Partager l'article ! U.E. 16: 1930-1940 : L'EUROPE ANTI-SEMITE 16 Quand le c ...
LA
CONDITION HUMAINE
1930-1940 : L'EUROPE ANTI-SEMITE
16
Quand le capitalisme réagit comme il l'a fait dans l'Europe des années 30-40, pardonnez-le car il ne sait pas ce qu'il fait (même si ses pires agissements ont toujours une utilité majeure). La répression puis l'extermination des Juifs d'Europe centrale faisait l'affaire des 2 compères pris dans l'étau d'une crise mondiale : la petite-bourgeoisie et le grand capital. En Allemagne, ce dernier laissa avec satisfaction la 1ère traquer et massacrer les Juifs. Les grandes besognes, c'est toujours préférable de les laisser aux soins des petites gens. Comme vous pouvez le constater dans ce modeste travail, la 1ère étape consista à chasser tous les Juifs hors du Grand Reich Germano-Autrichien. Ce ne fut qu'au terme de cette 1ère vague d'anti-sémitisme planifié que les Nazis découvrirent une Europe à leur diapason : des Juifs, personne n'en voulait. Motifs ? Méchanceté gratuite, racisme naturel, sympathie pour le nazisme ? En fait les Allemands n'étaient pas seuls à se voir écrasés par un chômage virulent débouchant sur une misère antique. Aucun pays d'Europe n'était à même d'accueillir en sus des siens des millions de déshérités venus de dieu savait où. Malgré la violence étatique féroce exercée sur eux, très peu d'expulsés du Reich trouvèrent refuge à l'étranger. En toute logique, les dignitaires du régime hitlérien changèrent la méthode afin d'en être définitivement débarrassés.
Un exemple parmi d'autres des diverses "solutions" à la question Juive pondues en Allemagne : en 1938 le Feldmarschall Herman Goering propose d'inciter les Américains d'origine Allemande à revenir au pays, par des avantages spéciaux et un échange "Américains contre Juifs Allemands". Trouvaille sans suite.
A Berlin, le régime National-Socialiste exclut les Juifs du petit commerce, des marchés et des foires d'exposition, de l'artisanat, etc. D'après les caciques de l'Etat, cette spoliation généralisée est censée financer un plan économique quadriennal.
Seuls échappent momentanément à ces réformes de choc les Juifs d'origine étrangère. Le gouvernement prie ses ministres de ménager les Juifs intervenant dans le commerce extérieur. En clair, on ne les remplacera pas trop vite par des bons Aryens, surtout quand il s'agit de marchandises exportées. Un briefing du Ministère de l'Aviation explicite cette relative mansuétude : "Les considérations d'ordre commercial doivent prendre le pas sur le point de vue du parti. Toute concession sur les principes idéologiques est possible". Comme tout bon gestionnaire étatique, le fonctionnaire National-Socialiste donne la primauté à l'économique sur le politique.
En cette année 1938, le gouvernement Allemand juge encor bon de ne pas dégrader ce qui reste de relations officielles avec les Etats-Unis. Aussi, quand l'Ambassade américaine demande au Reich le rapatriement de 15 citoyens Juifs, celui-ci obtempère. Non sans que dans ce cas précis, l'idéologie ne reprenne le dessus :
"Il n'existe aucun principe général de droit international qui impose à un Etat l'obligation de s'abstenir de discriminer pour raison de race, de religion ou d'autres facteurs, les ressortissants étrangers vivant à l'intérieur de ses frontières".
Peu après, le conseiller d'ambassade Woermann dira poliment au chargé d'affaires américain que la politique de Washington à l'égard des Noirs était bien discriminatoire sans que le Reich, lui, n'y interfère. Le Yankee ne pipa mot.
L'exode Juif hors du Grand Reich se mue en mouvement de population massif. Au mois d'octobre 38, Hitler ré-affirme que l'émigration demeure la principale solution au problème. Plus d'un demi-million de personnes concernées par ladite "solution" cherchent vainement asile quelque part hors d'Autriche-Allemagne. Emboîtant le pas aux Nazis, d'autres nations de l'Europe centrale s'apprêtent à virer des millions de Juifs, aiguillés de toutes parts sur des voies sans issue.
L'avocat et diplomate états-unien Georges Rublee écrit au département d'Etat :
"Depuis la conférence d'Evian, les portes se sont systématiquement fermées aux émigrants. J'ai examiné les possibilités d'immigration avec les représentants des républiques latino-américaines, les commissaires des dominions britanniques et les porte-parole des empires coloniaux. Je n'ai eu que des réponses négatives. Chaque semaine voit entrer en vigueur de nouvelles lois et de nouveaux décrets qui rendent la situation des émigrants plus difficile... A quelques exceptions près qui ne méritent pas d'être prises en considération, il n'y a pas de nouveaux pays d'accueil ouverts aux réfugiés. A preuve les négociations qui ont lieu ont conduit la semaine dernière le ministre britannique des colonies à déclarer que l'Empire était à même de recevoir 25 colons au Kenya. Leurs familles pourraient éventuellement être autorisées à les y rejoindre à une date ultérieure".
25 colons Juifs... Qui dira que le Rosbeef n'est pas tendre ?
(à suivre)
derniers commentaires