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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 15:18






COLLEGIENNES, COLLEGIENS
LYCEENNES, LYCEENS
JEUNES !

 

TOUS LES LYCEEES, TOUS LES COLLEGES, TOUTES LES ECOLES SERVENT A


- PREPARER LES JEUNES A CE QUI LES ATTEND : LE MARCHE DU TRAVAIL ;


- LEUR ENSEIGNER LES PRINCIPES DE L'IDEOLOGIE QUI CORRESPOND A CE MARCHE : COMPETITIVITE, CONCURRENCE ET PERFORMANCE INDIVIDUELLES, RECOMPENSE AU "MERITE", ANIHILATION DE TOUTE CONSCIENCE ET JUGEMENT AUTONOMES.


DANS CE CADRE-LA, CE QUE LES DIRIGEANTS PRESENTENT COMME UNE NOUVELLE ET ENIEME "REFORME" N'EST QU'UNE AGGRAVATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL ET D'ENSEIGNEMENT DES PROFS ET DES COLLEGIENS-LYCEENS (PLUS D'ELEVES PAR CLASSE A LA RENTREE, POSTES D'ENSEIGNANTS SUPPRIMES, ETC.).


LE MOUVEMENT ACTUEL DES LYCEES ET COLLEGES EST DONC MOTIVE PAR UNE ABSENCE DE PERSPECTIVES AUTRES QU'UN PARCOURS DU COMBATTANT EN QUÊTE D'EMPLOI. IL NE CONCERNE PAS LA SEULE JEUNESSE MAIS TOUTES LES GENERATIONS, NOTAMMENT LES SALARIES QUE L'ON SOMME DE TRAVAILLER PLUS DANS DES PIRES CONDITIONS POUR GAGNER ENCOR MOINS.


A DEFAUT DE POUVOIR CHOISIR L'EDUCATION QUE VOUS VOULEZ, IL S'AGIT DE REFUSER L'AGGRAVATION PERMANENTE DE CELLE QU'ON VOUS IMPOSE !


SOUTENONS LE MOUVEMENT DES COLLEGIENS-LYCEENS

(Sous-Lieutenant Piotr Marat Karpov)


 

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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 16:01
ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

XIII

     Parmi les délégués anarchistes élus pour représenter l'Espagne à l'A.I.T. (Ière Internationale Communiste), l'un d'entre eux, Anselmo Lorenzo, fut notamment reçu dans la maison de Marx qui, au début de leur relation, lui fit forte impression.
     




       Mais Lorenzo était lui-même sous l'influence de l'alliance bakouniste et ce qui se jouait alors, l'avenir du mouvement ouvrier international, il le considérait davantage sur le plan personnel que politique. A l'instar des anarchistes, il avait tendance à personnaliser le conflit d'organisation avec les marxistes. Il crut voir dans l'âpreté des luttes théoriques une bataille d'égoïsmes et d'ambitions personnelles de la part des leaders de l'Internationale.
       En fait Lorenzo n'est pas un pur bakouniste. Lui-même se réclame d'un autre anarchiste russe, Piotr Kropotkine. Comme Kropotkine ou Louise Michel, c'est un solitaire, studieux, austère, timide et naïf, représentant comme eux de toute une tradition de "saints laïcs" anarchistes, éloignée de l'image du fanatique violent.







    




(Piotr Kropotkine [1842-1921])


    
    



     (Louise Michel [1830-1905], institutrice, anarchiste, membre de la Ière Internationale et figure emblématique de la Commune de Paris)



    
     Bakounine, avec son caractère emporté, rebutait Anselmo Lorenzo. Le Russe en était d'ailleurs conscient. A propos de l'Italie, il écrit :


     "Je me trouve dans un état d'esprit émerveillé et je crains une seule chose, que la douceur de la vie et de l'air ne diminuent ma sauvage effronterie socialiste".

       On notera que pour Bakounine, son caractère impulsif relève de principes socialistes !  Il utilise naturellement, dans un écrit politique, la virulence de son propre caractère pour mettre en lumière la violence organisée des masses.
    




      Face à ce père spirituel des anarchistes espagnols, l'anarcho-syndicaliste castillan Anselmo Lorenzo, tout en reconnaissant ses mérites, préfère garder quelque distance. Dans une lettre qu'il lui envoie, Bakounine se livre à un inventaire des défauts personnels qu'il attribue à Marx, sans oublier de mentionner ses mérites et de rendre justice "à la science et à l'intelligence vraiment supérieures", "au dévouement inaltérable, actif entreprenant, énergique, à la grande cause de l'émancipation du prolétariat" de l'auteur du "Capital".
     Dans sa réponse, Anselmo Lorenzo exprime froidement sa méfiance à l'égard du révolutionnaire russe. Tout d'abord il a l'intuition que si Bakounine s'attaque à la personne de Marx, c'est peut-être parce qu'il manque d'arguments théoriques. De plus, la nature même des critiques personnelles de la lettre l'ont choqué :

        "Ce qui est remarquable dans ce document, c'est que parmi les accusations dirigées contre Marx par Bakounine, se détache comme motif particulier de haine le fait que Marx était juif. Ceci qui va contre nos principes, affirmant la fraternité sans distinction de race ni de croyances, produisit sur moi une impression désastreuse".

   




     D'autres anarchistes espagnols, défenseurs ardents de l'Internationale, se démarquèrent ainsi de l'Alliance bakouniste. Quand se posa à nouveau la question fondamentale de la participation de la classe ouvrière à l'action politique, ils soulignèrent d'une part que la constitution de la classe ouvrière en parti politique était indispensable pour assurer la victoire de la Révolution sociale et de sa suprême aspiration, l'abolition des classes ; d'autre part, ils réaffirmèrent que l'action économique et politique de la classe ouvrière étaient indissolublement liées.
      "La Emancipaciòn", journal de la section anarchiste de Madrid, publia un article intitulé "La politique de l'Internationale" dans lequel il appuyait les résolutions de l'A.I.T. dans leurs traits généraux sans pour autant renoncer à l'abstentionnisme anarchiste :

       "Nous n'avons jamais prétendu que la classe laborieuse ni l'Association Internationale, qui représente ses plus hautes aspirations, devrait faire abstraction de toute idée politique ; bien au contraire, ce que nous avons soutenu et soutenons encore c'est que la classe ouvrière doit avoir sa propre politique, une politique qui soit en harmonie avec ses intérêts de classe, et qui réponde à ses légitimes aspirations. Politique qui ne puisse être d'aucune manière celle des partis bourgeois, tous intéressés au maintien des institutions sociales existantes" (27 novembre 1871).

     "La Emancipaciòn" lança un appel à ne pas voter pour les "anciens partis politiques, formés par les classes possédantes, y compris le Parti Républicain Fédéral". La formulation en est ambiguë. Qu'est-ce qui empêchait "La Emancipaciòn" d'être explicite sur ce point crucial ?
     On est là à l'opposé d'un leader marxiste tel Lenine, qui n'hésite jamais à répéter, expliciter, reprendre une pensée qu'il considère comme importante. Ce que reflète le journal anarchiste madrilène est plutôt une hésitation sur la tactique à suivre. La rédaction de "La Emancipaciòn" semble immobilisée, à mi-chemin entre l'Alliance bakouniste et l'Internationale Communiste.







[Tina LOBA]


 
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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 08:43

N'OUBLIEZ PAS !



















RENCONTRE AU SOMMET
(Jamais un trotskiste n'était allé aussi loin dans l'entrisme)
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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 13:34


                L'ESCLAVAGE N'A PAS ETE ABOLI :
                  DANS LE SALARIAT IL PERDURE

     C'est reparti pour la grande foire aux commémorations. Ce coup-ci, il s'agit de l'abolition de l'esclavage, l'occasion pour les chats-huants médiatiques de chat-huanter les louanges de la démocratie, du travail "libre" et...du capitalisme.
 
 
  
  En occultant grossièrement la réalité des centaines de millions de salariés qui, depuis plus de 2 siècles, produisent dans des conditions généralement infernales, toutes les richesses dont se targuent la Civilisation et ses clercs, naissent, triment et crèvent sous le joug et sont priés d'en être reconnaissants à la Bourgeoisie triomphante, puisque c'est elle qui a "aboli" l'esclavage. ARH !, l'humanisme bourgeois...

      A défaut de commémorer avec les commémorateurs dont c'est la rémunérative profession de foi, le Sous-Lieutenant voit l'occasion de laisser la parole à Friedrich Engels sur le sujet :


     "PAR QUOI L'OUVRIER SE DISTINGUE-T-IL DE L'ESCLAVE?

 

    
     L'esclave est vendu une fois pour toutes. L'ouvrier doit se vendre chaque jour et même chaque heure. L'esclave isolé est propriété de son maître et il a, du fait même de l'intérêt de son maître, une existence assurée, si misérable qu'elle puisse être. Le prolétaire isolé est propriété, pour ainsi dire, de toute la classe bourgeoise; on ne lui achète son travail que quand on en a besoin: il n'a donc pas d'existence assurée. Cette existence n'est assurée qu'à la classe ouvrière tout entière, en tant que classe. L'esclavage est en dehors de la concurrence. Le prolétaire est en plein dans la concurrence et en subit toutes les oscillations. L'esclave est considéré comme une chose, non pas comme un membre de la société civile. Le prolétaire est reconnu en tant que personne, en tant que membre de la société civile. L'esclave peut donc avoir une existence meilleure que le prolétaire, mais ce dernier appartient à une étape supérieure du développement de la société, et il se trouve lui-même à un niveau plus élevé que l'esclave. Ce dernier se libère en supprimant, seulement de tous les rapports de la propriété privée, le rapport de l'esclavage, grâce à quoi il devient seulement un prolétaire. Le prolétaire, lui, ne peut se libérer qu'en supprimant la propriété privée elle-même.

 

PAR QUOI LE PROLETAIRE SE DISTINGUE-T-IL DU SERF?

    
     Le serf a la propriété et la jouissance d'un instrument de production, d'un morceau de terre, contre remise d'une partie de son produit ou en échange de certains travaux. Le prolétaire travaille avec des moyens de production appartenant à une autre personne, pour le compte de cette autre personne et contre réception d'une partie du produit. Le serf donne, le prolétaire reçoit. Le serf a une existence assurée, le prolétaire n'en a pas. Le serf se trouve en dehors de la concurrence, le prolétaire est placé dans les conditions de la concurrence. Le serf se libère, soit en se réfugiant dans les villes et en y devenant artisan, soit en donnant à son maître de l'argent au lieu de travail et de produits, et en devenant un fermier libre, soit en chassant son seigneur féodal et en devenant lui-même propriétaire, bref, en entrant d'une façon ou de l'autre dans la classe possédante, et dans la concurrence. Le prolétaire se libère en supprimant la concurrence elle-même, la propriété privée et toutes les différences de classe
"
.

                                             (Principes du communisme
, 1847)

     
      Aussi, le Sous-Lieutenant aura la patience d'attendre les futures commémorations de l'abolition du capitalisme, alors que le monde aura été allégé notamment de toute la faune qui se met en rang à chaque coup de clairon républicain. 


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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 08:58


DISCOURS D'INVESTITURE DU NOUVEAU MAIRE DE ROME




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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 10:42


                         ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

                                                  XII

      Marx et Engels voient ainsi la question de la propagation des idées révolutionnaires :

     "Il est grand temps que les communistes exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances ; qu'ils opposent aux fables que l'on rapporte sur ce spectre communiste un manifeste du parti lui-même. (...) Les communistes se refusent à masquer leurs opinions et leurs intentions. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social passé" (Manifeste du Parti communiste).
    

 




                   

  

  






  

     
     Voilà qui est à l'opposé des méthodes secrètes des bakounistes, ainsi que de leur défense de la liberté absolue, de l'autonomie créatrice des masses par une élite conspiratrice, détentrice et garante de la conscience et de la pureté révolutionnaires.
     Bakounine refuse l'anonymat et se met délibérément en dehors de la masse du prolétariat organisé au sein de l'Internationale. Marx et le Conseil Général de l'A.I.T. ne manquèrent pas de dénoncer cette attitude et ils repoussèrent alors la demande d'adhésion de l'Alliance bakouniste. Comme on l'a vu plus haut, celle-ci continua d'exister clandestinement, pratiquant en son sein l'autoritarisme que les anarchistes dénonçaient pourtant chez leurs rivaux internationalistes.
     


     Dans ses ouvrages et dans quelques statuts organisationnels, Bakounine réaffirme la même idée fondamentale. Pour que le peuple puisse acquérir la conscience révolutionnaire et pour "faire de ses forces dispersées, spontanées, une puissance unique et irrésistible", il faut :

     "...l'action de quelques centaines d'individus...liés les uns aux autres par un même programme révolutionnaire au sein d'une organisation régie par la discipline la plus sévère et fondée sur une abnégation totale et le don de soi de tous et de chacun".

      Car "l'organisation secrète, c'est disons l'état-major révolutionnaire, et l'armée c'est le peuple tout entier".


      Bakounine, dans sa logique conspiratrice, précise :


      "On adhère librement à l'organisation, mais en sortir est impossible".


      Il omet de signaler les mesures de représailles prises contre les "sortants". Pourtant il ne considère pas l'état-major et l'armée révolutionnaires comme des organismes "autoritaires". Il s'avère que Bakounine influençait plus son entourage par ses qualités et sa conviction d'orateur que par les arguments qu'il employait.


       "Son corps imposant, ses gestes énergiques, son ton sincère et convaincu, ses phrases courtes, comme si elles étaient découpées à la hache, tout cela impressionnait beaucoup" (Natalia Piroumova, Bakounine).


     Au vu de tout cela, on peut se poser la question : Bakounine était-il le leader anarchiste dont le charisme rayonna jusqu'en Espagne ou était-ce un dilettante de la cause révolutionnaire ? En tout cas il savait ce qu'il voulait et sa volonté d'entrer dans l'A.I.T. alors qu'il n'en partageait pas les principes reflétait le secret espoir de modifier les rapports de force au sein de l'organisation.

     

     Telle fut la nature de ses relations avec Marx. Conscient de l'immense prestige du théoricien allemand auprès des travailleurs, Bakounine n'osa pas l'affronter directement et dans un premier temps, prétendit être son disciple. Voici comment il s'en explique à Alexandre Herzen, écrivain et révolutionnaire russe :


       "Tout d'abord, je ne peux oublier ses énormes mérites pour la cause socialiste, qu'il sert d'une façon intelligente et énergique depuis déjà bientôt 25 ans. La deuxième cause, c'est sa politique et sa tactique, à mon avis parfaitement exactes. Marx est sans doute une personne utile dans la société internationale... Si j'avais déclaré la guerre ouverte à Marx maintenant, les trois quarts du monde internationaliste se seraient retournés contre moi et j'en serais pour mes frais, et j'aurais perdu le seul terrain sur lequel j'ai envie de me poser".

 

 

(Alexandre Herzen [1812-1870])


     Soucieux de préserver de bons rapports avec Marx, Bakounine ne va faire qu'accroître la confusion des idées bakounistes parmi les adeptes. Nombre de ceux-ci pensent que les principes de l'Internationale et ceux du leader russe se rejoignent. Ils confirment leur allégeance à l'A.I.T. et quand il s'agit de revendiquer les libertés politiques, ils atténuent au maximum leur profil anarchiste.

    

 



     Mais deux évènements vont modifier leur parcours militant. Le premier, c'est la rencontre avec Bakounine en personne au cours du IVème congrès de l'Internationale, à Bâle (1868). Cet évènement provoqua chez eux un changement théorique et eut des répercussions sur le mouvement ouvrier catalan. En l'occurrence M. Bakounine se trouva être "the right man in the right place". Le deuxième évènement est le vote par l'assemblée Constituante espagnole d'une constitution monarchiste parlementaire, qui fit basculer la section catalane vers l'anarchisme bakouniste, entraînant avec elle, loin du fédéralisme, les secteurs ouvriers. Ainsi les idées de Bakounine purent s'implanter profondément dans la Catalogne en voie de développement.

        Les milieux ouvriers, déçus par les républicains, ne voulaient plus les suivre mais ils ne se rapprochèrent pas plus des marxistes. Dès leur premier congrès constitutif à Barcelone (1870), le noyau dur des bakounistes imposa ses théories aux participants qui, dans leur majorité, étaient encore loin de les partager. Ils suivirent néanmoins l'initiative de ce noyau actif et organisé. Les positions bakounistes étaient suivies principalement par les délégués de la capitale barcelonaise. Voilà qui va à l'encontre de l'obsession anarchiste de l'organisation par le bas.

 

[Tina LOBA]


 

 

 


   

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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 17:36

ROME VILLE FERMEE


































































(Mr et Mme Mussolini lors d'un meeeting populaire dans la capitale italienne)


Le Sous-Lieutenant Piotr Marat Karpov adresse ses plus vives félicitations
à la Raie publique italienne et à la "sinistra" sinistrée. Il souhaite à l'onorevole nouveau Maire de Rome toute la réussite nécessaire dans la tâche qu'il s'est fixée : nettoyer Rome de ses Roms. Mr Alemano sait qu'il pourra compter sur l'appui de celui-là :













                                                                                                                 (la gauche italienne en ordre de marche)



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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 20:56




DISCOURS D'INVESTITURE DU NOUVEAU MAIRE DE ROME
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 09:10







     Encore un 1er mai qui offre le spectacle des syndicats-administrations effectuant force manifestations d'impuissance et ronds de jambe alambiqués autour d'un patronat repu de profits, notamment grâce à la crise.
  
      A l'approche de "l'anniversaire" de Mai 68, qui sera un enterrement de 1ère classe de plus, le Sous-Lieutenant Karpov s'adresse directement aux spécialistes, sociologues, bougres d'éconos (-mistes), ânes (à listes) patentés, grands moutardiers du Pape et dépendeurs d'andouilles attitrés, anciens philosophes décatis, attardés 68-tards gâteux et autres ex-révoltés en chambre, de petits-bourgeois conformistes devenus vieux contre-révolutionnaires simiesques :

      vous vous êtes faits porte-parole de la classe dominante, vocation découverte par d'aucuns d'entre-vous ou jeune ou sur le tard ; votre rôle tout autant misérable qu'infâmant, c'est de faire accroire à tous et tout un chacun que le seul "remède" aux ignominies perpétrées par la crise du capitalisme, est soit la fuite en avant vers une reprise de la croissance - c'est-à-dire la marche forcée vers la prochaine crise - soit le recours à l'alternative crapuleuse du commerce "équitable", du "développement durable", du flexible biologique et autres tartes à la crème écolo-capitalistes.
       Naturellement, vous n'omettez pas, ô phraseurs assermentés, verbeux luisants, tristes lombrics à peine sortis du Fillon sociétal, de recommander à vos mandataires bourgeois de corriger les "excès" les plus voyants de leur système, d'"épurer"
en surface les colonnes budgétaires, de ré-équilibrer les déséquilibres les plus problématiques (susceptibles de mettre le feu aux poudres).
       Ce faisant, vous récitez pleinement votre partition lubrifiante, votre sirop inter-classiste ; en cela, vous n'êtes qu'un détail dans la vision de Karl Marx, l'épouvantail qui hante vos dessous-de-lit :

         dans le cours de l'impérialisme se succèdent les unes aux autres "les périodes d'activité ordinaire, de production à haute pression, de crise et de stagnation" (Le Capital). Ces phases successives se conditionnent mutuellement comme autant de maillons d'une chaîne unique. L'énorme développement de la production va de pair avec "la dilapidation la plus effrénée du travail productif et des moyens de production sociaux" (idem).
        Cette dilapidation extraordinaire, ce gaspillage frénétique sont les avatars inexpugnables du "progrès", de la sacro-sainte croissance permis par la concurrence anarchique, les champignons vénéneux sans lesquels le mode de production péricliterait, péricliterait à votre grand dam, car alors que deviendriez-vous, petits aspirateurs à miettes tombées du banquet capitalistique ? Et le plus que jamais vivant
fantôme dialectique continue de faire résonner dans vos feuilles de choux la réalité prosaïque et explosive : "l'accumulation de richesse à un pôle est une égale accumulation de pauvreté, de souffrance, d'ignorance, d'abrutissement, de dégradation morale, d'esclavage, au pôle opposé" (idem). Ici, vous êtes reconnus, vous trouvez votre place : l'abrutissement, l'esclavage mental, c'est votre partie ; vous en avez têté, vous voulez en faire profiter les autres, vous ne vous en privez pas et vous ne les en privez nullement.
        Le Sous-Lieutenant  résume : la "croissance" capitaliste est la condition de la crise, elle est également son résultat. Pendant ce temps vous, laquais-penseurs du système, glosez jusqu'à vomissement rhétorique sur les remèdes
administrables à un mécanisme dont la fièvre endémique est, comme Karpov vient de vous l'indiquer, nécessaire et vitale à sa survie.

      Cependant, le popotin confortablement installé sur vos coussinets brodés de
soyeuses citations dorées de John Maynard Keynes, vous n'avez d'autre sinécure que celle de gardiens du Temple de la consommation et de la croissance, omettant sciemment de tirer de chaque crise qui vient successivement frapper le système, la leçon d'instruction non-civique mise en lumière à chaque coup de boutoir, et ce toujours au plus profond du tréfond des bas-fonds :

      la crise, c'est la loi réelle de l'économie mercantile, la manifestation crue et brutale du mouvement réel du capital, de ses phases successives, le paroxysme de la logique du profit, l'impitoyable mise à nu de l'ignominie suprême, l'esclavage salarié, ne faisant que révéler "ce qui distingue l'époque bourgeoise de toutes les autres : le bouleversement constant de la production, l'ébranlement incessant de toutes les conditions sociales, l'insécurité et l'agitation perpétuelles" (K.Marx/F.Engels, Manifeste du Parti communiste).

       Contrairement à vous les paltoquets perroquets toqués de syntaxe bourgeoise, la crise est subversive. Elle met à bas les statues des commandeurs auparavant célébrés, balaye d'un revers chiffré les normes dominantes pour en instaurer de nouvelles qui seront balayées à leur tour à la prochaine ébullition.

       "Toute hiérarchie et toute permanence se volatilisent, tout ce qui est sacré est profané et les hommes sont enfin contraints de considérer d'un oeil froid leur position dans la vie, leurs relations mutuelles" (idem).

      Que semble régner l'harmonie des classes et la paix des ménages, voilà que surgit la semeuse de chaos, faucheuse de vies, de liens, de fraternité ; voilà que l'anarchie - oui, l'anarchie ! - devient "le fondement de l'état de chose public moderne, de même que cette vie publique est à son tour la caution de cette anarchie" (idem). Cette irrationnelle chienlit, vos maîtres vous ont posés là où vous vous tenez pour la torcher du Fillon de la Raie publique, ô nettoyeurs d'égoûts, frottasseurs du moisi vergetant les graisses capitalistes exsudées par la sur-production.
    
     Les salariés sont sommés à toute force de s'opposer les uns aux autres, de se concurrencer, faire le trottoir sur le marché du travail, au prix de leur survie en tant que membres de la société esclavagiste. La crise économico-politique érige en dogme  au-dessus des dogmes le principe concurrentiel, entre salariés, hommes et femmes, "jeunes" et "vieux", humains et "animaux", frères et soeurs, enfants et parents, autochtones et immigrés, vivants et morts, etcetera. "Dès lors que la liberté de l'industrie et du commerce abolit l'exclusivisme privilégié et, par la suite, supprime la lutte que se livraient les divers exclusivismes, pour la remplacer par l'homme...qui n'est même plus lié à son semblable par l'apparence d'un lien universel, ...toute la société bourgeoise n'est alors plus que cette guerre réciproque" (K.Marx/F.Engels), La Sainte Famille).

        Tous, tous aspirés par l'entonnoir furieux de la paupérisation. Mêmes certains qui, enjôlés par les hullulements de vos sirènes patriotiques, se croyaient immunisés parce que membres de cette classe moyenne petite-bourgeoise humaniste bien-pensante politiquement correcte et droite comme un bâton de chaise merdeux. C'est que, malgré vos incantations extatiques, la crise démocratise à tout le monde la situation habituelle des salariés, situation dans laquelle "leurs conditions de vie propre, le travail et, de ce fait, toutes les conditions d'existence de la société actuelle, sont devenus pour eux quelque chose de contingent, sur quoi les prolétaires isolés ne possèdent aucun contrôle et sur quoi aucune organisation sociale ne peut leur donner le moindre contrôle" (K.Marx/F.Engels, L'idéologie allemande).
     

       Alors, à l'occasion de ce énième 1er Mai sans luttes, anniversaire sempiternel de l'atomisation contre-révolutionnaire des salariés, de l'individualisation de la liberté démocratique d'être exploité sans vergogne, le Sous-Lieutenant Karpov souhaite "bonne fête" à tous les dispendieux du bon conseil et de l'analysette rémunérée, de la pétition pétante et péteuse, du vote citoyen et de la charité spectaculaire, tant que la société bourgeoise a besoin de leurs services pour opiumiser les masses.




   
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 09:46


ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

XI

      En 1869, le mouvement anarchiste naissant en Espagne appuyait le gouvernement, parce que celui-ci avait pris une forme fédérale, démocratique et républicaine. Bakounine envoya un député napolitain, Giuseppe Fanelli, pour le représenter. Ainsi se constitua le noyau initial de la première Internationale à Madrid, composé de 20 personnes.
    

(Giuseppe Fanelli)

    
       Or, Bakounine et ses partisans venaient de créer, à Genève, une organisation, l'Alliance Internationale pour la Démocratie Socialiste. Cette organisation sollicita son entrée à l'A.I.T. (Association Internationale des Travailleurs, c'est-à-dire Ière Internationale Communiste). L'A.I.T. refusa l'admission. Les divergences de fond des statuts et programmes des deux organisations étaient bien réelles et ne tardèrent pas à se manifester.




         Quel est le but de l'A.I.T. ? L'émancipation du prolétariat, c'est-à-dire sa suppression. La Ière Internationale surgit elle-même en raison de deux facteurs historiques importants. Tout d'abord la nécessité pour les ouvriers de se constituer en classe autonome afin de devenir les principaux protagonistes de leur affranchissement. Ensuite la nature internationale du prolétariat, classe qui tend à être soumise aux mêmes conditions d'exploitation sur toute la planète, ce qui la conduit à considérer son avenir d'un point de vue supra-national. Un tel point de vue n'a rien à voir avec l'idée abstraite d'amour universel que défendent les chétiens ou parfois...les anarchistes, mais il est lié à l'intérêt des ouvriers.
      La liaison systématique entre les classes laborieuses des différents pays est nécessaire pour mieux résister à l'oppression "internationale" du capital. Tels sont les besoins vitaux ressentis par les ouvriers qui font écho à l'appel retentissant de Karl Marx :

     "Prolétaires de tous les pays unissez-vous !".

     Cet appel universellement connu, lancé depuis Londres, centre d'un pays capitaliste développé et puissant, toucha néanmoins de plein fouet le peuple espagnol bien que la réalité des deux pays proposât des données sensiblement différentes.
     




      En 1864, quand apparaît l'Internationale à Londres, le prolétariat espagnol demeure encore dans un état semi-artisanal, désuni, et il se montre plutôt sensible aux idées fédéralistes. Les premiers pas de la Révolution bourgeoise sont hésitants, tandis que la classe ouvrière n'est pas mûre pour un mouvement indépendant. Cependant l'Internationale poursuivait l'élaboration de ses principes, qui s'éloignaient de plus en plus de l'anarchisme.
     En tant qu'organisation de classe, l'A.I.T. considère que "la conquête du pouvoir politique est devenue la tâche principale de la classe ouvrière". Ainsi l'A.I.T. affirme que l'émancipation sociale des travailleurs est inséparable de leur émancipation politique et elle réclame comme mesure de première nécessité l'établissement des libertés politiques. De son côté l'Alliance bakouniste refuse "toute action révolutionnaire qui n'envisage pas immédiatement et directement le triomphe de la cause des travailleurs contre le capital".

     La polémique marxistes-bakounistes étant une question de principes, Bakounine n'hésita pas à déclarer qu'il était prêt à détruire le communisme :

       "Je déteste le communisme parce qu'il est la négation de la liberté et je ne peux rien concevoir d'humain sans liberté. Je ne suis pas communiste parce que le communisme concentre et absorbe toutes les capacités de la société dans l'Etat".

     


         En mars 1869 l'A.I.T. accepta malgré tout la poposition de l'Alliance qui, ne pouvant faire partie de l'Internationale, suggérait que les groupes qu'elle avait suscités en Espagne, Italie, France et Suisse puissent intégrer l'A.I.T. Néanmoins cette dernière posa une condition : la dissolution de l'Alliance, qui fit mine d'accepter. En réalité l'Alliance continua à fonctionner secrètement, bien que la majorité de ses affiliés espagnols fussent ignorants de la situation, pensant qu'elle existait encore officiellement en tant que membre de l'Internationale.
       En intégrant avec zèle une organisation, l'A.I.T., dont les principes étaient éloignés des leurs, les membres de l'Alliance avaient fait preuve d'inconséquence. Ainsi la participation anarchiste à la Ière Internationale ne fut pas le fruit d'une réflexion et d'un engagement politiques, mais plutôt le signe d'un manque d'expérience et de compréhension. Le simple fait de comparer les programmes des deux organisations aurait suffi à rendre compte de leur incompatibilité.

     Bien que les problèmes de personne n'en soient jamais absents, la polémique "Marx-Bakounine" fut avant tout une opposition entre deux conceptions de la révolution prolétarienne, entre deux stratégies antithétiques.
     La querelle portait d'une part sur l'organisation présente du mouvement ouvrier et d'autre part sur le pouvoir dans la société révolutionnaire. Compte tenu du fait que le conflit se cristallisa, pour les militants de base, sur la personne de Marx et sur celle de Bakounine, arrêtons-nous ici sur quelques moments du parcours politique des deux leaders.




      















   


     





        


      

       Jusqu'en 1868, Bakounine s'est plus ou moins tenu à l'écart de l'A.I.T., se consacrant à l'organisation d'une société secrète : "La fraternité internationale". Puis il s'est agité au sein d'une "Ligue de la paix et de la liberté", organisation bourgeoise, avant de réaliser la difficulté de préparer la révolution "collectiviste" en compagnie de démocrates bourgeois. A ce moment il écrit à Marx :

      "Je fais maintenant ce que tu as commencé, toi, il y a vingt ans. Depuis les adieux solennels et publics que j'ai adressés aux bourgeois du Congrès de Berne, je ne connais plus d'autre société, d'autre milieu que le monde des travailleurs. Ma patrie maintenant c'est l'Internationale, dont tu es l'un des principaux fondateurs. Tu vois donc, cher ami, que je suis ton disciple et fier de l'être".

        Cependant, malgré cette allégeance, Bakounine n'a pas renoncé au seul modèle d'organisation révolutionnaire qu'il connaisse et reconnaisse : la société secrète, héritée des premières luttes révolutionnaires du XIXème siècle. L'A.I.T., forme organisationnelle d'un vaste mouvement de classe qui prétend se servir de la légalité pour la propagation de ses idées, ne peut le satisfaire.


[Tina LOBA]




 
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