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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 10:09



UNE NATION DE LUNATIQUES  (2)

"Chaque homme, chaque femme, chaque enfant est une bombe potentielle."

    Notre entrée dans la Première Guerre mondiale fut, pour parler poliment, une gaffe monumentale. Regardez où se trouve aujourd'hui le grand ennemi de l'espèce humaine !

     La guerre, la guerre... Je me les rappelle toutes depuis ma plus tendre enfance : la guerre hispano-américaine, la guerre russo-japonaise, la guerre des Balkans - et ainsi de suite, sans arrêt. Comme l'écrivait Jean Giono dans Refus d'Obéissance, le Capitalisme se nourrit de la guerre. Il ne pourrait pas exister sans la guerre.




     Aujourd'hui, la guerre est l'oeuvre de tous les partis, libéraux réactionnaires, quels qu'ils soient. (...) L'homme semble né pour tuer. Pays leader, nous avons enseigné au reste du monde comment s'annihiler les uns les autres, la faune et la flore avec.

      L'aventure lunaire captiva l'attention du public un court laps de temps mais, aujourd'hui, le sentiment est que cette expérience n'avait aucun objectif bienfaisant. (Le Pentagone ne manquera pas d'en tirer avantage.) Bientôt, nous n'aurons plus besoin d'uniformes, de tranchées, d'épreuves de tir ; nous pourrons rester assis sur des chaises, où que nous nous trouvions, et manipuler la liste des morts. La guerre en rocking-chair ! Aucun besoin de généraux, d'amiraux et toute leur clique. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant est une bombe potentielle.

      Quand j'ai dit tout à l'heure que nous avions déjà un pied dans la fosse, j'incluais aussi bien tous ceux qui nous imitent partout dans le monde. Nous disparaîtrons tous ensemble. Il se peut que quelques primitifs et quelques espèces de bêtes sauvages survivent à l'holocauste. C'est indiscutable : nous qui, à l'heure actuelle déterminons la société, sommes incapables de maintenir le navire à flot. Chaque idée progressiste que nous mettons à exécution nous renvoie loin en arrière.

      Depuis le début nous avons eu nos gangsters, nos assassins, nos politiciens corrompus. Quand avons-nous eu une belle, propre, heureuse époque ? A mon souvenir, jamais. Enfant, j'ai entendu parler de Tammany Hall. Enfant, j'ai vu la police montée charger la foule sans défense à Union Square, pareille à d'expérimentés cosaques. Enfant, les "héros" dont j'entendais parler étaient l'amiral Dewey (un nigaud) et Teddy Roosevelt de San Juan Hill. Je n'ai jamais entendu parler de Emerson, Thoreau, Whitman.  (...)




      Des bibliothèques municipales, des librairies - il n'y en avait pas près de chez moi. J'avais vingt et un ans quand je rencontrai Emma Goldman à San Diego et découvris le mot culture. Grâce à elle, j'ai sauté directement de Mark Twain à Nietzsche.




       Il n'y a pas que les vice-présidents qui soient des imbéciles finis, des rien-du-tout, c'est le cas de la plupart des gens dans ce pays. Combien de grands écrivains, de grands peintres, de grands musiciens avons-nous produits au cours des siècles ? Plus facile de nommer de célèbres escrocs !

     Récemment, nous avons eu le cirque du Watergate. A en juger par la réaction des gens, on pourrait imaginer que nos politiciens n'ont jamais fait que de grossières erreurs, jamais accomplis le moindre crime. D'après notre comportement nous avons l'air de croire qu'il est en notre pouvoir d'éliminer le mal une fois pour toutes.



(1978)

[à suivre]


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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Rubrique à brac
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commentaires

Abou 05/04/2009 12:14

Très belle page mon Sous-Lieutenant. Je reste votre dévoué

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 05/04/2009 16:25


Et réciproquement, Abou.