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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 08:29

DE HEGEL A MARX


II. FEUERBACH

 

Le chaînon manquant

    

     En 1845, Marx et Engels sont à Bruxelles, non seulement pour écluser de la Gueuze Lambic ou siffler du vin blanc sec, mais aussi - c'est Friedrich qui l'avoue - pour solder les comptes avec leur "conscience philosophique d'autrefois".
    

                  

(Marx / Engels dans le désordre)

    

 

 

 

 

    

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

     Pour permettre ce "règlement de comptes à O.K. Conscience" (O.K. pas terrible), les 2 compagnons d'armes (de la critique) vont s'appuyer sur les travaux d'un philosophe pratiquement disparu depuis de la mémoire collective : Ludwig (non, pas Beethoven) FEUERBACH.

    

 

     Engels : "FEUERBACH constitue à maints égards un chaînon intermédiaire entre la philosophie hégelienne et notre conception".

    

     Depuis 1840 était menée par les "hégeliens de gauche" - dont faisaient alors partie Marx / Engels, une lutte philosophique contre la religion. Malgré ses promesses d'ouverture, Frédéric-Guillaume IV de Prusse s'avéra un absolutiste orthodoxe bigot réactionnaire (pour faire synthétique). Mais cela ne constitue pas la seule explication à la lutte anti-religieuse : la politique étant un domaine "verrouillé", on pouvait toujours s'en prendre à l'Eglise en prenant un peu moins de risques qu'en s'en prenant directement à l'Etat prussien.

     Le coup d'envoi avait été donné en 1835 par un théologien, David Strauss. Dans une "Vie de Jésus", il présentait JC comme un simple pékin devenu célèbre presque "à l'insu de son plein gré". Puis vint Bruno Bauer, hégelien de gauche, qui s'appuya sur une critique du bouquin de Strauss : à la "substance" straussienne, Bauer opposa la "conscience de soi" comme moteur de l'histoire.
     Finalement débarqua l'anarchiste Max Stirner avec "L'Unique et sa propriété", qui mit tout le monde d'accord avec son "Unique" tout-puissant. Bakounine lui a d'ailleurs pratiquement tout piqué.

                            

                                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
(Stirner)                                                                                                                    (Bakounine)

    

     Le courant hégelien de la pensée philosophique fut définitivement emporté dans ces polémiques. Seuls surnagèrent quelques hégeliens de gauche (dont nos 2 lascars, vous l'aviez compris), qui commencèrent par "tuer le Père", le Grand Commandeur Georg-Wilhelm-Friedrich Hegel.

     Sur ces entrefaites parut, comme un éclair dans un ciel d'orage, "L'Essence du Christianisme" de Ludwig FEUERBACH. Sans plus de façons, celui-ci plaçait "le matérialisme sur le trône" (Engels). La nature existe indépendamment des idées des hommes, disait enfin FEUERBACH. Les hommes sont le produit de la nature, les idées sont produites par les hommes. En dehors de cela, il n'est question que de chimères, d'êtres surnaturels surgis de l'imagination humaine, comme des reflets fantasmatiques de l'être humain.

     Le choc fut rude et salutaire, comme le décrit Engels :

   

     "Il faut avoir éprouvé soi-même l'action libératrice de ce livre pour s'en faire une idée. L'enthousiasme fut général : nous fûmes tous momentanément des "feuerbachiens" (...) ...avec quel enthousiasme Marx salua cette nouvelle façon de voir et à quel point - malgré toutes les réserves critiques - il fut influencé par elle".    
              
      Faisons le point : la philosophie hégelienne avait commencé d'être égratignée par 2 contradicteurs - Strauss et Bauer - qui se contredisaient aussi entre eux. C'est Ludwig FEUERBACH qui emporta le morceau.
     Seulement, il ne fit que considérer la philosophie de Hegel comme "fausse", ce qui était un peu cavalier et incomplet pour une telle oeuvre, aussi vaste, complète et générale qu'il était possible du vivant de son auteur, et même après sa disparition.
    

     Le "cahier des charges", c'est encor Friedrich Engels qui nous le livre :

    

     "Il fallait dépasser [la philosophie hégelienne] au sens où elle l'entend, càd en détruire la forme au moyen de la critique, mais en sauvant le contenu nouveau qu'elle avait acquis".       

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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