Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 09:16


    

[dépêche Agence France Propagande mercredi 26 mars 2008] : Le petit bonhomme en bling-bling et son ex-top model sont arrivés ce midi chez les Rosbifs de luxe, accueillis par la basse-cour royale.


     Sarkozy et sa noble transalpine sont arrivés mercredi en fin de matinée à l'aéroport londonien de Heathrow pour une visite de deux jours dans la réserve animalière royale.

 

      L'avion présidentiel s'est posé vers 12h25 à Heathrow, avec également à son bord le ministre inutile des Affaires Etranges, Bernard Koukouch-panier, la ministresse de l'Injustice de classe Arachida Dati et la secrétairesse d'Etat aux Droits-de-Mater-Son- Boule Rama Yade.

 

Rachida-copie-1.jpg
   

   





Rama-Yade.jpg




(Le Président aurait-il l'intention de se lancer dans l'import-export d'immigrées de seconde génération avec la Grande-Bretagne ?)   







     A leur descente de l'avion, le couple de mandarins a été accueilli par le prince Charlot et son épouse Camilla Parker-Hyde, avec lesquels ils ont échangé quelques bonnes blagues, notamment celle de l'accident de voiture de Lady Di. Le couple s'est ensuite rendu par un petit chemin de caillasses jusqu'au modeste village de Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale, où il a été accueilli par sa Royale Majesté Mémé Elizabeth II et son époux le vieux hibou Grand Duc d'Edimbourg. Carla Bruni-Sarkozy a effectué une petite révérence pour saluer la souveraine, puis elle a chanté un extrait de son prochain album. Comme la vieille Queen est sourde comme un pot de chambre royal, le couple présidentiel avait pris soin de se faire accompagner par une traductrice en langage des signes sourd-muet.

 

      Pour parcourir les quelques kilomètres les séparant du château de Windsor, Nico "The Bling Man" a pris place aux côtés de la reine des Rosbifs dans une charrette en or massif tirée par six mules princières tandis que son épouse Carlotta "The Mute Woman" voyageait dans un autre chariot avec la vieille chouette Philip. Les Sarkozy-Bruni-Prada-Tedeschi seront dans la soirée les hôtes d'un pique-nique d'Etat avant de passer la nuit à batifoler au château avec la Vieille, son Major d'homme et le palefrenier, dans la grande tradition victorienne.

 

 

(au cours de leur entretien sous verre, le Président a raconté à la Queen "Le lâcher de Salopes", célèbre conte moraliste que son copain de séminaire Bigard-le-Bigot avait interprété à Sa Sainteté Nazifiante Panzer Ier)


    Au cours des trente-six heures de son séjour britannique, le petit français doit notamment prononcer mercredi après-midi un discours d'allégeance devant les Chambres à coucher des Communes et des Lords emperruqués réunies sur la piste de danse royale du Parlement de Westminster, et rencontrer jeudi le 1er ministre Gordon Marron, pour vérifier son existence réelle dans un premier sommet bilatéral entre 2 nains du jardin des Etats-Unis.

 

Partager cet article
Repost0
24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 13:09

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

II

        En Espagne, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, le mouvement ouvrier est divisé, dispersé entre deux tendances : l'une anarchiste et l'autre socialiste.

     Au sens strict du terme, "anarchie" signifie "conception politique qui tend à supprimer l'Etat, à éliminer de la société tout pouvoir disposant d'un droit de contrainte sur l'individu" (Le Petit Robert 2002). L'opinion populaire, elle, associe simplement l'anarchie au désordre, au chaos et aux attentats terroristes.

       En ce qui concerne la doctrine marxiste, dont l'impact sur les masses ouvrières amena jusqu'à la Révolution d'Octobre 1917 en Russie, la plupart du temps on l'a confondue avec le stalinisme et la construction d'un capitalisme d'Etat en U.R.S.S..

   
r-volution-d-Octobre.jpg

      Aujourd'hui, nombre d'historiens abandonnent les concepts de "classe" et de "lutte des classes. Ils pensent pouvoir se le permettre à la suite de l'effondrement des pays dits "socialistes". En outre, ils associent faussement l'apparition de ces concepts à l'émergence du marxisme. Mais, par anticipation visionnaire, Karl Marx les réfutait déjà :


     "En ce qui me concerne, je n'ai ni le mérite d'avoir découvert l'existence des classes dans la société moderne ni celui d'avoir découvert leur lutte. Les historiens bourgeois avaient bien avant moi exposé le développement historique de cette lutte des classes, et les économistes bourgeois l'anatomie économique de ces classes" (Lettre à Weydemeyer, 5 mars 1852).

    



     De la part des classes dominantes, la confusion des termes "anarchisme" et "communisme" n'est pas plus innocente aujourd'hui qu'hier. C'est la rançon de tout ce qui perturbe "l'ordre public". Trotski et Lenine étaient considérés en Espagne comme de dangereux anarchistes.

    




                                           
                      


                                   








    






      Cet amalgame des théories anarchistes et du marxisme est aussi le fait des milieux républicains espagnols qui, partagés entre la peur de nuire à leur bourgeoisie et leur idéalisme républicain, jettent des idées révolutionnaires parfois opposées dans une sorte de soupe idéologique : patriotisme, révolution nationale, révolution internationale, etc.

    
     Eblouis par l'exemple frappant de la Révolution soviétique victorieuse, certains anarcho-syndicalistes espagnols en adoptèrent momentanément les principes. L'absence de rigueur théorique des anarchistes, leur attitude confuse et contradictoire, le manque de connaissances politiques et de préparation théorique favorisèrent un amalgame entre les idées de Bakounine et celles de Marx.
    



      Dans l'anarchisme régnait déjà un flou peu artistique entre diverses tendances. Par exemple, le communisme libertaire s'opposait ouvertement à "l'autoritarisme" des bolcheviks, au lieu de leur faire temporairement allégeance comme d'autres courants affiliés.


     Quels sont les éléments communs au communisme libertaire et au communisme "autoritaire" ?
      De prime abord le but final, c'est-à-dire une société sans classes et sans Etat "qui réorganisera la production sur la base d'une association libre et égalitaire des producteurs, et relèguera toute la machine de l'Etat là où sera dorénavant sa place : au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze" (F.Engels, L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat).

    

     Quant aux divergences entre les deux théories, l'anarchisme a évolué de telle façon qu'elles sont devenues inconciliables.

       Lenine écrit :

     "Entre le socialisme et l'anarchisme il y a tout un abîme. (...) Leurs théories et leurs idéaux révolutionnaires [aux anarchistes] sont en opposition formelle avec le socialisme. (...) Leur tactique, qui se ramène à la négation de la lutte politique, désunit les prolétaires et en fait les participants passifs de telle ou telle politique bourgeoise car l'abstention complète des ouvriers de la vie politique est impossible et irréalisable" (Socialisme et anarchisme).

    Ces divergences sont également apparues à certains anarcho-syndicalistes, qui soulevèrent le problème de l'incompatilité de principe entre bolcheviks et anarchistes, à la lumière des évènements révolutionnaires de 1917 en Russie. La pierre d'achoppement du litige était la notion de dictature du prolétariat, négation même de toute idée libertaire. Les anarchistes refusaient en outre l'obédience à un parti politique centralisé et discipliné tel que le parti bolchevique au pouvoir dans la future U.R.S.S.. D'autre part ils défendaient un concept original : l'apolitisme.
       Pour ceux-là, toute action politique est "pernicieuse". D'autres disent qu'il faut détruire tout pouvoir politique et se définissent comme anti-politiques par essence.

     Pour en revenir à la dictature du prolétariat, la coupure entre les deux courants révolutionnaires était profonde, même si quelques anarchistes manifestaient une compréhension mesurée des exigences de la réalité révolutionnaire : nécessité de défendre la Révolution russe contre le blocus international. En aval de cette question, on débouche sur le débat acharné autour de la disparition de l'Etat. Selon l'idéologie anarchiste, il y a "abolition" du jour de la révolution à son lendemain victorieux. Selon Marx, l'Etat ouvrier "s'éteint" au bout d'un certain temps. Lenine analyse l'Etat comme une "violence organisée" :
    
     "[elle] correspond à un certain degré d'évolution de la société lorsque celle-ci, divisée en classes sociales irréconciliables, n'aurait pu subsister sans un "pouvoir" placé prétendument au-dessus de la société et différencié de celle-ci jusqu'à un certain point. Né des antagonismes de classes, l'Etat devient l'Etat de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue économique et qui, grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée".

     Dans la théorie marxiste, l'Etat représente la domination d'une classe sur toutes les autres, domination par la force. A ce pouvoir exercé par la bourgeoisie sur le prolétariat répond un autre pouvoir de répression, la dictature du prolétariat, exercée par ce dernier au nom de la grande majorité exploitée de la société capitaliste sur la minorité bourgeoise. Le prolétariat, en tant que classe révolutionnaire de par sa position et son rôle dans le capitalisme, doit préalablement s'emparer du pouvoir d'Etat, donc renverser la bourgeoisie. Une fois la résistance bourgeoise vaincue, le pouvoir prolétarien a pour tâche la socialisation des moyens de production, c'est-à-dire la fin de la propriété privée de ces moyens. A ce stade, le nouvel Etat s'instaure comme représentant de toute la société et non plus seulement de la classe révolutionnaire. C'est là une première étape, le socialisme. A la différence des anarchistes, l'idée centrale, c'est l'impossibilité de brûler les étapes du passage au but final : la société communiste. Ces étapes sont :

     - le renversement du pouvoir bourgeois ;
     - l'éducation de toute une génération qui assume les tâches de transformation
       économique et surtout la préparation de l'extinction de l'Etat.

     En effet, quand il n'y a plus de classe sociale antagonique à réprimer et que les bases du nouveau mode de production sont définitivement établies, l'Etat "s'éteint", selon l'expression de Marx.

     "Nous ne sommes pas des utopistes. Nous ne rêvons pas de nous passer d'emblée de toute administration, de toute subordination ; ces rêves anarchistes, fondés sur l'incompréhension des tâches qui incombent à la dictature du prolétariat, sont foncièrement étrangers au marxisme et ne servent en réalité qu'à différer la révolution socialiste jusqu'au jour où les hommes auront changé. Nous, nous voulons la Révolution socialiste avec les hommes tels qu'ils sont aujourd'hui, et qui ne se passeront pas de subordination, de contrôle, de surveillants et de comptables" (V.Lenine, L'Etat et la révolution).

     Résumons : communistes et anarchistes s'accordent sur l'abolition de l'Etat. Mais si pour les anarchistes cette abolition s'accomplit au lendemain de la prise du pouvoir, les communistes soulignent la nécessité d'un Etat prolétarien qui durera aussi longtemps qu'il y aura des exploiteurs à anéantir.

[Tina LOBA]



 
          
     

    
     
Partager cet article
Repost0
23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 10:24

JIMI HENDRIX
MACHINE GUN








MITRAILLEUSE

    
Mitrailleuse

Déchirant mon corps de part en part
Le mauvais homme m'oblige à te tuer
Le mauvais homme t'oblige à me tuer
Même si nous n'étions pas familiers
Alors je reprends ma tâche et je combats comme un bombardier
Tu vois ce que je veux dire ?
Hé, tes balles me maintiennent parterre...


[GOOD MORNING VIETNAM
HAPPY BIRTHDAY IRAK
]
    


Partager cet article
Repost0
21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 18:06
     Le Sous Lieutenant Karpov commence aujourd'hui la publication en plusieurs épisodes d'un travail d'une camarade qui s'est invitée sur son blog : Tina Loba.

Tina-Loba.JPG
            

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

I

     Dès la sortie du berceau, le mouvement anarchiste entre en conflit avec le marxisme. Base théorique et méthode divergent.
     Ce travail aborde la matérialisation de l'affrontement politique entre "frères ennemis" dans 2  pays touchés par un mouvement révolutionnaire : l'Espagne, la Russie. Le sujet garde aujourd'hui toute son actualité, notamment en Russie à l'heure où l'on s'intéresse de plus en plus au passé "communiste" récent.

     Il s'agit déjà de savoir ce que recouvre le mot communisme. Être communiste aujourd'hui, c'est, selon certains, répéter seulement quelques slogans tout faits sur "l'égalité", la "fraternité" et, à l'occasion, entonner le 1er couplet de l'Internationale.
     Comment s'y retrouver, entre les icônes Marx, Lenine, Mao, Che Guevara, Trotski, Salvador Allende, Fidel Castro, Ugo Chavez (et pourquoi pas Marie-Georges Buffet au point où l'on en est) ?

     Au commencement, malgré de notables différences théoriques et pratiques, les 2 courants révolutionnaires s'appellent tous deux "communistes". Alors nous n'allons pas rétablir une vérité historique a posteriori sur le "vrai" ou le "faux" communisme, mais plutôt remonter aux sources d'inspiration et au contenu doctrinal des mouvements respectifs.


la-R-volution-sera-copie-1.gif
    
    
     La victoire de la Révolution russe d'Octobre 1917 suscita l'admiration des anarchistes, emportés par l'enthousiasme des masses à l'échelle du monde. Mais rapidement, ils émettent des réserves quant à leur participation active au nouveau régime. Cela pose 2 questions subsidiaires :
    
     - comment la Révolution bolchevique, autoritaire et disciplinée a-t-elle pu fasciner un courant épris de "liberté" ?
        
     - pourquoi le Parti Bolchevik, structuré sur le mode marxiste de manière rigide et centralisé, a-t-il accepté l'entrée des anarchistes dans la IIIème Internationale Communiste ?

     A la fin du XIXème siècle, plusieurs traits rapprochent l'Espagne de la Russie. Par  rapport au reste de l'Europe occidentale, où le capitalisme est déjà bien en place, ce sont des pays "sous-développés". L'agriculture y est encore dominante, la révolution bourgeoise balbutie et 2 courants révolutionnaires antagoniques y ont surgi sur la scène historique : l'anarchisme, qui s'enracinera en Espagne et le marxisme qui aura un impact déterminant sur la Russie pré-révolutionnaire.
     Tout d'abord leurs ennemis communs les confondent, avant qu'ils ne deviennent à leur tour "frères ennemis". Petite remarque : le russe Mikhaïl Bakounine, père fondateur de l'anarchisme espagnol et son compatriote Piotr Kropotkine, également influent en Espagne, ne connurent jamais d'activité politique militante dans leur pays d'origine. Et pour cause : c'est à l'étranger qu'ils devinrent anarchistes.


Bakounine-par-Nadar.jpg

    

Kropotkine.jpg










                                                       (Kropotkine)
(Bakounine)
    

     Vers 1870, l'économie espagnole est au seuil d'un développement capitaliste. Certaines théories philosophiques pré-bourgeoises venues d'Angleterre et de France y sont encore vivaces. Dès sa naissance, la pensée libertaire espagnole porte le sceau de l'Esprit philosophique des Lumières. Elle conçoit une foi inaltérable dans le progrès et la capacité de l'homme à dompter la nature et transformer le monde.
      Une autre influence va peser sur l'anarchisme : le socialisme utopique, doctrine qui repose sur la communauté des biens, le travail obligatoire pour tous et la redistribution équitable de la production.
     Le marxisme reprit en partie ce programme, mais il se débarrassa de sa vision idéaliste de l'homme, notamment la croyance en la transformation de la nature humaine par l'éducation.

     L'anglais Robert Owen (1771-1858), manufacturier prospère devenu théoricien socialiste, réalisa la première tentative de coopératisme autogestionnaire, une des idées-clés de l'anarchisme. Les partisans du socialisme dit "scientifique", constatant l'impossibilité de créer artificiellement des mini-sociétés idéales à l'intérieur du monde capitaliste, rejetèrent les idées d'Owen.


Owen.gif(Robert OWEN)

    
     Le socialisme scientifique avait surgi du développement industriel gigantesque de la 2ème moitié du XIXème siècle et jeté ses bases théoriques sur ce support matériel "objectif". Ses promoteurs, Karl Marx et Friedrich Engels, publient en 1848 le "Manifeste du Parti Communiste", parution accompagnant le surgissement du mouvement ouvrier. Les 2 compagnons de lutte ont tiré des leçons de l'échec des révolutions de 1848 en France et en Allemagne. Le matérialisme dialectique s'oppose au socialisme utopique et à l'anarchisme, trop imprégnés de l'idéalisme du XVIIIème siècle.
      

Manifeste.png

     En effet, l'anarchisme envisage la réalité objective comme une création de "l'Esprit", alors qu'à contrario, le matérialisme dialectique pose la primauté de la nature par rapport à l'esprit, la pensée et la conscience humaine comme produits du cerveau et, en dernière instance, produits de la matière donc de la nature.
        Dans la vision idéaliste, l'être humain est abstrait, il est un "individu" en soi, un être moral partagé entre le "bien" et le "mal" ; dans celle du matérialisme, il est le produit de l'ensemble de tous les rapports sociaux. D'un côté, évolution linéaire et progressive, de l'autre, évolution "par bonds, par catastrophes, par révolutions, par solutions de continuité" (Henri Arvon, L'anarchisme).

     L'opposition anarchisme/marxisme trouve son origine dans l'opposition idéalisme/matérialisme. Bien que les 2 théories révolutionnaires semblent puiser aux mêmes sources, en réalité les 4 composantes principales de l'anarchisme sont :

     - la philosophie des Lumières ;
     - le socialisme utopique ;
     - l'idéalisme hégélien ;
     - le christianisme.

     Alors que le marxisme est la synthèse de 3 écoles :

     - la philosophie allemande ;
     - l'économie anglaise ;
     - le socialisme français.

    
(Hegel)


     On trouvera que que le seul point commun entre les 2 se trouve être le philosophe allemand Friedrich Hegel (1770-1831), en n'omettant pas de préciser que le marxisme rejette l'idéalisme hégelien mais reprend à son compte sa dialectique. Marx, ayant discerné l'importance de la dialectique hégelienne, l'a "remise sur ses pieds", c'est-à-dire qu'il lui a donné une base matérialiste :

     "La production des idées, des représentations et de la conscience est d'abord directement et intimement liée à l'activité matérielle et au commerce matériel des hommes, elle est le langage de la vie réelle" (K.Marx, L'Idéologie allemande).

     Il est à noter qu'une des 3 sources du marxisme, l'économie anglaise, fut refusée par l'anarchisme justement parce qu'elle reposait sur des bases matérialistes.  Donc, 2 formes distinctes de conscience politique, assimilant des aspects différents des mêmes courants philosophiques, finirent par s'opposer irrémédiablement.

      L'incompatibilité d'idées entre les libertaires espagnols et les bolcheviks russes, la difficulté des informations à circuler contribuèrent à accroître l'incompréhension mutuelle. Les composantes anarchistes que sont l'idéalisme, le rationalisme, le socialisme utopique, le christianisme et un soupçon d'individualisme romantique constituaient autant de freins à la compréhension des tâches urgentes que réclamait la Révolution d'Octobre.

[Tina LOBA]  
Partager cet article
Repost0
19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 09:56


L'IMPERIALISME, STADE SUPRÊME DU CAPITALISME

undefined(Au stade impérialiste, la crise du système devient chronique ; seul un nettoyage radical guérira l'humanité de ce fléau)

    
     Le krach boursier récent s'est transformé en une énième crise économique mondiale. La prospérité capitaliste - fondée sur la sueur et le sang des salariés - étant mise à mal, à nouveau s'agitent comme des papillons de nuit devant l'ampoule électrique les myriades de "spécialistes" économistes, politologues démagogues et autres consultants débilitants débitant des tonnes de débilités. La classe dirigeante mondiale, constituée par autant de bourgeoisies nationales concurrentes économiquement et solidaires politiquement, déchante. Les prévisions de "croissance" (= accumulation élargie de capital = exploitation accrue des "ressources humaines") sont revues à la baisse ; le spectre de la "croissance zéro" hante à nouveau les places financières.
     Comment le système économique mondial peut-il se sortir de cette nouvelle crise ? Dans l'immédiat, il aura recours aux Banques centrales qui, pour éponger les dettes du privé, effectueront l'habituelle ponction sur les salariés. Les dirigeants soi-disant "néo-libéraux" ne le sont que dans la mesure où les profits augmentent et le capital s'accumule. Que surgisse l'iceberg d'une crise mondiale et c'est "tout le monde sur le pont!" On en appelle au secours de l'Etat qui, de frein à la croissance et taxateur abusif,  devient l'ultime bouée de sauvetage avant le gros bouillon.
     D'anciens patrons du FMI, de la Banque Mondiale ou de tout autre organisme philanthropique du même acabit y vont de leur petit commentaire, de leur petite analyse du moment ou de leur petit opuscule. Ils oublient vite ce dont hier ils se lamentaient, à savoir que ce sont les "entraves" étatico-bureaucratiques à la libre circulation du capital qui provoquent les crises. Et de ronchonner après "l'incompétence" des ministres et des "fonctionnaires" qui volent les stock-options dans l'attaché-case du malheureux PDG.
        Ces gens-là sont les fruits gâtés du Marché mondial. Ils ne vont certes pas aller rechercher la cause réelle des crises périodique du système. Ils ne vont pas expliquer aux "petits porteurs" ruinés que ce ne sont pas les Etats nationaux qui provoquent les crises mais la contradiction fondamentale entre les forces productives que le capital a développées et les rapports de production capitalistes fondés sur l'appropriation privée du produit du travail. Ils ne vont pas mettre en perspective toute l'histoire de l'accumulation capitaliste afin que chacun puisse constater simplement que ce n'est qu'une succession de crises périodiques, de guerre économique permanente entre 2 guerres "cinétiques". S'ils faisaient cela, ils se renieraient eux-mêmes.
       Force restera donc à l'impérialisme mondial. Pour le moment historique. Car chaque enfièvrement ne fait que rapprocher le monde de l'affrontement inéluctable entre les 2 classes fondamentales de la société, affrontement dont l'issue résoudra la question vitale pour l'avenir de l'humanité :

     afin de s'arracher du cycle infernal de la croissance, de l'accumulation, de l'élargissement et des crises du mode de production, 3ème guerre ou révolution mondiale?
    


CHAPITRE X : LA PLACE DE L'IMPERIALISME DANS L'HISTOIRE

    
     "Nous avons vu que, par son essence économique, l'impérialisme est le capitalisme monopoliste. Cela seul suffit à définir la place de l'impérialisme dans l'histoire, car le monopole, qui naît sur le terrain et à partir de la libre concurrence, marque la transition du régime capitaliste à un ordre économique et social supérieur. Il faut noter plus spécialement quatre espèces principales de monopoles ou manifestations essentielles du capitalisme monopoliste, caractéristiques de l'époque que nous étudions.

     Premièrement, le monopole est né de la concentration de la production, parvenue à un très haut degré de développement. Ce sont les groupements monopolistes de capitalistes, les cartels, les syndicats patronaux, les trusts.
(...) Au début du XXème siècle, ils ont acquis une suprématie totale dans les pays avancés...
    
     Deuxièmement, les monopoles ont entraîné une mainmise accrue sur les principales sources de matières premières... Le monopole des principales sources de matières premières a énormément accru le pouvoir du grand capital et aggravé la contradiction entre l'industrie cartellisée et l'industrie non cartellisée.


     Troisièmement, le monopole est issu des banques. Autrefois modestes intermédiaires, elles détiennent aujourd'hui le monopole du capital financier. Trois à cinq grosses banques, dans n'importe lequel des pays capitalistes les plus avancés, ont réalisé l'"union personnelle" du capital industriel et du capital bancaire, et concentré entre leurs mains des milliards et des milliards représentant la plus grande partie des capitaux et des revenus en argent de tout le pays. Une oligarchie financière qui enveloppe d'un réseau serré de rapports de dépendance toutes les institutions économiques et politiques sans exception de la société bourgeoise d'aujourd'hui : telle est la manifestation la plus éclatante de ce monopole.

     Quatrièmement, le monopole est issu de la politique coloniale. Aux nombreux "anciens" mobiles de la politique coloniale le capital financier a ajouté la lutte pour les sources de matières premières, pour l'exportation des capitaux, pour les "zones d'influence", - c'est-à-dire pour les zones de transactions avantageuses, de concessions, de profits de monopole, etc., - et, enfin, pour le territoire économique en général".

     "Tout le monde sait combien le capitalisme monopoliste a aggravé toutes les contradictions du capitalisme. Il suffit de rappeler la vie chère et le despotisme des cartels. Cette aggravation des contradictions est la plus puissante force motrice de la période historique de transition qui fut inaugurée par la victoire définitive du capital financier mondial.

     Monopoles, oligarchie, tendances à la domination au lieu des tendances à la liberté, exploitation d'un nombre toujours croissant de nations petites ou faibles par une poignée de nations extrêmement riches ou puissantes : tout cela a donné naissance aux traits distinctifs de l'impérialisme qui le font caractériser comme un capitalisme parasitaire ou pourrissant. C'est avec un relief sans cesse accru que se manifeste l'une des tendances de l'impérialisme : la création d'un "Etat-rentier", d'un Etat-usurier, dont la bourgeoisie vit de plus en plus de l'exportation de ses capitaux et de la "tonte des coupons". Mais ce serait une erreur de croire que cette tendance à la putréfaction exclut la croissance rapide du capitalisme ; non, telles branches d'industrie, telles couches de la bourgeoisie, tels pays manifestent à l'époque de l'impérialisme, avec une force plus ou moins grande, tantôt l'une tantôt l'autre de ces tendances. Dans l'ensemble, le capitalisme se développe infiniment plus vite qu'auparavant, mais ce développement devient généralement plus inégal, l'inégalité de développement se manifestant en particulier par la putréfaction des pays les plus riches en capital
". [voir les Etats-Unis aujourd'hui]

     "...à l'époque de l'impérialisme, les plus grandes différences politiques sont extrêmement atténuées, non point qu'elles soient insignifiantes en général, mais parce que, dans tous ces cas, il s'agit d'une bourgeoisie ayant des traits parasitaires nettement affirmés.

     Les profits élevés que tirent du monopole les capitalistes d'une branche d'industrie parmi beaucoup d'autres, d'un pays parmi beaucoup d'autres, etc., leur donnent la possibilité économique de corrompre certaines couches d'ouvriers, et même momentanément une minorité ouvrière assez importante, en les gagnant à la cause de la bourgeoisie de la branche d'industrie ou de la nation considérées et en les dressant contre toutes les autres. Et l'antagonisme accru des nations impérialistes aux prises pour le partage du monde renforce cette tendance. Ainsi se crée la liaison de l'impérialisme avec l'opportunisme...
(...) ...la rapidité particulière et le caractère particulièrement odieux du développement de l'opportunisme ne sont nullement une garantie de sa victoire durable, de même que le prompt développement d'une tumeur maligne dans un organisme sain ne peut qu'accélérer la maturation et l'élimination de l'abcès et la guérison de l'organisme".

     "De tout ce qui a été dit plus haut sur la nature économique de l'impérialisme, il ressort qu'on doit le caractériser comme un capitalisme de transition ou, plus exactement, comme un capitalisme agonisant. Il est extrêmement instructif, à cet égard, de constater que les économistes bourgeois, en décrivant le capitalisme moderne, emploient fréquemment des termes tels que : "entrelacement", "absence d'isolement", etc. ; les banques sont "des entreprises qui, par leurs tâches et leur développement, n'ont pas un caractère économique strictement privé et échappent de plus en plus à la sphère de la réglementation économique strictement privée".

     "Quand une grosse entreprise devient une entreprise géante et qu'elle organise méthodiquement, en tenant un compte exact d'une foule de renseignements, l'acheminement des deux tiers ou des trois quarts des matières premières de base nécessaires à des dizaines de millions d'hommes; quand elle organise systématiquement le transport de ces matières premières jusqu'aux lieux de production les mieux appropriés, qui se trouvent parfois à des centaines et des milliers de verstes [une verste = 1 km] ; quand un centre unique a la haute main sur toutes les phases successives du traitement des matières premières, jusque et y compris la fabrication de toute une série de variétés de produits finis ; quand la répartition de ces produits se fait d'après un plan unique parmi des dizaines et des centaines de millions de consommateurs, ... alors, il devient évident que nous sommes en présence d'une socialisation de la production ... et que les rapports relevant de l'économie privée et de la propriété privée forment une enveloppe qui est sans commune mesure avec son contenu, qui doit nécessairement entrer en putréfaction si l'on cherche à en retarder artificiellement l'élimination, qui peut continuer à pourrir pendant un laps de temps relativement long (dans le pire des cas, si l'abcès opportuniste tarde à percer), mais qui n'en sera pas moins inéluctablement éliminée".

 


[V. LENINE, L'impérialisme, stade suprême du capitalisme]

[Ecrit de janvier à juin 1916 ; publié pour la première fois en avril 1917 à Pétrograd]
Partager cet article
Repost0
18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 16:27


ELASTICITE DE LA MORALE BOURGEOISE


Trotski---Alma-Ata.jpg(1928 : Léon Trotski exilé à Alma-Ata, Kazakhstan, avec sa famille)



     "La morale de ces messieurs consiste en règles conventionnelles et en procédés oratoires destinés à couvrir leurs intérêts, leurs appétits, leurs craintes. Ils sont pour la plupart prêts à toutes les bassesses - au reniement, à la perfidie, à la trahison - par ambition et lucre. Dans la sphère sacrée des intérêts personnels, la fin justifie pour eux tous les moyens. C'est justement pourquoi il leur faut un code moral particulier, pratique et en même temps élastique, comme de bonnes bretelles. Ils détestent quiconque livre aux masses leurs secrets professionnels. En temps de paix, leur haine s'exprime par des injures, vulgaires ou "philosophiques". Quand les conflits sociaux revêtent la forme la plus aiguë,...ces moralistes...exterminent les révolutionnaires".

(Leur morale et la nôtre, 1938)
Partager cet article
Repost0
16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 10:52
CITOYENNES, CITOYENS DE FRANCE !

LE SOUS-LIEUTENANT KARPOV VOUS ADRESSE SES FELICITATIONS REVOLUTIONNAIRES



cochon-d-Inde.jpgundefinedundefinedbobos.jpgundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedrolex-copie-1.jpgundefined

undefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedundefinedurne-copie-1.jpgcaviar.jpg
     EN EFFET, CE DIMANCHE 16 MARS 2008, VOUS AVEZ ETE UNE LARGE MAJORITE A NE PAS ACCOMPLIR LE GESTE INUTILE CONSISTANT A GLISSER UN FEUILLET DE PAPIER DANS LA FENTE D'UNE URNE FUNERAIRE.
Partager cet article
Repost0
14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 16:03

    
undefined



    
     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".

    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".

    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".

    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".

    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran...qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".


N. Sarkozy, président de la république


ordre-religieux.jpg
     
    Le "drame" du XVIème siècle, de la Renaissance et des grandes conquêtes civilisationnelles, est né dans la ferveur religieuse chrétienne, redoutablement présente tout au long de l'effacement des millions d'Indiens qui, durant des millénaires, avaient vécu sans le "dieu" des Civilisés.
        Grace aux théologiens, les enseignements de la Bible et de la parole christique s'accommodèrent largement de ce qui se perpétrait
dans le Nouveau Monde par l'épée et par la croix. Au nom du totalitarisme divin, les populations indigènes furent christianisées jusqu'à l'épuisement des insurrections indiennes, perdurant jusqu'aux mouvements d'indépendance nationale. 


DEVOIR DE MEMOIRE : 1492-1550 AMERIQUE DU SUD
   
IV

      Cortes-et-Cuauhtemoc.jpg

    
     Le 13 août 1521 à Tenochtitlan (Mexique), Cuautehmoc, le dernier Empereur Aztèque, rend les armes au chef Conquistador Hernan Cortés qui, 4 années plus tard, le fera pendre.
     
     Tenochtitlan-IV.jpg

          L'armée espagnole, aidée par les peuples rivaux des Aztèques a rayé Tenochtitlan des cartes terrestres du Nouveau Monde, là où bientôt se dressera Mexico.
     
     Mexico.jpg

     Les Mexicains savaient proche la fin de leur monde. Lorsqu'ils virent les premiers "dieux barbus" venus de la mer poser le pied sur leurs rivages, les "Barbares" comprirent rapidement que ces visiteurs étaient là pour y demeurer et les anéantir, eux et leurs dieux, leurs temples, leurs cités.
    

arriv-e-des-Conquistadors.gif

     Les Mayas, les Aztèques ou les "Mexicas" considèrent que l'arrivée des Conquistadors est inscrite dans leur genèse, annonçant la  disparition imminente des peuples Sud-Américains. Cette croyance s'accorde miraculeusement avec celle des envahisseurs venus d'Espagne, persuadés, eux, d'être les propagateurs de la "vraie foi" et de la parole du "Christ-roi", pour "sauver" parmi les Indiens ceux d'entre eux qui peuvent l'être (ainsi que les survivants des massacres et des épidémies importées d'Europe).
    

caravelles.jpg

     Entre 1492, lorsque Christophe Colomb débarque à Guanahani (San Salvador) et 1550, disparaît tout le monde Indien et ses composantes. Il a fallu moins de 60 ans aux Conquistadors pour anihiler peuples et civilisations qui venaient d'aussi loin qu'eux dans le temps. Ces envahisseurs redoutables ne sont qu'une première avant-garde de la Civilisation européenne, le bras armé d'une économie en pleine expansion.
    
     Colomb.gif
(Christophe Colomb)
    
    
     La conquête du continent Sud-Américain est la conséquence nécessaire du besoin d'extension de l'Europe ; ce cataclysme impulse la Renaissance, la Renaissance européenne qui fleurit sur l'anéantissement des Civilisations Indiennes.
   
     L'aspect prosaïque de la conquête est loin d'être négligeable : main-mise sur les terres, les hommes et leur force de travail, les femmes et leurs capacités procréatrices, richesses, voies de communication ; la serre gigantesque qui recouvre le Nouveau Monde fait passer en un éclair les civilisations indiennes au néant. Cette main basse
a fuego y a sangre sur un continent a nécessité force massacres, mais aussi l'esclavagisme et encor l'atomisation des Indiens en tant qu'Indiens.
    

esclaves-Mayas.jpg

     Les effigies, les représentations de divinités sont pulvérisées sous les yeux de leurs adorateurs, les chamans et les officiants cultuels tués
systématiquement, les coutumes proscrites sous peine de mort. Les conquérants eurent la présence d'esprit de dresser les enfants contre les parents, d'apprendre aux populations indigènes à haïr le passé révolu. Ils eurent l'ingéniosité d'instiller dans les coeurs sauvages des envies et des rivalités jusqu'alors inconnues de ceux-là, de distiller dans les estomacs l'alcool qui fait dégénérer corps et esprit, bref de renvoyer aux Indiens une image dégradante et avilie d'eux-mêmes
    
     Malgré l'interdit officiel prôné par l'Eglise,
la procréation d'une race nouvelle - les métis - qui fera tampon entre Blancs et Indiens, est mise en oeuvre avec ferveur. Ce métissage démultiplie les groupes sociaux hétéroclites entrant directement en concurrence pour trouver leur place dans la nouvelle société ou simplement survivre. En outre, les métis partagent avec les Civilisés blancs un dédain des Indiens "purs", quand ce n'est pas une haine instinctive à l'égard des demi-frères ennemis.
   
     L'injustice est sanctifiée. La spoliation, l'expropriation se font au détriment des Indigènes pour le plus grand profit des conquérants, arbitraire avalisé par des textes de lois conçus sur mesure, justifiant outrageusement les dépossessions. Tout cet écheveau juridique permettra l'anihilation pure et simple des sociétés indiennes, jusqu'à l'indépendantisation du continent Sud-Américain sur lequel perdure
malgré tout l'infériorité sociale des descendants d'Indiens.
     
     Les Conquistadors surent utiliser
à dessein les fléaux qui les accompagnaient  : épidémies et famines sont autant de démonstrations de la volonté divine, de ce que le Tout-Puissant n'admet qu'une loi, la sienne naturellement, dont les conquérants sont les officiants consacrés. En un demi-siècle, la population indienne disparaît dans sa quasi-totalité. Au Mexique, ce sont les Aztèques, les Zapotèques, les Nayars, les Pupurechas. En 1520 ils étaient 25 millions ; moins de 30 ans plus tard, il n'en reste plus que 7 millions.
    
Dit autrement, un génocide.
    
     Azt-que.jpg

     La paix civilisationnelle peut régner sur les mondes calcinés, les rois et les princes exécutés sommairement, sociétés éteintes brutalement tel des candélabres par un souffle tempétueux. Selon les théologiens de la "vraie foi", rien que de plus naturel, car inscrit dans l'ordre divin : les sauvages n'ont aucune spiritualité, plus proches de la bête démoniaque que de l'homme civilisé ; à ceux qui ont survécu au passage du cyclone de la chrétienté, il s'agit d'offrir généreusement une âme.
Au passage, l'indigène est sommé  d'être reconnaissant envers le Blanc qui extirpe en lui le Mal et les tares inhérentes à un monde inférieur, vices diaboliques que les prêtres cautérisent croix en main ; en échange, une âme pieuse, le rachat dans l'Au-delà des péchés inhérents aux races "inférieures". Les survivants de cette apocalypse mettront plus de 2 siècles pour voir enfin les lois en vigueur les considérer comme égaux en "droits" aux Blancs et aux métis.
    
     Christ-Roi.jpg

     Pendant qu'en Europe, la Renaissance célèbre avec une vigueur juvénile des valeurs humanistes exhumées de la Grèce Antique et préparant les Révolutions à venir, la Civilisation judéo-chrétienne règne sur le continent Sud-Américain de toute sa
pure barbarie, prédation d'ordre religieux s'appuyant sur l'extermination et la spoliation systématisée, qui fondera par la suite sur d'autres continents les pratiques du colonialisme : esclavage, travail forcé, expropriations, écrasement des peuples, anéantissement des cultures.
    
     renaissance-humanisme.jpg

     "Le silence du monde indien est un drame dont nous n'avons pas fini de mesurer les conséquences. Drame double, car en détruisant les cultures amérindiennes, c'était une part de lui-même que détruisait le Conquérant, une part qu'il ne pourra sans doute jamais retrouver". (Jean Marie Gustave Le Clézio)


extermination-des-Mayas.gif    

(d'après J.M.G. LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)
  
 


Urne-fun-raire-Zapot-que.jpg

Partager cet article
Repost0
9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 20:39

undefined

     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".

    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".

    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".

    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".

    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran...qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".


N. Sarkozy, président de la république

     
    
     Les "drames" du XXème siècle plongent leurs racines dans l'essor de la Civilisation occidentale et son extension à la totalité de la planète.
     Les Conquistadors espagnols et portugais étaient les éclaireurs de cette civilisation-là, grâce auxquels elle produisit la "Renaissance", aussi bien économique que "spirituelle". Dans cet essor fulgurant, l'Eglise joua pleinement son rôle moral et spirituel, utilisant ses savants théologiens afin que l'extermination des peuples Indiens et la destruction totale de leur monde s'accordent avec le livre saint et l'esprit religieux.

     Sous cet angle, les déclarations du Président montrent clairement que, sous couvert de "devoir mémoriel" et de "spiritualité", il souhaite de toute son âme un rinascimiento religieux en ce début du IIIème millénaire. 



DEVOIR DE MEMOIRE : 1517-1521 TENOCHTITLAN MEXIQUE
 
   
III
     
    
     10 juillet 1520 : Hernan Cortés et son armée sont chassés de Tenochtitlan et coursés par l'armée des insurgés Aztèques. Dans la débâcle, ils oublient nombre de chevaux, laissent en plan le trésor de guerre qu'ils ont ponctionné sans limite ; leurs pertes en hommes sont considérables. Tout au long de cette Noche Triste, la situation des Conquistadors semble fortement compromise.
     

noche-triste-2.jpg

     Cortés réagit immédiatement à appelant les peuples rivaux à faire alliance avec lui. Son armée se renforce à nouveau des nombreux Indiens hostiles aux Aztèques. De toute manière, lorsque les conquérants essuient un refus, ils répondent par la mise à sac des villages séditieux. Pas une maison qui ne soit brûlée pour terroriser les rebelles éventuels. Ceux des Indiens n'ayant pas été tués sont marqués au fer rouge sur la face : "prise de guerre", et répartis "équitablement" entre les Conquistadors, qui emportent également les femmes indiennes susceptibles de les "distraire". Ainsi naîtront les métis.
    
     conquistadors-III.jpg

     La situation des populations autour de Tenochtitlan est catastrophique : la guerre et les maladies ont provoqué une famine qui entraîne une hécatombe. Pour les Indiens, cela ne peut signifier qu'une chose : les dieux barbus sont venus de la mer pour anéantir leur monde. Désormais, ils se battent avec une férocité d'autant plus grande qu'elle est la marque d'une certitude : la fin du monde est proche.
    
      Les soldats Espagnols capturés sont sacrifiés à Huitzilopochtli, dieu du Soleil et de la Guerre ; la peau de leur visage est envoyée aux autres peuples rebelles pour les exciter davantage - si besoin était - contre l'occupant.
    

Huitzilopochtli.jpg(Huitzilopochtli)

    
     Le 13 mai 1521, Hernan Cortés porte son attaque sur Tenochtitlan. Sa troupe s'est renforcée de 25 000 Indiens. La ville est coupée du reste du pays ; le canal qui amenait l'eau à la cité est rompu ainsi que l'approvisionnement. Pourtant, la cité Aztèque tiendra 3 mois ; bataille après bataille les Conquérants sont bloqués devant les digues posées sur la lagune.
    
     Siege-of-Tenochtitlan.jpg

     Après la mort de Moctezuma et de son frère Cuitlàhuac, le nouvel Empereur Aztèque se nomme Cuauhtemoc ("Aigle Tombant"). Neveu de Moctezuma, il n'a que 24 ans mais à cette âme bien née, la valeur n'a pas attendu le nombre des ans. Cortés propose au jeune Empereur de faire la paix au prix du pardon des Espagnols. Pas de réponse autre de la part de Cuauhtemoc qu'un silence méprisant.
Plus tard, l'envahisseur lui fera payer cet affront.
    
     cuauhtemoc.gif(l'Aztèque Cuauhtemoc, le dernier Empereur)

    
     Cuauhtemoc sait que le combat est perdu d'avance. Lors d'une énième offre de paix de Cortés, il se décide à parler :
    
     "Il vaut mieux que nous mourions tous dans cette ville que de nous voir à la merci de ceux qui feront de nous leurs esclaves et qui nous tortureront pour de l'or".
    
         Après, ce sera à nouveau le silence.
    
     Chaque nuit les cris des prisonniers Espagnols suppliciés vrillent les oreilles des assiégeants : amenés devant l'autel du sacrifice, les Aztèques les coiffent avec des plumes et les font danser. Puis, à l'aide d'un long couteau en silex, ils leur ouvrent la poitrine, leur arrachent le coeur pour l'offrir encor palpitant aux dieux. Les corps des malheureux sont ensuite jetés à bas des marches du Temple. Là, des bouchers leurs coupent les membres, prélèvent la peau du visage, qu'ils tannent et conservent ainsi que les barbes.
Les entrailles données aux pumas, ce qui reste est cuit avec du piment et consommé lors de beuveries cannibales. Les murs de Tenochtitlan résonnent chaque nuit de ces ripailles anthropophagiques.
    

sacrifice-Azt-que.jpg

     Il n'y a pas suffisamment de prisonniers pour nourrir tous les assiégés. La faim, la soif, les maladies déciment les Aztèques. Cortés réussit une percée dans le centre de la cité, que finit par lui abandonner Cuauhtemoc. Les assiégeants brûlent furieusement temples et idoles.
    
     L'Empereur fuit à bord d'une pirogue ; cependant un petit voilier espagnol lui bloque toute issue. Cuauhtemoc est capturé. On l'amène à Cortés et il lui dit :
    
     "Seigneur Malinche, j'ai fait ce que je devais faire pour défendre ma ville, et je ne puis plus rien. Et comme je viens devant toi de force et prisonnier, prends ce poignard que tu portes à ta ceinture et tue-moi".
    
     Cortés ne s'exécute pas. La mort serait trop douce au redoutable ennemi. En outre, les envahisseurs veulent connaître à tout prix la cachette où son oncle Moctezuma a dissimulé le trésor volé aux Aztèques. Dans ce but, Cuauhtemoc sera torturé durant 4 années, sans jamais céder à ses tortionnaires. En désespoir de cause, Cortés le fait pendre en compagnie de son cousin. Cette exécution éteint la dynastie des Aztèques et leur civilisation.
    
     capture-de-Cuauhtemoc.jpg(Cortés et Cuauhtemoc)

    
     La fin de Tenochtitlan, c'est celle des Aztèques. Au moins 300 000 d'entre eux sont morts, dont 40 000 dans la seule bataille de la reconquête.
Assistant à la chute de la cité Aztèque, Bernal Dìaz del Castillo écrira un demi-siècle plus tard dans "Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle Espagne" :
    
     "Je le dis, et je le jure, amen, toutes les maisons et les terres de cette lagune étaient jonchées de têtes coupées et de cadavres, et je ne sais comment l'écrire. ... J'ai lu la destruction de Jérusalem. Mais je ne peux dire en vérité si ce fut un plus grand carnage que celui-ci, car ont disparu de cette ville tant de gens, guerriers venus de toutes les provinces et de toutes les villes assujetties à Mexico, et tous sont morts ; et, comme je l'ai dit, tout le sol et la lagune et les terrains étaient recouverts de cadavres, et cela sentait si mauvais qu'aucun homme n'aurait pu le supporter".
    
     undefined(Bernal Dìaz del Castillo

    
     Le silence de la mort, de la destruction et de la calcination s'est abattu sur Tenochtitlan et sur le Nouveau Monde en général. Tout a été emporté dans le flot de sang ;
peuples, légendes, mythes, divinités, rien n'y survivra.
     Ainsi fleurit la Renaissance et perdura la Civilisation "judéo-chrétienne".

undefined(Tenochtitlan)


(d'après Jean Marie Gustave LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)

          [à suivre]


   
Partager cet article
Repost0
9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 17:44

Appel à la vigilance non-citoyenne

undefined



undefinedundefinedundefinedundefined

CE DIMANCHE 9 MARS, AVEZ-VOUS PENSE A NE PAS ALLER VOTER ?

 
Partager cet article
Repost0