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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 17:00


LA METROPOLE, CE N'EST PAS LA GUADELOUPE

     Ils étaient 3 millions selon les organisations syndicales, 1 million et demi selon la flicaille, donc probablement 2 millions de "manifestants" au moins dans les rues de France et de Navarre. Et maintenant ?

       Être "solidaires des Antilles", c'est bien. Là-bas, ils ont tenu ferme un mois et demi contre vents et marées, contre les médias, l'administration du Nain Jaune, les békés patronaux, la répression étatique, etcetera. Ils se sont soudés jusqu'à obtenir la satisfaction de leurs principales revendications. Et encor, quand les esclavagistes du capital sont venus signer à reculons l'armistice du bout du Mont Blanc, de ceux-là ils ont exigé des garanties avec la dernière virulence.
       En métropole ? Rien de tout ça. La quantité (combien on est ?) ne détermine pas la qualité (comment agir pour obtenir ce que nous revendiquons ?) d'un mouvement revendicatif. Les principales centrales syndicales sont issues de la "paix sociale" et imprégnées de l'idéologie qui va avec : négociations, opinion publique, médias et paix des ménages. Nul doute : après le simple comptage des manifestants, elles ne savent quoi faire de ce "succès". D'autant que, s'étant toujours déclarées "apolitiques", elles n'ont la possibilité d'aller plus loin que l'habituelle table ronde avec les "partenaires sociaux", c'est-à-dire le patronat et les "politiques".
         

      Revenons tranquillement sur ce qui s'est passé à la Guadeloupe. Dans son élan énergique, le mouvement a suscité  sa propre direction politique, échappant ainsi au contrôle des syndicats opportunistes - d'ailleurs  fort tièdes à soutenir les îliens en lutte. C'est que ces derniers n'ont répondu à aucun des canons de la beauté du syndicalisme façon CGT, FO ou CFDT. Ils ont osé faire une grève "sale" : aucun préavis digne de ce nom, grève totale, reconductible jusqu'à l'obtention des mesures exigées, grève "illégale", non "démocratique" (les jaunes et autres briseurs de grève se sont enterrés vivants), pas de sex appeal médiatique. Le genre de moyens d'action devenu rarissime, qui pourrait cependant connaître un retour en grâce - crise oblige -, faisant hurler à la lune toute l'engeance tenace des "petits", petits patrons, petits békés exploiteurs, petits colons dans l'âme (et le côlon), pieds-noirs indécrottablement nostalgiques et petits privilégiés accros à leur petite condition. Au final, les îliens ont obtenu gain de cause ; pour autant ils n'ont pas relâché la pression sociale le lendemain. C'est la 1ère fois que le nabot idéologique présidant aux destinées du capitalisme français fait un pas en arrière. Cela n'en constitue pas uniquement un geste d'habileté diplomatique.
       Quelle était la crainte principale du tandem Sarko-Fion ? Le syndrôme de la "tache d'huile". Désormais les voilà rassurés. En face, il n'y a plus ce maudit négro d'Elie Domota. Ils ont retrouvé la bonhommie rougeaude des Thibaut, Chérèque and consorts. Ceux-là au moins ils les connaissent, ils les financent même et partagent avec eux un goût prononcé pour le statu quo, la paix sociale et l'esclavage salarié soft, les manifs-promenades le long de parcours fléchés, surveillées par un service d'ordre bonnasse mêlant affectueusement syndicalistes et flics.


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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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commentaires

montag 25/03/2009 15:58

Salut Karpov,Malgré tout, cet article me rassure, l'ambiance "merguez-frites" du 19 janvier dernier m'est restée en travers de la gorge, impossible de s'y retrouver au milieu d'une foule scandant son mécontentement au travers de revendications certes fondées, mais semblant tellement loin de ce qui est REELLEMENT préoccupant, et puis le soir... cette précipitation dans la dispersion comme une bougie qu'on éteint du doigt avant d'aller dormir, c'était sans espoir. Mais rassurons-nous Elie Domota existe bien, cet homme là est un incorruptible, qu'il nous serve de leçon... pour la suite à venir... peut-être.Fraternellement,

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 25/03/2009 17:41


Oui, les mouvements sociaux "expriment" toujours un ou plusieurs leaders qui leur correspond. En un mois et demi, la grève générale en Guadeloupe a suscité un Elie Domota.
En France, le renouveau d'un mouvement réel de la part des salariés, d'une riposte politique radicale à la crise ne peut commencer que par le "déblayage" des chefs opportunistes des syndicats et
des partis de gauche, qui ne sont issus que de l'apathie momentanée du prolétariat et de son acceptation tacite du "pacte social". Ce pacte, proposé par la classe dirigeante - la dernière fois
c'était les accords de Grenelle - a été depuis mis en pièces par la même classe dirigeante depuis 20 ans au moins, parce que "ce que dieu donne, dieu le reprend". Face à ce retour de bâton, la
gauche et les syndicats, mouillés jusqu'à l'os dans les re-structurations et les dénationalisations, n'ont fait qu'ânonner les mêmes slogans creux et petits-bourgeois de "défense des acquis
sociaux, du service public" et autres tartes à la crème inoffensives.

Ce qu'il y a de positif avec une crise telle que celle-là, c'est cette impressionnante vague déferlante qui fait parler les Sarkozy comme les Besancenot, qui fait foutre en taule ceux qui hier
encor se pavanaient en tant que "maîtres du monde". Enfin qui fait tomber quelques-uns d'entre eux, les plus voyants en fait, ceux qui démontrent trop clairement aux yeux des masses toute
l'ignominie d'un système de prédation globalisée.

Salut fraternel.


d�cembre 25/03/2009 15:54

Salut mon frère,On ne fait pas des nègres avec des Blancs. Mais la "Crise" elle réussira p't'être !!!