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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 18:47


JOHNNY CLEGG






SEMENCES D'AFRIQUE

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 18:46


YOUSSOU N'DOUR / PETER GABRIEL




SECOUER L'ARBRE
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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 00:00






LE SOVIET DE PETROGRAD

LA REVOLUTION D'OCTOBRE

L'ARMEE ROUGE

LA SOCIETE COMMUNISTE


[errata : vous aurez corrigé de vous même, la musique n'est pas celle de l'hymne soviétique mais "L'Internationale"]

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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 00:00

     Il y a 30 ans, la Rote Armee Fraktion allemande et les Brigate Rosse italiennes menaient contre leurs Etats démocratiques respectifs des actions de guerilla urbaine, revendiquant toutes deux l'utilisation de la violence armée contre le blindage des superstructures étatiques, machineries dont le rôle fondamental est, en dernière instance, de défendre et protéger un statu quo basé sur le rapport de force entre classe exploiteuse ultra-minoritaire et classe exploitée largement majoritaire. En d'autres termes, réprimer - brutalement si besoin est - tout début de révolte, de rébellion, toute grève "sauvage", toute réaction collective à l'exploitation du travail, l'aliénation et l'abrutissement culturel distillés par tous les canaux dont dispose la classe dominante.







    













    
     Un des objectifs de ces groupes armés était de démontrer la nature essentiellement répressive des Etats nationaux. De ce point de vue, ils obtinrent satisfaction au delà de leurs espérances ! On assista à un branle-bas de combat tous azimuts de la Bourgeoisie. Non qu'elle se soit sentie un instant menacée sur ses fondements par les égratignures que lui infligeaient les guerilleros urbains. L'enjeu était ailleurs, bien plus vital pour la classe dirigeante : extirper des masses salariées toute tentative ou penchant vers une action politique revendiquant entre autres moyens, la violence organisée.

     On assista à un bombardement massif de propagande visant à attirer l'attention des salariés sur autre chose que la nature violente de la société de classes et de l'administration qui la structure, autre chose que l'exploitation forcée de la force du travail, lot quotidien infernal des masses qui travaillent, le totalitarisme de l'esclavage salarié, la brutalité ciblée de l'Etat. Ce fut l'occasion pour la nuée de moucherons idéologiques bourdonnant autour du pouvoir et de ses arcanes de siffler sur tous les tons les louanges de la république et de ses vertus démocratiques, autrement dit de cautériser dans la conscience collective toute tendance instinctive à la critique politique radicale
et à la défense de classe et ranger tout le monde derrière la légalité, c'est-à-dire la dictature quotidienne du salariat, le libre fascisme.




     Participèrent à ces obsèques internationales de la conscience politique l'ensemble des organisations depuis l'extrême-gauche jusqu'à l'autre extrémité du show-biz politicien dans un bel ensemble affligeant et vomitif. Pas un qui n'eut de formule assez cinglante pour fustiger ces "terroristes" qui faisaient "le lit du fascisme".

     Le devoir de la mémoire historique du prolétariat mondial exige de rappeler ce qu'il en est :
      le premier terrorisme c'est celui de l'Etat, au service d'une classe dominante, la Bourgeoisie, asseyant son pouvoir sur les rapports de classes du capitalisme. Ce terrorisme-là, tout ce qu'il y a de plus "légalo-officiel", manipule savamment la carotte et le bâton. Les "citoyens" - figures fictives du crapuleux idéalisme bourgeois - sont tenus de s'aligner en file indienne derrière les institutions démocratiques, les bureaux de vote, les parlements, les commissions paritaires, les réunions où l'on débat dans le vide en soufflant de l'air. En temps de paix sociale, on ne tolère cependant que les grèves autorisées (celles qui ne gênent pas cet autre personnage virtuel de la bimbeloterie médiatique, l'usager), les manifestations carnavalesques, les pétitionnages à tout crin, les articles et autres analyses socio-philosophicomiques, etc. Pendant que les petits-bourgeois de gauche font mumuse dans la cour de récré du Guignol politicien, la roue du Capital écrase les salariés, licencie, atomise, déshumanise et, entre 2 élections-téléthons, crétinise à grands coups de marteau-pilon médiatique.
    



     Mais que
se lève un semblant de révolte, qu'un vent contraire commence à souffler sur les braises sociales, voilà que le rideau fleuri tombe sèchement, pour ouvrir la chasse aux contrevenants, aux "provocateurs", aux "casseurs", aux "éléments incontrôlés" - parfois contrôlés en sous-main par la flicaille -, aux grévistes agissant en-dehors des passages cloûtés par les syndicats, aux leaders spontanés se dégageant d'un groupe sorti des rails collaborationnistes. La classe dirigeante a tôt fait de remettre en place les idées aux "sauvageons" qui traversent en-dehors des "passages protégés", brillamment épaulée dans cette noble tâche par le formidable arsenal des syndicats, associations diverses de "citoyens" et autres bien-pensants humanistes qui, armés du code civil et des "droits de l'homme", viennent tirer les oreilles et abrutir les galopins de leçons de morale "civique", de verbatim sociologique diarrhéïco-mondain.

     Ce qu'il y a de caractéristique dans ces discours policés, toutes ces pratiques inoffensives pour le capitalisme, ces palabres inutiles et ces procédures rituelles de vote compulsif pour décider de la couleur des poubelles, c'est qu'ils passent complètement et systématiquement sous silence les hauts faits d'armes de la République. Lorsque, par exemple, au mois de mai 1988 la gendarmerie exécuta sommairement 15 Kanaks en Nouvelle-Calédonie ("française"). Le pays avait alors un président "socialiste", Mitterrand (ex-fasciste-pétainiste décoré par le Maréchal), le 1er ministre s'appelait Chirac. Le ministre de la Défense était de gauche, un certain Chevènement ; il fit faire une enquête qui lava la gendarmerie plus blanc que blanc. Les balles dans les têtes Kanaks y avaient pénétré par la force du Droit, même après que les ingrats Sauvages aient été désarmés et se soient rendus aux uniformes. Liberté, Egalité, Fraternité des tueurs au service de l'Etat bourgeois. L'honneur sauf, les sous-évolués matés, la cohabitation gauche-droite put perdurer dans une ambiance de franche consanguinité politicienne.







    









    




    
     C'est cette mémoire-là qui, une fois retrouvée, réappropriée, fera agir en commun les millions de personnes qui veulent que "ça change" vraiment. Alors, les appels à la raison, les discours lénifiants sur l'harmonie sociétale, l'alternative gouvernementale et le civisme républicain n'opèreront plus sur les générations de salariés qui, de citoyens, se seront mués en des combattants de classe organisés, armés d'un programme politique sans ambiguïtés : arracher le pouvoir politique des serres de la classe capitaliste et agir directement sur l'économie pour détruire le capitalisme et changer de mode de production.

     Pour être au service du bien commun, le préalable est de détruire le bien privé.






   
















Sous-Lieutenant Piotr Marat Karpov
 

 
    
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 00:00

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

XVIII

      Selon les anarchistes, lorsque le poids de la nouvelle société égalitaire qu'ils prônent sera devenu suffisamment important de par le monde, elle n'aura qu'à se substituer intégralement à l'ancienne :

     "Que dans chaque ville s'établisse rapidement une section de l'Internationale et la nouvelle société apparaîtra comme par enchantement car un souffle sera suffisant pour faire disparaître la vieille société et ses vices, c'est-à-dire les privilèges" (Résolution du Congrès de Cordoue).

      Ici on appréhende un autre trait de l'idéalisme anarchiste, à savoir la croissance linéaire et progressive du mouvement révolutionnaire, opposée au développement par bonds successifs et par sauts qualitatifs que développe le matérialisme historique marxiste. Au sujet de la Révolution, anarchistes et communistes ne parlent pas de la même chose. A cette époque-là les anarchistes considèrent la Révolution sociale comme l'aboutissement de tactiques ou d'organisations déjà établies. On reste dans une vision linéaire et progressive du mouvement révolutionnaire. Par exemple la Fédération Espagnole base sa stratégie révolutionnaire sur les grèves qui, en grandissant, se transforment en grève générale, solution finale à l'émancipation de la classe laborieuse. Cette stratégie par petites étapes prévoit qu'une grève qui se termine quelque part doit s'enchaîner sur une grève qui commence autre part.




       Pour les anarchistes espagnols, la grève générale équivaut déjà à un nouvel ordre des choses :

     "C'est être transporté du monde du mensonge, de l'exploitation et du crime vers le monde de la vérité, de la justice et de la fraternité humaine ; c'est enfin la Révolution sociale".

       Selon les libertaires, le progrès scientifique peut aussi aboutir à l'avènement du nouvel ordre social, au cours d'une évolution progressive :

     "Cette révolution sociale grandiose peut par le biais même de la science, se réaliser sans bouleversements, si de mesquins tyrans n'opposent pas à son cours inévitable leur despotisme irritant" (journal El Prospecto).

     De même la création de coopératives apparaît au début du mouvement anarchiste comme une solution harmonieuse et progressive, permettant à l'ouvrier d'échapper à l'obligation de vendre sa force de travail.
     Les limites et les illusions de la coopération furent soulignés rapidement par Marx. Toutefois il ne prononça pas une condamnation sans appel, loin s'en faut. Dans l'adresse inaugurale de 1864, premier manifeste de l'Internationale, Marx commence par insister sur le caractère primordial et incontournable de la conquête du pouvoir politique, puis il concède que l'existence et le fonctionnement des coopératives démentent le caractère superflu des possesseurs des moyens de production et qu'elles peuvent jouer, par leur exemplarité, un rôle certes limité mais positif dans l'émancipation des ouvriers. Mais l'adresse inaugurale insiste sur le fait que jamais le travail coopératif ne pourra à lui tout seul "arrêter la progression géométrique des monopoles" ni "libérer les masses". Car il est indispensable pour ces masses révolutionnaires de conquérir le pouvoir politique.




     Or, au sujet des coopératives de production, la pensée libertaire est hétérogène. Le coopératisme a puisé son inspiration dans le socialisme utopique. Ce dernier avait à son tour assimilé la philosophie des Lumières. Il se considérait donc comme l'expression de la raison, de la vérité et de la justice absolues. Il suffisait juste qu'on le découvre et qu'on l'adopte pour qu'il conquière le monde par sa propre vertu. Comme la vérité absolue est indépendante du temps, de l'espace et du cours historique, la date et le lieu de la découverte relèvent du pur hasard.
      Ceci dit, la raison et la justice diffèrent avec chaque fondateur d'école de pensée. Le théoricien socialiste britannique Robert Owen, héritier des philosophes matérialistes du XVIIIème siècle, s'approcha quelque peu du communisme. Il proposa des sociétés coopératives de production et de consommation comme mesure transitoire vers une organisation entièrement communiste.
    



       Il existait alors en Espagne un petit mouvement coopératif dont les délégués, lors du Congrès de Barcelone en 1870, vantèrent les bienfaits de la coopération. Mais la résolution finale fut sans appel : elle condamna ces initiatives comme nocives parce qu'elles voilaient la primauté de la Révolution sociale :

     "La coopération de production est une institution purement bourgeoise qui peut seulement réaliser l'émancipation d'une partie insignifiante d'entre nous et dont le développement, s'il était possible dans le cadre de l'actuelle société, nous conduirait à la création d'un cinquième état social, beaucoup plus exploité que ne l'est aujourd'hui la classe travailleuse" (La Solidaridad n°36).

       Anselmo Lorenzo donne un témoignage significatif sur le fonctionnement des coopératives ouvrières. Un dimanche il visita l'une d'entre elles, produisant de la fonte. Cette compagnie avait su attirer les travailleurs par un système d'avantages réciproques. Entre employeurs et employés la monnaie officielle ne circulait pas. La compagnie frappait sa propre monnaie et payait de la sorte les travailleurs. Elle leur fournissait également logement, nourriture, vêtements et leur vendait diverses marchandises au prix de production. Une commission ouvrière  examinait la qualité des produits. Dans ces conditions plutôt favorables, Lorenzo constate que les travailleurs sont trop confiants dans la sûreté de leur emploi, comme si pour eux une crise économique était définitivement exclue. Ils se croient à l'abri des périls qui touchent la masse des travailleurs n'ayant pas la possibilité de vivre en coopérative. Il n'y a plus moyen de les attirer vers l'Internationale.




      La défiance à l'égard des coopératives de production conduit bientôt la Fédération Anarchiste espagnole à faire la propagande des coopératives...de consommation !
       Elle affirme ainsi une tendance consistant à ne plus subordonner l'émancipation des travailleurs à la seule transformation des rapports de production, mais aussi à l'amélioration des échanges commerciaux. Pour la Fédération, le principe de solidarité universelle étendu à tous les exploités semble particulièrement abordable par la coopération de consommation, "la seule qui non seulement puisse être appliquée dans tous les cas et toutes les circonstances, mais qui doit aussi servir d'élément et de moyen de formation générale de tous les travailleurs dont le retard culturel rend les idées nouvelles difficilement accessibles".
      Ainsi se profile la vision d'une société où les associations ouvrières recréent les échanges "naturels" afin de se libérer de l'exploitation.

[Tina LOBA]



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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 00:00

UN HOMME, UNE OEUVRE, UNE VIE :

PIERRE FREDDY BARON DE COUBERTIN, dit "Freddo le Saigneur des Anneaux"


    

 





    

 


                                                









     Freddo naît le 1er janvier 1863 à Paris avec un thermomètre en platine massif dans le popo.

 

     Grand admirateur de tout ce qui est grec, antique, musclé et de sexe mâle, curieusement il ne semble pas avoir pratiqué la voile et la vapeur.

     Un jour Freddo tomba en arrêt devant un bouquin : "Essai sur l'inégalité des races humaines", d'un certain Comte de Gobineau, aristo et diplomate. Le livre fera un tabac en Allemagne, notamment chez qui vous pensez. Le Sous-Lieutenant Karpov tient à souligner qu'ici le devoir de mémoire doit jouer à plein. Le génie français mérite d'être reconnu dans tous ses aspects.

 

    

 




    


                                                                         

 










    


(M'sieu l'Comte Joseph Arthur de Gobineau a commis un opuscule qui a connu un rayonnement prodigieux, notamment en Germanie)      


    

     Voilà donc notre Freddo national qui se met en tête d'exhumer les Jeux Olympiques, au cours desquels de beaux jeunes gens au corps musclés et huilés s'affrontaient pour célébrer les divinités et l'esclavage grecs.

    

 



     En 1896 il touche au but : les 1ers J.O. contemporains se déroulent à Athènes. L'esprit de ces Jeux-là, c'est de démontrer la supériorité de la race Blanche sur toutes les autres, accessoirement la primauté de l'Occident sur le monde. Aux yeux de Freddo, il n'y a que des Blancs pour restituer la beauté grecque antique. Tout comme au temps des philosophes grecs, les meufs n'ont même pas le droit de s'asseoir dans les tribunes. Mais, déjà large d'esprit olympique, le CIO tolère les Nègres, les Cafires, les Indiens, les Gnakoués, les Bougnoules et les Anthropophages pour mettre en valeur la supériorité des athlètes de race européenne.

 

 

 

 

 

 


    






                     (JO d'Athènes 1896)


    




     En 1904, lors des IIIèmes Olympiades à Saint-Louis aux Etats-Unis, le CIO concéda aux Etats-Uniens l'organisation des compétitions séparées entre les Blancs et les autres différentes races. En effet les organisateurs du crû trouvaient inutiles de se mesurer à des Jivaros coupeurs de tête, des Pygmées ou même des Derviches tourneurs, des Arabes, des Apaches et encor des Zoulous, des Papous, des Banthous et dieu sait quel autre spécimen de la ménagerie humaine.

    

 






 










    

    

     Tout cela s'accordait très bien avec l'esprit olympique. Freddo tenta de résister par tous les moyens à l'envahissement ethnique des J.O. et aux demandes répétées d'accès aux compétitions des donzelles. C'est avec une forte amertume qu'il vit disparaître peu à peu la pureté de cette célébration civilisationnelle sous l'exotisme et - o tempora o mores - le féminisme.

     Résultat désastreux que l'on sait : aux Jeux d’Amsterdam en 1928 déboulèrent près de 300 gonzesses sportives et musclées, au grand dam de Freddo.

    


 




    

 












    



    

     Il va alors envoyer paître ce CIO qu'il avait créé de ses mains fines et gantées car il a découvert un Comité Olympique national qui, contre vents cosmopolitistes et marées d'hystériques femelles, continue de porter haut les vraies valeurs de l'olympisme contemporain. Il s'agit bien sûr de l'Allemagne, ARH ! Freddo est à pied d'oeuvre pour que s'y déroulent les Jeux de 1936. Dans le cahier des charges de ces Jeux-là, il y a le souci des organisateurs germaniques de démontrer au monde que, si le Blanc est supérieur au Noir, au Jaune et au Juif, l'Aryen est le Blanc supérieur d'entre les supérieurs Blancs, en particulier l'Aryen germanique (vu qu'il n'y a pas qu'en Allemagne qu'on trouve des grands mâles reproducteurs blonds aux yeux bleus).

    

 






 


(type de bon Aryen : Reinhardt Heydrich,

abattu en 1942 à Prague par des jaloux Tchèques)




                                

     








(le Bantou a aussi son titre de gloire : il a donné son nom aux célèbres bantoustans)


     





     C'est dans le cours de cette grandiose préparation festive que va naître une intense amitié comme seuls les bons hommes peuvent en vivre une. Freddo va se faire un nouveau pote, un certain Hitler - Dodolf pour les intimes avec pedigree. Certes Dodolf n'est pas parfait-parfait. Il est petit, brun et sa tante est juive mais bon, à part ça, dans sa tête, il mesure 2m10, pèse 115 kgs de muscles et ses cheveux sont blonds comme les plaines de l'Ukraine conquise un peu plus tard et ses yeux sont bleus comme le ciel de Paris au mois d'août, où Dodolf ne tardera pas à se rendre pour aller applaudir Maurice Chevallier aux Folies-Bergères.

    

 



     Par amitié avec son Freddo, Dodolf va jusqu'a exiger que les Négros et les Youpins ne participent pas aux Jeux. Malheureusement le président du CIO est un progressiste cosmopolite et il refuse. Du coup, un certain Jesse Owens en profitera pour piquer 4 médailles d'or, le traître. Pour consoler son ami Freddo de tant de contrariétés, son pote Dodolf le sponsorise dans une demande de prix Nobel de la Paix. Mais les foutus membres du Jury disent "niet !". Bande de bolcheviks, va ! Alors Dodolf propose à Freddo une pension alimentaire mais Freddo a sa fierté.

    


 




    



 










(impuissant, Dodolf assiste entre 2 Barons de l'Olympe, au triomphe d'un inférieur)



     Freddo meurt de chagrin l'année suivante en Suisse (2 septembre 1937).

    
     Telle fut la vie du Baron Pierre Freddy de Coubertin, dit "Freddo le Saigneur des Anneaux". Que Thor, Odin et Ouah-la-la l'accueillent en leur sainte forge.

 

 

 
















Annexe : florilège de phrases prononcées ou écrites par M'sieu l'Baron


« Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts.»


« La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement s'abaisser à l'esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a parfaitement raison de refuser à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée. »

 


"La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau."

 


« Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte. Le véritable héros olympique est à mes yeux, l'adulte mâle individuel. Les J.O. doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs. »

    

          Last but not least de cette liste non exhaustive :
     

«À la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance».

        Et le Sous-Lieutenant ajoute : amen.

 

 


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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 00:00



HOMMAGE AU COMMERCE EQUITABLE



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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 09:50

 

ALLOCUTION DU SOUS-LIEUTENANT PIOTR MARAT KARPOV POUR LE TRANSFERT DES CENDRES DE PPDA DANS UN INCINERATEUR A DECHETS DE JOURNALISTES RECYCLES

 

 


 


Monsieur le Président de la Raie publique, Françaises, Français,

 

Voilà donc 40 ans que Poivre d'Abord débarqua, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la télévision française, et devenir le chef de file d'un curieux cercle du soir vers 20 heures : les présentateurs de JT. Nul besoin de la cérémonie d'aujourd'hui pour que les millions d'enfants de France connaissent son nom éponyme d'une marque de chocolats surfins : Patrick Poivre d'Abord. Et depuis qu'il sévit au 20 heures, combien de millions d'autres sont nés, nourris à son lait concentré sucré?...

 

Puissent les commémorations du bonhomme s'achever aujourd'hui par la résurrection des journaux que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son crâne quelque peu dégarni d'aristocrate. 40 années de "Madame Mademoiselle Monsieur, bonsoir", l'info est devenue un monde de limbes où la légende se mêle au délire. Le sentiment profond, organique, millénaire, qu'éprouve le Sous-Lieutenant devant l'écran, le voici : ENFIN !

 

 


Comment Karpov l'a rencontré, ce Poivre ? Eh bien enfant, dans une ville-enclave de l'Union Soviétique, quand le noble personnage officiait sur "Antenne 2". Il était d'usage, à cette époque, de considérer qu'un présentateur n'était que le faire-valoir du gouvernement. Et le Poivre y parvenait tout-à-fait, avec ce ton sussureux qui était déjà sa marque de fabrique, son logo, sa patine. Ce sentiment qui appelle la légende sans lequel la réputation n'eût jamais existé et qui nous réunit aujourd'hui, c'est peut-être simplement l'accent invincible de la fraternité proverbiale des seigneurs de la TV.

 

Ce à quoi Poivre d'Abord s'est employé jour après jour, 20 heures après 20 heures, c'est à dire la messe toujours sur le même ton, mesuré à l'aune soigneusement mesurée de son aura éclairée par les projos : "Mademoiselle Monsieur bonsoir... Et maintenant, une interview en direct du leader Maximo..." Dans la réussite médiatique il y a inévitablement des problèmes d'envieux ; et bien davantage, la concurrence permanente, l'exaspérante certitude pour chaque présentateur rival d'être sous-évalué au bénéfice d'une élémentaire particule... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement au Poivre pour parler le même langage à des ministres, des chefs d'Etat, des dictateurs progressistes ou réactionnaires (selon les alliances du moment) ou des libéraux, des femmes aguicheuses et même des communistes (ou prétendus tels) retour de Moscou, tous promis à la même reconnaissance ou à la même disgrâce du fait de passer devant (ou en-dessous) le numéro un de l'interview ; ce qu'il fallut de rigueur à un ami du Prince, à un séducteur impénitent, pourchassé par ses pairs voulant recueillir quelque miette tombée du banquet prestigieux !

 

 

(alors le tout petit garçon demanda à Poivre : "s'il-te-plaît le chauve qui sourit, dessine-moi un top-model")



Poivre d'Abord n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui l'a suscitée, c'est la ménagère de moins de 50 balais qui regarde TF1 en laissant le fer brûler le marcel de son Marcel. Ce n'est pas lui qui a créé le temps de cerveau disponible, dont l'histoire reconnaîtra la paternité indiscutable à son chef de service et néanmoins copain breton bretonnant et tonnant. Comme quoi, en Bretagne, il n'y a pas que des porcs alcooliques d'extrême-droite. Ce n'est pas lui qui a fait les programmes mais c'est lui qui en a assuré le renom et l'audience. Il a été le premier bonimenteur de la télévision française. Rendons au Poivre ce qui ne doit pas aller dans la salière.




Poivre d'Abord s'en est toujours tenu à la déontologie journalistique : « Faire la guerre à la chaîne concurrente ; rendre la parole au patronat français ; rétablir les libertés républicaines d'exploitation, de licenciement et de corruption ; travailler avec les puissants à l'établissement d'une collaboration médiatique nationale, tenter de séduire tout ce qui, passant à portée de champ visuel, porte un sac à main Prada et une montre Gucci, à moins que ce ne soit l'inverse.  »


La trahison y joue son rôle - et les petits cadeaux, les machinations, les amours transcendentales finissant en coucheries horizontales. Comprenons-nous bien : pendant les années où il pourrait encore jeter l'éponge, faire sa valise, partir loin de France et de Navarro (à Monaco ou au Grand Duché du Luxembourg par exemple), cet homme préfère perdurer devant le micro et la caméra, scribouiller des bouquins édités par des potes et faire tourner sa petite entreprise de culturalisme, baisouillage chic and co.





Une Ferrari dont le Président détient la clé de contact prendra sa succession. Mais voici la récompense de cette servilité atrocement payée : le destin bascule. Ô chef de file promu "insolent" par des encor plus humbles que toi, regarde de tes yeux humides toutes ces ménagères qui, appuyées sur leur balai-brosse, ne te regarderont plus, elles, portant ton deuil, le deuil d'une certaine idée de l'info qui se mêle aux histoires du marché aux légumes. Pauvre roi supplicié des ombres télévisuelles, regarde tes disciples esquisser d'une voix que le courage éraille l'ombre d'une protestation : "Quand même c'est un scandale, ça s'est pas fait démocratiquement. Et si on faisait une pétition ? "




Comme tel ou tel qui déplut au Prince de droite ou au Cardinal de gauche gicla vite fait suite à un coup de fil venu du petit "très haut" juché sur son tabouret-talonnettes, sors de là Poivre d'Abord, avec ton misérable cortège. Avec ceux qui ont été virés pour avoir été un jour, une heure ou une phrase VRAIMENT insolents, contrairement à toi, toujours con-sensuel ; et même, ce qui est peut-être plus amusant, en ayant réussi à être encor moins insolents et plus consensuels que toi ; avec tous les ratés, les demi-sel du PAF, les traîne-lèche-bottines des couloirs des studios, avec le dernier des derniers des journaleux soumis à la voix de leur seigneur et maître enfin mis à la retraite d'office pour bons et déloyaux services. Sors de là, avec tes spectateurs-lecteurs-admirateurs - puisqu'il paraît qu'il en est de par l'Hexagone. Et le Sous-Lieutenant ajoute:

 

« Écoute un soir, engeance contrefaite de ce pays, les cloches qui sonnent un mariage, un baptême ou un enterrement de 1ère classe : puisses-tu les entendre et imaginer qu'une fois ultime, elles vont sonner pour toi. »

 

L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le silence que le Sous-Lieutenant va laisser s'élever maintenant, ce silence que le ronronnement poivrien a recouvert pendant 40 interminables années, ce silence que sa psalmodie brumeuse, mêlée aux cris perdus des usagers, a transmuté en brouhaha médiatique sans fond.


Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour toi le Chant de la Servilité et de l'Aliénation. C'est la caravane publicitaire que voici : après le Poivre vient la Ferrari, aux formes aéro-dynamiques assurant une meilleure pénétration par l'air du temps. Aux côtés des journalistes sportifs lourdement enthousiastes cheminent les chroniqueurs politiques (qui sont notamment des gros-niqueurs idéologiques), suivis par les plus misérables d'entre les misérables, les présentateurs de talk-show déguisés en journalistes VRP sortis du trou de balle prolifique d'un Président-Reine des abeilles. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre tête emperruquée, de ses lèvres refaites qui ne dégoiseront plus dans la lucarne vide ; une dernière fois, jeunesse, fais entendre à ce sire triste en cire l'hommage d'un cri unanime:

 

"DEGAGE !"

 

post-cryptum : et n'oublie pas d'emmener avec toi le petit Olivier que tu arbores à tes fixe-chaussettes. Apparemment, même à la Villa Medicis personne n'en veut.

 

 


(le Sous-Lieutenant Karpov vous remercie de votre attention)

[merci à Dédé pour le coup de de main]

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 11:22

ANARCHISTES ET BOLCHEVIKS

XVII

     Anselmo Lorenzo a compris l'impossibilité de la liberté sans limites prêchée par Bakounine :

       "Une fois de plus l'évidence a montré que les résolutions adoptées par les hommes et qu'ils croient le produit de leur libre arbitre, sont déterminées par des circonstances qui impulsent leur volonté ; et c'est lorsqu'ils se vantent le plus d'être libres qu'ils se retrouvent au contraire le plus assujettis aux circonstances et au milieu" (A. Lorenzo, El proletariado militante).

     Par son analyse, Lorenzo remet involontairement en question les principes de l'anarchisme.






    













        L'unité d'action suppose une autorité et une centralisation. Il n'y a plus de place pour une voix discordante, ce qui anéantit le libre arbitre anarchiste. Lorenzo va plus loin. Il n'hésite pas à dénoncer le mensonge de la liberté totale dans les rangs de la Fédération Anarchiste Espagnole. Il constate lucidement l'existence d'une organisation capable de décevoir les travailleurs qui luttent pour elle.
     Dans ses observations critiques, il va jusqu'à remettre en cause les structures de l'organisation. En fait de complexité, il s'agit d'un enchevêtrement mécanique de sections, de fédérations et d'unions dirigés par des conseils et des commissions. Le fonctionnement d'une telle organisation n'est qu'apparent, sans réelle efficacité. Selon Lorenzo le Congrès se chargeait de discuter et de résoudre les problèmes qui auraient dû incomber aux différents secteurs mentionnés ci-dessus. Mais, par indolence, par incompétence ou par simple blocage bureaucratique, il avait manqué à sa tâche. Malgré ce constat d'inefficacité, Lorenzo est loin d'en conclure à la nécessité de la centralisation. Il cherche à trouver un juste milieu qui en fait n'existe pas. L'organisation souffre soit d'une absence d'adhésion, soit d'un excès d'adhésion au "Pacte" anarchiste.
     Qu'est-ce donc que ce Pacte ? Les anarchistes le doivent à Pierre Proudhon, le théoricien français du fédéralisme dont A. Lorenzo a connu les thèses. Proudhon a donné son aperçu d'une société libre :

      petits paysans, artisans et entrepreneurs des industries collectivisées négocient et conviennent de la meilleure manière de satisfaire les besoins matériels. L'exploitation du travail n'existe plus et chacun exige simplement la rétribution de sa tâche, en travaillant librement ou, si besoin est, en échangeant sa production, sans entrer dans une compétition ou la recherche de bénéfices.



     Lorenzo considère que cela reste du mutualisme et qu'il faut dépasser ce stade. Sa notion du Pacte se rapproche de celle de Kropotkine et reprend la formule marxiste :

     "De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins" (K. Marx/F. Engels, Le Manifeste du Parti communiste).







   









     En revanche, Bakounine prêche la distribution selon le travail, en juste proportion avec l'apport de chacun. Les anarchistes veulent définir la distribution des biens de production dans la société future et ils mélangent à cela des bribes de Contrat Social qu'ils ont emprunté à Rousseau. Ils y apportent simplement leur variante d'une organisation collective. L'homme y est libre de se retirer à tout moment, s'il estime que la nouvelle organisation du travail le frustre d'un droit sans lui offrir la contrepartie équivalente. Le Pacte ou le contrat qu'il a conclu avec la société est provisoire,  conditionnel et révocable en permanence.
    
(Jean-Jacques [1712-1778])


     A défaut d'être plus approfondi, ce Pacte propose au travailleur une régénération morale et sociale. Le Pacte et la solidarité constituent l'énergie bénéfique qui abattra l'Etat.

       L'Etat apparaît dans la vision critique des anarchistes comme un mal absolu, détaché de tout contexte historique et social, en quelque sorte le produit d'un "Esprit" malfaisant. A. Lorenzo qualifie lucidement cette approche d'"idéalisme révolutionnaire", parce qu'elle dénie à toute institution la capacité d'exercer son pouvoir dans un sens bénéfique. L'Etat n'est pas l'expression de la classe dominante, il est l'idée en soi. Illustration de cette conception métaphysique :

     "Ce n'est pas aux hommes de faire que l'Etat soit différent de ce qu'il est, ni aux principes de tel ou tel mouvment politique de remplacer son immobilisme par le progrès. C'est précisément à son antithèse, à la révolution sociale de s'en charger et c'est celle-ci que nous voulons réaliser" (Congrès de Barcelone).

       L'Etat apparaît indépendant de la réalité du mouvement social, en tant que reflet d'une idée caduque qui fera place à une vérité absolue, la révolution sociale. Il est à remarquer que cette dernière n'est jamais explicitée. Elle fait partie d'un large champ synonymique pour désigner les Idéaux de la nouvelle société : émancipation et liberté, Egalité et Justice, collectivisme. Le mot d'ordre est de faire de l'organisation le propre objet d'elle-même :

        "C'était le moment du dernier appel, lancé en mots-symboles immenses et vagues, qui emportaient tout : solidarité, justice, république, travail, avenir" (Victor Serge, Naissance de notre force).

     L'organisation tient le rôle de moyen en soi. C'est d'ailleurs en ces termes que l'expriment les participants au Congrès de Barcelone :

        "El objeto de la organizaciòn es la organizaciòn misma".

        Il existe deux attitudes libertaires par rapport à l'organisation :

        - se rapprocher du fonctionnement des partis politiques ;
      
      - considérer que les institutions de l'Internationale peuvent se transformer après la victoire du prolétariat ou bien que l'Internationale, après une courte transition, peut passer de son état révolutionnaire à un fonctionnement organique définitif.

     Lorsque la répression oblige à la clandestinité, l'extension de l'organisation reste cependant l'objectif essentiel. Il ne s'agit pas encore de s'attaquer à la vieille société.

       Les révolutionnaires russes d'obédience marxiste voient les choses autrement. Pour eux, le parti communiste représente l'avant-garde de la classe révolutionnaire et donc se pose en organisation dirigeante du prolétariat dans la lutte à mort contre le tsarisme, vers la conquête du pouvoir politique.
    



     Les anarchistes ont plutôt pour objectif de mettre en place, à côté de la société basée sur l'exploitation, une autre société, égalitaire, qui attirera par son respect du principe de justice tous les exploités rêvant d'émancipation.

    [Tina LOBA]



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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 09:41

UN AUTRE VISAGE DE L'IMPERIALISME



    
       L'improbable usine à gaz électoraliste du pays des hamburgers géants a accouché du scénario le plus souhaité par  les metteurs en scène médiatiques : c'est le personnage de "l'homme noir" (enfin, un peu beige) qui aura l'investiture d'un des 2 partis jumeaux de la scène.

     Avant d'examiner tout ce que cela implique d'inchangé dans la politique de l'Empire, voyons voir comment on a abouti au résultat qu'appelaient de leurs voeux ceux des anciens nouveaux philosophes sévissant dans l'hexagone qui admirent le plus la démocratie états-unienne :

    
       en la matière, chaque État de l'Union agit à sa guise.
Le système est entièrement bouclé, destiné essentiellement à pérenniser dans chaque État les deux grands partis siamois ; aucune possibilité d'intervenir si l’on n’est au préalable adoubé par l'un des 2 monstres.
       Les Etats fédérés désignent des "grands électeurs", dont le nombre est fixé en fonction de leur population. Ces grands électeurs éliront à leur tour le président des États-Unis. Le "citoyen" de base n'a qu'à regarder la télé, ce dont il ne se prive pas : on lui sert des lâchers de ballons, de confettis et de tracts improbables jusqu'à la nausée.
     
     Jusqu'au XVIIIème siècle, aucun État ne consultait sa population au sujet du leader suprême. Aujourd’hui chaque Etat procède à une
prudente consultation, histoire de voir dans quelle direction souffle la brise .

      Cependant, prenons l'exemple de la Floride : la Constitution états-unienne y impose la désignation des grands électeurs par le gouverneur. Cela a permis de régler quelques bidouillages électoraux lors de l'affrontement entre Bush Jr et Al Gore : le gouverneur d'alors n'était autre que Jed, le frangin à Junior.

       Aucun politicard yankee ne demande de réforme de la Constitution. Pour quoi faire grand dieu ?

 

       Faisons le point : aux États-Unis le mot électeur ne s’applique qu’aux "grands électeurs".
      Le président est élu par un « Collège électoral » de 538 membres. Chaque État dispose d’autant de grands électeurs qu’il a de sièges de parlementaires (députés et sénateurs) au Congrés.
       Chaque État choisit ses propres règles pour désigner ses propres grands électeurs ! Ah, la démocratie...

      Les primaires et autres conventions ont 2 objectifs essentiels. En interne, elles permettent de tâter le pouls de l’opinion publique et d’évaluer le dosage de ce que l’on peut lui infliger. En externe, elles donnent au reste du monde l’illusion que cette oligarchie fonctionne démocratiquement. De quoi donner du coeur à l'ouvrage à tous les ménestrels qui chantent les louanges de "la grande démocratie".

      On croit souvent que les primaires permettent d’éviter les combines d’état-major et de laisser les militants de base des grands partis choisir leur candidat. Que dalle. Les primaires sont également organisées par les États locaux ! Il s'agit de garantir le contrôle du système et de barrer la route aux candidatures "dissidentes". A la fin des fins, il reste à chaque fois le borgne républicain et le pendu démocrate.

     Chaque État a ses propres règles pour désigner ses délégués aux Conventions des partis. Il existe 6 méthodes principales :

       1) être encarté au parti pour voter ;

       2) être "sympathisant" et voter avec les militants ;

       3) voter aux primaires des deux partis ;

       4) voter mais uniquement à la primaire du parti de son choix ;

       5) voter à une primaire commune à un tour ;

       6) voter à une primaire à 2 tours.


      Toutes les combinaisons de ces variantes sont possibles. Chaque primaire dans chaque État a donc un sens différent. Ah, la démocratie...

     Et puis, il y a des États qui n’ont pas de primaires. Ils ont des "caucus", mot introuvable dans le dico. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins différents dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent à leur tour des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales. Du "centralisme démocratique" pur jus. Vous suivez ? 

      Cette année le parti démocrate a modifié son calendrier pour avancer le début des festivités, histoire de faire durer le plaisir pendant pratiquement un an. Quand on aime, on ne compte pas plus le temps que le pognon. 

      À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les "super-délégués", lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres "de droit", c’est-à-dire des notables et des apparatchikis. Les super-délégués représentent la classe dirigeante et détiennent le pouvoir de faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et des caucus. Ils sont 20 % à la convention démocrate et 25 % à la convention républicaine. Finalement l'esprit de Staline s'est réincarné dans les institutions d'outre-Atlantique. Ah, la démocratie "populaire"... 

     Nul besoin d'avoir fait sciences-Po pour en déduire que les primaires et les cactus, pardon, les "caucus" par Etat ne servent à rien en ce qui concerne la désignation des candidats. Par contre, le grand show permet de bousiller ce qui reste de discernement aux États-Uniens. Les grands médias tiennent tout le monde en haleine en comptabilisant les délégués, les dons, les signatures de "people" pour l'un ou l'autre. C'est le sprint final, comme à Indianapolis ou sur le circuit de Monaco. Que du spectacle, des foutaises et les commentaires avenants des spécialistes du monde entier.

      On maintient artificiellement un « suspense » pour capter l’attention des foules et marteler le plus grand nombre de fois possible les messages subliminaux. Le show est planifié d'avance. Dans 17 États, des machines à voter ont été installées sans aucune possibilité de vérification des résultats électroniques. Autant ne pas voter du tout et laisser les organisateurs se débrouiller tout seuls pour décider du résultat.

    

       Obama a déjà annoncé maintes fois sa vraie "couleur" : il propose de bombarder le Pakistan. Quelques jours auparavant, la mère Hillary a menacé l’Iran de la vitrification nucléaire. Qui dit mieux ? Pas même le vieux Mac Cain.

        Après des mois de campagne, les trois candidats sont arrivés à un accord parfait sur les grands thèmes de la politique impériale :
     

    comme les 2 autres gugusses, Obama considère  la défense d’Israël comme primordiale, il vient juste de réaffirmer l'indivisibilité de Jérusalem, ce qui n'a eu l'heur de plaire aux Palestiniens ; il n’escompte pas sortir l'armée de l'Irak dans l'immédiat et considère l’Iran comme une contrée satanique. Rien de nouveau sous le soleil. Allez, passez, "anti-racistes" et discriminateurs positifs, allez jouer ailleurs.

     Le métis se prétend porteur d’un projet "alternatif" qui consiste seulement à sauver l’Empire en privilégiant l’espionnage, moins coûteux et aléatoire que l'intervention guerrière ouverte.

        Il  dit vouloir changer la société états-unienne. Dans le même temps, il a choisi comme conseiller Zbignew Brzezinski, "penseur" envasé dans des opérations secrètes, coup d’États, sabotages en tous genres et autres actions terroristes. Avec ce "cardinal"-là, les changements à prévoir ne seront pas là où les attendent ceux qui poussent des "oh !" et des "ah" sur la couleur de peau du candidat fringant .


       Le Sous-Lieutenant Karpov annonce d'ores et déjà que, en cas de victoire d'Obama, rien ne changera aux Etats-Unis, rien ne changera en Palestine ni en Irak. Et il existe même une possibilité d'aggravation de la situation en Afghanistan, au Pakistan et bien sûr en Iran. Les "citoyens" votent, l'impérialisme suit son cours. 

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