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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 10:31







UNE NATION DE LUNATIQUES (6)

"Chez nous, il y a des freaks qui cacheraient jusqu'au sexe des animaux."

    (...) Tout ce qui jaillit - bon ou mauvais - est aussitôt tué dans l'oeuf. Ce qui nous choque aujourd'hui, demain sera monnaie courante. (...)

      Les plus grandes forces de l'ordre, les plus grands gangsters, les plus grands arsenaux de canons, le plus élevé taux de meurtres, la plus grande corruption, la plus gigantesque armée de putains, les prisons les plus modernes (et les pires !), les asiles les plus malsains, etc. Premier en tout, le meilleur, le plus grand, le plus gros, le plus plus. Chez nous, les superlatifs ont perdu leur valeur.

        
Avec la Mafia et les adolescents qui tuent pour se défouler, nous avons des Jesus Freaks d'un style ou d'un autre, les Mormons, les Adventistes du 7e jour et Dieu sait quoi. Un fantastique potage au cari ! Notre Secrétaire d'Etat sautille d'un pays à l'autre comme un pigeon pour amener la paix au monde tandis que ses associés du Congrès vendent des armes à tout venant... Nous courons le danger d'être étranglé non par les monstres gigantesques, la Russie et la Chine, mais par de petits pays qui ont ce dont nous avons besoin...

          (...) De même qu'avec Benjamin Franklin qui nous représenta à la Cour de Paris, nous glissons sur les choses en disant que c'était un homme à femmes ou quelque euphémisme de cet acabit. Pour une raison ou une autre, distingués hommes d'état, ambassadeurs et leur clique, n'ont pas le droit de baiser sinon avec leurs épouses légitimes. (Ce qui m'incite à croire que l'une des raisons pour lesquelles nous avons traité si durement les Mormons, c'est qu'ils avaient plusieurs épouses. Nous étions jaloux d'un commerce sexuel aussi libre.)




        Je n'aurais jamais rien su des amours de Thomas Jefferson (avec ses esclaves) si je n'avais vu des photos de sa progéniture, dans un magazine, chez un de mes amis noirs. Chose curieuse, mon ami préférait Jefferson à Lincoln.



        Lorsque j'ai parlé des montagnes, des rivières et des canyons, il y a quelque temps, j'ai oublié de mentionner des lieux aussi excitants que Harlem, Chinatown (New-York) et les abattoirs de Chicago. Ou les visites que j'ai faites à quelques prisons et pénitentiers célèbres dont notre terre est nantie. Je ne devrais pas omettre non plus les grands dancings comme le Savoy à Harlem et le Roseland à Broadway. Ni les grands orchestres, les grands musiciens qui ont rendu ces endroits célèbres.



      De la même façon qu'on attribue à Gustav Malher, le grand compositeur, d'avoir poussé ses élèves à lire Dovstoïeski plutôt qu'à se débattre avec les harmonies et les contrepoints, je dirais que (s'il était possible de faire machine arrière) le meilleur complément à l'éducation supérieure est une connaissance approfondie des dancings et du burlesque. Aussi tolérants que nous puissions en avoir l'air, le puritanisme nous a profondément marqué. Chez nous, il y a des freaks qui cacheraient jusqu'au sexe des animaux. Qui sait ce qui leur adviendrait si on les obligeait (à la ferme) à regarder un taureau en train de mater une vache en chaleur.
 

(1978)

[à suivre]
 

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Rubrique à brac
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