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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 10:07

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     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".
    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".
    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".
    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".
    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".
    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran...qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".

N. Sarkozy, président de la république
     
    
     Un monde tel que le Président en rêve pour ses administrés a existé et prospéré. C'est celui dont provient le monde actuel, quand l'Europe n'était pas encor "vieille". A la fin du XVème siècle, la Renaissance fleurit des grandes découvertes maritimes. La Civilisation découvre qu'elle n'était pas seule au monde. Ceux qui débarquent aux "Indes" répondent aux aspirations présidentielles :  partout où ils le débusquent, ils combattent le mal en tant que soldats, marchands ou explorateurs empreints de religiosité. La "dimension" divine inspire leur quête, affermit leur bras armé.
     
     C'était un temps où les massacres
furent commis au nom de dieu et de la juste croix.
     

DEVOIR DE MEMOIRE : 1517-1521 TENOCHTITLAN MEXIQUE
   
II
         
     Tenochtitlan-II.jpg

    
    
     Le 8 novembre 1519, Hernan Cortés, à la tête d'une armée de Conquistadors et de mercenaires indiens, pénètre dans Tenochtitlan, capitale des Aztèques. L'Empereur Moctezuma le reçoît dans le palais impérial. Les Espagnols sont traités à l'égal des divinités aztèques. Ils en profitent pour préparer la prise de la cité, forcent la porte de la chambre funéraire impériale et s'emparent des trésors qui y dormaient. Tout l'or qu'ils peuvent extirper est fondu en lingots. Atterré par l'outrage, Moctezuma jeûne et implore les dieux en leur offrant des sacrifices.


      
conquistadors-II.jpg

    
     Moctezuma, ce n'est pas Charles Quint, l'empereur le plus puissant qu'ait connu l'Europe jusqu'alors. Le souverain Aztèque est mi-homme mi-dieu, ceint de richesses fabuleuses et chef spirituel de son peuple, tyran d'essence divinatoire. Le regarder en face est puni de mort ; quand il mange, un paravent le dissimule.


Moctezuma-et-Cort-s.jpg
(Cortés et l'Empereur Moctezuma)
    


TCharles_Quint.jpg
(l'Empereur Charles Quint)
    
    
     Curieusement, ce dieu parmi les siens se laisser circonvenir par les envahisseurs venus de l'océan. Plus précisément il cherche à gagner du temps, avec la force du désespoir. Dans la légende aztèque, il est dit que la fin du monde viendra par la mer, sous la forme de "teules" - divinités. Les teules sont arrivés ; ils se comportent comme les nouveaux maîtres de Tenochtitlan, craints pour leur cruauté plus que respectés par leur comportement.
    
     Dans ce face à face tragique, qui sont les barbares, qui sont les civilisés ? La réponse la plus courte est donnée par les "Civilisés" espagnols : les peuples "indiens" comme les Aztèques pratiquent des rites sanglants - anthropophagie, sacrifices. Il s'agit de les civiliser par force. Les massacres auxquels se livrent les Conquistadors trouvent une 1ère justification "éthique". Et puis la nécessité de les christianiser, les arracher à leurs montrueuses idoles païennes mi-bêtes mi-hommes et à leurs temples impies. Les destructions et les pillages se feront pour la "juste croix".
    

human-sacrifice.jpg

     Le siège de Tenochtitlan dure 3 mois. Les Espagnols s'activent à transformer le palais impérial en forteresse et décident d'y enfermer l'Empereur comme otage. Car entretemps, des chefs d'armée Aztèques ont attaqué les Espagnols à Veracruz. Cortés les fait brûler vifs sous les yeux de Moctezuma. Seuls sont épargnés 7 rois Anahuac. A leur intention, il fait venir de Veracruz une longue chaîne qui maintenait plusieurs navires. La chaîne accomplit un périple de 500 kms à travers forêts, montagnes, champs, villages, symbole de la toute puissance des nouveaux venus. Revenu en Espagne et fait Marquis de la Vallée, Cortés frappera ses armoiries d'une chaîne au cou de 7 rois indiens.
    
     Otage dans le palais qui fut celui de son père, Moctezuma ne règne plus qu'en apparence. Les tributs en or qu'il exige du peuple sont destinés en fait à la couronne espagnole par l'intermédiaire de ses représentants qui, au passage, se servent comme de sûr, sans sortir du droit de préséance. A Cortés, le chef de guerre, un cinquième des parts - équivalent de l'aljama, le "cinquième royal". A 9000 kms de l'Espagne, il peut bien se permettre cette offense royale ; à ses hommes, 100 pesos par tête de pipe.
    
     or-azt-que.jpg(l'or Aztèque finira en lingots rapatriés vers l'Europe)

    
     Voici que le Chef Conquistador doit sortir de la ville pour aller combattre non pas quelque peuple rebelle mais Pànfilo de Narvàez, un rival espagnol. La garnison de Tenochtitlan est confiée à Pedro de Alvarado, principal lieutenant de Cortés.
     
     Il se prépare une grande fête dans l'enceinte du Temple impérial, la célébration du dieu Huitzilopotchli. Alvarado croit avoir entendu parler d'un soulèvement durant l'absence du grand chef Blanc. Vrai ou fausse nouvelle, cela constitue la justification suprême des prédateurs civilisés pour soumettre finalement les Sauvages. Alvarado donne le signal d'un massacre organisé de la population, déclenchant aussitôt l'insurrection dont on lui avait rapporté l'imminence.
    

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(Pedro de Alvarado, instigateur des 1ers massacres d'Aztèques)


     Le 24 juin 1520, Cortés revient prématurément à Tenochtitlan et reprend les rènes. Les Aztèques, frappés par l'emprisonnement de Moctezuma, ont élu nouvel Empereur son frère Cuitlàhuac. Cortés force Moctezuma à se porter aux remparts pour exhorter les insurgés à déposer les armes. Ulcérés par les massacres auxquels se sont livrés les occupants, les Aztèques refusent d'écouter et le lapident. Blessé grièvement, Moctezuma agonise durant quelques jours avant que Cortés ne fasse exhiber sa dépouille pour démoraliser les habitants. Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet - la Noche Triste -, les Conquistadors sont contraints de sortir de la ville. La force du nombre a tué 600 d'entre eux ainsi que 2000 mercenaires indiens alliés aux conquérants. Dans leur fuite prématurée, les Espagnols abandonnent la plupart de leur artillerie et des chevaux, et surtout le fabuleux butin en or qu'ils ont commencé d'amasser. A coup sûr ils reviendront récupérer ce trésor de guerre.
    

mort-de-Moctezuma.jpg

   

NocheTriste.jpg







     (mort de Moctezuma)





            (la Noche Triste : les Conquistadors fuient Tenochtitlan)



     Les Aztèques poursuivent l'armée des Conquistadors hors de la cité. Ceux-ci s'épuisent rapidement, beaucoup moins nombreux que leurs poursuivants et ayant abandonné la plupart des armes sur place. Dans cette situation calamiteuse, Cortés réagit en appelant tous les peuples ennemis des Aztèques à se joindre à lui pour reconquérir Tenochtitlan. L'appel est entendu ; le chef de guerre a sauvé ses troupes.
    
     Un allié redoutable vient renforcer la coalition espagnole : la variole, amenée d'Europe par les conquérants. Un "fléau de dieu" auquel les Indiens donnent un nom : cocolitzli, "maladie infernale". En quelques heures, cocolitzli foudroie des milliers d'habitants de Tenochtitlan dont Cuitlàhuac, le nouvel Empereur, frère de Moctezuma. Les effets miraculeusement dévastateurs de cette maladie inspireront aux conquérants Espagnols l'idée de la guerre biologique : à maintes occasions, l'épidémie sera répandue dans la population indienne par des chiffons préalablement frottés sur des victimes de la maladie. 
     
     Ainsi la Civilisation éradiqua-t-elle les peuples du Nouveau Monde en quasi-totalité.

Thaloc-dieu-azt-que.jpg(un dieu Aztèque : Thaloc, qui amène la pluie)

(d'après Jean Marie Gustave LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)

[à suivre]
 
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 17:15

Sarko-cible.jpg

     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".
    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".
    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".
    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".
    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".
    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran.....qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".

N. Sarkozy, président de la république
     
    
     Retournons donc à un monde avec "dieu", le "bien" le "mal", "la radicalité du sacrifice", "l'espérance religieuse", "la question spirituelle" et "la dimension de dieu", un monde baignant dans "la spiritualité" et l'"espérance" : l'Europe de la Renaissance, sur le départ des grandes conquêtes maritimes qui vont donner naissance au colonialisme.


DEVOIR DE MEMOIRE : 1517-1521 TENOCHTITLAN MEXIQUE

I
    
    
     En février 1517, des conquistadors débarquent au Mexique sous la houlette de Hernàn Cortés. Des émissaires de Moctezuma, l'empereur Aztèque âgé de 51 ans, demandent aux arrivants de leur donner un de leurs casques métalliques pour témoigner du débarquement de ces barbus surhumains. Cortés tend un casque puis exige qu'on le lui ramène rempli d'or.
    
moctezuma.jpg(Moctezuma, Empereur des Aztèques [1466-1520])

    
     Ces hommes venus d'Espagne conquérir les "Indes" sont 100 marins, 508 soldats et cavaliers émérites derrière un chef de troupe aguerri, Cortés.
    

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     Hernan Cortés, un archétype de l'homme civilisé. Guerrier cultivé, affairiste impitoyable, ayant fait ses armes au service du plus puissant personnage de son époque, l'Empereur Charles Quint, il en vient tout naturellement à partir à la conquête des "Indes". Sa rencontre avec le monde Aztèque constitue le choc de 2 civilisations aussi éloignées l'une de l'autre dans le temps historique que dans l'espace géographique, 2 mondes inconciliables ; tout d'abord la Civilisation Aztèque, société à la fois collective et totalitaire, basée sur l'agriculture, adoratrice d'un Empereur envoyé par les dieux gouverner les hommes sans partage, pratiquant notamment les sacrifices humains. Et l'Espagne, empire à son apogée gouverné par le commerce, la nécessité de s'étendre, l'individualisme marchand, la foi conquérante.
    
     Charles-Quint.jpg(Charles Quint, Empereur d'Espagne, de Sicile, des Pays-Bas, de Castille et d'Aragon, de Naples et de Sicile)

    
     Le caractère dominateur, la soif de richesse du Conquistador ne peuvent être dissociées de sa foi religieuse. Cette inspiration divine cimente spirituellement la conquête des terres inconnues, comme un baume sur les plaies et les souffrances occasionnées par l'existence loin du pays natal. Cortés frappe aussi l'esprit des peuples conquis : leurs temples sont détruits, les idoles mises à bas ; à leur place, la croix est plantée, puis l'église bâtie - nouveau temple de l'idole nouvelle devant laquelle les conquis sont sommés de s'agenouiller. Avant même tout affrontement armé - désespérément inégal - les Aztèques sont démoralisés, défaits, soumis d'évidence à ces "dieux" venus de la mer.


conquistadors.jpg
    
    Quand Cortés décida-t-il d'en finir avec le monde Aztèque ? Avant d'embarquer, il a pris soin d'emporter avec lui des cargaisons de verroterie, de bimbeloterie de couleur verte, ayant appris par des voyageurs que le vert est la couleur sacrée des peuples du Nouveau Monde. Une mesure qui s'avèrera d'une redoutable efficacité.
    
     La 1ère bataille a lieu loin encor de Tenochtitlan. En quelques heures, 800 guerriers Mayas sont anéantis, eux qui n'ont pas d'arbalètes, d'épées, de lances, de chevaux ; face à ces puissants et mystérieux barbus bardés de fer et de feu, ils se sont persuadés d'avance de leur défaite. Dès le 1er affontement, l'invincibilité supposée des Conquistadors va déferler comme une vague dans tout le Mexique ; à chaque avancée elle les précède un peu plus loin comme une nuée d'oiseaux du malheur. Le combat connaît déjà son dénouement prochain.
    
     maya.gif

     Le butin de la victoire, c'est aussi Malintzin, une jeune fille Maya qui devient la compagne-interprète de Cortés, "Doña Marina" pour ses hommes. Elle permet au chef de guerre de se faire désormais comprendre sans ambiguïtés par les peuples rencontrés et soumis systématiquement. Bon prince - et soldat - Cortés distribue généreusement sa pacotille verte, exigeant de l'or en retour, but véritable de la conquête, placé bien plus haut que la christianisation des peuples païens idolâtres.
    

Compagne-de-Cort-s.gif
(Malintzin "Doña Marina)

    
     Il en faut tant et plus aux Espagnols, de ce métal magique. Afin d'apaiser l'exigence lancinante, les sujets de Charles Quint massacrent, brûlent, détruisent, supplicient... raclent les terres jusqu'au sang ; objets et bijoux, trésors destinés aux seuls dieux sont réquisitionnés, transformés en lingots, envoyés à l'Espagne pour financer de nouvelles conquêtes, destructions, massacres, rapines collectives. Cercle infernal produit par la seule idole des conquérants : le veau d'or au pied de la croix. Les Aztèques n'ont d'autre possibilité que de se soumettre à cette soif aurifère inextinguible ; ainsi contribuent-ils à alimenter la roue infernale qui, inexorable, broie leurs propres corps, leurs propres coeurs, leurs bâtisses, leurs temples, leurs cités, leur propre monde, de même en offrant à l'envahisseur tous leurs objets sâcrés, ors, turquoises ou jades, et encor tissus précieux et nourriture, les plus belles jeunes filles aussi. Le fabuleux butin qu'ils exsudent finance leur disparition prochaine.
    
     Hernan Cortés parvient à Tenochtitlan et rencontre une 1ère fois Moctezuma l'Empereur des Aztèques. Celui-ci lui enfile un collier d'or et de joyaux sculptés. Cortés répond en le décorant d'un collier en toc, mais vert. Escroquerie augurant de la suite des affaires au pays de Cocagne. Plus ils reçoivent de cadeaux somptuaires, plus les conquérants veulent aller de l'avant en ramasser toujours plus, fiévreux guerriers sans rémission.
   
     L'un après l'autre, chaque peuple allié aux Aztèques est défait : Totonaques, Tlaxcaltèques, Cholultèques,... La plus grande partie d'entre les vaincus grossissent les rangs de l'armée qui enserre Tenochtitlan.
     A première vue, la bataille qui se prépare semble impossible à emporter pour la Couronne espagnole. Les Conquistadors ne sont que quelques centaines face à des centaines de milliers d'Aztèques dans la cité et au-dehors.
     Cortés temporise, fomente un plan qui lui offre sur un plateau d'or les clés de Tenochtitlan. Il a tôt fait de constater que l'Empire Aztèque, fragilisé par sa taille, est fissuré de toutes parts. Les peuples alliés et concurrents qui le composent ont un point commun : la haine de Tenochtitlan et de l'Empereur tyrannique qui y règne.
     Le 1er affrontement important a lieu contre 50 000 Tlaxtcaltèques, un peuple resté fidèle à Moctezuma. Les soldats Espagnols, durement touchés, évoquent un repli et le retour au cher pays lointain. Cortés fait enterrer ses morts en secret, que les peuples autochtones continuent de colporter l'immortalité des Conquistadors.
     Cependant la victoire choisit le camp espagnol ; l'armée reprend sa marche vers Tenochtitlan. Chaque peuple vaincu s'allie avec ses vainqueurs, non sans avoir payé un lourd tribut d'esclaves, d'or et diverses préciosités, vivres, filles pubères. Dans leur naïveté, les Indiens conquis se figurent qu'une fois rassasiés d'objets brillants, de récoltes, de tissus somptueux, de chair humaine, les grands dieux barbus venus de la mer y retourneront. Or la soif des conquérants s'accroît avec le butin et les prisonniers mis en esclavage, marqués au fer rouge comme du bétail d'un signe qui signifie "prise de guerre".
    

esclaves-indiens---la-mine.jpg


     Que deviennent-ils, ces prisonniers dont la chair s'orne du tatouage éternel ? Ceux qui ne meurent pas de quelque maladie importée par les Conquistadors - la grippe, la variole - travaillent dans des plantations ou des mines, jusqu'à des 12 heures journalières sans salaire aucun. Les nouveaux maîtres exigent pourtant bien plus d'impôts que les anciens: part du roi (moneda forera), part de la reine (chapìn), cinquième (aljama), impôt de guerre (fonsadera), droits de transport (almojarifazgo), droits d'achat et de vente (alcabala), dîme. A quoi s'ajoutent les perceptions directes effectuées par les propriétaires des haciendas fondées par les Espagnols. Par exemple, chaque conseiller de Cortés réquisitionne 7 poules, du gibier, des perdrix, du maïs, des épices, du chocolat, 70 oeufs et tout cela quotidiennement, en plus des impôts royaux. La Conquête épuise en quelques années toutes les ressources de la "Nouvelle Espagne".
    
     Arrivée par les grands volcans qui jouxtent la cité, l'armée des Conquistadors est aux portes de Tenochtitlan. Du haut du Popocatepetl (5450 m), les conquérants embrassent Tenochtitlan, Babylone aux rues blanches flottant sur la lagune.
    

Popocatepetl.jpg
     Tenochtitlan.jpg

     Tenant sa troupe à la force du poignet, Cortés ruse tant et plus avec Moctezuma. Aux peuples qui l'ont rejoint, il a promis la délivrance du joug impérial. Mais cette "délivrance" signifie l'esclavage et le pillage au profit du "grand roi" qui vit de l'autre côté de la mer. Moctezuma hésite, tergiverse, multiplie les délégations auprès de l'Espagnol, en pure perte naturellement.
     Les soldats se remettent en route, fantassins derrière cavaliers et entrent dans l'éblouissante cité, cheminant parmi des palais minéraux, des jardins flottants, cours décorées d'arbres, tout cet écrin surplombé par de hautes pyramides et garni de temples. Une foule les accueille pacifiquement.
    
     Moctezuma se décide à venir rencontrer Cortés. Aucun Aztèque n'a le droit de regarder l'Empereur en face, sous peine de mise à mort immédiate. Au fur et à mesure qu'il marche, des serviteurs mettent devant lui des étoffes. Depuis un an, l'Espagnol et l'Aztèque parlementent, négocient. C'est leur 1ère rencontre, le face à face de 2 mondes incompatibles. Dans celui de Moctezuma règnent les dieux ; dans le monde d'Hernan Cortès, l'or, l'armée, la croix. L'entrevue symbolise la 1ère défaite des Aztèques : comment pourraient-ils entrevoir ce qu'il adviendra d'eux, comment auraient-ils pu apprendre que l'homme blanc, exclusif dans l'âme, ne partage pas son pouvoir, que sa civilisation est destructrice de toutes les autres, qu'elle est sur le point d'exterminer tous les peuples des 2 continents américains ? Comment appréhender ce que Cortés lui-même ne pouvait voir : le sang et l'or des Aztèques financeraient la Renaissance qui, 3 siècles plus tard déboucherait en Europe sur la révolution industrielle.

     Cort-s-et-Moctezuma.jpg
(d'après Jean Marie Gustave LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)

          [à suivre]            
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 08:01
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 16:56

LE TOI DU MOI

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     Je suis ton pile
     T'as pas de face
     Toi mon nombril
     Et moi ta glace
     Tu es l'envie et moi le geste
     Toi Président et moi le reste
     J'suis la théière, tu es la sous-tasse
     Moi la guitare et toi la basse

    
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     Je suis la pluie et tu es mes gouttes
     Tu es le bling et moi le doute
     T'es la Rolex je suis en fleurs
     Tu es les bagouses et moi l'chou-fleur
     Toi t'es l'instant moi le bonheur
     Tu es le verre je suis le vin
     Toi tu es la coke et moi le joint
     J'suis courant d'air tu es Rafale
     Toi les conquêtes moi tu m'emballes
     T'es le hochet et moi l'enfant
     T'es le nabot moi ta maman
     Je suis l'iris tu es la bille
     Tu es le pin's moi la papille
     Toi grandes oreilles et moi la bouche
     Toi somnifère moi le soir j'me couche
     T'es le chanoine et moi l'ivresse
     T'es le mensonge moi la paresse
     T'es le gnafron moi la déesse
     Tu es le gros nez moi la caresse
     Tu es l'enfer moi ta pécheresse
     Tu es le Chef moi ta moukère
(rabadja)

    
      Tu es l'oreille de ma musique
     Je suis call-girl de tes mimiques
     J'suis le tabac qui bourr' ta pipe
     Tu me désires moi la foudre
     J'suis haut-de-gamme toi la fausse note
     Je suis la flamme toi l'allumette
     T'es un fonceur j'suis la paresse
     T'es la fiévreur et moi la sieste
     T'es l'ventilo et moi l'averse
     Tu es gros-cul je suis la chaise
     Tu es bémol et moi j'suis dièse

     pigkiss.jpg



     T'es le p'tit Laurel de mon gros hardi
     J'suis le plaisir de tes soupirs
     J'suis la Natalia de ton Trotskiki
     Tu fais dans l'éclat j'préfère en rire
     T'es le pêcheur de ma sirène
     J'ai le sang bleu t'as la grosse veine
     T'es le jamais de mon toujours
     T'es mon gros nain t'es mon gros lourd

    

nain-copie-1.jpg



     Je suis la pile
     A toi en face
     Toi le nombril
     Et moi ta glace
     Tu es l'ennui et moi le geste
     T'es le citron et moi le zeste
     Je suis le thé, tu bois la tasse
     Moi la putain à toi la passe
     T'es dans la tombe moi l'épitaphe
     Et toi le texte, moi l'paragraphe
     Tu es le lapsus et moi la gaffe
     Toi, grandiloquence et moi la grâce
     Je suis l'effet dont t'es la cause
     Moi ton divan toi la névrose
     Moi l'épine et toi la rosse
     Tu es la tristesse moi je pète
     Je suis la Belle et toi le bête
     Tu n'es qu'un tronc et moi la tête
     T'es court de corps. Haaa !
     T'es trop sérieux moi insouciante
     Toi le flic moi la balance
     Toi le chasseur moi la potence
     Toi l'ennui et moi la transe
     Toi le très peu moi le beaucoup
     Moi la sagesse toi à mes g'noux
     Tu es dealer et moi j'me poudre
     Moi une paille et toi la poutre
     Tu es le surtoi de mon céquoi
     C'est toi Charybde et moi Sheila
     Tu es dans la merde et moi je doute
     Tu es le néant et moi j'm'encroûte
     Tu es le chiant de ma sirène
     Toi tu es sanguin moi pas de veine
     T'es le jamais de mon toujours
     T'es mon p'tit four t'es mon lou-lourd.

Pr-sident.jpg
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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 11:04

L'IMPERIALISME STADE SUPRÊME DU CAPITALISME

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(Que faire face à l'impérialisme mondial ? Réformer, méditer, s'agenouiller ? Que nenni : balayer !)
         
    
     En 1867, Karl Marx écrivait  dans Le Capital :
    
   "L'expansibilité immense et intermittente du système de fabrique jointe à sa dépendance du marché universel, enfante nécessairement une production fiévreuse suivie d'un encombrement des marchés, dont la contraction amène la paralysie. La vie de l'industrie se transforme ainsi en une série de périodes d'activité moyenne, de prospérité, de surproduction, de crise et de stagnation. L'incertitude et l'instabilité auxquelles l'exploitation mécanique soumet le travail finissent par se consolider et par devenir l'état normal de l'ouvrier, grâce à ces variations périodiques du cycle industriel".
    
     "Jusqu'ici la durée périodique des cycles est de 10 ou 11 ans, mais il n'y a aucune raison de considérer ce chiffre comme constant. Au contraire, on doit inférer des lois de la production capitaliste...qu'il est variable et que la période des cycles se raccourcira graduellement".
    
     Depuis que le Vieux a émis cette appréciation visionnaire, 150 années ont passé. Le monde s'est familiarisé avec la litanie des crises de croissance, des reprises économiques, de la stagnation, de l'inflation, de la surproduction et de la récession économiques.
     L'économie capitaliste n'a cessé de se concentrer, nécessitant l'intervention de l'Etat afin d'adoucir tant bien que mal les effets les plus dévastateurs du cours économique inexorable. Périodiquement, des masses de salariés sont déversées sur les trottoirs bordant les agences intérimaires, des foules de paysans sans terre vont enfler les périphéries de monstrueuses mégalopoles. Le mode de production "global" généralise la précarité au quotidien, l'individualisme forcené et l'angoisse du lendemain pour des centaines de millions de personnes.   
      
    
CHAPITRE IX : LA CRITIQUE DE L'IMPERIALISME

    
     "Nous entendons la critique de l'impérialisme au sens large du mot, comme l'attitude des différentes classes de la société envers la politique de l'impérialisme, à partir de l'idéologie générale de chacune d'elles.

     La proportion gigantesque du capital financier concentré dans quelques mains et créant un réseau extraordinairement vaste et serré de rapports et de relations, par l'entremise duquel il soumet à son pouvoir la masse non seulement des moyens et petits, mais même des très petits capitalistes et patrons, ceci d'une part, et la lutte aiguë contre les autres groupements nationaux de financiers pour le partage du monde et la domination sur les autres pays, d'autre part, - tout cela fait que les classes possédantes passent en bloc dans le camp de l'impérialisme. Engouement "général" pour les perspectives de l'impérialisme, défense acharnée de celui-ci, tendance à le farder de toutes les manières, - n'est-ce pas un signe des temps. L'idéologie impérialiste pénètre également dans la classe ouvrière, qui n'est pas séparée des autres classes par une muraille de Chine.

     (...) Les savants et les publicistes bourgeois défendent généralement l'impérialisme sous une forme quelque peu voilée ; ils en dissimulent l'entière domination et les racines profondes; ils s'efforcent de faire passer au premier plan des particularités, des détails secondaires, s'attachant à détourner l'attention de l'essentiel par de futiles projets de "réformes" tels que la surveillance policière des trusts et des banques, etc. Plus rares sont les impérialistes avérés, cyniques, qui ont le courage d'avouer combien il est absurde de vouloir réformer les traits essentiels de l'impérialisme.
(...)
     Est-il possible de modifier par des réformes les bases de l'impérialisme ? Faut-il aller de l'avant pour accentuer et approfondir les antagonismes qu'il engendre, ou on arrière pour les atténuer ? Telles sont les questions fondamentales de la critique de l'impérialisme.
(...)
     Voici un spécimen de la critique économique de l'impérialisme par Kautsky. (...) :
    
     "C'est par la démocratie pacifique, et non par les méthodes violentes de l'impérialisme, que les tendances du capital à l'expansion peuvent être le mieux favorisées".
(...)
     Kautsky a rompu avec le marxisme en défendant, pour l'époque du capital financier, un "idéal réactionnaire", la "démocratie pacifique", le "simple poids des facteurs économiques", car cet idéal rétrograde objectivement du capitalisme monopoliste au capitalisme non monopoliste, il est une duperie réformiste.
(...)
     Les raisonnements de Kautsky ne sauraient avoir un autre sens : or, ce "sens" est un non-sens. Admettons que ... la libre concurrence, sans monopoles d'aucune sorte, puisse développer plus rapidement le capitalisme et le commerce. Mais plus le développement du commerce et du capitalisme est rapide, et plus est forte la concentration de la production et du capital, laquelle engendre le monopole. Et les monopoles sont déjà nés, - issus, précisément de la libre concurrence ! Si même les monopoles se sont mis de nos jours à freiner le développement, ce n'est cependant pas un argument en faveur de la libre concurrence, qui n'est plus possible depuis qu'elle a engendré les monopoles.

     ... les cartels ont entraîné la création de tarifs protectionnistes d'un type nouveau et original : comme l'avait déjà noté Engels dans le livre III du Capital on protège précisément les produits susceptibles d'être exportés. On sait également que les cartels et le capital financier ont un système qui leur est propre, celui de l'"exportation à vil prix", du "dumping", comme disent les Anglais : à l'intérieur du pays, le cartel vend ses produits au prix fort, fixé par le monopole ; à l'étranger, il les vend à un prix dérisoire pour ruiner un concurrent, étendre au maximum sa propre production... (...) cette lutte ne dresse pas le commerce libre contre le protectionnisme, contre la dépendance coloniale, mais oppose l'un à l'autre deux impérialismes rivaux, deux monopoles, deux groupements du capital financier. (...)

     Si la critique théorique de l'impérialisme par Kautsky n'a rien de commun avec le marxisme, si elle ne peut que servir de marchepied à la propagande de la paix et de l'unité avec les opportunistes et les social-chauvins, c'est parce qu'elle élude et estompe justement les contradictions les plus profondes, les plus fondamentales de l'impérialisme : contradiction entre les monopoles et la libre concurrence qui s'exerce à côté d'eux, celle entre les formidables "opérations" (et les formidables profits) du capital financier et le commerce "honnête" sur le marché libre, celle entre les cartels et les trusts, d'une part, et l'industrie non cartellisée, d'autre part, etc.
(...)
     ...il est inconcevable en régime capitaliste que le partage des zones d'influence, des intérêts, des colonies, etc., repose sur autre chose que la force de ceux qui prennent part au partage, la force économique, financière, militaire, etc. Or, les forces respectives de ces participants au partage varient d'une façon inégale, car il ne peut y avoir en régime capitaliste de développement uniforme des entreprises, des trusts, des industries, des pays. L'Allemagne était, il y a un demi-siècle, une quantité négligeable, par sa force capitaliste comparée à celle de l'Angleterre d'alors ; il en était de même du Japon comparativement à la Russie. Est-il "concevable" de supposer que, d'ici une dizaine ou une vingtaine d'années, le rapport des forces entre les puissances impérialistes demeurera inchangé ? C'est absolument inconcevable.

     Aussi, les alliances "inter-impérialistes" ou "ultra-impérialistes" dans la réalité capitaliste ... ne sont inévitablement, quelles que soient les formes de ces alliances, qu'il s'agisse d'une coalition impérialiste dressée contre une autre, ou d'une union générale embrassant toutes les puissances impérialistes, que des "trêves" entre des guerres. Les alliances pacifiques préparent les guerres et, à leur tour, naissent de la guerre ; elles se conditionnent les unes les autres, engendrant des alternatives de lutte pacifique et de lutte non pacifique sur une seule et même base, celle des liens et des rapports impérialistes de l'économie mondiale et de la politique mondiale. (...)

     ...L'impérialisme est l'époque du capital financier et des monopoles, qui provoquent partout des tendances à la domination et non à la liberté. Réaction sur toute la ligne, quel que soit le régime politique, aggravation extrême des antagonismes dans ce domaine également : tel est le résultat de ces tendances. De même se renforcent particulièrement l'oppression nationale et la tendance aux annexions, c'est-à-dire à la violation de l'indépendance nationale (car l'annexion n'est rien d'autre qu'une violation du droit des nations à disposer d'elles-mêmes). Hilferding note très justement la liaison entre l'impérialisme et le renforcement de l'oppression nationale. "Pour ce qui est des pays nouvellement découverts, écrit-il, le capital importé y intensifie les antagonismes et suscite contre les intrus la résistance croissante des peuples qui s'éveillent à la conscience nationale ; cette résistance peut facilement aboutir à des mesures dangereuses dirigées contre le capital étranger. Les anciens rapports sociaux sont foncièrement révolutionnés ; le particularisme agraire millénaire des "nations placées en marge de l'histoire" est rompu ; elles sont entraînées dans le tourbillon capitaliste. C'est le capitalisme lui-même qui procure peu à peu aux asservis les voies et moyens de s'émanciper. Et la création d'un Etat national unifié, en tant qu'instrument de la liberté économique et culturelle, autrefois but suprême des nations européennes, devient aussi le leur. Ce mouvement d'indépendance menace le capital européen dans ses domaines d'exploitation les plus précieux, ceux qui lui offrent les plus riches perspectives ; et il ne peut maintenir sa domination qu'en multipliant sans cesse ses forces militaires"."

 [V. Lenine, L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916]
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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 09:36
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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 10:21


A MOBYLETTE
 
[Guerre en Afghanistan]


    
     Quand on partait de bon matin
     Quand on partait sur les chemins
     A mobylette
     Nous étions quelques bons copains
     Y avait Omar et Ben Ladin
     Y avait tous les hommes de mains
     Et la mobylette...

mollah-Omar.jpg


    





ben-laden.jpg








     On était tous amoureux d'elle
     On se sentait pousser des ailes
     A mobylette
     Sur les petits chemins de pierres
     On a souvent vécu l'enfer
     Pour ne pas mettre pied à terre
     Sous les roquettes

     mobylette.jpg


     Faut dire qu'ils y mettaient du cœur
     C'était la faute au dictateur
     Pas d'opérette
     Et depuis qu'il avait huit ansundefined
     Omar avait fait en les suivant
     Tous les chemins environnants
     A mobylette

     Afghanistan.jpg


     Quand on approchait la rivière
     On déposait dans les grosses pierres
     La mobylette
     Puis on roulait en chantant
     Faisant naître un bouquet changeant
     Sous les bombes et les avions
     Et les roquettes

     chasseur.jpg


     Quand le soleil à l'horizon
     Profilait sur tous les buissons
     Nos silhouettes
     On revenait fourbus contents
     Le cœur un peu vague pourtant
     De n'être plus seuls un instant
     A mobylette

     Prendre furtivement ses freins
     Oublier un peu les copains
     La mobylette
     On se disait c'est pour demain
     J'exploserai, j'exploserai demain
     Quand on ira sur les chemins
     A mobylette

human-bomb.jpg
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 17:55

LA GAUCHE FRANCAISE PUTE ET SOUMISE A LA PUB
    
undefined(tête de gondole de l'opportunisme)

    
     Il est acquis que la Gauche, du PS à la LCR, pousse de hauts cris contre le projet sarkozyen de supprimer la pub dans les médias "publics".

     On a pu entendre Catherine Tasca (ex-membre du gouvernement Mitterrand options médias) demander à Sarkozy de ne pas "diaboliser" la pub ! Voilà une fort édifiante profession de foi, en faveur du marketing tous azimuts des industriels de la consommation de masse, du déchet hypertrophié et du formatage cérébral dès le plus jeune âge.
 
     France-2-copie-1.jpg(pub pour le rallye Paris-Dakar)

 
     Les représentants des "plus démunis", sapés comme des hommes et femmes-sandwiches de la haute coûture, se démènent, pleurnichant après ce que que Pasolini appelait l'hédonisme de consommation. Ils expliquent sans rire qu'après tout, "un peu de pub" ça ne peut faire de mal, du moment que cela permet aux chaînes publiques de ramasser du fric afin d'élaborer les merveilleux programmes que l'on connaît, en concurrence avec les chaînes privées. C'est nouveau, ça vient de sortir au moment où le petit Président annonce le retrait de la manne céleste : la pub génère le pognon, le pognon induit la "qualité" des programmes. Un grand merci à la Gauche, qui suit son cours dégénératif avec une constance et une sérénité confinant à l'extatique.

    
     Il existe pourtant une chaîne publique qui fonctionne sans pub, dont les programmes sont qualitativement incomparables avec ceux des chaînes publiques farcies de spots : Arte. Mais osez prononcer ce nom-là et la mère Tasca vous inflige aussi sec un aller-retour méprisant : Arte ? Allons donc, pas une chaîne populaiaiaire ; de l'élitisme bourgeois, voilà tout (dixit une connaisseuse). Nous la Gôche, nous ne voulons pas de culture autre que celle d'un service public "populaire de qualité" donc laissez-nous la pub, qu'on puisse continuer à concurrencer TF1 sur le créneau du temps de cerveau disponible pour les marques de lessive, parfums, godasses, bagnoles, encarts philosophiques pour les banques, compagnies d'assurances et autres organismes philanthropiques, spots culturels de gauche pour la saucisse sèche et le camembert de pays, le train socialiste ou l'avion trotskiste et le brossage des dents avec de la moutarde de Dijon ou le cirage de pompes façon PS.

    
     tf1-pub.jpg(pub de TF1 pour la pub)

    
     Il est affligeant et comique de constater qu'à des fins d'auto-justification, la Gauche se fait plus sarkozyste que le Président. Telle le personnage principal de l'Exorciste, possédée par le démon de l'opportunisme, elle crache de la bile néo-libérale, vomit des éructations capitalistiques, tourne la veste et la tête à 360° et lévite au-dessus du Marché.


coca-cola.jpg(pub pour un temps disponible de cerveau vidangé)
 
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 13:27

DEVOIR DE MEMOIRE
:

PARIS AU MOIS DE  MAI


     barricade-1871.jpg

     LE SANG COULAIT A GROS BOUILLONS    
    
     "Près de 3000 Fédérés, pris la nuit précédente au Père-Lachaise, avaient été amenés dans la prison de la Roquette. Aucun n'en sortit. (...) ...on distinguait très nettement le grincement des mitrailleuses. Des artilleurs qui sortirent nous confirmèrent l'affreuse vérité. On expédiait des prisonniers par troupeaux de 50 et de 100 hommes. Les pelotons d'exécution étant harassés de fatigue, et ajustant mal, les officiers, par humanité, disaient-ils, avaient fait avancer des mitrailleuses. (...) ...tous les prisonniers faits au cimetière étaient marqués pour la mort et parqués à part comme des moutons. Les artilleurs, qui parlèrent devant nous, secouaient sur le trottoir leurs souliers dégouttant de sang ; ...Le sang coulait à gros bouillons dans les ruisseaux intérieurs de la prison. (...) De ces tas humains il sortait des râles, car tous n'étaient pas tués du coup ; on n'avait pas le temps de leur donner le coup de grâce. On jeta bien encore quelques paquets de balles à travers ces monceaux sanglants, mais malgré tout, les soldats entendirent pendant la nuit des agonies désespérées".

    
     LES RUES SEMBLAIENT COUVERTES DE NEIGE

     "De temps en temps, les soldats contraignaient les habitants à jeter du chlore sur les cadavres. Leur nombre était si considérable que, dans certains quartiers, les rues semblaient couvertes de neige. Plusieurs étaient là depuis 2 jours. Défense avait été faite de les enlever. Au risque d'infecter les quartiers, M.Thiers avait voulu par ce spectacle frapper les esprits d'une salutaire terreur".

    
     fusill-s-1871.jpg

       ON LIVRAIT
LES CLASSES AUX SOLDATS

     "Il n'y eut ni registre ni procès-verbal. Les accusés défilaient par rang devant la Cour, assemblage de 4 ou 5 officiers échauffés et sales, ...quelquefois le cigare aux dents. On commençait par le 1er de la file ; l'interrogatoire durait en moyenne un quart de minute. ...A la moindre hésitation, ou si l'allure de l'accusé trahissait un combattant, ou si sa figure répugnait aux honorables magistrats, ...sans lui demander ni son âge, ni sa profession, ni même son nom, on le déclarait classé. "Vous ?" disait-on au voisin ; et ainsi de suite jusqu'au bout de la file, sans laisser quelquefois aux malheureux le temps de répondre. (...)

     On livrait les classés aux soldats qui les emmenaient à côté. Du Châtelet, par exemple, ils étaient conduits à la caserne Lobau. Là, à peine entrés dans la cour et les portes refermées, on les tirait sans même prendre le temps de les aligner devant un peloton d'exécution. Quelques-uns de ces malheureux s'échappaient, couraient le long des murs comme des fauves tournant autour de leur cage ; les soldats leur faisaient la chasse et les canardaient des croisées au risque de se blesser entre eux".
    
     undefined

     LE MARQUIS DE GALLIFET

    
     "Au champ des Navets d'Ivry, 800 prisonniers condamnés par la Cour qui siégeait au fort de Bicêtre furent exécutés à coups de mitrailleuse. (...)

     Le Marquis de Gallifet...faisait arrêter de temps en temps pour les éclaircir les colonnes de prisonniers qu'il conduisait à Versailles. A l'Arc de Triomphe, il en fusilla d'abord 82, puis 20 pompiers, puis une douzaine de femmes. Le dimanche matin, à Passy, il arrêta une colonne de 2000 Fédérés et cria :
    
        -
Que ceux qui ont des cheveux blancs sortent des rangs.
    
     111 Fédérés sortirent des rangs et furent aussitôt fusillés dans les fossés. Pour ceux-là la circonstance aggravante était d'être contemporains de juin 1848
".      
    
     "Du 22 mai au 6 juin, on fusilla les prisonniers, hommes, femmes, enfants, à outrance, à Versailles comme à Paris".

     
     Gaston-Auguste-Marquis-de-Gallifet.jpg
(Marquis Gaston Auguste de Gallifet)
    
    
     ""QUEL HONNEUR ! (s'écriait le Journal des Débats), NOTRE ARMEE A VENGE SES DESASTRES PAR UNE VICTOIRE INESTIMABLE".

    
    
     UN SANG IMPUR ABREUVERA LE SILLON


     "Depuis quelques jours, la voie publique était couverte de martinets morts. Cette espèce d'hirondelle se nourrit exclusivement d'insectes et surtout de mouches. Or, les nombreux cadavres, gisant abandonnés dans Paris avaient, en multipliant les mouches charbonneuses, déterminée cette épidémie. Les journaux s'alarmèrent. "Il ne faut pas, disait l'un d'eux, que ces misérables, qui ont fait tant de mal de leur vivant, puissent encore nous en faire après leur mort".

     
     ...Des journaux naïfs avaient demandé qu'on publiât les noms des gens fusillés, comme si les cours martiales avaient tenu registre ! Leur nombre se révéla par l'infection de l'atmosphère. Sans compter les victimes des cours martiales, il y avait peu de terrains vagues ou de maisons de constructions dans Paris, qui ne continssent des cadavres jetés pêle-mêle les uns sur les autres. Au fur et à mesure des exécutions, on avait enterré sur place. Tout le long des quais, des morts étaient enfouis. Au square de la tour Saint-Jacques, plus de 1200 des fusillés de la caserne Lobau avaient été provisoirement enterrés. Aux buttes Chaumont, dans la pièce d'eau alimentée par la grande cascade, on avait noyé 300 cadavres qu'on n'avait pas eu le temps d'enterrer. De même au parc Monceau. Dans les jardins de l'Ecole polytechnique, sur une étendue de 100 mètres il y avait une rangée de cadavres sur 3 mètres de hauteur. Devant l'esplanade des Invalides, un grand nombre de corps n'avaient été que superficiellement recouverts de terre ; ils exhalaient une insupportable odeur. Dans le faubourg Saint-Antoine, on en trouvait "
partout, en tas, comme les ordures", disait un journal de l'ordre...
    
     execution_insurges.jpg 

     FEMELLES D'INSURGES


     "Rien à craindre des émanations cadavériques, dit un journal de l'ordre. Un sang impur abreuvera en le fécondant le sillon du laboureur". Tous les soirs un grand nombre de tombereaux, chargés de cadavres de gardes nationaux, étaient dirigés sur Versailles, où ils entraient la nuit. Mais beauccoup de corps ne purent être transportés et il fallut les enfouir à Paris même. Ainsi, quand on exhuma ceux qui avaient été déposés dans les terrains de l'usine à gaz et parmi lesquels il y avait un grand nombre de femmes, on trouva le tout dans un état de décomposition très avancée. Les vêtements étaient en lambeaux et déjà putréfiés ou mangés par la vermine du cadavre. Ces débris...furent conduits à grande vitesse au cimetière Montparnasse, où d'immenses trous attendaient cette pourriture. Les fusillés du Luxembourg furent amenés au même cimetière, entassés dans des charettes et des omnibus. A travers les fenêtres de ces voitures, on voyait passer des bras et des pieds. Des fosses de 10m2 et de la même profondeur avaient été creusées. De nombreux ouvriers plaçaient les cadavres 20 par 20 et les recouvraient de chaux ou de goudron et ensuite de terre. ...De pauvres femmes, debout sur le bord de la lugubre tranchée, cherchaient à reconnaître les corps. ...Dans le commencement, les soldats les repoussèrent, mais bientôt on donna l'ordre de les laisser approcher, afin que leur douleur les trahissant, on pût arrêter "ces femelles d'insurgés". ...Encore 4 mois après, les agents de l'autorité renversaient les monuments funéraires élevées par les familles à la mémoire des gardes nationaux, arrêtaient les personnes occupées à les relever et empêchaient les parents d'apporter des souvenirs et des fleurs sur les tombes".

    
      UN GRAND NOMBRE AVAIENT ETE ENTERRES VIVANTS

    
"On vit par ces exhumations qu'un grand nombre de Fédérés avaient été enterrés vivants. Au square Saint-Jacques, où les ensevelissements avaient été, comme partout, très hâtivement faits..., on avait vu des bras qui sortaient de terre. Là, comme au cimetière Montparnasse, aux environs du Père-Lachaise, au cimetière Montmartre et plus particulièrement au cimetière qui avoisine le Trocadéro, des victimes, incomplètement tuées et jetées avec l'amas des morts dans les fosses communes, avaient lutté dans la terre et conservaient encore les torsions horribles de leur violente agonie. La nuit on avait entendu leurs cris et leurs gémissements que couvraient les bruits du jour".

     
     LA COMBUSTION DURA PLUSIEURS JOURS

     "Il y avait de copieux amas de cadavres à tous les bastions. ...On imagina de bourrer du corps des Fédérés les innombrables casemates construites tout le long des fortifications. Une quantité considérable de cadavres de la banlieue fut adjointe à ce 1er rassemblement. On amena également un grand nombre de cadavres de l'intérieur de Paris. Quand une casemate était bondée, on la murait avec des pierres, des sacs pleins de terre,...et on passait à la suivante. Des sentinelles furent placées avec des consignes très rigoureuses auprès de ces cimetières improvisés, qu'on voulait cacher aux populations ; mais l'odeur nauséabonde qui s'en exhalait, malgré toutes ces précautions hâtives, trahit bientôt l'existence de ces charniers. On dut au plus vite dégager des issues aux 2 extrémités basses, pratiquer à la partie supérieure des orifices qui servirent de cheminées, répandre des matières incendiaires et désinfectantes, comme le goudron, et mettre le feu. La combustion dura plusieurs jours. Mais l'incinération fut incomplète, et quand ces chaudières furent découvertes on trouva les chairs réduites à l'état de bouillie.

     L'incinération se pratiquait également aux buttes Chaumont. On voyait des colonnes de fumées s'élevant au milieu des massifs. C'étaient les corps des Fédérés, entassés en piles énormes, qu'on brûlait après les avoir inondés de pétrole. Quelques hommes allaient et venaient, attisant le feu. Le parc resta longtemps fermé".
    
     buttes-Chaumont-1871.gif

    
     ON REMPLACERA LE PELOTON D'EXECUTION PAR UNE MITRAILLEUSE


     "Dans les 1ers jours de juin un journal publia la note suivante :

    
     "
Le bois de Boulogne est entièrement interdit à la circulation. Il est défendu d'y entrer à moins d'être accompagné d'un peloton de soldats - et encore bien plus d'en sortir.
     C'est au bois de Boulogne que seront exécutés, à l'avenir, les gens condamnés à la peine de mort par la cour martiale.
     Toutes les fois que le nombre des condamnés dépassera 10 hommes, on remplacera par une mitrailleuse le peloton d'exécution".
    
     8 jours après seulement, ...le
Journal Officiel déclarait que tout journal qui reproduirait cette note serait poursuivi".

    
     communards-fusilles.jpg

    
     APRES LES TUERIES LES BENEDICTIONS DES PRÊTRES


     "Dans les cercles officiels, on estimait à 20 000 le nombre des personnes tuées ou fusillées. ...Sur ce nombre, un 5ème au plus furent frappés par les projectiles durant le combat.

     Après les tueries devaient venir les bénédictions des prêtres... Le 27 mai, l'Assemblée Nationale était invitée par son président à assister le lendemain 28 mai, jour de la Pentecôte, à des prières publiques solennelles. Pendant que les oraisons des députés montaient vers le dieu des armées, les fusillades sans fin célébraient aussi la Pentecôte du prolétariat.
     Enfin, on lut dans les journaux :
    
     "
Dimanche 4 juin 1871, fête de la Très Sainte-Trinité, une quête aura lieu à tous les offices de ce jour en faveur des orphelins de la guerre.
        Cette quête sera faite à la grand-messe et aux vêpres par Mme Thiers, présidente de l'oeuvre, et par la maréchale de Mac-Mahon, vice-présidente.
"
    
       Ces dames quêtant pour les orphelins que leurs maris venaient de faire !
"

    
     prisonniers---Versailles.jpg

    
     ILS ETAIENT ABATTUS SUR LE CHEMIN


     "Plus de 40 000 prisonniers furent ramassés du 22 au 30 mai. Ils ne séjournaient que quelques heures à Paris, puis on les acheminait sur Versailles. La foule se précipitait pour les voir passer.

     Ils avançaient, souillées d'ordures, les vêtements en lambeaux, exténués, tête nue sous un soleil ardent, attachés 5 par 5 aux poignets par des cordes au milieu des soldats, chassepot armé. Une corde longitudinale reliait entre elles toutes les cordes transversales des groupes, de façon que tous les prisonniers étaient attachés en bloc.
(...)
     "
Tout le monde court du côté des Champs-Elysées, disait le Paris-Journal. 4 000 prisonniers stationnent sur le milieu de la chaussée, encadrés par des chasseurs d'Afrique, la carabine au poing. Ils regardent, farouches, silencieux, immobiles, fiers d'être haïs à ce point de la foule qui se démêne et les injurie."
    
     ...Un convoi de prisonniers attachés par 10 passait rue d'Amsterdam. ...l'officier commanda une halte et ordonna à ces malheureux de se mettre à genoux. Pendant ce temps, une tourbe infâme les couvrait d'injures et criait : "
Fusillez-les !" Le moindre signe d'opposition de la part des prisonniers entraînait la peine de mort immédiate ; ils étaient abattus sur le chemin, surtout  à coups de révolver".

    
     "Au boulevard des Italiens, un cortège de 500 prisonniers des buttes Chaumont passait, allant à Versailles. Dans le nombre se trouvaient plusieurs femmes. On avait mis les menottes à quelques-unes. Celle-ci portait un bébé sur le dos ; une avait le bras en écharpe ; la chemisette d'une autre était teinte de sang ; toutes étaient épuisées. Elles faillirent être écharpées par les défenseurs de la famille ; ...les journaux ne manquaient pas de rapporter que la plupart des prisonnières appartenaient à la prostitution".

    
     LE TROUPEAU HIDEUX

     "Dès que les convois étaient signalés sur la route de Paris ou sur celle de Saint-Cloud, des milliers de personnes accouraient de tous les côtés. Qu'on se figure, disaient les journaux conservateurs, des troupeaux haletants, poudreux, composés de milliers de personnes mêlées de beaucoup de femmes, les unes en haillons, les autres en blouse... La plupart appartenaient à la classe ouvrière et aux rudes métiers de la carrière, de forgeron, de mécanicien, de fondeur, de maçon ou de charpentier ; ...Des gamins, presque des enfants, de 12 à 16 ans, marchaient au milieu d'hommes à tête et à barbes blanches qui étaient en grand nombre. Ceux-là se traînaient à peine, se cramponnant au bras de leurs voisins plus vigoureux. ...Les cantinières avaient leur costume. Les autres femmes, hâlées par le soleil, ...marchaient les unes d'un pas délibéré, les autres accablées et s'appuyant sur le bras de leur mari. Le Figaro décrivait ainsi la queue d'un convoi :

    
       "
Le hideux troupeau est suivi de charrettes. (...)
    
On entend un bruit de tambours lointain : une poussière blanche s'élève à l'horizon : c'est un nouveau convoi de prisonniers qu'on nous amène."
    
     Les honnêtes gens de Versailles couraient comme à une fête au-devant de ces chaînes sans fin. Et les dames du meilleur monde ne dédaignaient pas de donner du bout de leurs ombrelles dans le flanc de quelques Fédérés. Escortés par les risées et les imprécations de cette populace gantée, ces malheureux traversaient dans toute son étendue la ville de Versailles, toujours tête nue au soleil, et gravissaient la hauteur de Satory
".

    
     ILS COUCHAIENT DANS LA BOUE

     ""Ils sont là, disait l'Indépendance Française, plusieurs milliers, empoisonnés de crasse et de vermine, infectant à un kilomètre à la ronde.

     Des canons sont braqués sur ces misérables, parqués comme des bêtes fauves
".
    
     ...On les avait jetés là, en plein air, tête découverte ; ils couchaient dans la boue, n'ayant d'autre nourriture que du biscuit gâté et de l'eau infecte puisée à une mare dans laquelle les gardiens ne se gênaient pas pour faire leurs ordures
".

    
     ON ARROSA LE TOUT DE PETROLE ET ON Y MIT LE FEU

     "Il arriva que les soldats, pris de panique ou de rage, déchargèrent leurs chassepots dans le tas. Dans la nuit du 25 au 26 mai, il y eut une sorte d'émeute, ou du moins les gardiens l'affirmèrent. 300 prisonniers furent passés par les armes. Amenés au bord d'une fosse garnie de paille ils y furent précipités à coups de fusil, puis on arrosa le tout de pétrole et on mit le feu. Beaucoup n'étaient pas morts. Il y eut des hurlements épouvantables. A de certaines heures, ordre était donné à tous de se lever, de se coucher sur le côté gauche ou sur le côté droit, et toute infraction à ce commandement était suivie de coups de révolver.

     Les journaux ne tarissaient pas sur la mine ignoble des prisonniers. "Ces êtres sont hideux", disait Paris-Journal. "Toutes ces faces sont hargneuses, bilieuses, renfrognées" (Le Figaro). "Visages patibulaires" (La France). "Chienlits maquillés de sang et de poudre...""
    
     DERRIERE LES GRILLES S'ENTASSAIENT LES FEMMES

     "Le camp de Satory devint, comme la route de Versailles, le but de promenade de la bonne compagnie. Les officiers en faisaient les honneurs aux dames, aux députés, aux fonctionnaires, leur montraient les sujets, au besoin les prêtaient à M. Dumas fils, pour qu'il pût commencer in anima vili ses études sur la question sociale.

     En général, les prisonniers, avant d'être envoyés à Satory, séjournaient quelque temps dans l'Orangerie de Versailles, entassés dans ces immenses serres, pêle-mêle, sans paille dans les 1ers jours. Quand ils en eurent, elle fut bien vite réduite en fumier, on ne la renouvela plus. Pas d'eau pour se laver, nul linge, nul moyen de changer ses guenilles. 2 fois par jour, dans une auge, un liquide jaunâtre, - c'était la pâtée. - Pas de médecins. Il y avait des blessés, la gangrène les rongea ; ...Les cas de folie furent nombreux. - Derrière les grilles s'entassaient les femmes ; les filles des prisonniers, hébétées, affolées, s'efforçant de distinguer un être cher dans ce troupeau vaguement entrevu dans l'ombre, derrière les caisses d'orangers rangées en palissade..."
    
     prisonni-res---Satory.jpg

    
     LES AGENTS DECHARGERENT LEURS REVOLVERS A TRAVERS LES TROUS A AIR


     "Bientôt le camp, quoique immense, fut encombré, et l'on dut évacuer les victimes. Dès le 26, on les dirigea sur les ports de mer. On les enfermait dans des wagons à bétail solidement cadenassés, sans autre ouverture que quelques trous à air, et ils y restaient souvent 32 heures. ...A la Ferté-Bernard, le train avait dépassé la gare de 200 mètres, quand des cris partirent de plusieurs wagons ; les prisonniers étouffaient. Le chef de l'escorte fit arrêter le convoi, les agents descendirent et déchargèrent leurs révolvers à travers les trous à air. Le silence se fit... et les cercueils roulants repartirent à toute vapeur.

     A Brest et à Cherbourg, les prisonniers furent répartis sur de vieux vaisseaux embossés en rade, chacun de ces bâtiments contenant environ 1 000 prisonniers. Depuis la cale jusqu'au pont... - ils sont encore après 4 mois - empilés dans des parcs formés par des madriers comme dans de grandes caisses d'emballage. Les sabords cloués ne laissent passer qu'un filet de lumière. La vermine y grouille. Il y a des blessés : pas de médicaments, pas d'ambulances ; rien.
     Les malheureux, inconnus - car on n'a pas la liste de leurs noms, on ne s'est pas occupé de leur identité, - restent là, entassés dans leurs cages, gardés par des canons chargés à mitraille, enfermés entre d'énormes grilles de fer...
     Tout matelot que l'on surprend causant avec eux est passible de mort. Les sentinelles qui veillent aux entreponts ont ordre de tirer sur les détenus s'ils s'approchaient du grillage des sabords.
     Leur nourriture est ainsi composée : à 5 heures du matin, un biscuit ; à midi, du pain et des haricots ; à 6 heures, un biscuit et des haricots".
    
     DES BATTUES ETAIENT ORGANISEES DANS LES FORÊTS

     "Un certain nombre de Fédérés s'étaient réfugiés dans les catacombes et dans les égouts : on leur fit la chasse aux flambeaux. Les agents de police s'avançaient armés de chassepots et tiraient sur toute ombre suspecte. Ils étaient accompagnés de chiens habitués à fouiller les égouts. Mais l'épuisement eut bientôt raison des malheureux réfugiés ; un grand nombre moururent et furent rongés par les rats ; un grand nombre était mourant et on s'empara d'eux...

     En même temps, des battues étaient organisées dans les forêts des environs de Paris, afin de cerner les Fédérés qui avaient pu gagner ces asiles. On en prit ainsi 200 environ".
    
     "Tous les trains étaient inspectés avec la plus grande sévérité. Les individus sans passeport ou qui n'étaient pas munis de papiers constatant parfaitement leur identité étaient mis en état d'arrestation et envoyés à Versailles".

    
     Paris-1871.jpg

     LA PRESSE ENCOURAGEAIT ET PRÊCHAIT L'EXEMPLE

     "Dans ces jours de terreur, on vit s'abattre sur Paris le fléau des dénonciations. Elles affluèrent de tous les côtés et beaucoup s'en servirent pour satisfaire des rancunes personnelles. Du 22 mai au 13 juin la préfecture de police reçut 379 823 dénonciations. ...Dans certains quartiers, les gens notables organisèrent des réunions privées où ils dressèrent et envoyèrent à la Préfecture les listes des citoyens dont ils voulaient épurer l'arrondissement. Les concierges furent en général les auxiliaires les plus dévoués de la terreur...

     La presse encourageait ces lâchetés et en prêchait l'exemple".
    
     "Le Bien Public... : "Nous n'avons pas le goût d'insulter des ennemis vaincus, mais, en vérité, de pareils misérables ne sont point des ennemis, ce sont des bandits qui se sont mis eux-mêmes en dehors de l'humanité"."

    
     "Les dénonciations avaient atteint au bout d'un mois un chiffre tellement fabuleux que l'on décida de ne plus les prendre en considération...

     La moyenne des arrestations se maintint pendant 2 mois à 400 par jour. On aura une idée du chiffre énorme des pertes d'ensemble par ce fait que, aux élections complémentaires du mois de juillet, il y eut à Paris 100 000 électeurs de moins qu'aux élections de février. Les Débats estimaient que les pertes faites par "le parti de l'insurrection, tant en tués que prisonniers atteignaient le chiffre de 100 000 individus"".

[extraits de Hippolite Prosper Olivier LISSAGARAY : LES HUIT JOURNEES DE MAI DERRIERE LES BARRICADES, 1871]


gendarmes-en-1871.gif(parade de gendarmerie)

    
      Ainsi accoucha définitivement la IIIème République.
    
     Ecolières, écoliers de France

     n'oubliez pas : des garçons et des filles de votre âge ont été collés au mur, abattus par les soldats et les gendarmes de la République. La partie rouge du drapeau tricolore trempe aussi dans leur sang.
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 11:50

     "Le Président de la République a souhaité que les nouveaux programmes scolaires intègrent une "instruction civique et morale" qui "prévoit notamment l'apprentissage des règles de politesse et de bonne tenue, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française : le drapeau tricolore, Marianne, l'hymne national, à l'écoute duquel nos enfants devront se lever".

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PETITES ECOLIERES, PETITS ECOLIERS !

     Le Sous-Lieutenant de l'ARM (Armée Rouge Mondiale) Piotr Marat KARPOV vous cause d'un thème dont on vous rebat les oreilles depuis que vous êtes nés, et c'est celui de la morale, de l'instruction civique, de la politesse, des valeurs-symboles de la Raie-publique, toutes ces inepties que les "grands" vous infligent quand ils n'ont rien trouvé de plus intéressant pour se donner bonne conscience sur vos petits dos.
    
     Vous devez savoir, Petites Ecolières, Petits Ecoliers, que cette Raie publique qu'on vous présente comme une divinité trop bonne est une catin. Demandez voir à papa-maman ce que signifie "catin". Mais, pour vous faciliter le travail, le Sous-Lieutenant re-formule le théorème :
    
     la Raie publique est une vieille dame qui pue du bec et sent mauvais des brailles, parce qu'elle a trop frayé avec de cossus hussards cossards, des ecclésiastiques lubriques et des notables indésirables.
    
     marianne-james.jpg(depuis qu'elle couche avec le Président, elle a bien changé la Marianne)

    
     Alors, le drapeau ? C'est un drapeau qui n'est pas le plus beau ni le plus rigolo ; il s'agit de comprendre ce que signifient ses 3 couleurs qui tachent désormais les frontons de vos écoles, comme elles tachaient déjà ceux des prisons et des Tribunaux d'Injustice.
    
     Le bleu est la couleur des rois, vous savez, ces bonhommes qui se faisaient poser une couronne d'or dur sur le crâne, accomplissaient  des soi-disant miracles et rendaient justice à leurs sujets - c'est à dire qu'ils les opprimaient allègrement. Leur sang étaient de ce même bleu "de droit divin".
    
     Le blanc ? kif-kif bourricot. Encore la couleur de la royauté, en particulier de l'armée royale de Marine, encore le blanc de dieu, qui divinise les pouvoirs du roi. Le roi est de "droit divin", même quand il te mange la soupe sur la tête, SURTOUT quand il te la mange sur la tête.
    
     Reste le rouge. C'est autre chose. Certains, jouant les savants de Marseille, vous diront que le rouge est une des couleurs de Paris. Il est temps que vous le sachiez au cas où on ne vous l'aurait pas transmis, petites Ecolières, petits Ecoliers, effectivement, se sont produites à Paris, au fil des siècles, maintes révoltes de petites gens, d'ouvriers, de sans-le-sou. Un coin du drapeau est trempé de leur sang. Le rouge, c'est le sang des sans-voix, des gueux, des esclaves enchaînés à la Roue de l'infortune. Le Sous-Lieutenant sait que vous ne l'oublierez pas.
    
     Maintenant que vous connaissez les valeurs-symboles du drapeau, vous savez que vous pouvez, en toute fierté, détourner le regard de ce drap flottant, ou tout aussi bien vous soulager dessus, par exemple en pissant au pied du mat, en mémoire que tous ceux qui sont morts pour lui ou les autres, encor plus nombreux, qui ont souffert et continuent d'en baver à cause de lui.

drapeau-fran-ais.jpg
 

     Venons-en à un autre sujet fort à propos pour que les adultes vous cassent les pieds, vous brisent les miches et vous chafouinent les méninges : la Marseillaise. Pas celle qui vend du poisson pourri sur le Vieux-Port de Marseille, non... l'hymne national, beuglé par tous les débraillés, tous les alcooliques, tous les péteux sans rate, toutes les buses du dimanche et nains hideux se dressant sur leurs talonnettes d'imbéciles prétentieux et revanchards, capables même de le péter par le cul sans fausses notes, cet hymne national des 2 boules à la vanille des îles !
    
     La Marseillaise fut écrite par un certain "rouget", qui n'était pas un poisson marseillais, mais plutôt une saucisse d'Alsace. Le 1er titre en était Chant de guerre pour l'armée du Rhin. Il existe un couplet qui s'adresse à vous, petites Ecolières, petits Ecoliers :
    
     Nous entrerons dans la carrière,
     Quand nos aînés n'y seront plus ;
     Nous y trouverons leur poussière
     Et la trace de leurs vertus, et la trace de leurs vertus
     Bien moins jaloux de leur survivre
     Que de partager leur cercueil
     Nous aurons le sublime orgueil
     De les venger ou de les suivre. ;
     Aux armes, citoyens
et ragnagna.

     Enfants, que l'Honneur, la Patrie
     Fassent l'objet de tous nos vœux !
     Ayons toujours l'âme nourrie
     Des feux qu'ils inspirent tous deux, des feux qu'ils inspirent tous deux.
     Soyons unis ! Tout est possible ;
     Nos vils ennemis tomberont,
     Alors les Français cesseront
     De chanter ce refrain terrible :
     Aux armes, citoyens !
Et trouloulou caca.
     
    
PETITES ECOLIERES, PETITS ECOLIERS !
    
     La Marseillaise est un chant de guerre et de révolution qui appartient définitivement au passé. Il fut chanté avec ferveur par des soldats de 20 ans et moins qui défendaient la jeune République révolutionnaire (pas la vieille peau incontinente et grabataire qui vous a vu naître tous) contre la coalition stupéfaite des Cours européennes ;
    il fut chanté avec force par les révolutionnaires russes, Bolcheviks sans peur et sans reproche, aïeux du Sous-Lieutenant Karpov.
    
     Aujourd'hui La Marseillaise est le chant des blaireaux, pas des héros.
    
     Quand le nain grotesque que vos parents ont élu vous ordonne d'apprendre à vous tenir debout au son de l'hymne national, le Sous-Lieutenant vous dit simplement :
    
     c'est du facultatif. Rien ne vous oblige à vous lever comme un seul, à bramer avec tous les autres : "Allons enfants de la Patrie...". La "patrie" ! Et ta soeur ? Elle bat toujours le beurre dans la culotte du Zouave du Pont de l'Alma ?
    
     Vous êtes parfaitement en droit de rester assis, de ne pas chanter, petites Ecolières, petits écoliers. C'est même une nécessité si un jour vous voulez devenir vous-même. Vous n'avez pas à faire plaisir à qui que ce soit en vous comportant d'une manière qui, vous, vous contrarie, simplement pour lire dans les yeux de veaux des adultes la satisfaction des pauvres d'esprit congénitaux fiers de leur descendance.


PETITES ECOLIERES, PETITS ECOLIERS !
    
     L'actuel président de la Raie-publique vous utilise pour soigner son image. Pas plus pas moins. Il monte sur ses talonnettes, veut jouer dans la cour des grands, se la raconte jour et nuit et vous la raconte en faisant des phrases de frimeur moisi. Ne vous laissez pas emberlificoter par le bleu-bite Hongrois. L'Histoire lui roulera dessus comme sur une crotte de Yorkshire. L'Histoire, l'avenir vous appartiennent, petites écolières, petits écoliers. Mais si vous ne vous en saisissez pas un jour de votre propre chef, alors il y aura encor des leçons de morale à la petite semaine qu'il vous faudra avaler bon gré mal gré comme de la soupe en sachet, juste pour permettre à un nain mesquin de faire suer le monde.

(Sous-Lieutenant P.M. Karpov)

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