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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 15:38




UNE NATION DE LUNATIQUES (1)

"Continuez, mes Chers Américains, fouettez
vos chevaux jusqu'au bout - ouvrez toutes les
 vannes et libérez-là - dansez, que le reste tournoie -
bientôt vous l'atteindrez cette vitesse folle et
vous ne pourrez plus ralentir quand bien même
ce serait votre désir. Au moins munissez-vous sans
tarder, Vieux et Nouveaux Etats, de plusieurs,
milliers d'asiles d'aliénés. Vous êtes en bonne voie
de créer une nation de purs lunatiques."

WALT WHITMAN (A Magnificent Farce)





           Deux siècles à peine et nous voici déjà pratiquement dans la fosse. Augelspiet! Personne ne se souciera de notre effondrement, pas même ceux que nous avons aidés à survivre. Au cours du déroulement de notre brève histoire, nous avons réussi à empoisonner le monde. Nous l'avons empoisonné avec nos idées de progrès, de rendement, de mécanisation. De nos vigoureux pionniers, nous avons fait des robots. Nous avons déshumanisé le monde où nous vivons.

      Les rejetons de l'Ancien Monde auraient pu être considérés comme des dieux par les aborigènes de ce continent. Mais ils les ont très vite désillusionnés ainsi qu'enseignés à nous craindre et à nous haïr. (C'est nous, les visages pâles, qui avons appris, aux indiens comment scalper l'ennemi !) Nous avons été tout aussi durs avec ceux qui, bien que de notre société, avaient parfois une autre façon de concevoir l'existence. (...) Nous avons dépossédé les indiens de leur terre et fait de notre mieux pour les éliminer. Jamais nous n'avons songé à payer nos dettes.



      Il semble que nous ayons été conçus dans la violence et la haine, que nous soyons ici-bas pour pratiquer le pillage, le viol et le meurtre. Nos livres d'histoire passent sur nos cruautés, nos abominations, la conduite immorale de nos chefs, le fait, pour prendre un exemple bénin, que l'un des plus grands hommes que nous ayons jamais produits, Thomas Jefferson, ait eu des enfants naturels avec l'une de ses esclaves noires. Ils appelèrent ça une république, une démocratie, mais ça n'en était pas une alors et ça n'en est pas une aujourd'hui. Quelques patriciens issus de familles aisées contrôlaient le gouvernement de ces Etats. Même au temps de Walt Whitman la corruption était monnaie courante. Leaves of Grass est un superbe Chant au Moi, mais les écrits en prose immédiatement postérieurs sont une condamnation sans appel de la Société Américaine.




       Un jour, j'ai vu dans une vitrine de magasin, une affiche encadrée représentant tous les Vice-Présidents que nous ayons eus. Une collection de portraits de brigands. Certains ressemblaient à des criminels, d'autres à des pauvres d'esprit, les derniers à des idiots finis. Pour s'en assurer, il suffit de regarder la mine évasive ou perplexe des politiciens et hommes d'Etats du monde entier quand on parle d'eux.

(1978)

[à suivre]


  



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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Rubrique à brac
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