Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 15:40




     L'autre jour, entre chien-loup et loup, ça toque à la porte du Sous-Lieutenant : "toc-toc-toc", alors P.M. Karpov ouvre la porte et il se voit une étrange créature à lunettes et chignon qui le regarde avec la tente penchée sur le côté. "Oui ?" demande le S-L P.M. K. "Je suis la Lumière" répond la créature étrange, ni homme ni femme ni jeune ni vieille. "Vous tombez bien, dit le S-L, il y a une panne de courant dans le secteur, jusqu'à la Préfecture ont dit les news."

    L'étrange créature myope semble ne pas entendre le S-L et elle lui demande subitement : "Aimeriez-vous connaître la Vérité ?" P.M. K. lui dit : "La vérité à quel sujet M'dame ?" "Au sujet des questions les + importantes que l'homme s'est toujours posées", répond la créature surgie de nulle part. "Ah bon, dit le S-L, lesquelles ?" "Elles sont au nombre de 6, répond la créature :

 

     1) Dieu se soucie-t-il vraiment de nous ?

    2) Les guerres et les souffrances cesseront-elles un jour ?
    3) Que devient-on quand on meurt ?
    4) Y a-t-il une espérance pour les morts ?
    5) Comment puis-je prier de façon à ce que Dieu m'exauce ?
    6) Comment puis-je trouver le bonheur
?"

 

     P.M. K. dit au chignon à lunettes : "Il me vient soudain une question importante supplémentaire :

 

     7) Est-ce que le baril de brut va redescendre au dessous des $100 ?", mais la question subsidiaire laisse la créature sans réaction.

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

    

     Alors, le S-L lui demande : "C'est où qu'on les trouve, les réponses aux questions les + importantes, à la télé, dans les bouquins ?" "Non pas dans les livres, dit la créature d'une voix tremblotante. Les livres ne servent qu'à embrouiller davantage l'esprit, ils se contredisent les uns les autres. Il existe cependant un livre qui contient des réponses dignes de la Foi. Ce livre est intégralement véridique, c'est Le Livre." "Le Capital ?" risque P.M. K., mais le chignon à lunettes semble ne pas avoir entendu. Derrière les verres épais, les yeux se perdent vers les Nues. "Bon, dit le S-L, je vous propose mes réponses :

 

      1) S'il existe, non, il n'en a rien à foutre ou alors il nous méprise de toute sa hauteur, vous pouvez le comprendre ;

 

       2) oui, quand l'humanité aura pris son devenir en mains propres ;

 

      3) de la nourriture pour toutes sortes d'animaux vivant sous terre ;

 

          4) ben, y'en a déjà guère pour les vivants ; 

 

      5) en étant toujours du côté du manche ;

 

      6) par la destruction systématique et joviale de centaines de millions de neurones."

 

     Après un blanc, P.M. K. demande : "J'ai bon ?" Le chignon secoue ses lunettes et dit d'une voix de plus en plus tremblotante : "Le livre qui contient les réponses véritables est celui qui porte la Parole de Jésus-Christ, c'est la Sainte Bible". "Ah bon ? dit P.M.K. Mais alors quelles sont-elles, ces fameuses réponses ?" La créature étrange prend sa respiration et débite sur un ton monocorde :

 

     "1) Dieu n'est jamais à l'origine du Mal. Il se soucie de nous, qu'il a créés pour assurer la réalisation de son dessein ; ["On est rassuré", commente le S-L K.]

      2) Dieu établira bientôt la Paix sur toute la terre ; larmes, souffrance, cris et douleurs, il y mettra fin ; [P.M. K. demande : "Avant ou après la 3ème guerre mondiale ?")

     3) Quand ils meurent, les humains cessent d'exister. L'Ecclésiaste 9:5 déclare que puisque les morts ne peuvent rien voir ou savoir ni éprouver quoi que ce soit, ils ne peuvent pas nuire aux vivants ni les aider ; ["D'accord avec ce meussieu ecclésiastique nine/five" dit P.M. K.]

      4) La majeure partie des morts seront ressuscités. ["Pas possible !" se réjouit le S-L K.] Le dessein originel de Dieu, c'est que les ressuscités vivent sur la Terre, tranformée tout entière en un Paradis. Luc 23:43 ajoute que Dieu promet pour eux la santé parfaite et la vie éternelle pour les humains obéissants. ["Obéissant à qui ?" interroge le S-L K.] La Bible nous assure que les Justes possèderont la Terre et règneront sur elle pour toujours ; ["Pour le moment, ce sont les Injustes qui la possèdent." remarque P.M. K.]

      5) Jésus nous apprend que nos prières ne doivent pas consister en des répétitions de formules toutes faites. [Le S-L K. commente : "Genre : donne-moi les chiffres du Loto ? ou : fais que je les baise toutes, ô saigneur..."] Si nous voulons que Dieu nous écoute, nous devons prier de la façon qu'il approuve. Pour cela nous devons apprendre quelle est sa volonté et prier en conséquence. Jean 5:14 nous dit que quoi que ce soit que nous demandions selon sa volonté, il nous entend ; [Le S-L K. remarque: "Forcément ! Il te prend pour un citron le gars ! Il te dit que tu peux lui demander tout ce que lui il veut. Il joue le fortiche juste passqu'en bas y'a que des buses !"]

     6) Heureux ceux qui sont conscients de leur pauvreté spirituelle, car Jésus en fait la clé du bonheur absolu. ["Objection, coupe P.M. K., les cons ignorent leur propre connerie. C'est cette inconscience qui en fait des imbéciles heureux, exactement l'inverse de ce que raconte Meussieu Christ."]

 

 

 

      L'étrange créature se tait. "O.K., dit le S-L K., je vais boire un coup. Ca vous tente ?" Le chignon secoue ses lunettes à moins que ce ne soit l'inverse. P.M. K. invite la créature surgie de nulle part à s'asseoir en tailleur devant la porte et il va se servir un ballon de Côtes-de-Provence. Le voyant revenir verre à la main, la créature accroupie soupire : "Vous ne savez pas que Dieu est Amour. Je sens la haine dans votre coeur..." "Pas du tout, répond le S-L, moi aussi je suis Amour, et même plus : Amour libre. Seul mon esprit recèle la haine de classe, une haine tout-à-fait saine, croyez-moi, Mâme... Mâme comment ?" La créature rougit : "Mademoiselle Marthe". "Hein ? Martre, comme l'animal à poil ?" "Non, Mar-THE", corrige la créature. Le S-L repart et revient avec la bouteille. Il se ressert : "Z'en voulez toujours pas, Mad'moisell' Mar-THE ? [Elle fait signe que non.] Z'avez tort. Le vin rouge est le sang de la Terre ; c'est quelque chose qui se partage volontiers, comme le faisait Meussieu Christ." Le chignon à lunettes murmure : "Bon d'accord, alors...".


 


     Au 3ème ballon de rouge, l'étrange Melle Marthe a le teint qui rosit. Elle se met à parler nettement plus vite qu'avant les verres de pinard :

 

       "Saura t'on jamais expliquer pourquoi tant de haine, comment elle serpente dans nos blessures jusqu'à faire de nous des monstres " ["L'amour, la haine, est-ce bien la mêm'chôôôse" commente P.M. K. en re-remplissant leurs verres.] Le racisme par exemple : quelle absurdité ! Il transforme le bonheur des familles en cauchemar. Lorsque ma fille avait 4 ans et demi... ["Z'avez un moutard, enfin une moutarde, VOUS ! s'exclame le S-L. Z'avez déniché un improbable qui accepte de se reproduire avec vous. ?... ben qu'vous soyiez croyante ça se comprend mieux alors. Chez vous l'enfantement tient du miracle ! Ah ! Ah ! Ah !"] ...nous nous étions retrouvés avec mon papa un dimanche après-midi pour aller au zoo. C'était au début du mois de décembre et mon papa voulait en profiter pour se faire une idée du cadeau de Noël à sa petite fille. [P.M. K. demande : "Elle s'appelle comment votre papillotte?" La créature répond : "Marthe Junior". "Trooop cool" fait P.M. K.] Ce jour-là il y avait beaucoup d'enfants car les écoles avoisinantes avaient emmené des classes entières, qui se bousculaient les yeux émerveillés devant les cages, certains se donnant même des coups pour être le 1er, qui devant les lions, qui devant les girafes, qui devant les ours... ["Et des mar-TRES, y'en avait des mar-TRES ?" demande le S-L K. tout en resservant une tournée de Côtes-de-Provence.] Difficile donc de voir quoi que ce soit et mon papa commençait à perdre patience. Il lançait vers les écoliers qui s'agitaient devant nous des regards courroucés ;  et puis il a dit distinctement : " Putain ! Y'a que des bougnoules ! On n'est plus en France nom de Dieu de bordel de merde ! Ils mériteraient ce qu'on a fait à leurs pères. J'te prendrais le tas à grands coups de talons dans leurs sales têtes à ces petits bicots. ["Trooop cool" fait P.M. K. en sirotant son ballon de rouge.] Sur le champ je fus anéantie par la haine que de tels propos recélaient. [L'étrange Melle Marthe commence à pleurer. Quand il aperçoît les larmes qui dévalent, le S-L re-remplit les 2 verres et constate que la bouteille est vide. Aussitôt il va en chercher une autre, un Côtes-du-Ventoux.] 

 

     Certes nous vivions dans une cité HLM, certes nous étions entourés d'enfants d'origine étrangère qui nous considéraient avec moquerie parce que nous, nous étions de vrais Français et aussi ils nous crachaient dessus dans l'escalier tout en nous traitant de "cons de Français de ta race maudite !" Mais enfin, cela ne justifie pas les paroles extrêmes de mon papa, même pas dignes de ces comptoirs de bars horribles dans lesauels il ne posait d'ailleurs jamais ses pieds. J'ai ressenti une honte extrême et je me suis demandée si mon papa était bien digne d'aimer sa petite fille. Je savais depuis toujours que chez mon papa la bonté s'effaçait parfois derrière les sombres pensées. [Le S-L demande : "Il vous foutait des beignes ?" Sans cesser son débit, l'étrange Melle Marthe hoche doucement ses lunettes.] A partir de ce jour maudit au zoo, je ne lui ai plus jamais confié Marthe Junior. Je savais pourtant qu'il m'en coûterait, étant donné que mon papa était plutôt riche et qu'il aurait pu offrir bien des présents à sa petite-fille. ["Il faisait quoi dans la vie votre vieux, militaire à la retraite ?" demande le S-L. Le chignon acquiesce encor des lunettes. "Encor un parasite social" commente-t-il.] Quoiqu'on en dise, l'Amour est une rose, qui comporte des délices parfumés aussi bien que des épines acérés [P.M. K. siffle d'admiration]. Rien n'est jamais gratuit, même aux yeux du Seigneur".  P.M. K. dit "amen" et remplit son office de serveur.]

 

 

     "Hé, Mad'moisell'Mar-THE, vous avez fini ?" demande le Sous-Lieutenant. Accroupie, l'étrange créature se balance d'avant en arrière, psalmodiant le verre à la main, tandis que les larmes roulent sur ses joues devenues carrément lie-de-vin. P.M. Karpov ajoute : "Ben, vous avez dit tantôt que vous étiez la lumière. Votre ampoule a grillé ou quoi ?" Soudain le chignon à lunettes se redresse, furieuse, et crie : "Ne-vous-moquez-pas !" Dans son emportement, elle a lâché le ballon à moitié plein (ou à moitié vide) qui se brise au sol. "7 ans de malheur pour vous, 7 de bonheur pour votre serviteur" commente P.M. Karpov. Puis : "Bon, c'est pas que votre compagnie ne me distraye pas, ça non, bien au contraire, mais il va falloir songer à mettre le sanglier au four." L'étrange créature demande d'une voix embuée par les pleurs et le vin rouge : "Vous voulez que je m'en aille, c'est cela n'est-ce pas ?" "Comme qui dirait : oui" répond P.M. Karpov. Puis : "Vous avez essayé le taï chi chuan ?" Le chignon à lunettes prononce encor ces mots : "Vous avez tort ! Vous avez tort de vous moquer. Rien n'est plus précieux que la Foi, rien !" "Et le Chateau-Laffitte alors ?" fait P.M. Karpov. L'étrange créature tremble d'ivresse et de courroux : "Des millions de gens, oui ! des millions ont bénéficié de la parole de Jésus, des millions sont tombés à genoux [elle tombe à genoux] et se sont écriés, exaltés par cette Révélation : J'ai-trouvé-la-Vé-ri-té !" Buvant son verre à petites lampées P.M. K. fait "Yoooh man" et enchaîne sur le suivant. Puis : "Relevez-vous Mad'moisell' Mar-THE, car Il vous a com-PRIS !" L'étrange Melle Marthe se calme net, lève la tête et demande "Qui ça, "il"?" P.M. K. lui répond jovialement : "Dieu ! Tu l'as devant toi ! Entre ici ô Mad'moisell'Mar-THE, dans sa Sainte Demeure ; après tu pourras dire  : "Il" existe, "Il" m'a... enfin, ben tu verras bien d'où qu'elle vient, ta "lumière". "Je ne comprends pas" sussurre-t-elle en se remettant sur pieds lentement. "Alors cela devrait te rassurer, dit P.M. K., toi que l'incompréhensible fascine." Elle demande : "Mais qu'allons-nous faire ?" P.M. K. répond : "Tu dois respecter le rite que te commande ton Dieu : entre ici, va tout droit puis 1ère à droite. Là tu trouveras un Lit sanctifié. Ôte tes vêtements et allonge toi sur ce Lit divin en écartant bien tes 2 membres inférieurs. Puis tu fermes les yeux, tu ouvres ta bouche toute grande et tu attends sans broncher."

 

     L'étrange créature s'exécute. Totalement dénudée au pied du lit, elle s'apprête à ôter ses lunettes quand P.M. dit : "Garde-les, c'est plus sexy". A ces mots, Melle Marthe rouvre ses yeux et semble se reprendre. Elle grogne : "Mais que se passe-t-il ?" "On communie avec le Seigneur, répond P.M. K. Ne désires-tu donc point apercevoir le Jésus de Lyon et ses 2 énormes noix bénites ?"

 

     Les pupilles de l'étrange créature s'écarquillent. Face à elle, une vieille glace pleine de taches lui renvoie une nudité austère. Elle pousse un cri épouvantable : "Aaaeueueuaaah !" Saisissant ses nippes à pleins bras, elle s'enfuit et pousse des sons dans les aigus : "Iiiuuuiii !" Le S-L K. lève son verre et, à  haute et intelligible voix il lui lance :

 

     "Tu fuis ton Seigneur ôôô toi, ne veux-tu donc pas qu'Il te canonnise à grands coups de goupillon céleste ? Que ne désires-tu devenir Sainte-Mar-THE du porte-à-porte Eve-angélique ? Rien ne pourrait t'être plus précieux, cette vérité divine-là libère de la croyance et des superstitions, ou dit autrement : Sex is healthy and beautiful. Cela procurerait enfin à ta vie aussi réjouissante que celle d'un rat d'égoût  - quoique... - une espérance et la possibilité de te croire enfin baisable par autre chose qu'un époux-à-la-con qui ne veut même plus de toi, le grossier personnage. Ton seul Dieu te le dit : hais ton prochain comme tu te hais toi-même, "d'une haine fondamentale" chante Lavilliers. Et alors seulement, tu connaîtras un semblant de Vérité et cette Vérité te délivrera de tes ineptes bondieuseries dont Dieu lui-même ici présent te révèle qu'elles le gonflent sâcrément et Il reste poli".

 

     L'étrange créature à chignon et lorgnons étant encor à portée de voix, P.M. Karpov en profite pour conclure :

 

     "Le jour où le monde capitalistique s'effondrera sur lui-même comme le firent en ce 11 septembre 2001 - que Blanqui, le Saint Patron socialiste du terrorisme le bénisse - les 2 tours de Babel du Marché mondial, ce jour-là marquera le début de l'espérance raisonnable ici-bas !"

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

     Non sans ajouter : "Et même si ces attentats ont été fomentés au coeur même de l'Empire, le résultat fut le même : redonner l'énergie et l'espoir aux damnés de la Terre."

     Ensuite, P.M. Karpov referme sa porte, bouteille dans une main, ballon dans l'autre. "Santé, Force et Honneur !" dit la voix derrière.

 

 


Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 00:00


       Le Sous-Lieutenant vous le dit gentiment mais fermement, ce n'est pas parce que :


Jean Marie Gustave Le Clézio

    
     a reçu le Prix Nobel de littérature 2008 que cela doit
forcément vous décourager de le lire.
Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 00:00


     Pour avoir déclaré à propos de
l'exécution du patron de Renault, Georges Besse, le 17 novembre 1986 :

     
"Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan. ll faut clarifier les choses : le processus de lutte armée tel qu'il est né dans l'après-68, dans ce formidable élan d'émancipation, n'existe plus. Mais, en tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée est nécessaire à un moment du processus révolutionnaire."
 
      Jean-Marc Rouillan co-fondateur de l'organisation armée Action Directe, qui avait obtenu un régime de semi-liberté après avoir croupi 20 ans en taule, s'est fait remettre au trou par le Parquet de Paris.




       Ce n'est pas seulement la Justice bourgeoise qui s'acharne ainsi à briser le guerillero urbain - alors qu'elle n'y est nullement parvenu jusqu'à présent. Une des tristes figures de l'"opposition", François Hollande, aussi "socialiste" que Sarkozy, sachant que l'ancien chef d'Action Directe évoquait la possibilité de faire désormais de la politique sagement et qu'il avait opté pour l'organisation du facteur Besancenot, a sommé ce dernier de prendre position contre l'horrible "terroriste" et autres salades aigres à la social-démocrate, avec à la clé une injonction fondamentale au leader trotskiste de se positionner contre "la violence" en général et la violence politique en particulier. Piètre revanche d'un PS écartelé, qui a vu nombre d'ouailles déserter le magasin pour aller voir chez le facteur, mieux achalandé en termes de radicalisme purement verbal.






       









    




      
     Une fois de plus, le Sous-Lieutenant Karpov vous invite à méditer avec quelle célérité réagissent les politiciens bourgeois vautrés dans l'économie de marché, tout en prétendant en combattre les aspérités les plus voyantes. Dès qu'il s'agit de se mettre au garde-à-vous républicain et jeter l'anathème sur ceux qui ne mangent pas de cette soupe, il n'y a plus de "socialisme" qui tienne. Il faut avoir la dose surconcentrée de cynisme d'un Hollande ou d'un Strauss-Kahn (PDG "de gôche" du FMI !) pour venir aboyer sur quelqu'un qui vient tout juste de purger 20 années de geôle et inciter les chiens de garde du Capital à le ré-enfermer illico parce qu'il ne se renie pas. Il est vrai qu'à gauche, tous les anciens "68-tards" ont fait plus que se renier, ils se sont quasiment couchés aux pieds de leurs maîtres bourgeois. Autant dire qu'ils braillent ferme après tout ce qui leur paraît menacer "l'ordre et la justice" qui les a transformés en ce qu'ils sont aujourd'hui, et plus particulièrement après une personne esseulée dont le courage et l'incorruptibilité leur font honte.
    
     Cependant, une crise économique mondiale vient tout juste d'ériger son champignon atomique sur la société civile avec, en perspective, transfusion de richesses de la classe salariée vers ses exploiteurs, chômage et misère accrus en attendant que le Capital rebondisse vers d'autres sommets de croissance et d'autres abîmes destructeurs. Mais selon les très démocratiques défenseurs du Marché, il ne s'agit pas de "terrorisme", voyez-vous, seulement la marche ordinaire du système, faisant beaucoup de morts au travail, et de victimes sans travail quoique, parmi ces millions de cadavres, aucun grand patron, "créateur de richesses", mécène culturel ou philo-sophiste pérorant sur l'argent qui "ne fait pas le bonheur", aucun "élu du peuple", aucun sénateur obèse, aucune escort-girl télévisualisée à outrance.
     

     Action Directe a exécuté un PDG - esclavagiste - au nom de la justice de classe et en a assumé les lourdes conséquences. Le Sous-Lieutenant Karpov ne partage pas avec les membres d'Action Directe une conception de la violence comme un acte isolé, pratiqué par un groupe lui-même isolé du reste de la société. Mais il dénonce la répression qui s'est abattue sur eux et se déclare totalement solidaire de leur volonté de ne pas plier face à l'écrasante idéologie dominante. Comme le dit Rouillan, la société du spectacle aurait préféré, et de loin, qu'il se renie, qu'il crache sur ce qu'il a fait, qu'il fasse acte de contrition larmoyant et écrive un livre sur son "expérience", qu'il se produise comme un ouistiti enchaîné sur les plateaux télé des bonimenteurs de foire, bref qu'il devienne la énième marchandise humaine qu'on brade à "l'opinion publique".
 
       C'est bien pour ces différentes raisons qu'aujourd'hui un petit juge, n'écoutant que la voix de ses maîtres parlant à l'unisson de sa "conscience" a décidé  (parce que son supérieur hiérarchique lui avait passé un coup de fil) de ré-enfermer le "terroriste". La violence de classe, c'est comme l'or, l'argent, le pétrole, la plus-value : la Bourgeoisie en détient le monopole et entend bien défendre ce privilège par le fer et par le feu.





Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 18:25

     L'Etat US vient d'annoncer l'injection de 180 milliards de dollars pour aider ces pauvres banques à surnager au milieu du marasme. Mais d'où l'Etat US - ou quelque autre Etat - tire-t-il cette manne apparemment inépuisable avec laquelle il arrose périodiquement toute sphère économique qui bat de l'aile ? Eh bien, comme dirait un français moyen, cartésien, chauvin et de "bon sens", c'est payé avec "nos sous", c'est-à-dire plus précisément avec le trésor de guerre amassé par l'administration états-unienne en ponctionnant le travail salarié, sous forme d'extraction de plus-value bref : grâce à l'exploitation de la force de travail des prolétaires états-uniens et d'ailleurs non-états-uniens également.

     Finalement, ces soi-disant "libéraux" ne sont pas différents de nos prétendus "socialistes". Dès que le système est en danger, l'Etat met la main à la poche...des salariés. Le reste du temps, quand "tout va très bien Madame la Marquise Bruni-Tedeschi-Sarkozy", il s'agit de prôner le non-interventionnisme étatique, il s'agit de pleurnicher parce que les impôts s'intéressent à votre cheval de course ou votre résidence tertiaire, de maugréer après les fonctionnaires "nantis" et le fisc vampirique...et de maudire les "profiteurs" r-mistes, de prôner la fameuse "liberté" de sucer le sang d'autrui. Et que surtout, surtout, l'Etat n'intervienne pas et "laisse les gens travailler" (traduction en langage cartésien : que l'administration, la paperasse et les fonctionnaires ne viennent pas entraver petits et grand patrons, petits et grands chefs capitalistes, qu'elle ne s'avise pas de légiférer sur le temps de travail et ses conditions, les salaires, etc.).

     C'est toujours la classe salariée qui paie la note des crises cycliques du Capital. "Mais, rétorquent les pieux démocrates de tout poil, ce n'est que justice. L'Etat est au-dessus des classes, il assure la pérennité de la société". Effectivement l'Etat bourgeois, en tant que 1er capitaliste d'un pays, est garant de "l'harmonie" et de la bonne entente entre les classes sociales. Dit autrement : que l'extraction de la plus-value se déroule de la manière la moins chaotique possible, sans faire de vagues, avec le moins d'à-coups sociaux, sans sortir de la litanie des élections de toutes sortes, de la vie démocratique, du consensus national et des débats médiatisés sur le sexe des angelots.

     En attendant, le krach boursier qui perdure démontre, si besoin était, que l'économie capitaliste souffre d'un mal chronique, malgré les injections répétées d'anti-inflammatoires par les spin doctors du Marché mondial. Quand il s'agit de cracher
quelques centaines de milliards au bassinet du Profit, on ne consulte pas "l'usager" de base, bien trop occupé par ailleurs à disserter sur les méfaits supposés d'"Edvige", du suffrage proportionnel ou de la grossesse très nerveuse d'une ministresse de l'injustice de classe. 
Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 11:25









Camarades ! Voici le temps venu
D'aller chanter pour sa venue
Le Sous-Lieut'nant est revenu
Banquier, tu peux avoir du chagrin
Et te soûler jusqu'au matin
Le Sous-Lieut'nant est revenu
Toi l'député, toi la Royale
Avec ta meute de rascals
Le Sous-Lieut'nant est revenu
Camarades ! Ne vous impatientez-pas
Ce soir il repart au combat
Sâcré Karpov, puisque le v'là !

  Impérialistes ! Ne vous emballez pas
Faîtes comme si vous ne saviez pas
Que l'Sous-Lieut'nant est revenu
Bourgeois ! Arrête de te répéter
Qu'il est moins fort qu'avant l'été
Le Sous-Lieut'nant qui est revenu
Che-Chevèn'ment, arrête de bavasser
Souviens-toi qu'il t'a déchiré
Le Sous-Lieut'nant qui est revenu
Et toi mé-Meir, ne te réjouis pas, non
Tremble carcasse, puisqu'il est là
  Sâcré Karpov enfin le v'là !

Et vous pipoles, n'êt'plus tranquilles
C'est un loup qui revient à la ville
  Le Sous-Lieut'nant est revenu
Et vous pipoles, ne vous cachez pas
Tout ça vous revient dans l'baba
  Le Sous-Lieut'nant est revenu
Et vous pipoles, tremblez toujours plus
Souv'nez-vous quand il vous pissait d'ssus
  Le Sous-Lieut'nant est revenu
Vous les pipoles, ne vous sauvez pas
Les parasites, ne vous barrez pas
Sâcré Karpov puisque le v'là !

Mé-Meir, arrête les prières
Ton che-che retourne en enfer
  Le Sous-Lieut'nant est revenu
Avec lui il apporte du vin
Un étendard rouge à la main
Le Sous-Lieut'nant est revenu
Toi l'journaleux, toi la paria
Vous allez faire dans vos draps
  Le Sous-Lieut'nant est revenu
Camarades ! Comptez sur lui encor une fois
  Il crache au Ciel il sort du bois
  Sous-Lieut'nant Karpov puisque le v'là, le v'là !
Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 20:56




DISCOURS D'INVESTITURE DU NOUVEAU MAIRE DE ROME
Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 16:10


(1913-2008)


Paroles d'Aimé

     "De ce mal du mien tu diras que toujours au seuil il buta de son galop amer que plus juste devant Dieu que leurs bouches exactes mon mensonge."

    



     
"Partir
Comme il y a des hommes hyènes et des hommes panthères, je serais un homme-juif, un homme-cafre,
un homme hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
L'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture...
"


   




   
  "à moi mes danses
      mes danses de mauvais nègre
      la danse brise-carcan
      la danse saute-prison
      la danse il-est-bon-et-beau-et-légitime-d'être-nègre
"




     "Il n'y a pas dans le monde un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé, en qui je ne sois assassiné et humilié."

    





    











     









    


    


    

     "les veines et la berge s'engourdissent d'étranges larves
      nous et nos frères
      dans les champs les squelettes attendent leurs frissons et la chair
      rien ne viendra et la saison est nulle.
"




      "J'ai acclimaté un arbre de soufre et de laves chez un peuple de vaincus.
       La race de terre la race par terre s'est connu des pieds.
"

    


       "Elan assassiné
      ne partirez-vous point ?
      Suivrais-je déjà les lourds chemins bis des pluies
                                                              et des coxalgies ?
      Ma décrépitude à genoux sanglote éperdument.
      Quelque part dans le monde un tam-tam bat ma défaite.
"

    



    "Mes souvenirs brament le rapt... le carcan
      la  piste dans la forêt
      le baracoon... le négrier
      Ils nous marquaient au fer rouge
      Et l'on nous vendait comme des bêtes, et l'on nous comptait les dents...
     et l'on nous tâtait les bourses, et l'on examinait le cati ou le décati de notre peau
et l'on nous palpait et pesait et soupesait
et l'on passait à notre cou de bête domptée le collier de la servitude et du sobriquet.
"

    







    









                       


    



    



     "O houle annonciatrice sans nombre de poussière de toute parole vineuse
       forces éruptives tracez vos orbes
       communications télépathiques reprenez à travers la matière réfractaire
"




         "A mesure que se mourait toute chose
      Je me suis, je me suis élargi
      et ma conscience plus large que la mer
      J'éclate. Je suis le feu, je suis la mer.
      Le monde se défait. Mais je suis le monde.
"




        "Barbare
      du langage sommaire
      et nos faces belles comme le vrai pouvoir opératoire
      de la négation.
"

    




   "toutes les violences du monde mort frappé de verges,
      exposé aux bêtes traîné en chemise, la corde au cou
      arrosé de pétrole
      et j'ai attendu en san-bénito l'heure de l'auto-da-fé
      et j'ai bu de l'urine, piétiné, trahi, vendu
      et j'ai mangé des excréments
      et j'ai acquis la force de parler
      plus haut que les fleuves
      plus fort que les désastres.
"

    



      "Soleil, aux gorges !
       Noir hurleur, noir boucher, noir corsaire
       endormi troupeau de cavales sous la touffe de bambou
       Assassin je t'acquitte au nom du
viol."


lui aussi

   
Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 09:06

        
AUJOURD'HUI LES GUY MOQUET MEURENT TOUJOURS EN TAULE

    
       Jérémy Martinez est né il y a presque 20 années. Durant son enfance, il oscille entre 2 familles d'accueil, fugue, re-fugue, entre en délinquance en même temps que dans l'adolescence. Il squatte un peu avec des copains et découvre le "Tribunal pour Enfants". Quelques bris de "biens publics", quelques faux-chèques et vols de portable, quelques bagnoles piquées ça et là l'amènent à la majorité légale vers un petit "sommet" professionnel : le braquage d'un bureau de tabac. Il ne fera pas mieux et encaisse un an de taule. Lucide en ce qui le concerne,
il a demandé auparavant par écrit au juge pour enfants d'être suivi après ses 18 ans.
        
          Un garçon qui avait aussi appris à servir dans les restaus et à séduire les filles.

        
          Enfermé à la maison d'arrêt de Valence. Comme toutes les prisons françaises, celle-là est surpeuplée : 178 et parfois 200% de concentration carcérale. Elle a commencé d'héberger des Jérémy Martinez en 1866 et depuis, elle en accueille de plus en plus. Les prisonniers sont 3 minimum par cellule de 11m carrés.

           Ce samedi 1er mars, 3 femmes viennent visiter Jérémy à la Maison d'Arrêt, sa soeur, sa mère, sa grand-mère. Elles le trouvent dans tous ses états. 3 mois qu'il croupit là mais il fait front, il a décidé de s'amender. Comme dit dans une de ses lettres : "Je vais prendre du plomb dans la tête".
      
   Mais là il ne tient pas en place. Son visage est décoré de marques, le bras droit raide. A sa soeur il montre les plaies sur son torse. Aussitôt les 3 femmes réclament un médecin. Un surveillant s'amène, il fait la sourde oreille. Elles insistent ; la grand-mère demande au cerbère de ne pas remettre son fils en cellule au vu de son état physique et mental. L'uniforme garde bouche close, sauf pour susurrer quelque chose dans le pavillon du jeune détenu.
         Surgit une bonne femme, surveillante, qui détaille la procédure nécessaire à la demande d'examen médical : il faut un papelard écrit, concis ; de toute manière, l'infirmerie est fermée pour le week-end alors basta, rentrez chez vous Mesdames, l'administration s'occupe du reste.

        3 jours plus tard, la porte de la cellule s'ouvre et Jérémy Martinez est à l'intérieur mais il ne respire plus, le corps frappé de marques sur le cou, à la pommette, dans le dos. Une côte brisée, il a un sac plastique scotché sur la tête. L'administration conclut à un suicide.
         Mais sa mère, sa grand-mère, sa soeur savent que c'est une foutaise de l'Administration pénitentiaire, une horrible foutaise. Ne pas faire de vagues, ne pas pointer la carence française à l'heure où ce pays donne des leçons d'humanisme au reste du monde. Le Parquet de Valence s'est néanmoins senti tenu d'ouvrir une information judiciaire pour "homicide volontaire". La société de la compétitivité individualisée n'a pas permis à Jérémy Martinez de devenir autre chose qu'un paria et elle désire qu'il garde ce statut après sa mort.

          Parti avant d'atteindre "le plus bel âge de la vie".
    Les Guy Moquet d'aujourd'hui, c'est le déterminisme social qui les exécute. Dès la naissance chassés par les inégalités de la société mercantile, traqués par la course au vide, la recherche d'un travail à n'importe quel prix, l'exploitation démocratique, projetés d'agence intérimaires en officines d'extinction durable de la personnalité, les Guy Moquet d'aujourd'hui voit leur nom inscrit arbitrairement sur la liste noire des parias par la serre invisible du compétitivisme capitalistique.
     Disparu seul sur la ligne de front d'une société vidée de toute présence autre que "manageuriale", sa mémoire ne pourra lui être restituée que par la réappropriation armée de l'humanité par elle-même.

Ainsi sera-t-il

Sous-Lieutenant P.M. Karpov



Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 16:03

    
undefined



    
     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".

    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".

    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".

    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".

    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran...qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".


N. Sarkozy, président de la république


ordre-religieux.jpg
     
    Le "drame" du XVIème siècle, de la Renaissance et des grandes conquêtes civilisationnelles, est né dans la ferveur religieuse chrétienne, redoutablement présente tout au long de l'effacement des millions d'Indiens qui, durant des millénaires, avaient vécu sans le "dieu" des Civilisés.
        Grace aux théologiens, les enseignements de la Bible et de la parole christique s'accommodèrent largement de ce qui se perpétrait
dans le Nouveau Monde par l'épée et par la croix. Au nom du totalitarisme divin, les populations indigènes furent christianisées jusqu'à l'épuisement des insurrections indiennes, perdurant jusqu'aux mouvements d'indépendance nationale. 


DEVOIR DE MEMOIRE : 1492-1550 AMERIQUE DU SUD
   
IV

      Cortes-et-Cuauhtemoc.jpg

    
     Le 13 août 1521 à Tenochtitlan (Mexique), Cuautehmoc, le dernier Empereur Aztèque, rend les armes au chef Conquistador Hernan Cortés qui, 4 années plus tard, le fera pendre.
     
     Tenochtitlan-IV.jpg

          L'armée espagnole, aidée par les peuples rivaux des Aztèques a rayé Tenochtitlan des cartes terrestres du Nouveau Monde, là où bientôt se dressera Mexico.
     
     Mexico.jpg

     Les Mexicains savaient proche la fin de leur monde. Lorsqu'ils virent les premiers "dieux barbus" venus de la mer poser le pied sur leurs rivages, les "Barbares" comprirent rapidement que ces visiteurs étaient là pour y demeurer et les anéantir, eux et leurs dieux, leurs temples, leurs cités.
    

arriv-e-des-Conquistadors.gif

     Les Mayas, les Aztèques ou les "Mexicas" considèrent que l'arrivée des Conquistadors est inscrite dans leur genèse, annonçant la  disparition imminente des peuples Sud-Américains. Cette croyance s'accorde miraculeusement avec celle des envahisseurs venus d'Espagne, persuadés, eux, d'être les propagateurs de la "vraie foi" et de la parole du "Christ-roi", pour "sauver" parmi les Indiens ceux d'entre eux qui peuvent l'être (ainsi que les survivants des massacres et des épidémies importées d'Europe).
    

caravelles.jpg

     Entre 1492, lorsque Christophe Colomb débarque à Guanahani (San Salvador) et 1550, disparaît tout le monde Indien et ses composantes. Il a fallu moins de 60 ans aux Conquistadors pour anihiler peuples et civilisations qui venaient d'aussi loin qu'eux dans le temps. Ces envahisseurs redoutables ne sont qu'une première avant-garde de la Civilisation européenne, le bras armé d'une économie en pleine expansion.
    
     Colomb.gif
(Christophe Colomb)
    
    
     La conquête du continent Sud-Américain est la conséquence nécessaire du besoin d'extension de l'Europe ; ce cataclysme impulse la Renaissance, la Renaissance européenne qui fleurit sur l'anéantissement des Civilisations Indiennes.
   
     L'aspect prosaïque de la conquête est loin d'être négligeable : main-mise sur les terres, les hommes et leur force de travail, les femmes et leurs capacités procréatrices, richesses, voies de communication ; la serre gigantesque qui recouvre le Nouveau Monde fait passer en un éclair les civilisations indiennes au néant. Cette main basse
a fuego y a sangre sur un continent a nécessité force massacres, mais aussi l'esclavagisme et encor l'atomisation des Indiens en tant qu'Indiens.
    

esclaves-Mayas.jpg

     Les effigies, les représentations de divinités sont pulvérisées sous les yeux de leurs adorateurs, les chamans et les officiants cultuels tués
systématiquement, les coutumes proscrites sous peine de mort. Les conquérants eurent la présence d'esprit de dresser les enfants contre les parents, d'apprendre aux populations indigènes à haïr le passé révolu. Ils eurent l'ingéniosité d'instiller dans les coeurs sauvages des envies et des rivalités jusqu'alors inconnues de ceux-là, de distiller dans les estomacs l'alcool qui fait dégénérer corps et esprit, bref de renvoyer aux Indiens une image dégradante et avilie d'eux-mêmes
    
     Malgré l'interdit officiel prôné par l'Eglise,
la procréation d'une race nouvelle - les métis - qui fera tampon entre Blancs et Indiens, est mise en oeuvre avec ferveur. Ce métissage démultiplie les groupes sociaux hétéroclites entrant directement en concurrence pour trouver leur place dans la nouvelle société ou simplement survivre. En outre, les métis partagent avec les Civilisés blancs un dédain des Indiens "purs", quand ce n'est pas une haine instinctive à l'égard des demi-frères ennemis.
   
     L'injustice est sanctifiée. La spoliation, l'expropriation se font au détriment des Indigènes pour le plus grand profit des conquérants, arbitraire avalisé par des textes de lois conçus sur mesure, justifiant outrageusement les dépossessions. Tout cet écheveau juridique permettra l'anihilation pure et simple des sociétés indiennes, jusqu'à l'indépendantisation du continent Sud-Américain sur lequel perdure
malgré tout l'infériorité sociale des descendants d'Indiens.
     
     Les Conquistadors surent utiliser
à dessein les fléaux qui les accompagnaient  : épidémies et famines sont autant de démonstrations de la volonté divine, de ce que le Tout-Puissant n'admet qu'une loi, la sienne naturellement, dont les conquérants sont les officiants consacrés. En un demi-siècle, la population indienne disparaît dans sa quasi-totalité. Au Mexique, ce sont les Aztèques, les Zapotèques, les Nayars, les Pupurechas. En 1520 ils étaient 25 millions ; moins de 30 ans plus tard, il n'en reste plus que 7 millions.
    
Dit autrement, un génocide.
    
     Azt-que.jpg

     La paix civilisationnelle peut régner sur les mondes calcinés, les rois et les princes exécutés sommairement, sociétés éteintes brutalement tel des candélabres par un souffle tempétueux. Selon les théologiens de la "vraie foi", rien que de plus naturel, car inscrit dans l'ordre divin : les sauvages n'ont aucune spiritualité, plus proches de la bête démoniaque que de l'homme civilisé ; à ceux qui ont survécu au passage du cyclone de la chrétienté, il s'agit d'offrir généreusement une âme.
Au passage, l'indigène est sommé  d'être reconnaissant envers le Blanc qui extirpe en lui le Mal et les tares inhérentes à un monde inférieur, vices diaboliques que les prêtres cautérisent croix en main ; en échange, une âme pieuse, le rachat dans l'Au-delà des péchés inhérents aux races "inférieures". Les survivants de cette apocalypse mettront plus de 2 siècles pour voir enfin les lois en vigueur les considérer comme égaux en "droits" aux Blancs et aux métis.
    
     Christ-Roi.jpg

     Pendant qu'en Europe, la Renaissance célèbre avec une vigueur juvénile des valeurs humanistes exhumées de la Grèce Antique et préparant les Révolutions à venir, la Civilisation judéo-chrétienne règne sur le continent Sud-Américain de toute sa
pure barbarie, prédation d'ordre religieux s'appuyant sur l'extermination et la spoliation systématisée, qui fondera par la suite sur d'autres continents les pratiques du colonialisme : esclavage, travail forcé, expropriations, écrasement des peuples, anéantissement des cultures.
    
     renaissance-humanisme.jpg

     "Le silence du monde indien est un drame dont nous n'avons pas fini de mesurer les conséquences. Drame double, car en détruisant les cultures amérindiennes, c'était une part de lui-même que détruisait le Conquérant, une part qu'il ne pourra sans doute jamais retrouver". (Jean Marie Gustave Le Clézio)


extermination-des-Mayas.gif    

(d'après J.M.G. LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)
  
 


Urne-fun-raire-Zapot-que.jpg

Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article
9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 20:39

undefined

     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".

    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".

    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".

    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".

    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran...qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".


N. Sarkozy, président de la république

     
    
     Les "drames" du XXème siècle plongent leurs racines dans l'essor de la Civilisation occidentale et son extension à la totalité de la planète.
     Les Conquistadors espagnols et portugais étaient les éclaireurs de cette civilisation-là, grâce auxquels elle produisit la "Renaissance", aussi bien économique que "spirituelle". Dans cet essor fulgurant, l'Eglise joua pleinement son rôle moral et spirituel, utilisant ses savants théologiens afin que l'extermination des peuples Indiens et la destruction totale de leur monde s'accordent avec le livre saint et l'esprit religieux.

     Sous cet angle, les déclarations du Président montrent clairement que, sous couvert de "devoir mémoriel" et de "spiritualité", il souhaite de toute son âme un rinascimiento religieux en ce début du IIIème millénaire. 



DEVOIR DE MEMOIRE : 1517-1521 TENOCHTITLAN MEXIQUE
 
   
III
     
    
     10 juillet 1520 : Hernan Cortés et son armée sont chassés de Tenochtitlan et coursés par l'armée des insurgés Aztèques. Dans la débâcle, ils oublient nombre de chevaux, laissent en plan le trésor de guerre qu'ils ont ponctionné sans limite ; leurs pertes en hommes sont considérables. Tout au long de cette Noche Triste, la situation des Conquistadors semble fortement compromise.
     

noche-triste-2.jpg

     Cortés réagit immédiatement à appelant les peuples rivaux à faire alliance avec lui. Son armée se renforce à nouveau des nombreux Indiens hostiles aux Aztèques. De toute manière, lorsque les conquérants essuient un refus, ils répondent par la mise à sac des villages séditieux. Pas une maison qui ne soit brûlée pour terroriser les rebelles éventuels. Ceux des Indiens n'ayant pas été tués sont marqués au fer rouge sur la face : "prise de guerre", et répartis "équitablement" entre les Conquistadors, qui emportent également les femmes indiennes susceptibles de les "distraire". Ainsi naîtront les métis.
    
     conquistadors-III.jpg

     La situation des populations autour de Tenochtitlan est catastrophique : la guerre et les maladies ont provoqué une famine qui entraîne une hécatombe. Pour les Indiens, cela ne peut signifier qu'une chose : les dieux barbus sont venus de la mer pour anéantir leur monde. Désormais, ils se battent avec une férocité d'autant plus grande qu'elle est la marque d'une certitude : la fin du monde est proche.
    
      Les soldats Espagnols capturés sont sacrifiés à Huitzilopochtli, dieu du Soleil et de la Guerre ; la peau de leur visage est envoyée aux autres peuples rebelles pour les exciter davantage - si besoin était - contre l'occupant.
    

Huitzilopochtli.jpg(Huitzilopochtli)

    
     Le 13 mai 1521, Hernan Cortés porte son attaque sur Tenochtitlan. Sa troupe s'est renforcée de 25 000 Indiens. La ville est coupée du reste du pays ; le canal qui amenait l'eau à la cité est rompu ainsi que l'approvisionnement. Pourtant, la cité Aztèque tiendra 3 mois ; bataille après bataille les Conquérants sont bloqués devant les digues posées sur la lagune.
    
     Siege-of-Tenochtitlan.jpg

     Après la mort de Moctezuma et de son frère Cuitlàhuac, le nouvel Empereur Aztèque se nomme Cuauhtemoc ("Aigle Tombant"). Neveu de Moctezuma, il n'a que 24 ans mais à cette âme bien née, la valeur n'a pas attendu le nombre des ans. Cortés propose au jeune Empereur de faire la paix au prix du pardon des Espagnols. Pas de réponse autre de la part de Cuauhtemoc qu'un silence méprisant.
Plus tard, l'envahisseur lui fera payer cet affront.
    
     cuauhtemoc.gif(l'Aztèque Cuauhtemoc, le dernier Empereur)

    
     Cuauhtemoc sait que le combat est perdu d'avance. Lors d'une énième offre de paix de Cortés, il se décide à parler :
    
     "Il vaut mieux que nous mourions tous dans cette ville que de nous voir à la merci de ceux qui feront de nous leurs esclaves et qui nous tortureront pour de l'or".
    
         Après, ce sera à nouveau le silence.
    
     Chaque nuit les cris des prisonniers Espagnols suppliciés vrillent les oreilles des assiégeants : amenés devant l'autel du sacrifice, les Aztèques les coiffent avec des plumes et les font danser. Puis, à l'aide d'un long couteau en silex, ils leur ouvrent la poitrine, leur arrachent le coeur pour l'offrir encor palpitant aux dieux. Les corps des malheureux sont ensuite jetés à bas des marches du Temple. Là, des bouchers leurs coupent les membres, prélèvent la peau du visage, qu'ils tannent et conservent ainsi que les barbes.
Les entrailles données aux pumas, ce qui reste est cuit avec du piment et consommé lors de beuveries cannibales. Les murs de Tenochtitlan résonnent chaque nuit de ces ripailles anthropophagiques.
    

sacrifice-Azt-que.jpg

     Il n'y a pas suffisamment de prisonniers pour nourrir tous les assiégés. La faim, la soif, les maladies déciment les Aztèques. Cortés réussit une percée dans le centre de la cité, que finit par lui abandonner Cuauhtemoc. Les assiégeants brûlent furieusement temples et idoles.
    
     L'Empereur fuit à bord d'une pirogue ; cependant un petit voilier espagnol lui bloque toute issue. Cuauhtemoc est capturé. On l'amène à Cortés et il lui dit :
    
     "Seigneur Malinche, j'ai fait ce que je devais faire pour défendre ma ville, et je ne puis plus rien. Et comme je viens devant toi de force et prisonnier, prends ce poignard que tu portes à ta ceinture et tue-moi".
    
     Cortés ne s'exécute pas. La mort serait trop douce au redoutable ennemi. En outre, les envahisseurs veulent connaître à tout prix la cachette où son oncle Moctezuma a dissimulé le trésor volé aux Aztèques. Dans ce but, Cuauhtemoc sera torturé durant 4 années, sans jamais céder à ses tortionnaires. En désespoir de cause, Cortés le fait pendre en compagnie de son cousin. Cette exécution éteint la dynastie des Aztèques et leur civilisation.
    
     capture-de-Cuauhtemoc.jpg(Cortés et Cuauhtemoc)

    
     La fin de Tenochtitlan, c'est celle des Aztèques. Au moins 300 000 d'entre eux sont morts, dont 40 000 dans la seule bataille de la reconquête.
Assistant à la chute de la cité Aztèque, Bernal Dìaz del Castillo écrira un demi-siècle plus tard dans "Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle Espagne" :
    
     "Je le dis, et je le jure, amen, toutes les maisons et les terres de cette lagune étaient jonchées de têtes coupées et de cadavres, et je ne sais comment l'écrire. ... J'ai lu la destruction de Jérusalem. Mais je ne peux dire en vérité si ce fut un plus grand carnage que celui-ci, car ont disparu de cette ville tant de gens, guerriers venus de toutes les provinces et de toutes les villes assujetties à Mexico, et tous sont morts ; et, comme je l'ai dit, tout le sol et la lagune et les terrains étaient recouverts de cadavres, et cela sentait si mauvais qu'aucun homme n'aurait pu le supporter".
    
     undefined(Bernal Dìaz del Castillo

    
     Le silence de la mort, de la destruction et de la calcination s'est abattu sur Tenochtitlan et sur le Nouveau Monde en général. Tout a été emporté dans le flot de sang ;
peuples, légendes, mythes, divinités, rien n'y survivra.
     Ainsi fleurit la Renaissance et perdura la Civilisation "judéo-chrétienne".

undefined(Tenochtitlan)


(d'après Jean Marie Gustave LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)

          [à suivre]


   
Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
commenter cet article