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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 00:00

LE PROCHAIN PAPE SERA FRANSOZICH

 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 10:17

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

X

       Bien qu'elle ait décomposé les anciennes classes dominantes, la stagnation économique laissa en Espagne un vide du pouvoir, aggravé par les séquelles des guerres carlistes - affrontements entre familles monarchiques rivales. Les "pronunciamentos" - coups d'Etat militaires - succédaient aux guerres de palais.
      



              Chaque nouveau régime se cassait aussitôt les dents sur les difficultés engendrées par la faiblesse du revenu national, qui ne pouvait assouvir les appétits des classes dominantes. Cette incurie provoque la méfiance et le mépris sinon l'indifférence des masses travailleuses à l'égard de l'action politique, parfois même le refus de celle-ci. Ainsi peut-on lire le 27 novembre 1871, dans "La Emancipaciòn", organe de la section anarchiste madrilène :

        "Travailleurs, nos frères, ne vous laissez pas séduire par les promesses et les flatteries de certains politiciens farceurs, aussi prodigues de paroles qu'ils sont avares d'actes. Ecartez-vous avec mépris de ces urnes électorales, d'où ne sortira jamais notre émancipation, ni notre indépendance".

        La déception populaire permanente envers la pratique gouvernementale espagnole, les promesses et les principes jamais respectés, le partage du pouvoir entre nobles, la corruption et la bureaucratie assurent le succès des attitudes anti-politique.

      Comme on peut le constater, le succès de l'anarcho-syndicalisme en Espagne fut davantage assuré par ses adversaires que par le mouvement anarchiste lui-même. Ce succès fut d'autant plus évident qu'il n'y avait pas de rival politique pour le partager, c'est-à-dire aucun courant social-démocrate.
    Quant au courant socialiste, il reste confiné pour l'essentiel dans les zones économiquement développées mais restreintes des capitales du Pays Basque et des Asturies. Sa croissance s'avère aussi lente que celle du capitalisme espagnol. Le mouvement socialiste ne commence à se propager dans d'autres zones comme, par exemple, Alicante, qu'à partir de 1910. Mais le manque de concentration industrielle et par conséquent l'absence d'une organisation en branches professionnelles, limitent la combativité du mouvement. Les syndicats s'organisent localement ; dans ces conditions il est difficile pour un mouvement révolutionnaire d'acquérir un poids déterminant.




             Si ce principe d'organisation n'a pas profité au mouvement socialiste qui aspirait à une centralisation, il a par contre constitué le terrain propice à l'enracinement des idées anarchistes. En effet le fédéralisme est la pierre angulaire de l'édifice libertaire. Or, le déclin de l'empire espagnol au XVIème et au XVIIème siècle provoqua un repli vers la communauté villageoise, vers une sorte d'autogestion que nécessitait une organisation à petite échelle. Voilà qui imprima dans la culture du peuple espagnol une inclination naturelle pour les idées et les méthodes libertaires.




         L'Espagne présentait ainsi toutes les conditions favorables à la diffusion des idées anarchistes. La décadence de l'empire imprima à la société des tendances centrifuges, favorisant les attitudes apolitiques d'une large couche de population défavorisée. Par exemple en Catalogne, le fait que les structures économiques et sociales soient plus développées et diversifiées que dans d'autres régions, déboucha sur des velléités séparatistes. La croissance économique tendait à accroître les divergences avec le reste de l'Espagne agraire, dont l'économie avait tendance à stagner.
      



              L'attitude du monde ouvrier procède du même désir d'une action politique autonome. En adhérant en masse à la C.N.T. fondée en 1910, les travailleurs ne se rallient pas seulement à la tactique de l'action directe, excluant toute médiation gouvernementale dans les conflits avec le patronat. Au niveau national, ils adoptent la conception fédéraliste que longtemps, les anarchistes catalans ont été les seuls à préconiser. De là naît le quasi-monopole exercé en catalogne par la C.N.T. ainsi que le décalage manifeste entre les luttes entreprises dans le reste du pays et l'apathie du prolétariat catalan. Le comportement des travailleurs reflète leur condition de déclassés ; ils se montrent plus réceptifs à la prédication anarchiste qu'au réformisme des socialistes espagnols, dont le marxisme hésitant et quelque peu schématique fait pâle figure à côté de l'idéologie libertaire, simple et directe, qui répond aux aspirations multiples des travailleurs.

            


           La Russie suivit un autre chemin, malgré toutes les ressemblances que l'on a déjà abordées. Il se produisit une forte concentration du capital, liée à un développement capitaliste accéléré. A l'inverse de l'Espagne, ce furent les tendances centripètes qui l'emportèrent. Notamment les chemins de fer, qui contribuèrent à consolider l'économie nationale. En effet, ils reliaient les régions agricoles avec les pôles industriels, les banlieues avec les centres urbains, ce qui favorisait division sociale du travail et croissance du marché. L'apparition et l'augmentation de la part de l'industrie lourde stimulent le crédit bancaire. Les capitaux circulent de plus en plus vite entre commerce, industrie et banque. A l'orée du XXème siècle, la Russie apparaît comme un empire immense, doté d'une superstructure étatique centralisée, orienté vers l'unité nationale et pratiquant quand il le faut une répression intérieure impitoyable grâce à sa police et à son armée.
          Dans ces conditions, l'idéologie révolutionnaire qui réussit à s'imposer en Russie était bien différente de celle qui avait pénétré en Espagne. Les origines mêmes de l'implantation de l'anarchisme dans la péninsule ibérique et du marxisme dans la future U.R.S.S. montrent clairement que ces deux théories furent incompatibles pratiquement dès leur naissance.

[Tina LOBA]



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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 08:37





LES SOCIO-LISTES


Y'en a cent sur 50 et pourtant ils sont tristes
La plupart fatigués allez savoir pourquoi
Faut croire que dans la France on ne les comprend pas
Les socio-listes

Ils ont tout ramassé
Des beignes et des procès
Ils ont pleuré si fort
Qu'ils peuv'nt pleurer encore
Ils ont des haut-le-coeur
Et des rêves d'ascenseur (social)
Et puis l'âme toute mitée
Par des pauvres idées

Y'en a pas un d'honnête et pourtant ils persistent
La plupart pleins aux as et pourtant malheureux
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on se fout d'eux
Les socio-listes

Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pour quoi ?
Avec le vote au poing
Dans les urnes ou dans rien
Avec l'air ennuyé
Qui fait le sang versé
Ils sont frappés si fort
Qu'ils peuvent gémir encor

Y'en a cent sur 50 et pourtant ils sont tristes
Et s'il faut commencer par les coups d'pied au cul
Faudrait pas oublier qu'y'en a guère à la rue
Des socio-listes

Ils ont un drapeau rose
En berne sur les poires
Pas de guilis-guilis
Pour traîner dans la vie
Des cure-ongles pour trancher
La mie de l'amitié
Et des armes rouillées
Pour s'entre-dérouiller

Qu'y'en ait pas un d'honnête et qu'pourtant ils persistent
Et qu'ils se tiennent bien le bras dessus bras dessous
Avec les banquiers, pour ça ils sont toujours debout
Les socio-listes

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 15:59

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

IX

        En ce qui concerne la société espagnole, la situation conflictuelle au début du XXème siècle est moins intense qu'il n'y paraît. Malgré le fossé infranchissable entre humbles et puissants ou à cause de lui, la société conserve un visage traditionnel.
    Dans l'agriculture, ceux qui avaient été déçus par l'impuissance politique des Républicains et afin d'anéantir l'intolérable injustice dénoncée par Bakounine, placent leurs espoirs dans le collectivisme agraire.
         



       Avec les années, le mouvement anarchiste acquiert un caractère plus radical qui débouchera sur les attentats individuels et le terrorisme.

        La croissance d'un mouvement ouvrier engendre nécessairement des désaccords au sujet de la tactique révolutionnaire. De part sa nature et ses origines, l'anarchisme éprouvait les pires difficultés à s'adapter au monde de la grande industrie, basé sur la concentration et la centralisation autoritaire.

      "Vouloir abolir l'autorité dans la grande industrie, c'est vouloir abolir l'industrie elle-même, c'est détruire la filature à vapeur pour retourner à la quenouille" (Friedrich Engels).

    


        Dans les conditions d'un développement industriel maximum, la classe ouvrière assimila rapidement le marxisme. Mais dans des aires économiquement arriérées, le retard de l'industrie conduisit, pour certains partisans du mouvement ouvrier, à ne défendre que certains mots d'ordre et revendications, ce qui indiquait qu'ils n'avaient assimilé le marxisme qu'en partie seulement.
        On a vu que, dans le cas de l'anarchisme, ne demeuraient en gros que la Révolution sociale, la disparition de l'Etat bureaucratique et son remplacement par la simple administration de la production et de la distribution.
       D'autre part le matérialisme dialectique considère que l'évolution sociale s'accomplit par le dépassement de ses contradictions. Par voie de conséquence, le marxisme reconnaît le côté progressiste du capitalisme, qui détruit les anciens modes de production et permet un accroissement énorme des forces productives. En même temps c'est un système prédateur et périssable car, à un certain stade de son développement, il devient une entrave à la croissance de ces mêmes forces.
     Le capitalisme organise, développe et discipline les ouvriers, il en fait une force potentielle, la classe ouvrière. En même temps, par l'oppression il conduit ses esclaves salariés à la misère totale.




         "Le capitalisme crée lui-même son propre fossoyeur, il crée lui-même les éléments d'un régime nouveau" (V.Lenine, Karl Marx et sa doctrine).





           Cependant, dans la pensée de Marx ces éléments ne peuvent attenter à la domination du capital s'ils restent isolés. Pour les intégrer dans une vision historique, il faut une théorie qui soit une véritable arme idéologique, qui analyse et relie ces éléments et qui montre leur évolution. Naturellement le matérialisme dialectique, méthode d'analyse du marxisme, se fait fort d'accomplir cette tâche-là.

      A contrario, dans le mouvement anarchiste il n'est pas rare qu'un intellectuel qui s'intéresse au mouvement ouvrier finisse par ériger sa théorie propre, unilatérale, ayant plus ou moins assimilé les traits caractéristiques du développement capitaliste, sans les relier dans leur dynamique réelle. Ainsi l'anarcho-syndicaliste et poète catalan Angel Pestaña (1888-1937) avoue dans son livre autobiographique "Lo que aprendi en la vida" :

        "Mais suivant la trajectoire de toute ma vie, je tâche d'étudier, de savoir apprendre plutôt les leçons de la vie que celles que contiennent les livres. C'est dans le choc éternel et formidable que produisent les désirs, les égoïsmes, les ambitions et les aspirations que j'essaie d'étudier".

       
(Angel Pestaña)


        Pestaña prend méthodiquement les contradictions humaines - qu'il nomme les "chocs" - comme éléments d'analyse, il ne creuse pas dans les phénomènes sociaux mais dans les passions et les désirs individuels, il introduit le sentimentalisme dans son analyse politique !

          En revanche, on ne saurait jeter la pierre à ces travailleurs anarchistes, supportant d'interminables journées de dur labeur payé au plus bas prix, vivant en permanence dans l'angoisse de ne pouvoir subvenir aux besoins de leur famille. En général il ne leur restait que peu de temps et d'énergie pour l'étude, la théorie politique et l'organisation. En outre, l'absence d'une véritable concentration industrielle explicite en grande partie les difficultés d'organisation et de prise de conscience collective des ouvriers.

     


          Le mouvement anarchiste dans son ensemble traite d'ordinaire les problèmes politiques d'un point de vue individualiste et ceci, ajouté au manque de formation théorique, à l'inexistence de programme politique et à l'incompréhension du rôle d'une organisation centralisée, l'affaiblira considérablement.
         Dans les années 1930, Angel Pestaña lui-même a fini par admettre dans certaines limites le besoin vital d'un guide collectif pour lutter et détruire le régime capitaliste. Dans son livre "Por qué se constituyò el partido sindicalista" ("Pourquoi s'est constitué le parti syndicaliste"), il reconnaît que l'activité syndicale, limitée à la satisfaction des revendications économiques immédiates, n'occupe aucun rôle sur le terrain des idées :

       "Et ainsi on voit un jour le marxisme en train d'organiser syndicalement les travailleurs en leur proposant le guide tutélaire et spirituel afin qu'ils ne soient pas aveugles dans le monde".

           Même si, l'âge venant, il n'a toujours pas saisi qu'il ne s'agit pas de "spiritualité", il réalise tout de même la nécessité d'une méthode et d'un programme politiques, d'une action concertée et centralisée. Mais dans sa carrière militante, il a assez bien résumé les flottements, les imprécisions qui sont traditionnellement le fait des anarchistes.





[Tina LOBA]



  
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 16:10


(1913-2008)


Paroles d'Aimé

     "De ce mal du mien tu diras que toujours au seuil il buta de son galop amer que plus juste devant Dieu que leurs bouches exactes mon mensonge."

    



     
"Partir
Comme il y a des hommes hyènes et des hommes panthères, je serais un homme-juif, un homme-cafre,
un homme hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
L'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture...
"


   




   
  "à moi mes danses
      mes danses de mauvais nègre
      la danse brise-carcan
      la danse saute-prison
      la danse il-est-bon-et-beau-et-légitime-d'être-nègre
"




     "Il n'y a pas dans le monde un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé, en qui je ne sois assassiné et humilié."

    





    











     









    


    


    

     "les veines et la berge s'engourdissent d'étranges larves
      nous et nos frères
      dans les champs les squelettes attendent leurs frissons et la chair
      rien ne viendra et la saison est nulle.
"




      "J'ai acclimaté un arbre de soufre et de laves chez un peuple de vaincus.
       La race de terre la race par terre s'est connu des pieds.
"

    


       "Elan assassiné
      ne partirez-vous point ?
      Suivrais-je déjà les lourds chemins bis des pluies
                                                              et des coxalgies ?
      Ma décrépitude à genoux sanglote éperdument.
      Quelque part dans le monde un tam-tam bat ma défaite.
"

    



    "Mes souvenirs brament le rapt... le carcan
      la  piste dans la forêt
      le baracoon... le négrier
      Ils nous marquaient au fer rouge
      Et l'on nous vendait comme des bêtes, et l'on nous comptait les dents...
     et l'on nous tâtait les bourses, et l'on examinait le cati ou le décati de notre peau
et l'on nous palpait et pesait et soupesait
et l'on passait à notre cou de bête domptée le collier de la servitude et du sobriquet.
"

    







    









                       


    



    



     "O houle annonciatrice sans nombre de poussière de toute parole vineuse
       forces éruptives tracez vos orbes
       communications télépathiques reprenez à travers la matière réfractaire
"




         "A mesure que se mourait toute chose
      Je me suis, je me suis élargi
      et ma conscience plus large que la mer
      J'éclate. Je suis le feu, je suis la mer.
      Le monde se défait. Mais je suis le monde.
"




        "Barbare
      du langage sommaire
      et nos faces belles comme le vrai pouvoir opératoire
      de la négation.
"

    




   "toutes les violences du monde mort frappé de verges,
      exposé aux bêtes traîné en chemise, la corde au cou
      arrosé de pétrole
      et j'ai attendu en san-bénito l'heure de l'auto-da-fé
      et j'ai bu de l'urine, piétiné, trahi, vendu
      et j'ai mangé des excréments
      et j'ai acquis la force de parler
      plus haut que les fleuves
      plus fort que les désastres.
"

    



      "Soleil, aux gorges !
       Noir hurleur, noir boucher, noir corsaire
       endormi troupeau de cavales sous la touffe de bambou
       Assassin je t'acquitte au nom du
viol."


lui aussi

   
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 10:50

Retour Lifté




     Ciao, vous mé reconnaissez ? Ecco, ça fait la 3ème fois qué lé popolo d'Italia il mé réclamé pour sauver lé pays alors moi, qu'est-ce que vous voulez, jé souis altrouisté. Ca va faire plaisir à mon ami il piccolo présidenté francesi Nicolo. On a tutto en communi con il vostro présidenté, lé bellissimi ragazzi, la vita coultouralé, la pépetté et sopretutto, una sinistra come cual :






















    (ça c'est votre oppozitsioné...)                                                              (...et ça c'est la mienné )


     Capisch ?



                                                                                                (mi amico il Panzéré)
(mamma mia, come bella les Sarkozettés...)

(...ma no tanti belli come cual, la Bruni, qué lo Piccolo Nicolo il l'a piquée à l'Italia, no)
  (ecco, un Sancti Francese canonisato per il Papa germanico)
(c'est moi qué j'ai offert lé talonnetté à mi amico Nicolo Piccolo, fabricati spécialmente en Italia per mi amico Prada)
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 10:10

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

VIII

      


          
            Les conditions dans lesquelles se constitua l'industrie russe, la structure même de cette industrie déterminèrent le caractère social et la physionomie politique de la bourgeoisie du pays.
      La très forte concentration industrielle impliquait déjà par elle-même l'absence de hiérarchie intermédiaire entre sphères dirigeantes et masses populaires. Les entreprises et les banques les plus importantes étaient la propriété de capitalistes étrangers qui, loin d'appuyer la lutte pour un régime parlementaire, s'y opposèrent souvent, préférant garder le statu quo du tsarisme.
      La toute nouvelle bourgeoisie russe se retrouva donc isolée et adopta une attitude distante à l'égard des classes populaires et surtout du prolétariat, ce qui la rendit politiquement impuissante. Les ouvriers ne tardèrent pas à s'opposer à elle et à élargir leurs revendications économiques à des revendications politiques radicales.
       Etant donné ses intérêts communs avec les propriétaires fonciers, la bourgeoisie ne fut pas plus capable de s'allier la paysannerie. Les possédants, qu'ils soient industriels ou agricoles, redoutaient l'ébranlement de la propriété privée. Ils ne constituèrent donc pas une classe capable et désireuse de mener à bien une révolution nationale.
      Après l'abolition du servage et les réformes qui en découlaient, la bourgeoisie russe chercha protection auprès du régime tsariste, de son appareil bureaucratique, de sa police et de son armée comme barrières face aux secousses sociales. Ailleurs étaient les forces révolutionnaires.


(Alexandre II, le Tsar qui abolit le servage en 1861)

      
         De 1840 à 1890, soumise à la féroce répression d'un tsarisme coincé entre réformes et conservatisme, ce qu'on appela "l'intelligentsia" navigua entre diverses théories plus ou moins révolutionnaires, en en cherchant une qui soit l'expression des luttes incessantes.
     En la matière, tout ce qui venait d'Occident était avidement  repris et diffusé, notamment, venue de l'Europe, une théorie qui se voulait scientifique : le marxisme.
       Issus de la petite bourgeoisie aisée pour la plupart, comme Plekhanov, Lenine, Trotski, les révolutionnaires russes mirent toute leur énergie à acquérir une base de connaissances universelles, avant de la mettre au service de la cause prolétarienne. Du fait de l'émigration imposé par le tsarisme à ses leaders, la Russie révolutionnaire fut enrichie par cette confrontation avec les différentes formes du mouvement révolutionnaire international.


(l'introducteur du marxisme en Russie : Plekhanov)


       Si le marxisme s'impose alors en Russie, c'est aussi à cause du développement accéléré de l'industrie, qui entraîne une croissance rapide des effectifs ouvriers. Car la théorie introduite dans le pays par Georgui Plekhanov en 1881, se veut, entre autres, théorie et méthode de la lutte des classes, que le prolétariat est amené à affronter et à diriger. Cette toute jeune classe ouvrière ne vient pas de l'artisanat corporatif ; elle est issue du milieu rural, du village isolé, de la campagne immense. Léon Trotski insiste sur le fait qu'elle ne s'est pas formée petit à petit au cours des siècles, traînant le fardeau du passé et des traditions comme en Angleterre, mais que son histoire a procédé par bonds, par changements brutaux de situation et ruptures violentes avec ce qui existait la veille encore. Ces circonstances s'ajoutèrent à l'impitoyable répression tsariste :

        "...les ouvriers russes devinrent accessibles aux déductions les plus osées de la pensée révolutionnaire, de même que l'industrie russe retardataire se trouvait capable d'entendre le dernier mot de l'organisation capitaliste" (L.Trotski, Histoire de la Révolution russe).

    



          En effet l'organisation centralisée et disciplinée du système capitaliste amène les prolétaires à s'organiser sur le même mode, afin de retourner contre lui ses propres moyens d'oppression. La concentration des ouvriers dans de gigantesques entreprises favorise la propagation des idées marxistes. L'extrême dureté de leurs conditions de travail, la misère quotidienne qui est leur lot les font aspirer à un changement radical du mode de production. Le prolétariat russe, jeune et encore naïf, fait ses premiers pas politiques dans un Etat réactionnaire. La combinaison du despotisme tsariste avec le développement rapide du capitalisme est la meilleure école de formation politique : la loi interdit la grève, les réunions et les proclamations, les manifestations, amenant les ouvriers à s'organiser clandestinement et à s'affronter violemment contre les forces de répression. Pas à pas le tsarisme fut amené à céder du terrain.

          Forte d'une expérience des luttes de plus en plus riche, la classe ouvrière est amenée à se doter consciemment d'une théorie, le marxisme, dont elle va faire l'arme idéologique et politique pour mener à bien les combats décisifs à venir. Lenine, se référant à la période entre 1903 et 1917, écrit :

       "Aucun autre pays n'a connu une vie aussi intense quant à l'expérience révolutionnaire, à la rapidité avec laquelle se sont succédées les formes diverses du mouvement, légal ou orageux, clandestin ou avéré, parlementaire ou terroriste, de cercles ou de mouvement de masse" (La Maladie infantile du communisme).




[Tina LOBA]



 

     
         

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 15:33

TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER QUE DALLE


(des patronnes qui ne paient pas leurs employés, voilà ce à quoi a échappé la Frânce)


       Il aura fallu pas moins de 10 ans pour que justice bourgeoise somme la taulière occulte du PS de verser à 2 de ses employées la totalité des salaires qu'elle leur devait. Et y'en a pour bonbon ! 

    De 1995 à 1997, les 2 justiciables ont travaillé comme attachées parlementaires pour les beaux yeux de la mère Royal. Même une fois cette dernière intronisée ministresse de la propagande par le Pasteur Jospin, la non-rémunération du travail de ces 2 personnes avait perduré. Quand c'est pour la Gôche, c'est du bénévolat. 


       Ne voyant nulle espèce sonnante et trébuchante se pointer à l'orée de leur porte-monnaie, les salariées sans salaires ont fini par avoir recours aux prud'hommes. "Prud'hommes" signifie "prudents bons hommes" : les gugusses ont mis 3 semaines pour se décider à faire leur boulot (sans doute
impressionnés par l'aristocratesse). Ensuite, il ne leur a fallu qu'une petite dizaine d'années pour rendre une décision, c'est-à-dire accoucher d'une simple mise en demeure de la dame-patronesse avec prière de cracher au bassinet. Cependant, pas un sou d'amende, pas une seule demi-journée en garde-à-vue ou dans une taule pour femmes. Ces prud'hommes... aussi vaillants et courageux qu'un membre du MEDEF en faillite. La Justice a un bandeau sur les yeux mais dans certains cas, elle soulève un discret opercule pour voir à qui elle a à faire.

      Pour la petite histoire, la mère Royale avait débauché les 2 femmes pour travailler soi-disant sur le budget de l'Education Nationale mais elles s'étaient vite retrouvées à participer au service de propagande de la ministresse. Bref, avec le pognon des salariés la mère Ségo soignait son marketing personnel. Du classique.
       Les contrats étant bidonnés, les 2 employées finirent par rendre le torchon à la fille cachée de la mite errante et du Maréchal.

      Cette affaire a plongé le Sous-Lieutenant Karpov dans la confusion. Aujourd'hui il fait amende honorable :

         c'était donc vrai, la mère Royale était présidentiable ; elle avait, au moins autant que son  rival de nabot, "ce qu'il faut" pour gouverner. Peut-être aura-t-elle l'opportunité de le démontrer aux électeurs à la prochaine occasion...

      Pour la peine, le Sous-Lieutenant relira à haute voix le Manifeste du Parti Communiste de Karl et Friedrich.
 

 


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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 09:06

        
AUJOURD'HUI LES GUY MOQUET MEURENT TOUJOURS EN TAULE

    
       Jérémy Martinez est né il y a presque 20 années. Durant son enfance, il oscille entre 2 familles d'accueil, fugue, re-fugue, entre en délinquance en même temps que dans l'adolescence. Il squatte un peu avec des copains et découvre le "Tribunal pour Enfants". Quelques bris de "biens publics", quelques faux-chèques et vols de portable, quelques bagnoles piquées ça et là l'amènent à la majorité légale vers un petit "sommet" professionnel : le braquage d'un bureau de tabac. Il ne fera pas mieux et encaisse un an de taule. Lucide en ce qui le concerne,
il a demandé auparavant par écrit au juge pour enfants d'être suivi après ses 18 ans.
        
          Un garçon qui avait aussi appris à servir dans les restaus et à séduire les filles.

        
          Enfermé à la maison d'arrêt de Valence. Comme toutes les prisons françaises, celle-là est surpeuplée : 178 et parfois 200% de concentration carcérale. Elle a commencé d'héberger des Jérémy Martinez en 1866 et depuis, elle en accueille de plus en plus. Les prisonniers sont 3 minimum par cellule de 11m carrés.

           Ce samedi 1er mars, 3 femmes viennent visiter Jérémy à la Maison d'Arrêt, sa soeur, sa mère, sa grand-mère. Elles le trouvent dans tous ses états. 3 mois qu'il croupit là mais il fait front, il a décidé de s'amender. Comme dit dans une de ses lettres : "Je vais prendre du plomb dans la tête".
      
   Mais là il ne tient pas en place. Son visage est décoré de marques, le bras droit raide. A sa soeur il montre les plaies sur son torse. Aussitôt les 3 femmes réclament un médecin. Un surveillant s'amène, il fait la sourde oreille. Elles insistent ; la grand-mère demande au cerbère de ne pas remettre son fils en cellule au vu de son état physique et mental. L'uniforme garde bouche close, sauf pour susurrer quelque chose dans le pavillon du jeune détenu.
         Surgit une bonne femme, surveillante, qui détaille la procédure nécessaire à la demande d'examen médical : il faut un papelard écrit, concis ; de toute manière, l'infirmerie est fermée pour le week-end alors basta, rentrez chez vous Mesdames, l'administration s'occupe du reste.

        3 jours plus tard, la porte de la cellule s'ouvre et Jérémy Martinez est à l'intérieur mais il ne respire plus, le corps frappé de marques sur le cou, à la pommette, dans le dos. Une côte brisée, il a un sac plastique scotché sur la tête. L'administration conclut à un suicide.
         Mais sa mère, sa grand-mère, sa soeur savent que c'est une foutaise de l'Administration pénitentiaire, une horrible foutaise. Ne pas faire de vagues, ne pas pointer la carence française à l'heure où ce pays donne des leçons d'humanisme au reste du monde. Le Parquet de Valence s'est néanmoins senti tenu d'ouvrir une information judiciaire pour "homicide volontaire". La société de la compétitivité individualisée n'a pas permis à Jérémy Martinez de devenir autre chose qu'un paria et elle désire qu'il garde ce statut après sa mort.

          Parti avant d'atteindre "le plus bel âge de la vie".
    Les Guy Moquet d'aujourd'hui, c'est le déterminisme social qui les exécute. Dès la naissance chassés par les inégalités de la société mercantile, traqués par la course au vide, la recherche d'un travail à n'importe quel prix, l'exploitation démocratique, projetés d'agence intérimaires en officines d'extinction durable de la personnalité, les Guy Moquet d'aujourd'hui voit leur nom inscrit arbitrairement sur la liste noire des parias par la serre invisible du compétitivisme capitalistique.
     Disparu seul sur la ligne de front d'une société vidée de toute présence autre que "manageuriale", sa mémoire ne pourra lui être restituée que par la réappropriation armée de l'humanité par elle-même.

Ainsi sera-t-il

Sous-Lieutenant P.M. Karpov



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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 00:00

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

VII

      La croissance relative du mouvement ouvrier espagnol à la fin du XIXème siècle et au début du XXème était liée à la lenteur du développement industriel, lui-même hypothéqué par la perte des colonies. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, l'Espagne ne dispose plus d'aucun moyen financier capable de soutenir son développement.
     De 1860 à 1896 le  nombre d'ouvriers passe de 176 000 à seulement 244 000. La production des différents secteurs industriels augmente de façon inégale. Les principales exportations concernent les minerais (fer, plomb, cuivre, zinc, houille, etc.) mais ils n'occasionnent aucune amélioration technologique pour l'Espagne car, pour la plupart, ils sont transformés industriellement à l'extérieur du pays. Les financiers étrangers s'étaient tournés vers l'exploitation minière dont ils détenaient la majorité du capital et tiraient des profits quasi-coloniaux. La situation évoluera à partir de 1898, avec le rapatriement des fonds provenant des colonies récemment émancipées.
       La plupart des grandes banques espagnoles surgira de la capitalisation obtenue par l'exportation de minerai de fer vers la Grande-Bretagne.



    
        Le réseau ferroviaire augmente de 100% entre 1860 et 1886, sans que cela corresponde au modeste niveau d'industrialisation du pays. La cause en est l'espoir que le chemin de fer aiguillonnerait l'industrie. En réalité c'est toujours l'inverse qui s'est produit, notamment en Angleterre et en France. L'Espagne est une illustration significative de l'échec du volontarisme économique. L'expérience espagnole s'avérant peu rentable, les actions ferroviaires furent dévaluées et les investisseurs se retirèrent.

        Les industries de transformation sont généralement à l'état embryonnaire. L'industrie textile souffre de pénurie. L'Espagne doit acheter la matière première à l'extérieur et ses entreprises, essentiellement familiales, ne sont pas compétitives. On ne fabrique pas les machines. Dans la métallurgie, le nombre d'ouvriers est moins important que dans les mines.
      Le caractère limité et chaotique de l'industrie espagnole est le résultat direct de la pénétration des capitaux dans un pays semi-féodal. Malgré tout, en 1868 une révolution amène au pouvoir une bourgeoisie et crée par là les conditions favorables à l'implantation du capitalisme, qui va ainsi se développer.

       Dans ces années au cours desquelles l'anarchisme grandit sur le plan international, la capitalisme espagnol est encore balbutiant. La condition ouvrière est rude, le salaire extrêmement bas. A Barcelone, dans l'industrie textile et dans la sidérurgie, la journée de travail dure 12 heures. Il existe une situation encore plus difficile, c'est le chômage qui, partiel ou de longue durée, aggrave la situation des plus démunis.

  

   
      
          Le point commun essentiel entre l'Espagne et la Russie à l'orée du XXème siècle, c'est le retard économique par rapport à l'Europe occidentale.
    L'Espagne reste un pays à dominante agricole. Les latifundias, grands domaines supérieurs à 250 hectares, représentent 28% du territoire national et n'existent nulle part ailleurs en Occident. Environ 70% de la population travaillent dans le secteur agraire ou l'élevage (15% en Angleterre). 16% de la population active sont employés dans l'industrie, dont la moitié dans des secteurs rudimentaires (bâtiment, confection).
       La misère et l'insécurité des travailleurs, la prolétarisation des ruraux qui échouent à Barcelone et à Bilbao, créent un climat social de mécontentement grandissant. La mortalité infantile est élevée. Un nouveau-né sur quatre ne survit pas plus d'une semaine. Le taux de mortalité oscille entre 27 et 33% (20% en France).
        60% de la population espagnole ne sait ni lire ni écrire (24% des Français).


(Alphonse XII, roi d'Espagne de 1874 à 1885)


       En Russie, l'abolissement tardif du servage (1861) prend les traits de la misère des masses laborieuses et du sous-développement socio-économique que l'on retrouve en Espagne. Sur le plan industriel apparaissent en revanche des différences notables.
      

        
     Comme la plupart des pays arriérés, la Russie est soumise à l'inégalité du rythme de développement selon les secteurs et dont les avancées se produisent par bonds successifs, sous le fouet des contraintes extérieures. De cette loi d'inégalité, Trotski en tire une autre qu'il appelle "loi du développement combiné", qui comprend le rapprochement de diverses étapes, la combinaison de phases distinctes et l'amalgame des formes les plus archaïques avec les plus modernes. Cette loi du développement combiné caractérise particulièrement l'histoire de la Russie.

      



          Economiquement et industriellement parlant, la Russie a partiellement sauté les étapes de l'artisanat corporatif et de la manufacture, qui avaient exigé plusieurs dizaines d'années en Occident. Dans Le développement du capitalisme en Russie, Lenine montre qu'après 1861 le capitalisme se développa à une telle vitesse que les transformations réalisées équivalaient à deux siècles d'industrialisation dans certains pays européens.



      
          Certaines régions restent au même niveau qu'au XVIIème siècle, mais là où s'implante le capitalisme moderne, les travailleurs agricoles découvrent la prolétarisation et les dures conditions qui en découlent. Nulle part ailleurs en Europe ne se manifestent de tels contrastes : de grandes villes avec leurs centrales électriques, d'immenses usines, de hauts immeubles coexistent avec de petits villages perdus où les habitants tressent leurs chaussures et sont vêtus d'habits en toile, cultivent la terre avec l'araire ancestrale et récoltent le blé à la faucille. 




         Techniquement et économiquement, l'industrie russe se hisse pratiquement au niveau des pays avancés, et les devance parfois. Par exemple aux Etats-Unis, l'effectif des ouvriers dans les petites entreprises s'élève à 55% alors qu'en Russie la proportion n'est que de 17,8%. 17,8%, c'est également le pourcentage des ouvriers américains dans les usines employant plus de 1000 personnes ; dans toute la Russie ils sont 41,4% mais dans la région industrielle de Petrograd, cela monte à 44,4% et jusqu'à 57,8% autour de Moscou. En 1905, les ouvriers sont au moins 10 millions, ce qui représente avec leur famille 25 millions de personnes, plus que la population française en 1789.



      
          En Russie la fusion entre capital industriel et capital bancaire s'opère intégralement. Comme partout où fleurit le capitalisme, l'industrie russe se subordonne aux banques et au marché monétaire. L'industrie lourde (métaux, charbon, industrie pétrolière naissante sur la mer Caspienne) est presque entièrement sous le contrôle de capitalistes étrangers, qui avaient constitué en Russie tout un quadrillage bancaire.
       Un autre facteur important qui éclaire les différences entre Espagne et Russie, c'est l'immensité de l'empire russe, le plus grand pays du monde : 18 594 405 kms carrés en 1900 (Espagne : 505 000 kms carrés avec les Canaries). Au début du XXème siècle la population russe s'élève à environ 150 millions d'habitants contre 17 millions pour l'Espagne. Ces différences ont été minimisées par certains historiens qui cherchaient à calquer, en partant de 1917, l'histoire de l'Espagne sur celle de la Russie.





[Tina LOBA]



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