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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 13:08

DISCOURS D'INVESTITURE DE Mr LE NOUVEAU PRESIDENT DE LA RAIE PUBLIQUE FRANCAISE

 

 

     Comme vous n'êtes pas sans le savoir, la plupart de nos femmes et hommes politiques pratiquent la "langue de bois".

     Nicolas Sarkozy, lui, était jusqu'à présent un adepte du "franc parler". Mais voilà qu'à peine élu, il s'adonne à son tour à l'imbuvable verbiage soporifique qui enfume la politique française.

     Mais le Sous-Lieutenant Karpov ayant plus d'un tour dans son cabas, il a mis au point un procédé de décryptage du discours "langue de bois" :  le "karpovcode".

     Voici donc le discours d'investiture de Président Sarko, nettoyé de ses scories par l'ingénieux karpovcode :

 

      

     Bande d'abrutis,

     En ce jour où je suis enfin Président de la Raie publique française, je pense à ce que j'ai dû en chier pour en arriver jusque là, j'ai dû en baver des couvercles de marmite et pourtant je me suis toujours relevé, vu que j'ai les yeux plus près du sol que la plupart d'entre vous, tas de crétins. Désormais c'est moi qui tiens la baraque et ça va vous faire du changement avant pas longtemps.

     Je pense à tous les grands cons qui m'ont précédé. 

     Je pense à l'autre grande baderne de Colombey-les-2-Eglises, qui enfila par deux fois la Raie publique à la cosaque, fit le fanfaron contre l'Amérique et finit par nous mettre mal avec tout le monde. 

    

 

     Je pense au cortisoné de Normale sup' et à la saucisse accordéoniste qui, chacun à leur manière, se foutèrent si bien de votre gueule que la France en prit pour 30 ans de vieille droite variqueuse.

   

    

 

    

 

 

 

 

    

 

 

 

 

   

 

 

 

    


    

     Je pense au plus grand d'entre ces enfoirés professionnels : Mitterrand ! La classe pure, c'est bien la seule chose sur laquelle je m'accorde avec Chi-chi. Le chapeauté de Latché sut vous faire gober qu'il était de gauche (quand on connaît son parcours oh ! oh ! oh !) à un moment où la gauche devenait nécessaire pour que la Raie publique continue de défendre le Marché.

    

 

     Je pense à Chirac, qui pendant douze ans a oeuvré dans les chaumières pour me pourrir l'existence et faire rire sur mon compte. Je pense au rôle qui a été le sien pour accréditer l'idée que je n'étais qu'une petite merde. "Marchez-lui dessus, qu'il disait, ça vous portera bonheur !" Maintenant c'est moi qui les envoie à l'équarrissage, lui et sa vieille carne.

    

 

     Mais en cet instant si jouissif, ma pensée va d'abord à ceux qui ont quand même voté pour moi, qui m'ont pris en sympathie malgré ma taille réduite et la réputation que me faisait l'escogriffe de l'Elysée, qui se sont tapé le trajet jusqu'au bureau de vote après s'être levés tôt pour dire leur foi en moi, pour dire qu'il ne voulait pas de la pétasse d'en face. Je pense à vous, qui m'avez refilé les clés de la cambuse. Depuis, j'en boufferai du Parti socialiste à tous les repas !
 
     Je pense à cette attente, non sans ressentir fortement les boules qui me remontent, à cette incertitude du résultat, à ce besoin de croire qu'une fois de plus j'allais me faire planter par une gonzesse.

     Je pense que le peuple français est bien aussi stupide qu'on le pense généralement dans le monde. Ce peuple sans cervelle, je n'ai pas le droit de le décevoir.

     Je raclerai donc dans tous les coins afin de souder tout le monde derrière moi, parce que la France n'est forte que lorsqu'elle se réfugie dans le dos d'un seul homme - fut-il atteint de nanisme. Aujourd'hui la France a besoin d'un mec comme moi : petit mais costaud, frustré mais obsédé quand même, cocu mais content.

     Je respecterai ma parole, je tiendrai les engagements pris : harceler les pauvres, exciter les salariés pour les pousser à la faute, càd à la grève, caresser les poils pubiens du Marché.

     Je vais te re-foutre les travailleurs au travail vite fait, mais en pire : plus d'efforts demandés sinon ceinture niveau portefeuille. Pour gagner un peu plus, faudra le mériter beaucoup, faudra le respect de la hiérarchie, parce que c'est comme ça que ça doit tourner et pas autrement, c'est le fondement de la dignité de l'entrepreneur et la condition de l'accroissement des profits.

     J'exige dès à présent la tolérance envers le patronat et l'ouverture vers les banquiers parce que jamais l'intolérance et le sectarisme n'ont été aussi destructeurs, parce que jamais il n'a été aussi nécessaire que toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté mettent en commun leurs talents, leurs intelligences, leurs idées pour imaginer comment faire que les profits entrent en érection continue.

     J'exige que ça change dès tout de suite parce les concurrents vont pas attendre après nous (ils viendront plutôt nous bouffer le foie si on baisse la garde). Ce monde a changé, voyez-vous, il a EMPIRE: chacun s'efforce de niquer l'autre plus vite, toute lenteur d'action peut être fatale et devient vite irrattrapable et donc criminelle.

     J'exige la sécurité et la protection pour moi et mes semblables, parce qu'il n'a jamais été aussi nécessaire de lutter contre la racaille et contre ce sentiment de révolte qui encourage l'initiative et la prise de risque vers la contestation de l'ordre établi.

     J'exige l'ordre et l'autorité parce nous avons trop cédé aux rebuts sociaux qui surpeuplent les cités et dont les démonstrations pyromaniaques sont d'abord préjudiciables aux petits et aux grands patrons.

     J'exige du résultat, du chiffre, de la statistique favorable parce que les Français n'en ont pas encor assez que dans leur vie quotidienne rien ne s'améliore jamais, parce que les Français n'en ont pas encor assez que leur vie soit toujours plus lourde, toujours plus dure, parce que les Français n'en ont pas encor assez des sacrifices qu'on leur impose sans aucun résultat. Et la meilleure preuve de ce que j'dis, c'est que cette bande d'andouilles de Vire m'a élu le doigt là où je pense.

     J'exige la justice parce que depuis bien longtemps autant de potes chefs d'entreprise n'ont pas éprouvé un sentiment aussi fort d'injustice, ni le sentiment que les sacrifices n'étaient pas assez équitablement imposés à leurs salariés, ni que les droits n'étaient pas assez égaux pour eux, qui ont la bonté d'offrir du travail - réménéré par-dessus le Marché.

     J'exige la rupture avec les comportements de gauche du passé, les habitudes de pensée à gauche et le conformisme intellectuel de gauche. Tout ça, ça n'a de tout manière amélioré en rien la condition des plus misérables. En plus, la plupart des intellos de gauche bouffent dans les mêmes restaus que moi et avec certains on se tutoie carrément.

     Le peuple m'a confié LE mandat des mandats, je vais le remplir comme on remplit une femme quand on a la grosse banane entre les gambettes. Je le remplirai scrupuleusement, à fond et jusqu'à la dernière goutte, avec la volonté d'être à la hauteur, pour me forger une réputation 100 fois plus blindée que celle de Rocco Siffredi.

     Je défendrai l'indépendance de la classe qui est la mienne et l'identité de la France capitaliste.

     Je veillerai au respect de l'autorité de l'Etat et à son impartialité à l'égard des pratiques courantes sur le Marché, qu'il faut cesser de persécuter.

     Je m'efforcerai de construire une Raie publique fondée sur les droits réels des employeurs et une démocratie irréprochable du point de vue du nombre de jours de grève (ça sera "tolérance zéro" !).

     Je me battrai pour une Europe qui protège son pré carré, pour l'union de la Méditerranée-qui-reste-de-l'autre-côté-de-la-Méditerranée et pour le développement de l'exploitation accrue de l'Afrique.

     Je ferai de la défense des droits de l'employeur et de la lutte contre la surchauffe du climat social les priorités de l'action politique de la France dans le monde.

     La tâche sera difficile et elle va durer, croyez-moi. D'ores et déjà, envisagez de me ré-élire en 2012.

     Que chacun d'entre vous reste à la place qui est la sienne dans l'Etat et les chèvres citoyennes seront bien gardées et le fromage n'en sera que meilleur pour nous.

     Je veux dire ma conviction qu'au service de la France il n'y a qu'un seul camp. Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays. Il n'y a que les compétences, les idées et les convictions de ceux qui sont animés par la passion du profit.

     A tous ceux qui veulent servir leur pays, je dis que je suis prêt à travailler avec eux et que je ne leur demanderai pas de renier leurs convictions, de trahir leurs amitiés et d'oublier leur histoire. A eux de décider, en leur âme et conscience d'hommes libres, comment ils veulent se retourner devant moi et tomber le falzar et le calbut.

     Le 6 mai il n'y a eu qu'une seule victoire, la mienne, celle qui veut l'ordre mais qui veut aussi le mouvement national, qui veut le profit mais qui veut aussi la fraternité entre les profiteurs, qui veut l'efficacité mais qui veut la justice pour les créateurs d'emploi, qui veut l'identité nationale mais qui veut également l'ouverture vers le nationalisme.
     Le 6 mai il n'y a eu qu'un seul vainqueur, moi. Je ne veux pas renoncer, je ne veux pas me laisser enfermer dans l'immobilisme et dans le centrisme de gauche comme tous mes prédécesseurs, je ne veux plus que l'on décide à ma place, que l'on pense à sa place (même si c'est ma putain de bonne femme !).

     Eh bien, à cette France qui veut continuer à vivre avec moi, à ce peuple qui ne veut pas renoncer à moi, qui me mérite tellement, je veux dire ma détermination à ne pas les décevoir et même à aller bien au delà de leurs désespérances.

                                      

                                       Vive la Raie publique !
                                       Vive la France !
                                       Vive moi !

     (les 1ers accords de La Marseillaise éclatent sur fond de couchant bleu azur)

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commentaires

(Vieux) Thierry 27/05/2007 00:24

La charge, pour être efficace, doit être chargée, la vôtre est donc parfaitement conforme aux canons du genre. Toutefois, et le prenez pas mal jeune Karpov, on peut douter de la vraisemblance d'une partie du propos que vous imaginez pour Sarkozy - votre propos, donc.

Prêter à l'élu en exercice un tel enthousiasme sexuel semble en effet aller contre l'évidence. Il apparaît qu’il n’est pas un frénétique coureur de jupons, ce en quoi il incarne - si l'on peut dire - une rupture effective avec tous ses prédécesseurs, hors De Gaulle sans doute.

Jugez-en: lorsque le quitta pour un autre l'ibère hystérique que sa fascination pour le show-biz et son penchant pour la trahison l'avaient fait épouser, bien loin de s’en féliciter et de passer à d’autres notre homme se battit et débattit, publiquement en sus, pour qu'elle revînt.

Au lieu de refaire sa vie ou de multiplier les aventures avec les splendides beinbos qui pullulent dans les entourages des riches et puissants de ce monde, le bonhomme fit une conquête et une seule, une tristounette feuilletoniste au service politique du Figaro.

Et encore s’agissait-il seulement de susciter de la jalousie chez l’infidèle Cécilia. Son époux n’est décidément pas taillé dans ce bois fort vert dont était fait les dirigeants français depuis des lustres - hors donc De Gaulle qui, comment dire, hum, voilà, bandait pour autre chose.

La chef de la fausse droite qui aspirait à être présidente en lieu et place du leader de la droite avouée aurait d’ailleurs été bien inspirée d’entreprendre son adversaire sur le sujet: ‘ben Sarkozy y l’aime pas le cul c’est un problème, ça, les vrais gens dans le pays y aiment eux’.

Proférée ainsi avec la syntaxe approximative et les intonations de légère mégère qui la caractérisent, l’apostrophe aurait sans nul doute retourné le vote populaire en faveur de Royal. Non que cela m’importât personnellement, mais puisqu’elle-même avait l’air d’y tant tenir…

Mais bien sûr, il aurait fallu pour cela qu’elle soit elle aussi d’une toute autre nature, moins coincée et plus ficelle. Et que ses proches conseillers soient tout différents de ce qu’ils sont: une trotskiste guère repentie, une grande bourgeoise avouée, un homosexuel paisible, etc.

Bien à vous.

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 27/05/2007 16:23

 
     Cet apport décisif sera édité en 1ère page du blog karpovien (sous couvert de votre assentiment).
     Fraternellement

Mademoiselle AgnÚs 26/05/2007 19:54

Excellent, cher Karpov. Je retrouve enfin -où était-il passé ? - le Karpov qui m'a tant fait rire (c'était jouissif) lors de ses mémorables passes d'armes sur le site du nouvel Obs. Ah! que ce fut mémorable...

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 27/05/2007 16:22

 
    Karpov a brisé la maxime : "On ne peut pas être et avoir été".
     Karpov a été, il est et il sera.
     Force, honneur et 2 bises
 

kiki 26/05/2007 16:03

bien dit,des trucs interessants à lire ici :http://1libertaire.free.fr/DRDufour10.html