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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:52




     Cela fait 50 ans et plus que partis et syndicats de gauche racontent la même histoire. 50 ans et plus qu'ils balladent les salariés dans des procédures  bureaucratiques, des juri-prudences impuissantes, des couloirs venteux de paroles "démocratiques", pacifistes, électoralistes, démoralisantes, des jeux de l'oie scrupuleusement légaux.
     Le Sous-Lieutenant veut ici leur rendre un hommage qui, bien que tardif, restitue leur oeuvre à la postérité. Oui-da ! Il s'agit de le reconnaître : PS, PCF et appendices trotskistes, syndicats CGT, CFDT, FO et avatars style "Sud" ont réussi à faire des salariés une masse passive, inconsciente d'elle-même et de ses capacités, légaliste, conservatrice et souvent réactionnaire. Le
temps venu, l'histoire saura récompenser l'opportunisme politique pour cette magistrale castration. Car, malgré l'expérience de près de 20 années de mitterrandisme, malgré les "cohabitations" incestueuses entre droite et gauche bourgeoises, les salariés sont encor suffisamment dépendants pour compter toujours sur la petite boutique opportuniste quand il s'agit de mots d'ordre, de modalités d'"action", de conseils juridiques et autres recettes adaptatives à la bonne société consommationniste en hyper-charge pondérale.

      Jusqu'où la classe salariée peut-elle tenir, à avaler couleuvres sur couleuvres ? Quel est le seuil d'indigestion ? Par exemple, la perte définitive des "acquis sociaux", sorte de nomenclature sociale dont se gargarisaient essentiellement les crypto-staliniens du mourant PCF n'a pas entraîné pour le moment de réaction en chaîne. Durant les 30 glorieuses-odieuses années prospères d'après 1945, la classe dirigeante a paru lâcher du lest et balancer quelques miettes à une frange du prolétariat, frange qui a exsudé des fleurons tragi-comiques de ce que peut donner la collaboration de classe. Ce fut l'époque des staliniens triomphants, les Marchais-Krasucki venant ridiculiser avec jubilation la classe ouvrière à ses propres yeux, devant des micros et des caméras complaisants. Pendant qu'à Moscou, la nouvelle Bourgeoisie issue du stalinisme prétendait exercer la dictature du prolétariat sur...les prolétaires soviétiques, en France, les bonzes de gauche et d'extrême-gauche vantaient les qualités garanties sur facture d'une démocratie sans corruption qui, au-dessus de la "mêlée", réglât pacifiquement les conflits de classe, bref la quadrature du cercle républicain. Mais la prétention "révolutionnaire" demeurait en façade pour aguicher le chaland égaré.

     A ce jeu des chaises musicales politiciennes, l'extrême-gauche a piqué désormais le siège du PCF, toujours pas remis de la fin des "globalement positifs" pays dits "socialistes". Pour la discréditer - quand il leur semble que son commerce prospère par trop - les concurrents de droite et surtout de gauche n'ont plus à invoquer "l'oeil de Moscou". Il leur suffit juste d'agiter devant l'"opinion publique" le spectre de la révolution et de la lutte des classes, d'invoquer la violence sociale tel l'exorciseur invoquant Lucifer pour l'extirper du corps malade du possédé. Tout ce qui touche de près, de loin ou de très très loin à ces mots vidés de leur substance : socialisme, communisme, prolétariat, lutte des classes, internationalisme, révolution, est brandi comme un chapelet de gousses d'ail pour prémunir les masses de la vampirisation ! Allons, dormez citoyens et demain, tous aux urnes ! On y rase gratis.

     Qu'est-ce qu'il faudra à la classe salariée afin qu'elle se réapproprie son programme politique naturel ? Encor des désillusions mais également des avancées réelles, issues d'une lutte pratique contre la classe esclavagiste-capitaliste, contre ses parangons démocrates, ses valets et ses chiens policiers et contre sa propre addiction à l'illusion électoraliste. Il s'agira pour elle d'effectuer un véritable "décapage" de tout un vernis fossilisé de petites pratiques systématisées, de petits discours convenus et lancinants, petits réflexes conditionnés, petits arrangements vénaux rassurants, toute une culture petite-bourgeoise pourrissante issue de l'après-guerre et boostée par 30 années de prospérité capitaliste. Bien que la crise actuelle ait éclaté en fait en 1973, la classe dirigeante a su accrocher la majorité des salariés au bastingage du navire car c'est bien connu "on est tous sur le même bateau"!
      Cette ossification de la collaboration de classe dans la conscience collective des salariés, on la doit à 2 facteurs essentiels :

     - la capacité de la Bourgeoisie à monnayer un "contrat social" aux travailleurs, ce qui a provoqué évidemment l'embourgeoisement sinon matériel, du moins idéologique d'une frange notable des salariés ;
   
     - le rôle décisif joué par l'opportunisme politique, soit la gauche qui, par l'intermédiaire d'un arsenal touffu de canaux, a pu instiller au coeur des masses l'illusion réformiste, le changement "pacifique", le gradualisme démocratique et tout ce gras de jambon maigre qui a cautionné tranquillement l'esclavage salarié, les exactions et les pillages coloniaux, les guerres, etc. et continue d'ailleurs de le faire allègrement, comme on a pu le voir  - entre autres - à l'occasion de la guerre en Afghanistan ou du massacre de Gaza, de la crise mondiale et du chômage endémique.

      Voilà pour quelles raisons le Sous-Lieutenant a estimé nécessaire, pendant qu'il en est encor temps, cet hommage tardif à tous les fieffés collabos de gauche, humanistes comme Kouchner, clairvoyants comme BHL, radicaux comme Royale, dialectiques comme Glucksmann, inoffensifs comme Besancenot, efficaces comme Voynet, moustachus comme Bové ou barbichus comme Chérèque, coiffés comme Thibault, fringués comme Lang et Hamon, charismatiques comme Aubry et la Mère Buffet, révolutionnaires comme Hollande. Gloire à ceux-là, qui ont entamé sans le savoir leur danse du cygne !

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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