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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 18:16




LES FADAISES DE LA MERE BUFFET

    La Mère Buffet, qui tient le rade moisissant du PCF - autrefois lourd char d'assaut staliniste - depuis 7 ans et va bientôt passer la main à un camarade successeur un peu moins périmé, vient d'apporter son grain de sel aux débats délirants suscités par la crise économique mondiale parmi les organisations de la gôche frânçaise.




       Il n'est pas inutile d'observer d'un peu plus près ce que la Mère Buffet,
munie de la traditionnelle pesanteur idéologique qui sied à tout bon dirigeant opportuniste issu du courant stalinien, propose comme "solutions" pour sauver le capitalisme qu'elle prétend toujours combattre.
     En premier lieu, thème récurrent cher au PCF et à son croupion cégétiste :
depuis plus de trente ans, le gouvernement organise "la casse du tissu industriel" ! Argument des + fréquents parmi la batterie d'absurdités proclamées par l'appareil oxydé du parti. Donc, nous assène la Mère Buffet, la classe patronale fait en sorte que ce qui constitue son assise économique soit saboté, "cassé", détruit sciemment. A peine croyable.
     Du même coup, le rôle dévolu au PCF et à la CGT est de dénoncer la gestion coupable des "patrons-voyous", pour lui substituer des propositions constructives et "de progrès". Quelles sont-elles ?

     Eh bien pour commencer, soutenir les entreprises dîtes "publiques" qui, parce qu'elles sont majoritairement détenues par l'Etat, obtiennent grace à l'opération du Saint-Esprit soviétique un statut d'immunisation permanente contre les vraies "valeurs" du système : rentabilité, compétitivité, concurrence, etc. Apparemment, le fait pour
une entreprise d'être nationalisée la dispense - selon le PCF - des nécessités vitales dictant chez les autres leur gestion au plus près du taux de profit. En-dehors du fait qu'aussi bien sous un gouvernement de gauche que de droite, certaines entreprises peuvent être "privatisées"  alors que d'autres sont "nationalisées" suivant la direction du vent économique, l'argumentation pour défendre l'économie "publique" se limite à des incantations populistes et quelques sanglots nostalgiques des "Trente Glorieuses" du Capital.

         L'arme fatale, la Mère Buffet la sort de sa valise en carton juste après :    

    

"Une véritable politique de relance s’appuie sur l’augmentation des salaires."


       Ah ! que cela est sexy ; le SMIC à 1500€ (tout de même pas 2000, comme n'ose plus le proposer le vigoureux concurrent opportuniste Besancenot) ; claironner une augmentation générale des salaires non pas pour déstabiliser le mode de production esclavagiste mais au contraire obtenir à nouveau une "relance" et une "croissance" qui remettent la machine infernale sur ses rails.

    

       La Mère Buffet ne se prénomme pas "Marie-Georges" pour rien. "Georges" c'est pour Georges Marchais, Secrétaire Général du PCF de 1972 à 1994 (oui, 22 années !). Pour ceux qui n'ont pas eu le privilège de connaître ce glorieux prédécesseur, Georges - "Jojo" pour les camarades intimes et le KGB - représentait l'archétype du stalinien de transition : respectueux du "centralisme démocratique", il s'était néanmoins fait greffer les sourcils de Leonid Brejnev (et quelques-uns de ses neurones en fuite). Et voilà ce que déclarait Georges à l'Assemblée Nationale le 10 septembre 1975, s'adressant au 1er ministre de l'époque (un certain "Chirac") :


     " J'ai dit et je répète, Monsieur le Premier Ministre : la crise [le 1er choc pétrolier] que connaît notre pays va s'aggraver. Plus que jamais le pays a besoin d'un véritable changement de cap, d'une autre politique. Cette politique s'oriente d'abord vers une relance de la consommation populaire et sociale. Une relance de la consommation populaire est la condition de l'utilisation effective de l'appareil de production".






    









      


      

       La nostalgie n'est plus ce qu'elle était... En 1975, le 1er dirigeant du PCF expliquait déjà à la classe dominante comment mieux utiliser "l'appareil de production". La différence, c'est qu'électoralement parlant, les staliniens pesaient entre 15 et 20%. L'esprit demeure cependant : le spectacle lamentable d'une dirigeante opportuniste qui, au nom de la classe salariée, propose ses services aux prédateurs sociaux afin de sauver leur système d'esclavage ! 

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