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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 17:05


MARX, L'"ANTI-SEMITE"

      Dans sa "Question juive" à lui, Marx-le-Jeune pose que :

      "l'Etat est l'intermédiaire entre l'homme et la liberté de l'homme"

      et qu'il en va de même pour la religion. En ce qui concerne l'Etat, l'idéal démocratique constitue la limite à l'émancipation humaine. En ce qui concerne la religion, c'est la divinité qui fait barrière entre l'homme et la liberté.

       "De même que le Christ est l'intermédiaire que l'homme charge de toute sa non-divinité, de toute sa limitation religieuse, l'Etat est l'intermédiaire que l'homme charge de toute sa non-divinité, de toute sa limitation humaine".

       
L'Etat constitue une forme d'émancipation limitée de l'homme :

       "L'Etat supprime à sa façon les distinctions constituées par la naissance, le rang social, l'instruction, l'occupation particulière, en décrétant que la naissance, le rang social, l'instruction, l'occupation particulière sont des différences non politiques, quand, sans tenir compte de ces distinctions, il proclame que chaque membre du peuple partage, à titre égal, la souveraineté populaire, quand il traite tous les éléments de la vie populaire effective en se plaçant au point de vue de l'Etat. Mais l'Etat n'en laisse pas moins la propriété privée, l'instruction, l'occupation particulière agir à leur façon, c'est-à-dire en tant que propriété privée, instruction, occupation particulière..."

        De par sa nature, l'Etat ne peut être autre chose que cette limitation à l'émancipation humaine. Marx éclaire cette contradiction dans la proclamation d'un Etat "au-dessus" des hommes, un Etat "non-politique", du moins en apparence. Or, l'Etat est, par essence, politique :

        "L'Etat politique est, vis-à-vis de la société civile, aussi spiritualiste que le ciel l'est vis-à-vis de la terre".

        Remarque ironique. Le Vieux jeune s'amuse de ce clivage entre un Etat qui se croit non-politique et l'Etat réel, légiférant et intervenant dans la vie des gens, parce qu'il rappelle un autre clivage, celui d'une religion se situant au "Ciel" mais
qui fourre son nez à tout bout de champ dans les basses oeuvres humaines.
         L'Etat est une forme supérieure de la religion. Observez sous cet angle les anciens régimes stalinisés (Chine comprise) et vous saisirez toute l'acuité de la vision marxienne.

         D'ailleurs, le jeune Marx ne lâche pas l'affaire (ce n'est pas le genre de la maison !) :

         "Le conflit dans lequel l'homme, en tant que professant une religion particulière, se trouve avec sa qualité générale de citoyen et avec les autres hommes en tant que membres de la communauté, se ramène à la scission laïque entre l'Etat politique et la société civile. Pour l'homme considéré comme "bourgeois", la vie dans l'Etat n'est qu'une apparence ou une exception momentanée à l'essence et à la règle".

         L'essence du "bourgeois", c'est d'être libéré des contraintes d'ordre "spirituel" afin d'acheter de la force de travail en toute quiétude ; sa règle, c'est la loi mercantile de l'offre et de la demande, qui s'accommode mal des commandements religieux...ou démocratiques.

         "Le "bourgeois", il est vrai, tout comme le Juif, ne reste que par un sophisme dans la vie politique, comme le "citoyen" ne reste que par un sophisme juif ou bourgeois. Mais cette sophistique n'est pas personnelle. C'est la sophistique de l'Etat politique même".

          Marx évoque le "Juif" en tant qu'étant parallèlement pratiquant religieux et bourgeois. Pas plus d'anti-sémitisme là-dedans que de "racisme" à l'encontre de la Bourgeoisie.
  

      
        "La différence entre l'homme religieux et le citoyen, c'est la différence entre le commerçant et le citoyen, entre le journalier et le citoyen, entre le propriétaire foncier et le citoyen, entre l'individu vivant et le citoyen. La contradiction dans laquelle l'homme religieux se trouve avec l'homme politique, est la même contradiction avec laquelle le bourgeois se trouve avec le citoyen, dans laquelle le membre de la société bourgeoise se trouve avec sa peau de lion politique".

         Le bourgeois est certes un prédateur, mais pour ses chasses gardées, il a besoin que les proies puissent se croire à l'abri de la prédation, donc égales à lui. Ce que permet le statut de "citoyen". Les lions "citoyens" peuvent ainsi se permettre d'évoluer à leur aise parmi les antilopes "citoyennes" et ces dernières, de se faire avaler "citoyennement".






[à suivre]

       

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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