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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 10:02

 

1930-1940 : L'EUROPE ANTI-SEMITE

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     La guerre mondiale vient aggraver la situation déjà catastrophique des Juifs d'Europe. En s'emparant des industries des pays envahis, le capitalisme germanique a plus que jamais besoin de concentrer son économie, notamment en sacrifiant une partie, la plus importante possible, de la petite-bourgeoisie. La campagne d'anti-sémitisme idéologique en Allemagne s'avérant payante, le Parti National-Socialiste n'a de cesse de l'exporter hors du Reich, d'abord diplomatiquement puis par le blitzkrieg, dans les 2 cas avec un succès foudroyant. C'est que l'Europe, notamment centrale, est historiquement contaminée par un anti-sémitisme qui mélange reliques féodales, élucubrations pseudo-scientifiques et colonialisme sénescent.

     Les offensives successives de la Wermacht épuisent les réserves alimentaires, déjà chiches, des populations que la crise mondiale avaient considérablement affaiblies. Les Juifs étaient sur le point de crever de faim dans la rue, par millions. La guerre va obliger le capitalisme Allemand en quête d'expansion - appendice du capitalisme tout court - à se débarrasser d'eux d'une  manière autre que la répression et l'expulsion. En un verbe, il va industrialiser leur destruction physique.

 

      En 1938, l'Angleterre et les Etats-Unis estiment avoir atteint les limites de leur capacité d'absorption des Juifs expulsés du Grand Reich et de l'Europe Centrale. Ayant admis qu'ils ne pourraient infléchir la répression contre ceux-ci, ils changent leur fusil d'épaule ; ils se contenteront d'arracher quelques avoirs Juifs à la spoliation généralisée.

     Malgré tout, Adolf déclare à Oswald Pirow, ministre Sud-Africain de la Défense, du Commerce et de l'Industrie :

     "Je suis écoeuré de l'agitation et des discussions nées en Grande-Bretagne autour de cette question. Elles n'ont débouché sur aucune proposition constructive. Actuellement, la densité de la population en Allemagne est de 141 habitants au km2. Les 9/10èmes des Juifs vivant dans ce pays y ont immigré au cours des dernières décennies. Bien qu'ils soient venus sans rien, aujourd'hui ils possèdent par tête 4,6 fois plus que leurs hôtes. Et maintenant on nous demande de les autoriser à emporter ces richesses qu'ils ont accumulées. Ils ont abusé de la confiance du peuple allemand. Les Britanniques se gargarisent de sentiments humanitaires mais ne font rien pour contribuer à la solution du problème. (...) Je ne peux pas endosser la responsabilité de laisser aux Juifs le peu de devises étrangères dont dispose l'Allemagne".

     L'Empire Britannique envisage de transférer des réfugiés Juifs au Tanganyika (Tanzanie) - ancienne colonie germanique. Celà pour flatter certaines propositions Allemandes de créer une "réserve juive" en Afrique. Malgré un avis favorable de l'aviateur (Goering), Hitler n'en a cure : "Le peuple allemand ne comprendrait pas pourquoi il faille mettre à la disposition de ses ennemis les plus implacables des terres où tant de héros allemands ont versé leur sang".

     Ce même jour où le Sud-Af' Pirow parlotte avec le Führer (19 novembre 1938), 2 huiles british, Neville Chamberlain, 1er ministre qui a signé les accords de Munich (chèque en blanc Européen à Adolf) et Lord Halifax ministre des Affaires Etrangères (signataire lui aussi) font causette avec 2 importants de chez nous, le Président Daladier (signataire à Munich) et le ministre des Affaires Etrangères Bonnet (co-signataire, anti-sémite notoire). La question Juive est évidemment à l'ordre du jour. Chacun y va de son idée : les Juifs ? ...en Afrique, non en Guyane ; et pourquoi pas à Madagascar ? La Nouvelle-Calédonie, ça ne serait pas mal non plus (et avantageusement c'est très loin de l'Europe).

 

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     Le 6 décembre, Joachim Von Ribbentrop, l'homologue germanique de Bonnet se pointe à Paris ; ce dernier lui déroule le tapis rouge, lui sert grande bouffe, lustres, falbalas et Champagne. Cependant, 2 ministres français ne sont pas des agapes : Georges Mandel (colonies) et Jean Zay (Education nationale). Ê! ils sont Juifs.

     Bonnet n'a de cesse de caresser son Ribbentrop dans le sens de la blonde pilosité, promettant croix de fer que la France n'accueillera plus aucun Juif venu du Reich, priant Joachim d'interdire à ces gens-là de venir en France. Il glisse à l'oreille de son collègue qu'il y a déjà fort à faire pour débarrasser la métropole de 10 000 d'entre eux et que l'Etat envisage de les expédier dans sa colonie Malgache. Ribbentrop ne relève pas les propos anodins du Français ; pour lui, il existe 2 sortes de Juifs, les mauvais, les bons. Tous les mauvais se concentrent dans le Grand Reich. Tous les autres, les bons, sont ailleurs, par exemple en France et en Angleterre. Conséquemment, ces 2 nations ne peuvent saisir les raisons profondes de la politique anti-sémite du Parti National-Socialiste Allemand. Le malheur du Reich ne se partage pas. Ach !

     Début 1939, Neville (Chamberlain) s'en va chez Benito (Mussolini), soulever le lièvre kasher. Le Duce propose la constitution d'un "Etat Juif souverain", prenant sous son aile tous les Juifs errants de la Terre. Il précise que la surface requise pour cet Etat devrait être découpée sur le territoire de pays assez grands : les Etats-Unis, le Brésil ou l'URSS. Cependant il estime inutile d'avoir à infléchir l'Allemagne sur la question des biens arrachés à la population Juive : "Les Allemands ont beaucoup souffert par la faute des Juifs dont les activités les ont paupérisés".

      Quelques mois auparavant (octobre 38), le "Grand Conseil Fasciste d'Italie" avait édité toute une série de mesures anti-sémites. Il s'était notamment prononcé en faveur d'une "immigration contrôlée" vers l'Ethiopie, non vers la Palestine.

     2 mois plus tard, le Président Roosevelt charge William Phillips, ambassadeur états-unien auprès du Vatican, d'un message personnel adressé à Mussolini. Dans ce message, Roosevelt félicite Benito pour toute son oeuvre en faveur de "la paix dans le monde", en particulier les accords de Munich (la Tchécoslovaquie livrée nue et ficelée par l'Europe aux soudards Nazis). Il souscrit pleinement à l'idée d'envoyer les réfugiés Juifs en Ethiopie.

     Le Duce répond favorablement à Roosevelt, sauf en ce qui concerne l'Allemagne : pas question de faire pression sur un allié potentiel. Il précise sa vision de la question Juive : "Si un véritable et authentique Etat juif  doit être constitué, il ne peut en aucun l'être sur le sol palestinien, l'expérience d'un foyer juif en Palestine ayant échoué en raison des conditions historiques tout à fait défavorables".

 

(à suivre)        

      

Par Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - Publié dans : karpov - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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