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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 16:36






UNE NATION DE LUNATIQUES (4)

"S'il existât jamais une société malade, la voici."

       Que dire du théâtre aujourd'hui ? Quand on pense au Continent, ou même à des parties de l'Asie, notre théâtre, notre musique, c'est du néant. (...) Les pièces de Broadway et d'Off B'Way, ce n'est pas du grand théâtre. Il n'y a pas de théâtre pour le peuple. (...) Nous avons de l'argent, beaucoup, mais pour les bombes, les sous-marins, les têtes chercheuses, pour tout ce qui est destructif, jamais pour la culture, l'éducation, ou pour soulager la pauvreté ! Et dire que des milliers de gens pauvres habitant le pays soi-disant le plus grand du monde sont obligés de se nourrir avec des aliments pour chien et pour chat. Je dis des milliers mais, d'après ce que j'en sais, ça pourrait être des millions.



       Et que dire au sujet de nos nobles forces de l'ordre, nos supposés protecteurs? De quels crimes ne sont-ils pas coupables ! Quelle haine, quelle méfiance n'inspirent-ils pas ? Corrompus est tout juste le mot qui convient ! Et nos héros ? C'est dans les rangs du sport qu'il faut aller les chercher. En ce moment, c'est Muhammad Ali. Demain ce sera peut-être un quaterback ou un lanceur gaucher. Nous avons eu nos héros dont la plupart ont été assassinés ou conduits au cimetière ! Beaucoup de héros silencieux. C'est dangereux de résister...dans un pays où nous avons élevé une race d'hommes tel que le Col Blanc, l'Anglo-Saxon Protestant - un monstre façonné par la nuit des temps, une espèce qui n'hésitera jamais à s'adonner à ses lubies. D'autres pays ont également des dictateurs...capables d'accomplir des actions atroces. Mais seul l'Américain, ce "100 pour 100", accomplit ses méfaits avec une contenance aussi aimable et une mine aussi franchement hypocrite. Se pencher sur le Vietnam donne la nausée. Et il y a des gens qui traitent nos anciens combattants comme des "héros", à Dieu ne plaise.



       Au-dessus de la confusion, du double-jeu, coiffant le tout, plane un soupçon généralisé. On ouvre le journal et l'on peut être sûr de retrouver les histoires de la veille et de l'avant-veille. Maires, gouverneurs, présidents de banque et même leaders religieux ne sont plus au-delà du soupçon. La crème de la société, comme on dit, a des pensées tout aussi criminelles que la lie. Les enfants tuent parce qu'ils s'ennuient. Ils font ça pour donner des coups, disent-ils. Les meurtres passionnels sont de plus en plus rares et, de plus en plus nombreux ceux accomplis de sang-froid et sans raison. S'il existât jamais une société malade, la voici. A mon avis, nous sommes pires que les Romains à leur grande époque. Du temps des Romains, c'étaient les empereurs et les praticiens qui étaient pathologiques. Aujourd'hui, en Amérique, ce sont les citoyens. C'est pire qu'alors puisqu'il faut aussi inclure les enfants. Ce sont les enfants qui sont les plus effrayants. Sous quelle lune furent-ils conçus par erreur ?




       Toutes les professions ont été corrompues. Physiciens, avocats, professeurs ou juges peuvent être achetés. L'argent fait la loi. L'argent est vraiment la seule chose qui commande. Tout le reste n'est que silence. Tout le reste contemple sans écarquiller les yeux les atrocités se perpétrer les unes après les autres. Parler du public, c'est parler du Sphinx ignorant. Il n'entend rien, il ne voit rien, il ne renifle rien, il ne dit rien. Et pendant ce temps, il dégage une odeur fétide - pas l'odeur de sainteté, comme dans les anciens temps, mais l'odeur de la neutralité, de l'indifférence, celle de "va te faire foutre, Jack ! Fais gaffe à toi ! Remballe ta merde !"

      Ici, nous nous vantons d'avoir un système biparti. En réalité, c'est un système de pur chaos. D'autres pays sont considérés "chaotiques" à cause de l'état de leurs affaires. Cependant, qu'est-ce qui pourrait être plus chaotique que nous ? A la tête du chaos siège un homme soi-disant élu par le peuple. Néanmoins, c'est ironique. Réfléchissez-y ! De la totalité des leaders possiblement et potentiellement efficaces parmi 200 millions de personnes, nous n'avons le droit de choisir qu'entre deux. Encore faut-il que l'un soit Démocrate et l'autre Républicain. (...) Et ce Républicain ou ce Démocrate n'a de chance que s'il est l'ami non du peuple mais des "intérêts" déguisés. Des millions de dollars sont dépensés pour élire un imbécile ou un coquin, de toute façon, une marionnette soumise. Et c'est ce qu'on appelle une forme démocratique de gouvernement. Une dictature bénévole ferait mieux l'affaire!

(1978)

[à suivre]



     

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Rubrique à brac
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