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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 00:00


L'INDIVIDU PROVIDENTIEL N'EXISTE PAS




       
        Fraîchement intronisé par une majorité de votants qui, il y a 4 ans à peine, avaient offert 4 millions de bulletins d'avance à Junior W.B. en pleine guerre d'Irak, le nouveau "Black President" états-unien est l'objet, des 2 côtés de l'océan, d'une sanctification accélérée de la part des mêmes qui, voici 2 ans, avaient fait du Nain Jaune élyséen un personnage charismatique (veuillez prononcer "cha" comme le "cha" de "chapeau-claque").
   
     Le Sous-Lieutenant rappelle à ces nouveaux apôtres obamaniako-dépressifs une phrase stupide, que les plus auto-proclamés savants parmi leurs vaguement humanoïdes diplômés aiment à prononcer doctement environ 475 fois par an devant micros et caméras :

     En toute chose il faut raison garder (poil aux pieds).

     Pour commencer, toujours distinguer un individu lambda de l'image qu'en donne l'industrie médiatique. Distinguer donc Obama - le vrai, l'inconnu - du Black President icônisé à toute hâte par les mêmes qui icônisèrent en d'autres temps Karol Wojtyla et Mitterrand. P.M. Karpov ne s'autorisant à évoquer que ce qu'il apréhende, c'est sur le second Obama qu'il va poser une idée simple : le nouveau présidentialisé-métis exprime avant tout la puissance idéologique de l'Empire états-unien.
      Cette puissance se traduit ici par la capacité des spin doctor à interchanger l'acteur principal du serial et, par la même occasion, opérer un époussetage du quelque peu lourd décor : la Maison Blanche, le Capitole, les figures tutélaires taillées à même le Mont Rushmore, les "So God help me", la bataille de Guadalcanal, tout ça... Ainsi l'opinion publique états-unienne, cette gélatine rose encor plus molle là-bas qu'ici - n'oubliez jamais que les Etats-uniens sont le peuple le plus politiquement sous-doué de la planète - est passée de l'adhésion à un faux-cow-boy faux-texan faux-évangéliste vraie-vasque-à-whisky à un PACS électoraliste avec vrai-faux-Noir-faux-Blanc synthétisant génétiquement tout ce que les pompeux grandiloquents englobent généralement dans l'expression : America, "l'Amérique", mythe sanglant dont l'histoire est entièrement re-visitée à chaque époque par les scénaristes hollywoodiens du moment.
     Arrêtez-vous un instant sur ce rebondissement. Junior était un vrai "Blanc", avec tout dans le calecif (même un Jésus), rien sous le Stetson ; Obama est un "Black" (chez nos grands-enfants d'"Alliés", une chose est noire ou blanche, donc les métis sont black et par là-même le gars qu'ils ont placé au sommet de l'Empire en est un beau, un grand, un vrai) qui en a autant sinon plus sous le casque capillaire crêpu que dans le slibard ; Junior était un ex-alcoolo anonyme, Barack pourrait jouer en NBA ; Junior n'a lu qu'un seul livre (la Bible avec des grosses images coloriées), le "Black" est un gros lecteur qui dévore tout ce qui lui tombe sous la main, tout mais pas n'importe quoi : de quoi se forger un destin.
     A 1ère vue, on pourrait penser que toutes ces agapes annoncent un renversement d'idéologie et de pratique Empiristes, c'est le but recherché par les producteurs du show et cela fonctionne bien au delà du territoire Nord-Américain.
A ce qu'il paraît, jusque chez les loutres canadiennes et les castors de Colombie britannique.
           

     A ce stade de l'observation entomologique, il est plus que temps pour le Sous-Lieutenant d'introduire instamment 2 modestes interlocuteurs, Mesdames et Messieurs... Friedrich Engels, Karl Marx :

     - "...le développement d'un individu est conditionné par le développement de tous les autres, avec qui il se trouve en relation directe ou indirecte... l'histoire d'un individu pris à part ne peut en aucun cas être isolée de l'histoire des individus qui l'ont précédé ou sont ses contemporains : son histoire est au contraire déterminée par la leur".

     Ah, eux au moins ils sont synthétiques. C'est là leur moindre qualité. C'est-à-dire qu'ils illustrent précisément le basculement artificiel du matérialisme historique. L'électoralisme du IIIème millénaire est une machine à scoops, fonctionnant au storytelling : il était une fois, au fin fond du Kenya, une grand-mère qui accoucha d'un petit Kenyan qui épousa une Blanche américaine (perversion, subversion mutuelle, prescience ?) qui mit en gestation le futur Président of the United States, yeah ! Et,  réunis autour du berceau présidentiel, tous s'écrièrent :

       - Il est né le divin Enfant ! (sous-entendu : ...du nouveau Rêve Américain)

    Dans le casting, Hollywood recherchait un personnage spectaculairement différent du précédent, vous savez, le casse-noix planétaire. L'Obama présidentiel valide la compétence voyante des directeurs de casting et des chorégraphes de plateau. A lui le rôle titre dans le nouveau blockbuster sorti en même temps sur tous les écrans du monde: "Iéssouikênn !"    


       Un petit rappel avant de conclure : si le 1er et le pire impérialisme de la planète a pu façonner le monde à sa propre image, "amis" et "ennemis confondus, ce n'est pas pour le "changer" mais parce qu'il ne pouvait, de par sa nature, agir autrement.
    
      P.M. Karpov voit que ses 2 invités se lèvent et vont prendre congé, non sans avoir ajouté un petit quelque chose avant de dire "au revoir et à très bientôt" :


        - "L'exigence de l'époque n'est pas ... que "Je Me développe", chose que chaque individu a faite jusqu'à maintenant..., mais notre époque nous impose de nous libérer d'un mode de développement bien précis".

     Autrement dit : ce ne sont ni Obama ni le peuple états-unien qui "changeront le monde" à eux tout seuls. Ca, nos poissons rouges médiatiques - souffrant de perte galopante de la mémoire courte - l'oublient toutes les 5 minutes.

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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commentaires

montag 23/01/2009 12:11

Ben voilà qui remet les pendules à l'heure ! c'est appréciable. B. Obama mérite un bon coup de désacralisation, mais n'oublions pas que la destruction des idoles ne se trouve jamais bien loin derrière leur sacre. C'est le propre des stupides idolâtres d'adorer un jour pour mieux piétiner le lendemain, et ce, quel que soit le personnage, les américains ont cette fâcheuse tendance à abuser de ce procédé. Lorsqu'il s'agit d'une star de cinéma, les répercussions ne portent pas vraiment à conséquence, en ce qui concerne un président... faut voir.Salut fraternel Karpov

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 23/01/2009 16:56


Salut fraternel Montag.

Le bal après la prestation de serment ressemblait à une scène (en négatif !) d'"Autant en emporte le vent".
C'est l'époque qui veut ça : les alouettes réclament des miroirs de plus en plus grands. Mais, en regard de ce que s'est permis l'Etat israëlien à Gaza, ce "passage de relais" entre le Texan et le
métis apparaît comme une crapulerie de plus des Familles mafieuses qui se partagent le monde. Un jour avant l'intronisation d'Obama, les chars se retiraient de la bande !

Pour le reste, ce ne sont pas les individus qui font l'histoire.