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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 11:12




                                       LE PRESIDENT NOIR MONTRE PATTE BLANCHE


     Depuis que son destin l'a désigné comme sauveur de l'impérialisme planétaire, le fraîchement élu président états-uniens s'applique consciencieusement à rassurer ses futurs commanditaires, à savoir : le lobby militaro-industriel et la sphère du capital financier.

    




       Allons-y pour la constitution de la future fine équipe "yèssouicanienne". Pour commencer, B.O. a nommé le sieur Paul Volcker chef d'équipe anti-crise. Ce gars-là est l'ancien président de la Federal Reserve, la Banque Centrale des cow-boys. Nul doute que des "solutions" à la très grande dépression il en trouvera, dans la mesure où pour les prédateurs financiers c'est une question de mort ou de reprise de la croissance.





     
      Autre nouveau personnage à qui le Black President fait la courte échelle :  Timothy Geithner,  futur secrétaire d'Etat au Trésor, appellation made in USA du ministre de l'économie. Ce jeunot déjà Mandarin dans le bizness connaît la musique, au point que Wall Street - un des hauts lieux de la philanthropie mondiale - a salué sa nomination par une hausse de 6,54%. Welcome Timothy.





      On continue ? Au poste de secrétaire d'Etat, chef de la diplomatie soit ministre des Affaires Etrangères, la nommée nominée est...Hillary Clinton ! Une youpie va-t-en guerre qui, en prime, postulait au job de maîtresse du monde, obtient le poste le plus important de l'administration états-unienne après celui de résident à la Maison Blanche. Le nouveau patron d'Hillary, bien que s'étant opposé à la 2ème intervention en Irak, n'a jamais fait mystère de son intention d'enlever les troupes là-bas pour renforcer considérablement la présence militaire en Afghanistan. En politique, la femme chic et guerrière est l'avenir de l'homme noir élu.






       Passons au chef de la sécurité nationale : le nominé nommé, James Jones, est un ancien commandant de l'Otan, expert notamment dans la guerre contre le peuple Afghan, ce qui explique naturellement le choix de B.O.
      Comme secrétaire à la Défense, c'est Robert Gates qui est pressenti, vous savez, icelui déjà à ce poste dans l'administration Bush Senior. L'intention est louable mais on espère que Barack fera un petit effort supplémentaire en sortant du placard le très regretté Donald Rumsfeld. Il n'y a pas mieux comme garantie de politique impérialiste durable.



 

      





















      

      
      Maintenant il faut ouïr les sages paroles du nouvel élu :


     "Je construirai une armée du XXIème siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar" (Ô when the Saints, go marchin' in, ô when the Saints go marchin' in etcetera).


     En outre Saint Barack annonce qu’il s’inspirera de la politique étrangère "réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan". (On reprend : Ô when the Saints etc.)

    Maintes fois, l'homme noir a martelé qu'il puisait des idées aussi bien chez ses honorables concurrents que dans son propre camp. Notamment chez Bill Clinton, qui a su gommer les aspects les moins électoraux du programme démocrate, puisque le saxophoniste n'hésita pas en son temps à sucrer l'aide sociale aux plus démunis, conserver les inégalités salariales, maintenir vaillamment la peine de mort et la vente libre d'armes de destruction un peu massive. En cela, Bill fait l'admiration de Barack.


     Aux futurs déçus de la négritude présidentielle états-unienne, on dira la même chose qu'aux anciens larmoyants de la gauche mitterrandienne : vous méconnaissez un aspect essentiel et fondamental de la démocratie bourgeoise. Tout président gouverne au centre, qu'il soit "de droite", "de gauche" ou... du centre (à part peut-être Madame Thatcher, comme chantait le regretté Renaud). Lorsque l'élu vient de la "droite", il verse quelques larmettes de "gauche" - ne serait-ce qu'au niveau du vocabulaire - dans sa mixture ; quand il est issu de la "gauche", il fait l'inverse et se plante en arrêt comme un chien de chasse devant les "valeurs" conservatrices. Voyez le nabot présidentiel frânçais et sa rivale hystérico-mystique, leurs programmes, leurs discours, leurs looks respectifs, leurs vies "privées" mais pas pour la presse pipole, leurs moindres faits et gestes "spindoctorisés", étalés au grand jour comme une maladie idéologiquement transmissible, sacrée macédoine indigeste (sauf pour ceux qui ont goût pour les couleuvres politiciennes soigneusement faisandées).





       Déjà durant sa campagne, B.O. a versé dans sa mixture yèssouicanienne un additif à forte odeur républicaine. Exemples pris sans hasard : il critique le fait que la Cour Suprême - pas particulièrement progressiste - empêche par décret la mise à mort de certains violeurs qui n'ont jamais tué personne. Quand il prononce un discours à la Knesset, il se fait plus sioniste que le roi des sionistes (indivisibilité de Jérusalem par exemple). Son programme économique prône un indéfectible et puissant soutien à la classe patronale. 


      Même les proches du nouveau Président sont triés sur le volet. Le prochain secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, un démocrate centriste à peine politiquement pubère (47 ans), a fortement appuyé l'intervention massive en Irak. Plus ils sont jeunes plus ils sont vindicatifs. Son profil guerrier a valu à Rahm Emmanuel le surnom sympathique de Rahmbo. Décrit par le quotidien Chicago Sun Times comme « mordant, impitoyable, froid, arrogant et manipulateur », Rahm Emmanuel est le fils d’un immigré israélien. Il possède d'ailleurs la double nationalité. Avant la fondation armée de l’Etat d'Israël, son père était un vétéran de l'Irgoun, milice terroriste très active fondée par un leader sioniste, Vladimir Jabotinsky, dont le Sous-Lieutenant vous a déjà causé (Voir "Pleure, ô Palestine" IV et V, catégorie "karpov"). Rahmbo est donc un fanatique de l'Etat israëlien et considère les Palestiniens comme des ennemis génétiques. Lors de la première guerre contre l’Irak (1991), il s'est enrôlé dans l'armée israëlienne ! Quand on pense que les Juifs états-uniens qui d'ordinaire votaient démocrate ont portés ce coup-ci leurs voix en majorité sur le vieux Mac Cain... c'est de l'ingratitude caractérisée.






















      

      Lors d'une campagne électorale dans les années 80, face à un Républicain favorable à un Etat palestinien, Rahmbo a fait circuler une photo truquée du trop "modéré" politicien le montrant en compagnie de...Yasser Arafat ; résultat des courses : le Républicain a bu le bouillon. Plutôt rassurant pour le lobby sioniste, un temps effrayé par la couleur de peau, le 2ème prénom de B.O. et la religion de son paternel.


     Nul doute que ces quelques éléments ne trouveront de prise sur les "obamaniaques" et leurs délires sentimentalistes. Comme aurait pu le dire Lao-Tseu, ils attendront de nouvelles déceptions pour redevenir les éternels déçus qu'ils ont vocation à être.

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Rubrique à brac
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