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LA
CONDITION HUMAINE1930-1940 : L'EUROPE ANTI-SEMITE
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En période de paix sociale, le mode de production capitaliste s'accommode d'un surplus de population, de main-d'oeuvre, de groupe social en marge du salariat, rejeté par la concurrence et la compétitivité. Il s'accommode jusqu'à la distraction publique, en en faisant un spectacle parce que ça rapporte aussi sur tous les plans. Il faut bien que le peuple s'amuse, y compris et surtout de lui-même.
Quand l'Etat National-Socialiste Allemand plonge l'Europe dans la guerre-éclair, il ne lui est plus possible à propos des Juifs de se contenter d'expédients. D'une manière ou d'une autre il s'agit qu'ils disparaissent, et le plus tôt sera le mieux. La guerre qui pointe à l'horizon impose d'organiser leur suppression globale, sans que cela déstabilise l'ordre instauré dans les pays vaincus, la pax germanica.
Le nazisme n'a fait qu'utiliser des structures pré-existantes, les camps de concentration, en développant leur fonctionnement à grande échelle. Il a réalisé en partie un vieux phantasme du capitalisme : l'exploitation jusqu'au tarissement complet de la force de travail humaine, soit la mort. Marx indiquait de manière prosaïque :
"Pour être menée avec succès, la lutte industrielle exige de nombreuses armées, qu'on peut concentrer en un point et décimer copieusement".
Les prisonniers subvenaient d'autant plus facilement à leur frais d'exploitation que ceux-ci n'étaient pas bornés par la survie individuelle. Pour les Nazis, la main-d'oeuvre s'extrayait à volonté.
Lors on concentra les Juifs et on les exploita jusqu'à crever. Une pitance symbolique constituait leur salaire, insuffisante pour renouveler au quotidien cette force de travail illimitée. Qu'importe aux exploiteurs, qu'ils soient fascistes ou démocrates, la disparition définitive d'un surplus de bras nus vomi par la crise et la guerre mondiales. Cependant, s'il est aisé d'éliminer un prolétaire, il est extrêmement complexe d'en tuer des millions dans un laps de temps limité. Les malades, ceux que le travail avait réduits à l'état de loques mais qui se refusaient à mourir furent, au final, systématiquement exterminés. L'utilité à gérer ces surplus d'individus était équivalente au zéro absolu.
En arrière toute : entre 1930 et 1940, les Juifs Européens se retrouvent enserrés dans une trappe gigantesque. La chasse étatisée de l'Etat Allemand les oblige à fuir le Grand Reich ; en même temps, la S.d.N. - càd l'ONU de l'époque - établit une ceinture de barbelés autour de l'Allemagne pour les empêcher d'émigrer hors des frontières pan-germaniques. Vous noterez que, jusqu'en 1941, ce n'est pas du fait de Berlin même.
En 38 l'Allemagne en est encor à chercher à se débarrasser de ses Juifs simplement en les incitant à quitter le territoire. Hjalmar Schacht, président de la Reichsbank - la banque centrale d'Allemagne - propose un plan (non écrit) pour résoudre le problème Juif, plan ayant pour condition d'arrêter la répression anti-sémite dans le Grand Reich. En gros, il s'agit d'accroître les exportations Allemandes pour pallier à la pénurie de devises étrangères. En quoi cela concerne-t-il les Juifs ? Eh bien selon le plan Schacht, ceux-ci seront forcés d'émigrer et l'Etat les dépouillera de tous leurs avoirs, notamment en devises. Le banquier s'en ouvre aux Anglais dans le but d'aplanir les relations entre les 2 empires. Quand il en rend compte à Hitler, celui-ci l'adjoint à poursuivre sa démarche.
Le Fuhrer évoque un "plan en vue de la solution pour l'Allemagne du problème juif par le moyen d'une opération financière". Les Anglais accueillent de manière favorable l'"usine à gaz" (vu l'époque, on peut encor oser ce trait). Ils présentent un mémorandum à Roosevelt pour accompagner l'initiative germanique :
"Les Allemands mettraient en oeuvre unilatéralement un plan d'émigration et dans le même temps, un comité intergouvernemental et un organisme privé réaliseraient unilatéralement un plan pour installer les émigrants involontaires".
Traduisez : "Les Allemands chasseront tous leurs Juifs ou presque, que ces derniers le veuillent ou non". Le projet porte sur 600000 personnes, réparties en 3 catégories :
- 200 000 Juifs Allemands âgés de + de 45 ans, jugés trop vieux pour refaire leur existence, tolérés en Allemagne jusqu'à leur mort ;
- 150 000 soit Allemands soit apatrides, chefs de familles et célibataires hommes ou femmes âgés de 15 à 45 ans, émigreront en l'espace de 3 à 5 années. Schacht envisage une cadence de 50 000 expulsés par an.
- 250 000 "non-actifs" femmes, enfants et hommes (sauf 1ère catégorie) rejoignant les membres du groupe précédent dès que ceux-là "seront installés et susceptibles de les recevoir".
Résumé du plan : expulser sur 5 ans 2/3 des Juifs Allemands, attendre l'extinction naturelle du tiers restant. L'Etat autorise les émigrants à emporter le matériel nécessaire à l'exercice de leur métier ; par contre il confisque les objets d'art, les bijoux, l'or, etc. Cependant, les personnes concernées ne subiront plus le racket de la "taxe d'émigration". Des centres de formation et de reconversion professionnelles seront ouverts pour les candidats à la sortie d'Allemagne. En outre les Juifs enfermés dans des camps de concentration seront libérés.
La planification du tout est assurée par des organismes représentant les Juifs d'Allemagne, chapeautés par un fonctionnaire non-Juif. A la condition d'être agréés par le gouvernement du Reich, ces organismes pourront faire appel à des expertises étrangères privées.
Last but not least, l'échafaudage répond à une exigence fondamentale : ne pas coûter un mark à l'Etat. Au contraire il prévoit de lier l'émigration Juive à un accroissement des exportations Allemandes, grâce à l'active coopération de la diaspora, intéressée à améliorer le sort d'une partie de ses membres. Apparemment herr Schacht était à ses heures un rêveur impénitent.
Réveillés subitement par un retour civilisationnel, les Britanniques reculent devant les exigences du Reich : "Elles équivalent à demander au monde de s'acquitter d'une rançon pour libérer des otages détenus en Allemagne et de troquer des souffrances humaines contre une augmentation des exportations". C'est cela, oui mais que le 1er Empire qui ne l'a pas fait leur jette la 1ère traite.
Dans un même élan de refus, les leaders de la diaspora en Angleterre refusent d'entériner le pré-supposé du plan Schacht, l'existence de cette fameuse "Internationale Juive" fantasmée par les théoriciens National-Socialistes. La proposition Allemande d'emprunt mondial, les Anglais la rejettent aussi.
Ce qui reste du plan, c'est la constitution d'un fonds de garantie (25% minimum des avoirs Juifs sur lesquels le Reich a fait main basse), destiné à financer le "transfert" des expulsés hors d'Allemagne. Ledit transfert s'effectuera sous forme d'échange de marchandises diverses (équipements, machines-outils, etc.) contre les marchandises humaines que sont les Juifs Allemands, transaction effectuée par le fonds de garantie.
Il reste à régler le sort des 200 000 Juifs de "1ère catégorie" (vieux, inaptes à être recyclés,...) qui demeureront sur le sol Allemand. Schacht dit juste que ceux-là sont censés "vivre en paix" en territoire pan-germanique, mais il ne donne aucune garantie formelle.
(à suivre)
Pourrait-on me dire quels sont les personnages réprésentés autour de Lénine ??
URGENT
Sur quelle image de quel article ?
très interressant..
Quelles sont tes sources?
Essentiellement 2 : le bouquin d'un historien israëlien et un texte classique de la Gauche Communiste d'Italie.
Le Sous-Lieutenant Karpov donnera ces références en fin de travail.