Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 00:00



     A partir du XVIIème siècle, la Guadeloupe, la Martinique et La Réunion constituent des "colonies de peuplement et d'exploitation".
     Lorsque le Royaume de France prit possession de la Guadeloupe et de la Martinique, la population caraïbe autochtone fut totalement exterminée.
      Qu'est-ce qui attirait si brutalement la colonisation française ? Un riche potentiel économique du point de vue agricole. Ce qui nécessita évidemment d'organiser la traite d'esclaves depuis l'Afrique, vu qu'on avait envoyé au néant les "naturels" de l'endroit.
      Pour ce qui est de la Guadeloupe et de la Martinique, on ponctionna massivement en chair humaine nombre de pays bordant le golfe de Guinée, ce qui permit une certaine homogénéité ethnique des esclaves Africains. Jusqu'au XIXème siècle, la répartition de la population se fait ainsi :

     - La Réunion : 30% de colons français, 70% d'esclaves d'origines variées ;
     - Martinique et Guadeloupe : 5% de colons français pour 95% d'esclaves Africains.

      A la fin du XIXème siècle, Français et Britanniques s'entendirent pour déporter 77000 Indiens aux Antilles et 117000 à La Réunion. C'était déjà "l'Entente Cordiale".

      Comment évolua le statut des populations rapportées ? Jusqu'en 1848, tout simplement des esclaves. A partir de 1826, l'esclavage commence à "s'adoucir", si l'on peut dire. Aux Antilles, 26 000 personnes bénéficient de la mise en place du "colonat" et deviennent par conséquent des petits colons.
     L'abolition de l'esclavage (27 avril 1848) n'entraîne aucune modification des rapports de force économiques entre colonies antillaises et métropole, si ce n'est la formation d'un prolétariat essentiellement agricole. Mais ces possessions restent soumises au "régime colonial de l'exclusive" :

     - obligation d'envoyer tout le produit des récoltes vers la métropole ;
     - les marchandises coloniales sont échangées contre des marchandises métropolitaines ;
     - interdiction de produire pour un autre pays que la France, interdiction d'importer ailleurs que de la métropole ;
     - "les colonies à qui toute industrie est interdite ne peuvent commercer que par les bâtiments français et avec les seuls ports français".

       En 1789, la France métropolitaine entretient avec la Martinique, la Guadeloupe, La Réunion + la Guyane un quart de son commerce extérieur, ce qui montre l'importance  économique décisive des colonies. Mieux (ou pire), la croissance économique française va notamment s'appuyer sur 4 piliers de la colonisation :

     - les matières 1ères importées des îles (sucre, tabac, coton) créent des industries portuaires à Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Marseille et même un développement intérieur : Paris, Orléans, Alsace ;

        - la manne coloniale suscite des colossales fortunes privées et favorise par là même l'accumulation du capital en France ;

       - les colonies offrent un débouché aux industries françaises en plein essor ;

     - elles soutiennent le commerce extérieur français. En 1789, la France est le 1er -exportateur de sucre en Europe.

       Comment les îles colonisées devinrent-elles des "D.O.M." ? La France se contenta de plaquer ses propres structures administratives et une législation clônée du droit français métropolitain. La 1ère ébauche de "départementalisation" date de 1890.

       Le 19 mars 1946, une loi institue le statut de "département d'outre-mer", selon "le voeu unanime des populations de ces territoires".

         Depuis, la soudure entre territoires anciennement colonisées et  Marché mondial ne s'est pas faîte sans heurts, mais, à l'occasion du mouvement social actuel, on a pu constater un certain effacement des revendications indépendantistes au profit de la lutte purement sociale et encor plus politique : la lutte des classes. Ce qui provoque en retour la réaction hystérique de tous les pieds-noirs, békés et autres affidés du colonialisme obsolète, dont le voeu le plus cher est de demeur
er dans une logique d'affrontement communautariste.             

Partager cet article

Repost 0
Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Rubrique à brac
commenter cet article

commentaires