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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 17:50
 

QU'IMPORTE LA FORME POURVU QU'ON AIT LE FOND



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      Pour ceux des salariés qui savent que "l'union fait la force", il n'existe cependant aucune recette ou forme-miracle d'organisation immédiate : syndicats, conseils d'usine, conseils ouvriers, cela dépend des circonstances et du contexte historique. Par exemple, les organisations syndicales actuelles sont les fruits pourris des "30 Glorieuses". Pour s'en débarrasser, il faudra aux salariés connaître la levée d'un mouvement social radical, une véritable lutte des classes, ravivée par les contradictions du système et les aléas de la crise capitalistique mondiale.

     Le mouvement ouvrier a, dans son histoire, été traversé par diverses "modes". Il y eut des époques où l'on tenta même d'introduire dans le Parti - organisation purement politique - une organisation sur un modèle syndical. Du coup, le Parti s'en trouva affaibli, car le fait pour ses membres de venir de tous les horizons
socio-professionnels garantissait une saine ouverture d'esprit. Avec la "syndicalisation" de l'organisation politique des ouvriers, les tenants de la "nouvelle formule" introduisaient en son sein les questions catégorielles, corporatistes, qui n'avaient rien à y faire - sinon éloigner de la vue de tous le but final.
     Naturellement, cela s'avéra être un fiasco.

     Aujourd'hui le problème ne se pose même plus : il n'existe pas - pour le moment - de Parti politique qui défende les buts historiques de la classe salariée. Quant aux syndicats, ils ont muté en organisations bureaucratiques conservatrices, arc-boutées sur un train-train - interrompu de temps à autre par une grève de plus en plus évacuée vers la catégorie des grands fléaux - et les petits avantages financiers que leur vaut le fait d'être agréés par l'Etat.
   
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 11:59

LE SALARIAT EST UN ESCLAVAGE


      travail.jpg


     Tant que durera la grève des transports, radios, télés et journaux déverseront chaque jour leurs monceaux d'immondices sur la lutte des salariés.
    
     Un des arguments-étrons souvent évoqués par les médias à la botte du Capital, c'est qu'il s'agirait d'"une grève de privilégiés". Voilà bien la plus écoeurante des justifications ! Chaque année en France, il meurt plus de 400 personnes sur leur lieu de travail, avec des risques accrus à partir de 50 ans.
     Pour la planète, le chiffre est d'environ 44 millions de salariés tués par leur travail ou des suites de celui-ci. Un "prolétaricide" passé sous silence assourdissant. Mais quoi, il faut bien que le malheureux "usager" aille se faire exploiter, tout en vociférant contre ces grévistes "privilégiés" qui ne voudraient travailler "que" 37 années et demi.

     Salariés du "public" ou du "privé", tous subissent le joug d'une même économie capitaliste et cette féroce volonté de les opposer les uns aux autres relève simplement de l'idéologie totalitariste de la classe dirigeante. Cheminots, aide-soignantes, magasiniers, agents "techniques", aucun salarié n'est épargné par les maux attachés à leur labeur, maux physiques aussi bien que mentaux. Bien qu'elle concerne la grande majorité des salariés
, la souffrance au travail demeure un sujet-tabou. Il est rarissime que micros et caméras se tendent vers la personne atteinte anonymement dans sa chair et dans son esprit.

        Toujours plus de compétitivité, de cadences, de gestes répétitifs, de pressions tous azimuts sont le lot quotidien de millions de gens. En outre, le salarié se retrouve souvent totalement isolé, coupé du reste de la société, de son entourage, de ses amis, de sa famille. Les conditions qui lui sont faîtes l'enferment dans un cercle infernal, dont il ne peut sortir que par la maladie, la crise, la douleur, la souffrance, la rupture et parfois...la mort.
        C'est dire la nécessité vitale de la résurgence d'une résistance collective de la classe salariée, afin de s'arracher de cette spirale infernale faisant de l'exploité une machine puis un malade, que le système "retape" pour le ré-injecter dans le circuit ou, s'il est trop tard, envoie à la casse.

      La grève, antichambre de la lutte des classes, est le meilleur antidote à l'individualisation du travail salarié. Tout ce qui fait défaut sur le lieu de travail, le prolétaire peut le trouver dans la lutte avec ses frères de classe : solidarité, fraternité, esprit de révolte, conscientisation de classe et prise en compte que la classe salariée constitue une force sociale seulement sur le plan collectif.

           C'est pour contrer ces enjeux-là qui la menacent directement, qu'à chaque ébauche de mouvements sociaux, la classe dirigeante met en branle ses meutes de charognards, idéologues, politiciens, journalistes et autres spécialistes du mépris bourgeois envers les exploités. Mais cette cuisine nauséabonde fonctionne et fonctionnera de moins en moins.
 
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 10:44

     AU-DELA DES LUTTES IMMEDIATES



Thibault-et-Parisot.jpg(- je t'aime
- moi aussi)

    
     A l'heure ou les centrales syndicales et la classe dirigeante ont entamé leur ballet jaune pour mieux "déstructurer" la grève des transports (ainsi que le mouvement étudiant naissant), il n'est pas inutile de rappeler que l'élément déterminant de toute lutte immédiate - par exemple pour résister à l'allongement de la durée du travail - toute lutte contre la dictature économique du capitalisme ne peut être une question de forme d'organisation particulière. C'est dire que, si les syndicats actuels ne sont plus que des croupions administratifs, rien ne dit qu'à l'avenir, avec la ré-apparition de mouvements sociaux radicaux, ils ne vont pas imploser tout en gardant leur appellation, dans une sorte de "retour aux sources" du syndicalisme. Inutile de chercher à lire dans la "boule de cristal" de l'histoire de la lutte des classes.
     En attendant, chaque action sociale amène l'obligation pour les grévistes de se "coordonner", car les organisations syndicales en vitrine sont parfaitement inaptes à organiser et renforcer une grève.

    Par la même occasion,  il est à constater l'absence politique d'un parti de la classe salariée. On parle ici de programme, non de composition sociale (sinon, ce serait le FN qui aurait droit au titre de "parti ouvrier" !).

  La classe capitaliste a saisi depuis longtemps que les syndicats ne sont pas incompatibles avec sa domination de classe. Plus ou moins habilement, elle circonscrit la CGT, FO et les autres dans un rôle de courroies de transmissions des nouvelles exigences de la défense de son pouvoir économique et politique.

     Alors un petit rappel aux bonzes syndicaux et autres opportunistes qui sévissent dans les arcanes de la diplomatie de classe. Messieurs les collabos recroquevillés sur leurs petits privilèges, sous le joug du régime capitaliste le mot d'ordre est toujours :

sabotage de l'économie, destruction de l'Etat.

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 10:40


avec-Natalia-Sedova.jpg(1938, avec sa compagne, Natalia Sedova)



         "La crise de la morale démocratique
     Pour assurer le triomphe de leurs intérêts dans les grandes questions, les classes dominantes se voient obligées de céder quelque chose sur les questions secondaires, - tant que, bien entendu, ces concessions demeurent avantageuses. Au temps de l'essor du capitalisme et surtout dans les dernières décades de l'avant-guerre, ces concessions, tout au moins à l'égard des couches supérieures du prolétariat, furent tout à fait réelles. L'industrie était en plein développement. Le bien-être des nations civilisées - et particulièrement de leurs masses ouvrières - s'accroissait. La démocratie paraissait inébranlable. Les organisations ouvrières grandissaient : les tendances réformistes aussi. Les rapports entre les classes s'adoucissaient, en tout cas extérieurement. Ainsi s'établissaient, dans les relations sociales, à côté des normes de la démocratie et des habitudes de paix sociale, des règles élémentaires de morale. On avait l'impression de vivre dans une société en train de devenir de plus en plus libre, juste et humaine. Le "bon sens" tenait pour infinie la courbe ascendante du progrès.
     
    Elle ne l'était pas ; la guerre éclata, suivie de bouleversements, de crises, de catastrophes, d'épidémies, de retours à la barbarie. La vie économique de l'humanité se trouva dans une impasse. Les antagonismes de classes s'aggravèrent et se démasquèrent. L'un après l'autre, on vit sauter les mécanismes de sûreté de la démocratie. Les règles élémentaires de la morale se révélèrent plus fragiles encore que les institutions démocratiques et les illusions du réformisme. Le mensonge, la calomnie, la corruption, la violence, le meurtre prirent des proportions inouïes. Les esprits simples, confondus, crurent que c'étaient là les conséquences momentanées de la guerre. (...) La gangrène du capitalisme entraîne celle de la société moderne, droit et morale compris".


(Trotski : Leur morale et la nôtre, Coyoacàn 1938)
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 09:35
IL N'EXISTE PAS DE FORME "IDEALE" D'ORGANISATION



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     Suite à la révolution industrielle, l'Angleterre voit l'apparition des 1ers syndicats dès la seconde moitié du XIXème siècle : les Trade Unions. Ces organisations ouvrières basées sur les entreprises mènent une politique sociale à tradition pacifiste .
    Lorsqu'éclate la 1ère guerre mondiale, les Trade Unions signent un accord avec le gouvernement britannique, avec 2 objectifs essentiels :
       1) prévenir les conflits sociaux dans les entreprises ;
       2) collaborer avec le patronat.
     
   Comme dirait l'autre, la collaboration de classe par l'intermédiaire d'une forme d'organisation immédiate - en l'occurrence ici, le syndicat - "ça ne date pas d'hier".
     Une subdivision des Trade Unions, les Shops Stewards, fut créée afin d'encadrer les ouvriers non qualifiés affluant dans l'industrie pendant la guerre de 1914-18. Ces non- "qualifiés"-là se montrèrent par contre fort qualifiés en matière de lutte contre la cherté de la vie, amélioration des conditions de travail, etc... Au point que les Trade Unions connurent la première grève sauvage de leur histoire : des mécaniciens dirigés par les Shops Stewards arrêtèrent le travail malgré le refus de la direction syndicale de les soutenir.

        En tant qu'organisation à caractère économique, un syndicat est toujours tiraillé entre des exigences contradictoires, liées et à la situation de sa base et à la capacité de la classe dirigeante à "lâcher du lest" au fur et à mesure de l'évolution du rapport de force entre travail et capital. Les circonvolutions actuelles de la CGT, FO and consorts n'expriment pas autre chose.
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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 15:01
1914-18 : CE QU'ILS NE COMMEMORERONT
JAMAIS


belle---poque.jpg     gueules-cass--es.jpg
    











    
La guerre de 1914-18 stoppa net ce que bourgeois et petits-bourgeois osent encor appeler aujourd'hui "la Belle Epoque". En réalité, ce massacre mondialisé (déjà) marquait une étape fondamentale du mode de production capitaliste, celle de sa domination réelle, que Lénine nomma "L'impérialisme..." dans une célèbre brochure parue au printemps 1916, alors que le leader communiste vivait exilé à Zürich.

        Cette suprême manifestation de la brutalité du capitalisme trouva d'ailleurs en Russie sa résolution en la Révolution de 1917, qui allait adresser au monde bourgeois un
1er et formidable avertissement.

        1914-18 et ses dizaines de millions de morts, mutilés, gazés, estropiés démontrait par l'horreur qu'à une certaine exaspération de la crise économique et sociale, le capitalisme ne pouvait répondre
que par une guerre totalitaire, et ce afin de trancher le noeud gordien de ses contradictions les plus mortelles
           
         Dès 1848, le Manifeste du Parti Communiste de Marx/Engels indiquait que la solution bourgeoise à la crise à son point culminant agissait "d'une part en détruisant par la violence une masse de forces productives [c'est-à-dire notamment des prolétaires], d'autre part en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant à fond les anciens".

         Ainsi, grâce à l'extermination et aux destructions industrielles occasionnées en Europe par la 1ère guerre mondiale, l'économie put repartir sur de bonnes bases, des taux de croissance exponentiels jusqu'à...la crise de 1929, "résolue" à son tour par 1939-45. Vous qui vous penchez un peu sur "la grande Histoire", avez-vous noté que, depuis l'armistice de 1945, il n'y a pas eu un seul jour de paix ? Simplement, les plus gros Empires maintiennent les conflits dans des aires localisées tant qu'ils ont la possibilité de le faire.

         Ministres et autres présidents "pacifiques" en habits de croque-mort peuvent évoquer à loisir devant "la jeunesse" les horreurs de 14-18, avec force trémolos dans le gosier et larmettes à l'oeil, leur cinéma n'en est que plus vomitif. Ils ont beau jeu d'associer le drapeau national à la volonté de maintenir la paix - du moins chez eux - et de tenter un formatage des jeunes à une espèce de pacifisme oecuméniste sans consistance "contre toutes les guerres" pendant que, dans le même temps, leurs VRP fourguent des montagnes d'armes tous azimuts (dans le cadre de la "diplomatie internationale" !).

            Le capitalisme, lui, n'en a cure. Son fonctionnement normal, c'est d'éradiquer du paysage tout ce qui constitue une entrave à l'échange mercantile. Notamment l'être humain qui, sous l'apparence du salarié, constitue "le capital le plus précieux" selon non pas un Rothschild ou un Rockfeller (ou un Bolloré, un Lagardère, un Arnault...) mais un...Staline ! Le fonctionnement normal de l'économie du profit, c'est la guerre en permanence, guerre concurrentielle, commerciale, financière... Depuis les "30 Glorieuses" de la paix capitaliste, le jargon militaire est passé dans le langage courant de la finance et du commerce. Le quotidien du capitaliste, c'est d'agresser son concurrent par tous les moyens jusqu'à le couler. Dans ce combat fratricide, le facteur humain passe par pertes et profits. On dégraisse en temps de paix comme on dégraissait en temps de guerre (on vous laisse  "en vie" ? peut-être faut-il que le salarié "dégraissé" dise "merci" à son humaniste d'employeur).

         Lors de la commémoration du 11 novembre 1918, les habituels historiens bourgeois à qui leurs maîtres ont ôté la muselière pour l'occasion, sont venus expliquer aux petits enfants les raisons des guerres. Naturellement ces spécialistes partent de la guerre en soi, sorte de manifestation de la "méchanceté" des hommes, du "Mal qui est en chacun de nous" et ragnagna ; ils se gardent bien d'évoquer les années qui ont précédé, de lente maturation d'une crise économique qui provoque déjà destructions et victimes. Il leur suffit de se munir d'un pays "agresseur" et d'un "agressé". C'est comme au théâtre de Guignol. Il faut que l'enfant voit bien qui tient le rôle du "gentil" et qui celui du "méchant". En aucun cas ne sont considérés comme actes d'agression l'envoi de marchandises, d'aide "humanitaire", de "conseillers financiers" mandatés par le FMI ou la Banque Mondiale. Jamais notre historien diplômé n'ira évoquer les famines artificielles provoquées par l'impérialisme dans certaines zones que l'on "aide" ainsi à booster leur économie. "Un capitaliste fait beaucoup de morts" remarquait Marx. La suppression d'un prêt financier en guise de punition économique ou la fluctuation du cours d'une céréale vitale a les mêmes effets que l'exportation d'armes et de militaires. Questions à un conteur d'Etat : lorsqu'éclate un conflit, pourquoi est-ce l'impérialisme le moins fort qui ouvre systématiquement les hostilités (naturellement en prétextant lui-même le besoin vital de "se défendre") ? Existe-t-il des Etats "agressés" qui n'aient jamais été agresseurs ? S'est-il produit des guerres capitalistes luttant prétendument pour autre chose que "la paix"?

           Ce que ne diront pas les "consciencieux" historiens-fonctionnaires, c'est que la paix bourgeoise est par essence une paix entre 2 conflits. Toute paix prépare inexorablement une guerre future. Chaque impérialisme peut bien invoquer jusqu'à la transe paix, morale, justice, civilisation et autres étiquettages moraux bien-pensants (ou "politiquement corrects" si l'on est de gôche).
   
           La guerre moderne a des causes matérielles et non morales (style "lutte contre l'Axe du Mal"). Depuis près de 30 ans, la crise fait accumuler aux impérialismes des gigantesques masses de capitaux, notamment d'armes de toutes sortes. Cette accumulation ne se résorbera pas par l'opération du Saint-Esprit ou de la morale humaniste. En tant que marchandise, une arme quelle qu'elle soit se réalise par sa vente donc par son utilisation.

              Il n'existe qu'un "fauteur de guerres" : le mode de production capitaliste. Et ce n'est pas le pacifisme petit-bourgeois qui empêchera quoi que ce soit le moment fatidique venu. Pour arrêter la 3ème guerre mondiale en préparation, pour stopper les incessantes et grotesques commémorations de boucheries, seule la classe salariée peut agir efficacement, c'est-à-dire lutter pour la société sans classes, sans échange mercantile, sans Etats, où la guerre comme nécessité aura disparu.

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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 13:20
LES SYNDICATS, FORME D'ORGANISATION "ABSOLUE" ?



       La révolution, envisageable dans un futur encor indéterminé, n'étant pas une question de formes d'organisation, il est édifiant de revenir sur l'histoire du mouvement ouvrier : en Italie et en Allemagne, apparurent dans les années 1920 des formes d'organisations immédiates directement inspirées des Soviets révolutionnaires, les conseils ouvriers et conseils d'usine.
       En Italie, leurs compétences se limitaient aux sanctions et licenciements prononcés par la direction. De leur côté, les syndicats s'occupaient des salaires et des horaires de travail.

       Vint la 1ère boucherie mondialisée, la guerre de 1914-18. Le droit de grève fut supprimé car la mobilisation générale concernait notamment et surtout l'industrie de l'armement et tous les secteurs d'approvisionnement des armées. Les conseils n'eurent pratiquement plus aucun "droit". Ils perdurèrent pourtant et prirent alors un caractère réformiste. Plus tard, ils devinrent la base des conseils d'usine de l'"Ordine nuovo" d'Antonio Gramsci (mais ceci est une autre histoire).  

        Bakounine affirmait déjà contre Marx que la direction politique doit appartenir aux "ouvriers organisés sur les lieux de travail". Dans l'esprit de l'anarchiste russe, le Parti n'était qu'une machine à enregistrer les phénomènes sociaux, au nom de la lutte contre le bureaucratisme. Ce danger à l'intérieur d'une organisation révolutionnaire était réel. Mais ce n'étaient certes ni des expédients organisatifs ni des triturations du programme politique qui allaient en venir à bout.
        En outre, ce danger réel s'avère plus menaçant dans les organisations de base (on le constate aujourd'hui chez les syndicats). Seul des ouvriéristes auraient pu les croire immunisées du fait de leur composition ouvrière. Vieille rengaine démentie par le cours réel des évènements : du sein des syndicats ouvriers surgirent les pires traîtres à la cause ouvrière.
       Dans les organisations immédiates tout comme dans les groupes parlementaires a toujours prévalu la politique de la diplomatie, de l'opportunisme et finalement en toute logique de la trahison totale. Le contact étroit et permanent des dirigeants avec la "réalité" capitaliste les conduit à un répugnant "pragmatisme" : on surestime l'annexe et le contingent, on lui sacrifie allègrement la longue et difficile voie vers l'assaut révolutionnaire du pouvoir. Dans les groupes parlementaires, les députés ouvriers trouvent dans une ambiance corruptrice toutes les possibilités d'intégration à la machinerie électoraliste. Oublié le mandat pour pratiquer le parlementarisme révolutionnaire : dénoncer l'institution et prôner sa destruction prochaine. Le syndicalisme révolutionnaire fut alors une réaction à la pratique réformiste des chefs, mais ne put que se leurrer et, avec lui, la classe ouvrière, en lui fournissant des instruments et des formes de lutte politique impuissants.
          Rien ne changea ; le réformisme continua de pratiquer son obscène collusion avec le pouvoir d'État de l'ennemi de classe. Les conseils d'usine connurent leur jour de gloire à l'automne 1920, lors de l'occupation des entreprises.
Finalement ils purent en gérer quelques-unes, occupées par leurs employés ; ce fut leur sommet et leur chant du cygne et le capitalisme ne s'en porta pas plus mal.

     En Allemagne le nazisme trouvera des formes d'organisation prêtes à l'emploi : l'opportunisme social-démocratique, pacifiste, anti-fasciste et contre-révolutionnaire (ça va ensemble), lui avait déblayé le chemin. La quintessence du projet fut avalisée par la loi du 4 février 1920, dans laquelle on énumérait les tâches principales des conseils d'usine :
      
       a) collaboration avec la direction de l'entreprise pour promouvoir l'efficacité de la production et l'introduction de nouvelles méthodes de travail (c'était visionnaire !) ;
       b) promotion et maintien de la paix industrielle, grâce à l'intervention rapide des bureaux de conciliation et autres moyens aptes à régler fissa les conflits.
        Ne jurerait-on pas la profession de foi récente commune à l'Etat, au Medef et aux syndicats "modernes" ? Dès lors qu'il s'agit pour eux tous d'éviter un fléau bien pire que la peste (c'est-à-dire la grève), on serre les rangs derrière la défense du système qui rétribue grassement ses serviteurs et pauvrement ses esclaves.

         Dans les années 1920, le gouvernement social-démocrate allemand ("de gauche" comme on dirait aujourd'hui) transforma les conseils ouvriers en organes d'État qui, soi-disant, auraient pu et dû constituer un "gouvernement industriel ouvrier", prétendu "pouvoir prolétarien" sur les moyens de production. L'État capitaliste alla jusqu'à s'emparer des syndicats (encor d'une actualité brûlante !). Sans la direction d'un Parti politique, les organisations de classe perdirent leur capacité politique radicale. Elles finirent par refuser la lutte de classe et, en raison de ce renoncement fatidique, furent utilisées par la classe ennemie.

          Presque un siècle s'est écoulé, rien ne semble avoir bougé. Le capitalisme s'emploie à utiliser la même boue procédurière, soutenu en sous-main par directions syndicales et partis opportunistes de la gôche d'aujourd'hui.
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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 16:09

DISCOURS DE GNAFRON AU CONGRES YANKEE



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          "Chers amis et modèles,

       vous me reconnaissez  ? Je suis le petit Nicolas, nouveau Président de la France ; au nom de tous les Français (même ceux qui vous détestent), je suis venu vous porter un message de fraternité, d'amour et de soumission complète à tout ce que vous êtes et tout ce que vous faîtes [applaudissements nourris].
    
     Laissez-moi vous dire l'admiration que je vous porte depuis que je suis tout petit (j'ai toujours été tout petit). J'admire votre oeuvre, la manière dont vous avez fait bâtir votre puissante nation sur l'esclavage des Noirs déportés d'Afrique et sur l'éradication des tribus qui vivaient là depuis 10 000 ans sans savoir que c'était chez vous (l'ignorance et l'inculture sont un fléau). De ce pays immense et vide d'humains (parce que les Peaux-Rouges, hein ?...), vous avez fait une civilisation florissante, les grosses bagnoles, les belles filles (à moins que ce ne soit l'inverse), les gratte-ciel (aaah le World Trade Center, comme il nous manque), les westerns avec John Wayne et les guerres en Irak avec Georges Bush père et fils - 2 millions de morts pour en venger 4000, vous m'époustouflez.

      Alors je suis venu vous dire que ça y est, là, la France va ENFIN ré-intégrer le giron de la bannière étoilée. Tony Blair passant bientôt la main, c'est moi qui vais occuper le pouf du caniche désormais vacant. Je suis tout autant capable que l'English de donner la papatte et de frétiller de la queue (quoique que puisse prétendre Cécilia) ; je sais chanter "Star spangled banner" en américain et en hongrois ; l'été, je dors dans un chapeau de cow-boy (celui que Junior m'a offert la dernière fois). 

       Mes puissants parrains,
regardez donc avec qui je suis venu : moi aussi j'ai ma Condoleezza Rice, presque aussi moche, le même caractère à coucher dehors sous la pluie et une impopularité qui me met en valeur (en plus, elle en pince pour moi, la buse).            Le vieux beau gominé avec une dégaine d'acteur has-been, c'est le doc, Kouchner ("koukouch-panier" on l'appelle entre nous). Lui, ce dont il rêvait depuis toujours, c'est qu'on parle de lui. Il est tellement drôle que ça marche pas mal, sa petite agence des déclarations grotesques (pensez, il joue les va-t-en-guerre parce qu'il a toujours été le souffre-douleur de ses petits "camarades" du PS).  Comme je suis un tantinet humaniste, je l'ai recueilli et adopté.

      Chers compatriotes au-delà de l'océan, j'ai entrepris une oeuvre d'américonnerisation de la société française : j'ai effacé la séparation entre l'Eglise et l'Etat ; les Arabes, d'une main je leur flatte la bourka, de l'autre je te les fous dans des charters vite fait (toujours ma faiblesse, je sais qu'ils n'ont pas comme moi les moyens de voyager gratos en "classe affaire") ; à la tête de mon gouvernement j'ai nommé une potiche à moumoutte qui n'est là que pour se faire gicler tantôt par l'opinion publique ; j'ai nommé ministres des femmes, des Noirs et des Arabes et même des femmes noires ou arabes ! (mais attention, je suis allé chercher des bonnes femmes bien pires que les bons hommes et des Noires bien pires que les blanchettes ; sinon ça n'aurait servi à rien).
[rires dans l'assistance]

         Alors, mes chers oncles d'Amérique, en guise de conclusion, laissez-moi lever mon verre de Dom Perignon 1955 (une foutue bonne année !) à l'amitié franco-américaine. Qu'elle nous amène 1000 ans de paix dans l'Empire du monde  - et j'ajoute : merde aux Chinetoques !" [l'assistance scande : "one thousand more years ! one thousand more years!"] 
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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 13:29

         DES SYNDICATS POUR SOUTENIR LA SOCIETE BOURGEOISE




      Aujourd'hui qu'il est éminemment difficile aux salariés de déclencher ne serait-ce qu'une journée de grève, il apparaît que leurs actions sporadiques relèvent essentiellement d'une lutte économique immédiate, au sens qu'elle cherche à améliorer des conditions de travail infernales sans toucher quoi que ce soit à l'organisation politique de l'exploitation humaine.
       L'époque est à la dissimulation de la lutte des classes. La question de la révolution, refoulée dans l'inconscient collectif de la classe salariée, est entrée en sommeil jusqu'à nouvel ordre. L'absence d'une organisation politique des travailleurs - un Parti - pèse lourd dans la balance. Car si la révolution n'est pas une question de formes d'organisation, il n'empêche que toutes les voies qu'empruntera la lutte organisée du prolétariat demeureront assujetties à la nécessité de se doter d'une organisation de combat et d'un programme politique. Celui-ci existe d'ailleurs depuis qu'existe le prolétariat moderne : le programme de la société communiste.

         En septembre 1843, Marx écrit à Ruge:
        « Rien donc ne nous empêche de lier notre critique à la critique de la politique, à la participation à la politique, donc aux luttes réelles, et de l'identifier à elles. Alors nous n'irons pas au monde en doctrinaires pour lui apporter un principe nouveau : "Voici la vérité. Tombez à genoux !" Nous développerons pour le monde, à partir de ses propres principes, des principes nouveaux. Nous ne lui disons pas : "Cesse tes luttes ! Ce sont des niaiseries! Nous allons te proclamer les vrais mots d'ordre de la bataille". Nous lui montrerons seulement pourquoi il lutte, car il doit en prendre conscience, même s'il ne le veut pas... On verra alors que le monde a depuis longtemps possédé le rêve d'une chose dont il suffit maintenant de prendre conscience pour la posséder réellement. On verra qu'il ne s'agît pas de tirer un grand trait entre le passé et l'avenir, mais bien de réaliser les idées du passé. On verra enfin que l'humanité n'entreprend pas un nouveau travail, mais accomplit consciemment l'ancien ».

         La classe au sens politique du terme n'existe que dans la mesure où existe son fer de lance politique : le Parti. C'est une condition primordiale, se rattachant également à l'existence d'organisations de défense économique des salariés. Ce double aspect a toujours fait l'objet d'affrontements théoriques. Certains prétendaient séparer l'organisation politique des organisations économiques. Ils voyaient le Parti comme un temple sectaire perché "sur la montagne".
        Il y a aussi l'anarchisme, pour lequel l'activité politique est "sale" par essence.  L'État, le Parti ou toute autre forme d'organisation sont frappés du sceau de l'infâmie. Le "théoricien" anarchisant ou libertaire (dont le prof de philo M. Onfray constitue un spécimen caractéristique) glorifie l'"Unique", l'individu auto-suffisant bouffi de suffisance, bref le petit-bourgeois narcissique qui, par ennui autant que par affectation congénitale, s'essaye à "penser" politiquement.
       Quant au syndicalisme révolutionnaire, il ne jure que par la spontanéité, l'immédiat et "l'imagination ouvrière". Même si, dans leur jargon, les anarcho-syndicalistes utilisent parfois la grammaire révolutionnaire, ils ne s'en tiennent que plus éloignés de la théorie communiste.

        Ce qui, sous les traits de l'opportunisme syndical, domine aujourd'hui le monde salarié, c'est un réformisme impuissant. Cet opportunisme syndical est le déguisement favori de la contre-révolution : il se pare volontiers de radicalisme et de combativité, se présentant aux médias avec un certificat de vigilance envers les agissements du patronat; il réagit constamment et de mille manières à la "vie publique", participe du parlementarisme le plus creux comme des institutions étatiques-démocratiques les plus improbables, commissions, sous-commissions, "délégations", etc., bref il ronronne comme un bon républicain ou un sénateur à vie. Ces derniers temps, on a pu constater que les syndicats ne dédaignaient pas non plus un petit "graissage de patte" par-ci par-là, grâce à la générosité intéressée de leurs soi-disant adversaires (en réalité leurs plus fidèles complices). Par cette inter-dépendance idéologico-financière, les bons vieux syndicats entraînent la partie combative de la classe salariée vers la défense de la société bourgeoise, ils lui instillent cette mentalité de classe moyenne, héritée d'une "aristocratie ouvrière" (selon la fameuse formule de Lénine) aujourd'hui mise à mal par la crise endémique du capitalisme mondial.

       Le réformisme syndicaliste se définit par l'affirmation fausse que la classe salariée peut s'émanciper progressivement, en participant à la société de manière "citoyenne", dans des associations économiques, des coopératives ou des clubs de rencontre "citoyens". Pendant que ces alter-capitalistes font mumuse, nantis de la conviction illusoire d'un changement de société "en douceur", la classe capitaliste se contente - excusez du peu - de détenir le pouvoir politique avec son principal représentant : l'Etat.
 
        Il n'existe pas d'organisation "révolutionnaire" en soi, seulement des forces sociales qui peuvent, en fonction des circonstances et du rapport de forces, s'orienter vers le but révolutionnaire par leur action.

        Qui détient le pouvoir politique ? La classe  capitaliste. Face à cet état de fait, il n'y a que sur le terrain politique que l'intérêt général de la classe salariée peut être proclamé et défendu. Pour se battre sur ce terrain-là, la classe doit se doter d'un Parti, associant tous ceux qui ont dépassé l'intérêt corporatiste ou catégoriel, l'intérêt personnel égoïste. Dans cette organisation, les déserteurs de la classe bourgeoise adhérant au programme communiste seront naturellement les bienvenus.
        Le problème fondamental reste celui de la conquête du pouvoir par le prolétariat, soit les travailleurs organisés en parti politique de classe et décidés à réaliser la forme historique du pouvoir révolutionnaire, la dictature du prolétariat. Cette conquête armée est plus importante que la ou les formes d'organisation immédiates qu'elle se donnera.
         
         Pour un révolutionnaire marxiste, la révolution n'est déterminée ni par l'éducation et la culture, mais par les crises économiques internes qui, cycle après cycle, se reproduisent à une échelle toujours plus généralisée.

        Pour le moment, le système capitaliste apparaît stable : il s'agit seulement d'obtenir une meilleure rétribution du travail et jusqu'ici ce sont les syndicats qui s'en sont chargés, en tant qu'organisations de paix sociale et de négociations contractuelles. Mais que vienne une période plus instable socialement et ce ronron largement médiatisé sera balayé par la simple lutte des classes renaissante.  
      Rappel : ce n'est pas au moyen d'une simple grève générale que la classe ouvrière peut remporter une victoire décisive sur la bourgeoisie. Il lui faudra bien en venir à l'insurrection armée. Dès lors, les vicissitudes de la lutte à la vie à la mort contre l'ordre établi l'amèneront à considérer - s'il n'existe pas préalablement - qu'un Parti politique organisé lui est indispensable, car les seules unions ouvrières immédiates et spontanées, quels que soient leur nombre et leur puissance, ne sauraient venir à bout de l'hydre capitaliste.
        Un Parti...indispensable. Mais lequel ? Eh bien, celui qui se fondera sur la théorie communiste, invariante depuis que Marx et Engels l'ont exposée à la lumière du jour.

          Voilà quelques positions politiques fondamentales, que la Gauche communiste d'Italie a portées, défendues et transmises tant qu'elle a pu le faire.

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 09:44

DUPERIE DE LA MORALE BOURGEOISE


avec-Lev.jpg(Natalia, Léon Trotski et leur petit-fils Lev en 1939)


     "La bourgeoisie, dont la conscience de classe est très supérieure, par sa plénitude et son intransigeance, à celle du prolétariat, a un intérêt vital à imposer "sa" morale aux classes exploitées. Les normes concrètes du catéchisme bourgeois sont camouflées à l'aide d'abstractions morales placées elles-mêmes sous l'égide de la religion, de la philosophie ou de cette chose hybride qu'on appelle le "bon sens". L'invocation des normes abstraites n'est pas une erreur désintéressée de la philosophie, mais un élément nécessaire du mécanisme de la lutte des classes. Faire ressortir cette duperie, dont la tradition remonte à des millénaires, est le premier devoir du révolutionnaire prolétarien".
                                                     

("Leur morale et la nôtre")
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