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LA
CONDITION HUMAINE
1930-1940 : L'EUROPE ANTI-SEMITE
20
La crise de 1929 provoque en Europe un tel étranglement du Marché du travail que les Juifs Européens, faciles à identifier, se retrouvent ciblés par la classe dirigeante dont les représentants Germaniques ne sont pas les moins zélés à démontrer de manière quasi-cathartique l’impossibilité pour tout Juif à survivre en Autriche-Allemagne, plus généralement dans toute l’Europe.
La forme idéologique que prend cet ostracisme, c’est une espèce (c’est le cas de le dire) de darwinisme social, dans lequel les « races supérieures » - la race supérieure « aryenne » en l’occurrence - est habilitée à gérer l’espace vital. Les National-Socialistes décrètent que les races dites « inférieures » - ne sauraient survivre lors qu’il n’y a plus de place pour tout le monde. Traduction : en temps de crise mondiale, le mode de production capitaliste ne peut pourvoir à la survie de tous ses esclaves. Les Juifs sont exclus de la production, ils sont en trop, comme ces montagnes de marchandises que seule une 2ème guerre mondiale détruira suffisamment pour permettre au cycle de la production de repartir sur des bases exponentielles.
En temps de guerre ou en temps de paix il n’y a aucune différence dans la manière de gérer la société capitalistique : le facteur humain est soit inexistant soit relégué au rang d’appendice facultatif. Quand le capitalisme ne sait que faire des marchandises sur-produites et qui ne trouvent pas à se réaliser sur le Marché, il s’en débarrasse d’une manière ou d’une autre. Les Juifs furent purement et simplement détruits en tant que marchandises humaines.
Le 24 janvier 1939 Hermann Goering, n° 2 du régime National-Socialiste, ordonne la constitution d’un « Office central du Reich pour l’émigration des Juifs ». Cet organisme, destiné à simplifier les complications bureaucratiques entravant l’émigration Juive, financera l’expulsion des Juifs pauvres par la spoliation des Juifs riches.
Rapidement l’Office devient la principale courroie de transmission de la politique Allemande à l’égard des « Israëlites ». Une fois la Tchécoslovaquie éventrée, il fait des petits à Prague et à Amsterdam.
Le 30 janvier, Hitler prononce au Reichstag un discours sur la question Juive :
« C’est un spectacle lamentable que de voir comment aujourd’hui le monde démocratique tout entier s’attendrit sur le pauvre peuple juif torturé et comment il reste obstinément insensible à ce qui est incontestablement son devoir de faire quelque chose. Les arguments que l’on met en avant pour excuser cette carence parlent uniquement en faveur de nous autres, Allemands et Italiens.
Quelle reconnaissance ne nous doit-on pas de laisser partir ces brillants représentants de la civilisation et de les mettre à la disposition du reste du monde. Les démocraties, si l’on en croit leurs propres déclarations, n’ont aucun argument qui explique leur refus de recevoir ces inestimables personnes chez elles.
On ne comprend pas non plus pourquoi on veut justement que ce soit le peuple allemand qui accueille les fils de cette race alors que les Etats si épris de ces gens admirables refusent tout à coup, sous tous les prétextes possibles et imaginables, de les admettre chez eux. Je crois que plutôt sera résolu ce problème mieux cela vaudra ».
Le Reich entend accélérer par tous les moyens l’émigration des Juifs Allemands. On favorise la sortie illégale du territoire, entassant par centaines et par milliers les réfugiés sur des bateaux qui partent de Hambourg, d’Anvers ou de Rotterdam et même par le Danube. Des passeurs recrutés par la Gestapo s’enrichissent en vendant aux plus offrants des visas, permis de séjour (la plupart du temps des faux), affrétant des coques de noix inaptes à la navigation au long cours. Ces bateaux-fantômes flottent tout juste d’un port à un autre sans jamais pouvoir s’alléger de leurs pauvres hères, que les autorités portuaires empêchent inflexiblement de débarquer. C’est ainsi que Shanghai (alors aux mains des Japonais) et la Palestine deviennent des havres plausibles pour s’échouer sans trop d’encombres. A la mi-août 1939, 20 000 personnes ont trouvé refuge à Shanghaï, provoquant aussitôt l’injonction du gouvernement Britannique aux compagnies de navigation Anglaises à ne plus prendre à leur bord un seul Juif à destination de la Chine. Après avoir entassé ces populations dans un ghetto où prospèrent les maladies, les Japonais stopperont leur immigration en août 1941.
Les Anglais ont depuis juillet 1937 limité le nombre de Juifs qui sont admis en Palestine à 8000 en 8 mois, ce qu’on retrouve dans les chiffres sur l’immigration :
- 1933, 37 000 personnes
- 1934, 45 000
- 1935, 66 000
- 1936, 30 000
Et :
- 1937, 11 000 personnes
- 1938, 15 000.
Le 2 décembre 1938, un mémorandum de l’Agence Juive pour la Palestine propose d’accueillir 100 000 Juifs Allemands. Refus Britannique. Le 14 décembre de la même année à la Chambre des Communes, le Ministre Anglais des Colonies Malcolm Mac Donald rejette une offre des Juifs Palestiniens d’adopter sur le champ 10 000 enfants Allemands.
En fermant la « Terre Sainte » aux réfugiés Juifs, la politique Anglaise ménage la chèvre Germanique et le chou Arabe. Quand à l’Allemagne, si elle stigmatise vertement la politique soi-disant anti-Arabe des Anglais et se pose en farouche défenseuse des intérêts Arabes, elle encourage néanmoins sous le boisseau l’émigration des Juifs vers la Palestine. Le Ministère des Affaires Etrangères souhaite que « l’Allemagne profite de chaque occasion qui lui est offerte pour bouter un Juif dehors. La Palestine pourrait absorber quelque huit cent mille à un million de Juifs supplémentaires et si les Juifs d’Allemagne ne s’y rendaient pas, d’autres pays pourraient bien fournir ce contingent ».
Côté Anglais, à un député qui l’interpelle sur la question Juive, le Ministre des Colonies Mac Donald explique que les Juifs voulant débarquer en Palestine sont systématiquement refoulés vers les ports d’embarquement. Le député insiste : « Est-ce à dire que les réfugiés sont, en fait, renvoyés dans les camps de concentration ? » Mac Donald répond à la Ponce Pilate : « La responsabilité de cette affaire incombe à ceux qui organisent ce trafic ».
Le 17 mai 39, Londres publie un livre blanc sur la question de l’émigration. Entre mars et avril, 75 000 Juifs seront autorisés à débarquer en Palestine par tranches de 15 000. Après ce seront aux Autorités Arabes d’accepter ou pas d’en accueillir d’autres. Ce livre blanc tombe au moment où grossit le flot des réfugiés fuyant la Tchécoslovaquie écrasée, l’Autriche «Anschlussisée», l’Allemagne «Nuit-de-Cristallisée», etcetera. Au fur et à mesure que leur répression s’intensifie dans le Grand Reich et ailleurs, les immigrés clandestins vers la Palestine se multiplient exponentiellement. La réponse Britannique est de fermer totalement le robinet Palestinien à compter du 1er octobre 1939. 2 années après cette fermeture débutera l’application de la «solution finale» aux Juifs Européens.
(à suivre)
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