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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 20:00

          LA TRONCONNEUSE VII

 

         

     

ET A LA FIN, LES ATHENIENS S'ATTEIGNIRENT
  (ET LES PHILOSOPHES S'ETEIGNIRENT...)

 

    

                                                   (en voie d'auto-extinction individuelle)

 

    

     On ne peut pas dire que Mr Onfray fasse preuve d'une grande originalité quand il sort son "Le Pen". Il énonce d'un air pompeux, haussé au maximum sur ses ergots de coq nietzschéen :

     "Je rappelle, pour information, que Le Pen ne votera pas blanc mais qu’il appelle à l’abstention, ce qui n’est pas vraiment la même chose. Ne pas aller voter, c’est dire qu’on méprise la machine démocratique quand on n’a plus de candidat à faire valoir ; voter blanc, c’est dire qu’on respecte cette machine et qu'on refuse de choisir entre deux visions du monde parce que le monde n’est pas binaire (droite ou centre droit) et qu’on peut en souhaiter une troisième (gauche)".

     Quand on est en panne d'arguments politiques, il existe toujours le joker borgne pour vous dépanner. Mr le politologue bas-Normand s'essaie - en tant qu'essayiste onfrayique - à l'amalgame le plus ringard du rafistolage politicard : Le Pen s'abstient au second tour; Le Pen méprise la démocratie ; les abstentionnistes du second tour sont des "Le Pénisants" qui "méprisent" la démocratie. Syllogisme bas-de-gamme bricolé à la hâte, au shatterton jésuitique, que ne désavouerait pas Marcel du "Bar des Sports"-cong ! Karpov va user du même bâton en bois de termites : lors du référendum sur la Constitution européenne, Mr Onfray était de la cohorte des "nonistes", en compagnie des Le Pen, De Villiers, Dupont-Aygnan et autres gargouilles. Mr Onfray est donc une gargouille réactionnaire. Efficace, n'est-ce pas ? Oui, mais politiquement inefficient.

    

     (Mr Onfray, quand il est en méditation politique transcendentale, a toujours un cochon borgne dans le caleçon, qu'il sort à l'occasion, en particulier quand il est un peu à court d'idées)

 

    

     Après ce brillant fait d'armes contre l'abstentionnisme Le Péniste, Mr Onfray se perd dans son propre salmigondis philosophico-politico-etc. pour justifier ce fameux "vote blanc", dont il voudrait qu'il entre dans les annales de la rébellion libertaire absolue, comme un suppositoire entre dans un "nietzschéen de gauche". Avec cette ultime justification sublimesque :

     "...je n’ai pas appelé à voter blanc, j’ai dit que je voterais blanc, personnellement, pour moi seul, et n’ai pas couru la publicité pour ce geste que je n’effectue pas de gaieté de cœur, ni sans peine. Je l'ai même accompli avec un réel dégoût. J’ai conclu à ce geste désespérant – mais à qui la faute : à la candidate ralliée à Bayrou ou à moi ?"
     
     Ehé éhé : il a voté "pour lui tout seul" (il manque le "na !" final) et il n'en a parlé à personne : re-éhé éhé. Quelle discrétion, hurlée sur tous les tons et dans tous les médias possibles et inimaginables. De plus, par la faute à Ségolène, il a failli vomir dans l'urne ! "Tu rends compte ?" comme dirait Djamel Debouzze. C'aurait été compté comme un "vote blanc nul". Une première dans l'histoire des élections électives démocratiques.
     Rien ne va plus : même France Inter - la seconde maison du philo-sophiste - refuse de faire la promo du 294ème tome de ses oeuvres complètes. En pleine campagne présidentielle ils préfèrent parler de la campagne présidentielle ! Sont-ils cuistres envers un malheureux prof de philo hédoniste qui ne demande qu'à s'exprimer.

     Trève de galéjades. Mr Onfray ne sait plus sur quelle patte danse l'ours. Il n'est pas loin de se retouver cul-de-jatte de la politique. On devrait le revoir à l'automne sur un petit chariot à roulettes, alourdi d'une de ses dernières productions dans chaque main.

 

[article de M. Onfray "Conclusions, pièges à cons" lisible sur blogs.nouvelobs.com]

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