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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 10:59


UNITED COLORS OF...PROFIT

 

      Un mois de grève générale... un mois que la Guadeloupe tient le haut et bat le pavé. Un mois que le mouvement éconduit un par un les fifrelins envoyés de métropole pour dévoyer le mouvement. Un mois que la grève, dans son efficacité et son énergie cinétique, oblige les leaders "syndicaux" à se découvrir dans toute leur nudité d'opportunistes craintifs, soumis à la loi du Marché et garants de l'ordre républicain. Sans parler des dirigeants de la gôche, extrêmement inquiets de la situation. La mère Aubry, fraîchement élue à la tête du parti le plus corrompu (à tous les sens du terme) de France, y est allé de son appel au Président rabougri, afin que le mouvement n'aille  surtout pas s'étendre à la métropole. Ah... les "socialistes"... 


     Là-bas la crise a frappé 2 fois plus fort, évidemment. De toute manière, dans les Antilles, une situation "normale" équivaut à une crise sociale chronique en métropole. L'héritage du colonialisme se télescope avec les problèmes inhérents à l'exploitation capitaliste. Le chômage prospère sous les palmiers, les salaires sont encor plus filiformes que dans la "maison-mère". Sous les cartes postales, une sourde misère exsude ses relents d'hypocrisie en façade : c'est comm' dans les tableaux du Douanier Rousseau.


     A des milliers de kilomètres de l'hexagone, les salariés Guadeloupéens en lutte constituent le fer de lance d'un mouvement social à renaître ici et ailleurs. Leur lutte exemplaire balaie le mépris de la classe dirigeante, dont le nabot en chef claironnait il y a quelques mois : "Désormais en France, quand une grève se produit, plus personne ne s'en rend compte". En voici une qui tient depuis un mois et l'a mis sur les dents, le Nain Jaune, grace à la détermination de tous et de chacun, grace à la centralisation des mots d'ordre et des formes d'action, grace à la concentration du leadership de la lutte, contrariant les effets d'émiettements de l'habituel ballet des bonzes syndicalistes CGT, FO, CFDT et autres officines de collaboration de classe, non habilitées à mener autre chose que des "négociations" avec l'ennemi de classe.

      Face à cette compacité des grévistes, la classe dirigeante a déjà mis en branle tout l'arsenal des vieilles recettes, boosté par l'effet amplificateur des médias. La principale grenade offensive idéologique a été dégoupillée sans tarder : il s'agirait d'un affrontement entre communautés, Noirs, "Békés", Créoles...
Comme on dit en rugby, le coup est "téléphoné", tellement que même ceux qui propagent des rumeurs aussi foireuses manquent de la conviction nécessaire. Le mouvement guadeloupéen est d'essence sociale, il concerne et illustre la lutte que se livrent les 2 classes antagoniques partout sur la planète, lutte qui, à l'occasion de la crise tellurique récente, ne peut que s'exprimer de manière aiguë.

     Evidemment les plus gros propriétaires et les plus gros exploiteurs de l'île sont des "Békés", dans la logique héritée du colonialisme encor tout chaud qui a perduré dans les institutions républicaines. Cependant le problème ne vient pas du fait qu'ils soient Blancs mais que la crise a mis en exergue leur situation de privilégiés, magouilleurs,  affairistes, profiteurs de paix, esclavagistes mafieux, excusez du peu.  

     Il n'est que d'observer les revendications des grévistes : augmentation générale des salaires, baisse générale des prix des produits de 1ère nécessité, que les jeunes aient un travail, ... Nulle trace de communautarisme racial, au grand dam des spin doctors élyséens, à qui il va falloir revenir à une méthode plus classique : la répression pure et simple.
Cela a déjà commencé et la réaction des dirigeants ne peut qu'empirer à l'unisson de l'amplification du mouvement. Les salariés en lutte à la Guadeloupe ne vont pas tarder à faire connaissance avec l'ordre républicain. Déjà leurs "élus" commencent à prendre un prudent recul : le signal  d'attaque pour les chiens-policiers !

 

[Flash info : le temps de le dire, un syndicaliste a été tué par une balle tirée d'un "barrage". Naturellement, les chiens-policiers "n'y sont pour rien", naturellement l'acte provient d'"éléments incontrôlés" - surement pas par tout le monde - jeunes de préférence, "casseurs" par vocation comme de juste. Ah, si elles n'existaient pas, ces hordes de "barbares", la flicaille les inventerait (et même dans certains cas... suivez le regard du Sous-Lieutenant). Le coup des luttes "communautaristes" n'ayant point fonctionné, cette balle surgit au bon moment pour l'Administration métropolitaine, prise entre les feux des Antilles et les étincelles hexagonales. Les phrases attendues commencent à suinter de toutes les bouches : "Il fallait s'y attendre" ; "un tel dérapage était à prévoir" ; "voilà ce qu'il en coûte aux extrêmistes-jusqu'au-boutistes", et coetera. La classe dirigeante va en appeler à "l'Union Sâcrée" contre les "pillards", déjà les médias commencent à abreuver les masses des chiffres du manque à gagner, fournis par les esclavagistes guadeloupéens qui se posent en victimes.
     Le fait est que la Bourgeoisie veut faire payer à tout prix les salariés en lutte, pour avoir osé fomenter une grève générale exemplaire, purement sociale, hors du cadre habituel des impuissantes "journées d'action" organisées en commun par le patronat et les leaders syndicaux opportunistes, promenades carnavalesques fournies avec un pack service minimum-explications pédagogiques et autres recherche du soutien de l'"opinion publique". Là, le mouvement s'est forgé dans la solidarité, la détermination et le refus de tout compromis bidon avec les "Gigots" envoyés par le nabot présidentiel. De plus, cette grève est extrêmement populaire en métropole, d'où le risque - qui atterre plus encor la "gôche" que la "drouâte" d'un élargissement métropolitain. Il était temps de frapper le noyau dur des grévistes
, l'Administration l'a fait. Sera-ce suffisant pour que le mouvement faiblisse ? Comme vous, le Sous-Lieutenant souhaite de toute sa conviction que la réponse soit négative.]
     

 

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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