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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 00:00


LA CRISE EST L'AVENIR DE L'ÊTRE HUMAIN

     Dès la fin de la seconde boucherie mondiale débutèrent 30 années qui allaient devenir les "Trente Glorieuses" du capitalisme. En 1973, les aléas de la concurrence américano-japonaise mirent à mal l'hégémonie du dollar indexé sur l'or ; Nixon décida alors de "libérer" la monnaie états-unienne de cette équivalence de plus en plus lourde à supporter. C'en était fini des accords de Bretton Woods (1944). Suite à cette crise monétaire aigüe, éclata l'année suivante ce qu'on a appelé la "crise pétrolière", qui perdure depuis sous forme de poussées de fièvres cycliques de plus en plus rapprochées. Les "Trente Glorieuses" ont fait place à la peu glorieuse incertitude du capitalisme, dont le dernier gigantesque soubresaut s'est matérialisé par le krach boursier d'octobre 2008.

     Quand il s'agit d'expliquer les crises, les consultants bourgeois divergent sur la médicamentation mais s'avèrent d'une confondante unanimité
sur les causes : elles ne sont que maux purement conjoncturels. Tantôt, nos brillants spécialistes pestent contre les entraves à la circulation du capital, essentiellement dûes - selon eux - à l'interventionnisme étatique, tantôt ils hurlent aux méfaits de la dérégulation, des "patrons-voyous" et des "spéculateurs" et en appellent à l'arbitrage bienveillant de l'Etat, des lois, de la "morale" universelle et autres fantômes du spiritisme bourgeois.

    Il existe
cependant un courant politique qui, dès sa fondation, a appuyé en grande partie son corps de thèses sur une analyse audacieuse et originale des crises du capitalisme. Est-il besoin de vous rappeler de quel courant le Sous-Lieutenant vous cause? Cette théorie révolutionnaire commence par un constat simple :

     - le mode de production capitaliste développe de manière prodigieuse les forces productives (force de travail, c'est-à-dire des êtres vivants, les salariés ! moyens de production, c'est-à-dire usines, locaux, bureaux, machines, matériel en tout genre, etc. ; technologie) ; il en ressort que la production capitaliste suscite des Himalayas de marchandises ;

       - il y a nécessairement appropriation privée de la production par le Marché.

      De ces 2 aspects fondamentaux du système, la théorie dont il est question a tiré une contradiction fondamentale : à un certain degré de production, le Marché ne peut plus absorber la totalité de la masse pharamineuse produite. Les crises du capitalisme sont crises de surproduction.
     Dans le même temps, le Capital est poussé à élever
toujours sa composition organique (rapport entre capital constant, soit les matières 1ères + les moyens de production et capital variable, soit le salaire + la plus-value, temps de travail non payé du salarié). Une partie du capital est dite "constant" parce qu'elle pré-existe à un processus de production donné. L'autre est dite "variable" parce qu'elle concerne la force de travail du salarié, qui va incorporer dans la marchandise produite sa propre valeur - le salaire - et un excédent non payé - la plus-value. Simplifions en disant que le capital constant représente le travail mort et le capital variable, le travail vivant. La tendance à ce qu'il faille de plus en plus de travail "mort" pour mettre en branle du travail "vivant" est inéluctable mais néfaste au taux de profit capitaliste.

     Ceux qui ont deviné - et ils sont nombreux - que la théorie en question ici est celle développée par Karl Marx et Friedrich Engels ont gagné une citation du 1er :

     "La véritable barrière de la production capitaliste, c'est le capital lui-même".

      Une autre façon de le dire : le capital, en tant que rapport de production, devient une entrave au capital en tant que force productive. Ce heurt se manifeste par une poussée de fièvre qui bloque tous les rouages de la machine en même temps : la crise.
     Parallèlement, comme nous l'avons évoqué plus haut, l'élévation de la composition organique du capital entraîne une baisse tendancielle du taux de profit (taux de profit = rapport entre le profit réalisé et l'investissement en capital constant et variable). Explicitation :  pour s'accumuler et s'élargir, c'est-à-dire tout simplement exister, le capital nécessite la mise en oeuvre d'investissements de plus en plus lourds, augmentant globalement la masse du profit mais abaissant tendanciellement son taux.

      Marx : "On ne produit pas trop de richesses. Mais on produit périodiquement trop de richesses sous leurs formes capitalistes, contradictoires".

     Les crises ne sont pas des "accidents" de parcours de l'économie. Elles sont au contraires inéluctables et nécessaires à la bonne marche du système. Ceux qui prétendent le contraire ne font qu'affirmer l'imposture fondamentale d'un mode de production qui se veut naturellement universel.
     Si l'on suit aveuglément les raisonnements diffusés par les girouettes de la gauche française, l'"Etat" devrait être à nouveau le garant des conditions d'existence des salariés, comme aux temps bénis (pour la Bourgeoisie) des "Trente-Glorieuses". Si on donne caution à ces opportunistes-là, l'intérêt des salariés serait de défendre "leur" économie nationale.

     Or, l'économie "nationale" ne peut prospérer qu'en abaissant les salaires et en se débarrassant d'un certain pourcentage de ses esclaves ! A qui profite l'"intérêt" national?

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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