que tu le veuilles ou pas, fils). La loutre de Californie pense en tant que loutre : elle ne sait pas qu'elle est une loutre (étonnant, non ?), elle n'abstrait pas le réel. Toi, même à supposer que tu saches récolter des oursins et te préparer une oursinade,
t'es pas une loutre - Karpov est désolé.

    

 
loutre.jpg(la loutre est irréfutable)


      En 1960, 2 "homo sapiens" contemporains découvrent au Nord de la Tanzanie (Olduvaï) des fragments du crâne de ton ancêtre, "Homo Habilis" et toi, tout ce que tu trouves en guise de remerciements, c'est de nier l'existence de l'être humain, de nier ta PROPRE existence. Est-il pire ingratitude ?
     Nos homos sapiens reconnaissants, eux, décident d'appeler ce lointain aïeul (1 million 750 000 annnées) "homo habilis" et ils ne tardent pas à constater qu'à la même époque vit un autre "hominidé", plus robuste que l'autre et qui mange essentiellement des graines. Voilà donc 2 cousins contemporains, dont un seul a perduré.
  

australopithecus.jpg(Australopithèques)


      Evidemment, autour d'"Homo Habilis", ça discute ferme entre historiens de l'espèce humaine. De toutes ces controverses vitales et nécessaires, il ressort qu'"Homo Habilis" vient du père des pères, non pas dieu le père mais l'Australopithèque (qui d'ailleurs existe encore et vit en Australie sous le sobriquet d'"aborigène", que l'espèce Anglo-Saxonne n'a pas réussi complètement à "anglo-saxonner").
     Alors, ouvre tes feuilles de salade : Homo Habilis marche sur ses 2 pieds (lui au moins, il ne pense pas avec), ne grimpe aux arbres que pour échapper à un prédateur ou à un congénère ; son cerveau est plus volumineux que celui de Tonton Australopithèque et son visage plus avenant (front moins fuyant, crâne plus en arrière, etc.).
     Surtout, SURTOUT, ton arrière-arrière-arrière etc. grand-père présente déjà dans sa boîte cranienne les "aires" du langage (nettement avant ce que toi tu "pensais" dans ta boite crânienne d'homo sapiens). Son palais est suffisamment en profondeur pour permettre à la langue les positionnements produisant des sons précis et nuancés. L'oesophage s'est élargi et le larynx est descendu. Il ne lui manque plus qu'à te dire : "Tu quoque fili mii !" et en avant les anti-dépresseurs !

homohabilis.jpg  (Homo Habilis, que certains de ses descendants refusent à l'entrée du Club de l'être humain)


     

     Homo Habilis possédait le langage, petit homme. Sous une forme primitive mais quand même. Toi qui date le langage d'il y a 50 000 ans, t'as juste fait une petite erreur de tir d'environ 1,5 millions d'années. Pas irrémédiable : "errare humanum est".

chimpanze-0.gif
(le chimpanzé surpasse l'agnostique : il perçoit la réalité de l'arbre en grimpant dessus)
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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 09:45
PLEURE Ô PALESTINE

FRAGMENTS PREMONITOIRES D'UN ECRIT BELLIQUEUX

V

          Dans un texte datant de 1923 ("Le mur d'acier"), le leader sioniste Vladimir Jabotinsky ne se faisait aucune illusion sur la possibilité de co-existence pacifique en Palestine, entre les Arabes palestiniens qui vivaient là et les colons juifs qui viendraient s'y implanter en masse. Il écrit :

        "Pour nous, la seule voie qui mène à un accord est le refus absolu de toute sorte d'accord".

        Ce Jabotinsky est un génie politique. L'Etat israëlien devrait lui élever une statue, si ce n'est déjà fait. Dans cette phrase sibylline sont contenus en germe les presque 100 ans de politique dans la région.
         Le fondement de la stratégie du sionisme, c'est le refus systématisé de tout accord. Tout accord suppose l'existence de l'autre, et l'on a vu précédemment ce qu'était les prémices de la Déclaration de Balfour (1917) :

        une terre sans peuple pour un peuple sans terre.

           Aux yeux du sionisme, "l'autre", le Palestinien, n'a pas d'existence officielle. La "Terre promise" est vide, elle n'est "promise" qu'à l'implantation coloniale juive.
            
           Dès lors s'instaure une colonisation rampante. Certaines communautés semi-nomades venues de Syrie ou d'Irak avaient des terres en Palestine. On les en dépossède "légalement". Les terres "achetées" de force sont destinées au travail des seuls Juifs, notamment dans le cadre pseudo-socialiste des kibboutz, exploitations agricoles communautaires.

         kibboutz-Shirour.jpg(le kibboutz "Shirour" - "Liberté")


        Les conditions de révoltes étant réunies, celles-ci éclatent effectivement. De 1936 à 39, la plus importante d'entre elles prend la forme d'une guérilla de libération, réprimée brutalement par l'armée britannique dans laquelle s'incorporent des groupes para-militaires juifs qui font dans le terrorisme, la sécurité et l'espionnage.
          
          En Europe, l'Allemagne nazifiée cherche à se débarrasser à tout prix de ses Juifs. Fort intéressée par la possibilité de les "exporter" vers la Palestine, elle favorise l'installation et le soutien aux colons déjà établis sur place. C'est même le pays qui apporte aux Juifs implantés en Palestine la plus forte contribution en matériel, technique et...finance. Une aide que jamais les associations juives et sionistes ne refuseront.

      A partir de 1946, l'Angleterre commence à retirer ses billes de la fourmilière palestininenne : les problèmes de population et de maintien de l'ordre coûtent  plus qu'ils ne rapportent
à un empire britannique de plus en plus décati.     
             
        Un "jeune premier" a déboulé en outre sur la scène internationale : les Etats-Unis. Depuis l'entre-deux guerres, ils ont commencé à se manifester en Arabie Saoudite, par l'odeur de "l'or noir" alléchés.

(à suivre)
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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 13:07
PLEURE Ô PALESTINE

FRAGMENTS D'UN ECRIT BELLIQUEUX

IV

       3 ans après la Déclaration de Balfour (1917) qui revendique, sous couvert britannique, la colonisation de la Palestine par le peuple juif, se fondent dans le mouvement sioniste diverses organisations de "défense". L'un d'eux, la Hagannah, a pour chef un certain Vladimir Zeev JABOTINSKY. Ce dernier prévoit déjà en 1920 que l'arrivée de millions de juifs en Palestine provoquera nécessairement la création d'un Etat hébreu dans les frontières "bibliques" (111 500 km2).

        Voici ce qu'écrit ce leader sioniste, Vladimir Jabotinsky, dans un texte prémonitoirement intitulé "Le Mur d'acier" (1920) :

            "L'auteur de ces lignes est considéré comme l'ennemi des Arabes, un avocat de leur expulsion ; ce n'est pas vrai, la relation émotionnelle que j'ai avec les Arabes est la même que celle que j'ai avec les autres peuples, une indifférence polie ... (...)
             ...nous ne tenterons jamais d'expulser et d'opprimer les Arabes, mais c'est une toute autre affaire de savoir si nos objectifs pacifiques peuvent ou non être atteints par des moyens pacifiques ; cela ne dépend pas de notre rapport avec les Arabes mais exclusivement des rapports des Arabes avec le sionisme ; tout peuple indigène, et peu importe qu'il soit civilisé ou sauvage, considère son pays comme son foyer national dont il sera toujours le maître ; il ne tolèrera jamais non seulement un nouveau maître mais même un nouveau partenaire. Il en est ainsi pour les Arabes : ceux qui, dans leurs rangs, favorisent le compromis, tentent de nous faire croire que les Arabes sont des simples d'esprit que nous pouvons tromper par une formulation modérée de nos objectifs, ou qu'ils constituent une tribu de "grippe-sous" prêts à abandonner volontiers leur droit de naissance sur la Palestine en échange de quelques avantages culturels ou économiques ; je rejette totalement cette appréciation des Arabes palestiniens. Il est vrai que culturellement, ils sont 500 ans derrière nous et que spirituellement, ils n'ont ni notre endurance ni notre force de volonté mais là s'arrête toute différence entre nous ; ils regardent la Palestine avec le même amour instinctif que les Aztèques considéraient le Mexique et que les Sioux considéraient leur patrie... (...)
            ...peu importent les mots, la colonisation porte en elle sa propre définition, totale et inéluctable, elle est comprise par chaque juif et par chaque arabe ; la colonisation ne peut avoir qu'un objectif, pour les Arabes palestiniens cet objectif est inadmissible ; telle est la nature des choses, changer cette nature est impossible : la colonisation ne peut être menée que contre la volonté des Arabes palestiniens. La colonisation sioniste, même la plus restreinte, doit ou bien cesser ou bien être menée contre la volonté de la population indigène ; par conséquent, cette colonisation ne peut continuer à se développer que sous la protection d'une force indépendante de la population locale, d'un mur d'acier
que la population locale ne peut forcer. Telle est notre politique envers les Arabes ; la formuler d'une autre manière relèverait d'une hypocrisie, alors, de ce point de vue, il n'y a pas de différences significatives entre nos militaristes et nos végétariens ; l'un préfère un mur d'acier et de baïonnettes juives, l'autre un mur d'acier et de baïonnettes britanniques et le 3ème un accord avec Bagdad ... , mais nous, nous applaudissons tous, jour et nuit, au mur d'acier". 

(à suivre)


emeutes-palestine.jpg(1920 : émeutes en Palestine)
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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 16:46
PLEURE Ô PALESTINE

[Le 1er Ministre israëlien se déclare prêt à "négocier" avec Abou Mazen la création d'un "Etat" palestinien. Il faut apprécier ces offres de Gascon à la mesure des évènements actuels qui se précipitent : pendant qu'Ehoud Olmert propose ses bon offices, son armée étrangle consciencieusement la bande de Gaza. Comme s'il était question de créer un embryon avorté d'Etat palestinien dans la seule Cisjordanie, ou d'avoir les mains libres pour "nettoyer" Gaza... La marge de manoeuvre de Abou Mazen/Mahmoud Abbas ressemble à l'itinéraire d'une souris dans un labyrinthe... et celle du peuple palestinien à un éternel chemin de croix.]


AU COMMENCEMENT, LE VER ETAIT DANS LE FRUIT

III

      Au moment où intervient la Déclaration de Balfour (1917), les sionistes prônent un "foyer juif" non pas en Palestine, mais en un lieu qui reste à déterminer. On parla de l'Ouganda, du Guatemala et d'autres places, notamment de la Palestine. Dans la "real politik", c'est surtout l'Empire britannique qui s'intéresse à celle-ci.

        La 1ère partie de la Déclaration de Balfour comporte 2 paragraphes :

        1. "Le gouvernement de Sa Majesté accepte le principe que la Palestine soit reconstituée comme le foyer national du peuple juif" ;

         2. "Le gouvernement de Sa Majesté fera le maximum d'efforts pour assurer la réalisation de ces objectifs et on discutera les méthodes et
les moyens nécessaires avec les organisations sionistes".


        Arrêtons-nous un instant à la lettre de la Déclaration. Il ne s'agit nullement de reconnaître une propriété ancienne à un peuple, à partir d'une référence "biblique". La Déclaration de Balfour n'annonce pas la reconstitution "juive" de la Palestine antique, mais l'établissement d'un foyer national pour le peuple Juif. L'Angleterre sait pertinemment qu'existent en Palestine diverses communautés non-juives auxquelles il s'agit de ne pas porter préjudice.

        Dans le projet sioniste proprement dit, c'est un autre son de cloche. Ces communautés non-juives ne sont même pas évoquées. Un mot d'ordre va parapher cette occultation :
 
  "une terre sans peuple pour un peuple sans terre".

        Les sionistes estiment que, les Palestiniens étant des Arabes, il doivent s'en aller vers des pays "Arabes" et laisser la Palestine aux seuls Juifs.

        A la Déclaration de Balfour succède la Conférence de San Remo (1920). On s'y partage les entrailles de l'Empire ottoman, que la 1ère boucherie mondiale a notamment charcuté. On s'y intéresse aussi aux "frontières" de la Palestine : où les mettre, ici ? là ? Jusqu'aux velléités conquérantes du sionisme (soutenues par les Anglais), il n'existait pas de frontières "modernes". La Palestine n'était que la partie Sud de la province de Syrie. Arabes, Palestiniens, Chrétiens, Musulmans, Juifs avaient la simplicité de cohabiter et de se considérer comme faisant partie du monde Arabe environnant.

0069fa00017p.jpg(une Palestinienne vers 1920)


        Mais les temps ne sont plus à la co-existence paisible. Les Empires occidentaux tracent au cordeau des frontières sur les cartes du Sahara et du Moyen-Orient, frontières ignorant sèchement les peuples nomades, qui ne sont ni Algériens, ni Lybiens, ni Maliens ou Tchadiens. C'est l'Europe coloniale qui va leur apporter ce "progrès" de la Civilisation que de se sentir appartenir à une "nation".
          En ce qui concerne le Moyen-Orient, un Traité confirme les tractations de San Remo, le Traité de Sèvres (1920). La Société Des Nations, 1ère mouture de la future ONU (tout autant "efficace") ratifie le Traité en 1922. Le mandat sur la Syrie démembrée est confié à la France, et celui sur l'Irak et la Palestine au rival Anglais. Les frontières palestiniennes sont ainsi fixées arbitrairement par l'impérialisme européen.

         La protection du Canal de Suez devient par là-même l'affaire des Britanniques (en bons mandataires, ils feront une guerre en 1956, guerre aux conséquences désastreuses pour eux !).

         Tous ces évènements se déroulent 30 ans avant la création ex nihilo de l'Etat d'Israël, et plusieurs "tendances" continuent de se manifester dans le mouvement sioniste.

(à suivre)
                   

 
      
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