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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 18:31

SEX IS BEAUTIFUL
                                   

CAPITALISTIC SEX IS UGLY   

Contrepoint à l'article "Saturday night fever" (Sarah O) sur souslebalcon.canalblog.com


    

                                                                          (ça ne plaît pas à Karpov)

 

     Les manuels de "savoir-vivre" autrefois réservés à ceux qui savaient lire ou avaient et le temps et l'argent pour la lecture, se sont démocratisés grâce à la marchandisation du monde.

     Le "Désormais tout est possible" est le micro-string qui dissimule à peine la pornographie de l'échange mercantile : ici on vend. Rien d'autre. On vend du sexe comme tout autre marchandise, du boudin, des missiles ou du Chanel n°5.

     Certainement il y a un enjeu, et de taille (Karpov ne parle pas de dimensions d'organes) : la sexualité est la dernière sphère de liberté qu'il reste au capitalisme à souiller, à piller, à formater, A REIFIER (= transformer en objet-marchandise).

     "La révolution sexuelle des années 70" n'a pas eu lieu. Elle s'est abîmée dans le SIDA et le retour à la morale bourgeoise.

     Dans ce contexte évidemment, la répugnante "étiquette" à la Nadine de Rothschild peut y trouver sa place : après le coach de vie, le coach sportif, le conseiller en look et celui en entretien d'embauche, voici le "sexpert" qui - moyennant flouze - se glisse dans ton plumard et te sussurre à l'oreille la manière correcte de sucer ou de te faire sucer délicatement le coquillage et aspirer le poireau comme à la Cour d'Angleterre.

     Oui, le porno s'est fait "chic", càd vulgaire, veule, formaté, robotique, banal, aliéné, triste comme ses VRP.

     "Plus les règles collectives disparaissent, plus on en a besoin à un niveau individuel pour rendre les rapports humains moins violents et le quotidien plus vivable".

     On ne saurait être plus clair : il existe un marché de la misère sexuelle, comme il existe le charity business.

     Oui, "l'Amérique du Nord n'est pas le berceau de la sexologie pour rien". Les dernières enquêtes sur le sujet montraient que 40% des états-uniennes simulaient l'orgasme à leurs états-uniens de maris qui n'y voyaient goutte (de sperme). Alors, pour sûr, y'a du blé à se faire pour les sexologues, les sexperts, les bitologues et les mouligassologues, les orgasmologues, les bandologues et les point-Géologues. Tout comme ce sont les "States" qui ont impulsé la vogue de la diététique : là-bas, les trottoirs s'enfoncent sous le poids des obèses (obèse, oh baise...).

     Les guides, modes d'emploi et notices sur la "bagatelle" se vendent comme des préservatifs. Pour l'épanouissement sexuel, cela n'aura aucun effet : on est dans le domaine du marketing, pas de la libération sexuelle.
   
     La grande Mère-maquerelle canadienne (qui a un nom à coucher dehors que Karpov a eu la bonne idée d'oublier) de ce fatras marketé nous apprend donc à « ne pas baver ou aspirer trop fort la langue de son partenaire quand on l'embrasse», à ne « pas pointer du doigt un sexe trop petit», et à «organiser une première orgie avec élégance».
     Merci Madame. Est-ce qu'on peut se pisser dans la bouche ou s'introduire une pointe d'index vengeur là où vous savez, Madame, au lieu d'en griller une après "l'acte" ? Ah... c'est 1000 dollars canadiens la réponse. Bon, ben, on improvisera, au revoir Madame. Ah oui, la facture... Vous acceptez les chèques ?

     Le Vieux Continent (désormais incontinent de la conscience critique) emboîte le pas aux sous-doués états-uniens avec une vénalité qui donne envie de se faire bonne soeur ou cul-de-jatte ou pendu : « Faire l'amour ou choisir un bouquet.» Et pourquoi pas : "baiser ou chier une horloge" ; ou "baiser une horloge et se garnir d'un bouquet dans le fion pour la Saint-Valentin" ?

     "Timides comme au bal des débutants, les Français ne vont pas aussi loin pour l'instant que leurs homologues nord-américains".

     T'inquiètes, ça va v'nir. En particulier, il se hurle à l'oreille des "milieux autorisés" que le nouveau couple présidentiel a un besoin urgent de renouvellement d'"imagination" érotisante. Surtout Madame (ê ! mettez-vous à sa place : z'arrivez au saut du lit et vous apercevez le nouveau Président en string tricolore qui vous ouvre ses draps bordés de lys roses : AAAAAAAAH !!)

     Chouette ! La princesse Mimine de Clermont-Ferrand s'est enfin décidé à nous vendre sa passionnante expérience de jeune aristocrate ex-vierge ex-pubère (eh oui, tout a une fin, même l'innocence). Elle raconte donc comment ça s'est passé la 1ère fois qu'elle s'est faite décapsuler.
    
     "Quand j'étais petite, on ne parlait jamais de ces choses-là. On ne nous disait rien, on ne savait rien... Vous imaginez les catastrophes ? Or faire l'amour, choisir un bouquet ou dresser une table, ce sont des actes de la vie quotidienne. Il fallait arrêter avec ces non-dits, dédramatiser tout ça. Et puis, aujourd'hui, qui arrive encore vierge au mariage ? La société a tellement évolué, les codes devaient suivre."

      Etre une aristo-femelle libérée, c'est pas si facile, hein Mimine ? Merci pour les femmes pas libérées. Mais Mimine de Clermont-Ferrand, elle, c'en est une, une vraie de vraie :

     « Sincérité, respect, honnêteté, générosité. Traitez les autres comme vous aimeriez qu'on vous traite. A partir de là, on peut tout imaginer, même grimper à quatre pattes sur une armoire ! Ce n'est pas parce qu'on est en position horizontale qu'on est dispensé de se montrer courtois
    
     Et même poète, comme dans "Le Dernier Tango à Paris", Branlons Mado sodomisant Maria Schneider au beurre de Normandie en déclamant des alexandrins... le grand savoir-vivre, Mimine ! La classe, quoi. Mais cette classe-là n'est pas donnée à tout le monde, apparemment pas à la classe aristocratique.

     Dans la bouche des "sexperts", le plaisir sexuel a un arrière-goût de pourriture marchande.
 

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commentaires

Francis Huster 15/05/2007 19:06

Donc selon vous, sex is beauf-itul ?

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 15/05/2007 19:23

Non, pas "selon Karpov". Il n'existe pas d'autre sphère dans la société qui offre encore une telle possibilité à l'être humain d'échapper, l'espace d'une "petite mort", à l'aliénation. Sex is BEAUTIFUL and SUBVERSIVE. C'est bien pour ça que désormais, les cloportes marchands ont violé le Temple.